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Les Guépards du Bénin ont enregistré leur première victoire pour les éliminatoires de la CAN 2027. Ils se sont imposés 2-1 face aux Mourabitounes de la Mauritanie, ce mardi 29 septembre 2026, au stade Alassane Ouattara d'Ebimpé, à Abidjan, lors de la deuxième journée des éliminatoires.
Victoire du Bénin 2-1 face à la Mauritanie ce mardi 29 septembre 2026, au terme d'une rencontre comptant pour la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2027. Les poulains de Gernot Rohr ont pris l'avantage à la 30ᵉ minute grâce à Rodolfo Aloko. L'international béninois a permis à son équipe de rejoindre les vestiaires avec une avance d'un but.
En seconde période, Aloko s'est de nouveau illustré en inscrivant son deuxième but de la rencontre à la 47ᵉ minute. Cette réalisation est intervenue à la suite d'un bon travail de Yamirou Ouorou sur le côté gauche.
La Mauritanie a réduit l'écart sur penalty, transformé par Abou Bakary Kéïta. Quelques instants auparavant, le gardien béninois Marcel Dandjinou s'était illustré en repoussant un premier penalty accordé aux Mourabitounes.
Grâce à ce succès, le Bénin compte désormais quatre points après deux journées et occupe la première place du groupe F. Le Burkina Faso totalise également quatre points. La Mauritanie et la Centrafrique complètent le classement aux troisième et quatrième places.
F. A. A.
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L'Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a, en collaboration avec le ministère de la Santé, lancé officiellement l'Enquête sur les indicateurs du paludisme et des hépatites B et C au Burkina Faso (EIPH-BF), le mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou. L'enquête, qui démarre dès le 30 septembre 2026, vise à fournir des données actualisées, fiables et représentatives, au niveau national et régional, sur ces maladies, afin d'évaluer les progrès des actions de lutte et d'orienter les politiques et programmes de santé. Le lancement officiel a été présidé par le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, avec à ses côtés, le ministre délégué chargé du budget, Fatoumata Bako, et le directeur général de l'INSD, Toubou Ripama.
Le paludisme reste, en effet, l'une des premières causes de consultation, d'hospitalisation et de décès au Burkina Faso, tandis que les hépatites virales B et C constituent une préoccupation croissante de santé publique. L'EIPH-BF vise donc à fournir des données actualisées, fiables et représentatives, au niveau national et régional, sur ces maladies, afin d'évaluer les progrès des actions de lutte et d'orienter les politiques et programmes de santé.
L'objectif général est de fournir, au niveau national et régional, des données actualisées, fiables et représentatives sur le paludisme et les hépatites virales B et C, afin d'apprécier leur niveau d'endémicité, d'évaluer les progrès des interventions de lutte et de soutenir la planification, le suivi et l'évaluation des politiques et programmes nationaux.
De façon spécifique, et pour le paludisme, il s'agit d'estimer la prévalence chez les enfants de six mois à neuf ans ; évaluer l'accès des ménages aux Moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action (MILDA) et leur utilisation par les enfants de moins de dix ans et les femmes enceintes. C'est aussi d'évaluer l'utilisation du Traitement préventif intermittent (TPI) chez les femmes enceintes ; analyser les traitements de la fièvre, les délais et les modalités de prise en charge des enfants de moins de cinq ans ; mesurer les connaissances, croyances et comportements en matière de prévention et de traitement, ainsi que l'exposition aux messages de sensibilisation.
Pour ce qui est des hépatites virales B et C, il s'agit d'estimer la prévalence actuelle chez les femmes et les hommes de 15 à 64 ans ; évaluer la proportion de personnes déjà dépistées pour l'hépatite B et C ; mesurer les connaissances sur les modes de transmission, la prévention et l'existence du vaccin contre l'hépatite B ; évaluer la proportion de personnes déjà vaccinées contre l'hépatite B.
La collecte des données se déroule du 30 septembre au 29 novembre 2026 et la présentation des résultats est projetée pour mai 2027.
L'enquête va s'appuyer sur 7 800 ménages répartis sur l'ensemble du territoire national, où seront interrogés plus de 18 000 femmes et hommes de 15 à 64 ans, et testés plus de 15 000 enfants de six mois à neuf ans pour le paludisme.
Pour la circonstance, quarante équipes, soit 206 agents formés (chefs d'équipe, enquêteurs, enquêtrices et agents biomarqueurs), seront déployées dans les ménages tirés au sort.
La participation à l'enquête est, rappelle l'INSD, volontaire et chaque prélèvement n'est réalisé qu'après consentement éclairé. « Chaque personne est libre d'accepter ou de refuser les entretiens et les tests, indépendamment l'un de l'autre. Aucun prélèvement n'est effectué sans consentement. Pour les enfants de 6 mois à 9 ans, il est donné par un parent ou un adulte responsable ; pour les mineurs de 15 à 17 ans non mariés, le consentement des parents est suivi de l'assentiment du mineur », expliquent les responsables de l'enquête.
De même, toutes les informations recueillies sont strictement confidentielles. L'enquête a reçu le certificat du Comité d'éthique pour la recherche en santé et le visa statistique du Conseil national de la statistique. « Les informations recueillies sont strictement confidentielles et servent uniquement à des fins statistiques. Les fichiers de données sont anonymisés et le matériel stérile à usage unique et les mesures de biosécurité sont respectées par les agents biomarqueurs », expliquent-ils.
En termes de méthodologie, l'EIPH-BF repose sur un sondage aléatoire à deux degrés. Dans un premier temps, 300 zones de dénombrement sont tirées : 284 parmi les zones du recensement général de la population et de l'habitation de 2019 et seize sites de personnes déplacées internes. Dans un second temps, 26 ménages sont sélectionnés dans chaque zone, soit 7 800 ménages. Les résultats seront représentatifs au niveau national, des milieux urbain et rural, et de chacune des 17 régions.
Concrètement, comment cela se passe ?
Les agents sont identifiables par leur gilet et badge officiels. Les questionnaires ménages et individuels sont administrés sur tablettes. Les données sont transmises régulièrement au serveur central de l'INSD, ce qui permet un contrôle de qualité rapproché pendant toute la collecte.
Pour le test de paludisme chez l'enfant, un prélèvement de quelques gouttes de sang au bout du doigt (ou au talon pour les tout-petits), avec du matériel stérile à usage unique. Le test de diagnostic rapide donne son résultat en environ 15 minutes ; il est communiqué au parent dans le respect de la confidentialité. Selon les directives nationales, un traitement antipaludique est proposé aux enfants atteints d'un paludisme simple ; en cas de signes de gravité, l'enfant est référé sans délai vers une structure de santé. Des lames sont également préparées et analysées au laboratoire du Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP).
Le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, pendant son discours de lancement officiel de l'enquête.Pour ce qui est du dépistage des hépatites B et C chez l'adulte, il se traduit par le prélèvement de quelques gouttes de sang sur papier filtre, dans la moitié des ménages, pour une analyse en laboratoire. Les analyses de laboratoire sont anonymes : aucun nom ni identifiant géographique n'est associé aux échantillons et les résultats individuels de ces analyses ne sont pas restitués. Aussi, des tests rapides gratuits pour les hépatites B et C sont proposés à domicile aux personnes éligibles, avec consentement, et une carte d'information indique les structures offrant conseil, dépistage et prise en charge gratuits.
Contexte et enjeu ?
Le paludisme demeure l'une des principales causes de consultations, d'hospitalisations et de décès au Burkina Faso. La transmission est présente sur l'ensemble du territoire, avec un pic saisonnier de juin à octobre. L'Organisation mondiale de la santé rapporte environ 8,1 millions de cas et 16 100 décès estimés en 2023. Selon l'EDSBF-V (2021), la prévalence du paludisme chez les enfants de 6 à 59 mois était de 14% à l'examen microscopique. L'enquête sur les indicateurs du paludisme 2017-2018 l'estimait à 17%. En milieu hospitalier, l'incidence du paludisme confirmé est passée de 527,0 cas pour 1 000 habitants en 2020 à 446,4 en 2024 (annuaire statistique 2024 du ministère de la Santé).
Pour ce qui est des hépatites B et C, une réanalyse de l'EDS 2010-2011 estimait la séroprévalence à environ 9,1% pour l'hépatite B et 3,6% pour l'hépatite C. La campagne nationale de dépistage de masse (octobre 2020 – octobre 2022, dix villes, 15 650 personnes) a relevé 8,8 % de séroprévalence de l'AgHBs et 2,6% d'anti-VHC, avec des écarts selon l'âge, le sexe et la zone de résidence.
Mme la ministre déléguée chargée du Budget, Fatoumata Bako.Les données disponibles proviennent de sources différentes, parfois anciennes, et n'offrent pas de mesure récente intégrée du paludisme et des hépatites B et C pour l'ensemble du pays. Or, le Burkina Faso a intensifié sa lutte contre le paludisme (moustiquaires de nouvelle génération, vaccin R21/Matrix-M en routine, chimioprévention du paludisme saisonnier, pulvérisation intra-domiciliaire). Une mesure indépendante, auprès de la population, est nécessaire pour confirmer l'ampleur et l'équité des progrès et pour orienter la lutte contre les hépatites. D'où le besoin d'actualiser les indicateurs du paludisme et des hépatites. Pour la première fois donc, l'enquête associe dans une même opération, le paludisme et le dépistage des hépatites B et C.
Une véritable opportunité de dépistage et d'accès aux soins
« Aujourd'hui, le Burkina Faso franchit une étape importante dans la consolidation de ses politiques de santé publique. (…). Une politique de santé, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut être efficace que si elle repose sur des données fiables, actualisées et représentatives », apprécie le ministre de la santé, Dr Lucien Robert Kargougou, précisant que le lancement marque l'ouverture d'un exercice essentiel de connaissance et d'anticipation, au service de décisions toujours mieux éclairées.
« Toute personne dont le test se révélerait positif, que ce soit au paludisme, à l'une et/ou l'autre des hépatites virales recherchées, sera systématiquement orientée vers la formation sanitaire la plus proche de son domicile, pour une prise en charge appropriée, conformément aux protocoles thérapeutiques nationaux en vigueur. Cette enquête n'est donc pas qu'un exercice statistique : elle constitue, pour les populations qui y participeront, une véritable opportunité de dépistage et, en cas de positivité, d'accès aux soins », a rassuré le ministre de la santé, présidant le lancement de l'EIPH-BF et appelant l'ensemble des populations à accueillir favorablement les équipes chargées de l'enquête, à y participer en toute confiance.
Le DG de l'INSD, Toubou Ripama, revient ici sur l'enjeu de l'EIPH-BF et son déroulement pratique sur le terrain.Pour le directeur général de l'INSD, Toubou Ripama, l'enquête sur les indicateurs de pandémie sur l'hépatite s'inscrit dans la longue tradition des enquêtes réalisées au Burkina ; elle constitue la huitième opération, mais avec une évolution majeure. En effet, précise-t-il, pour la première fois, le Burkina Faso associe dans une même enquête, le paludisme et le dépistage des hépatites B et C.
« L'adhésion de nos concitoyens est la condition première de la qualité des résultats. J'en appelle également aux hommes et femmes des médias. Leur rôle sera déterminant pour porter ce message jusque dans les localités les plus reculées. Aux agents de terrain, je dis : la réussite de cette opération repose en grande partie sur vos efforts. Je voudrais vous exhorter au professionnalisme, à la rigueur, à la courtoisie et au strict respect des consignes, notamment en matière de sécurité et de confidentialité. Soyez des dignes ambassadeurs de l'INSD », a lancé le directeur général, Toubou Ripama, réitérant l'invite aux populations à réserver le meilleur accueil aux équipes de terrain.
O.L. et Anita Zongo
Lefaso.net
À 17 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui construisent le Burkina numérique. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur Dr Haoua Koné-Tago, spécialiste des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation (TICE), chercheuse en sciences de l'éducation et fondatrice d'un réseau dédié à l'accès des femmes au numérique. De la salle de classe aux programmes de recherche africains, elle a consacré plus de trente-cinq ans à une même ambition : faire de la technologie un moyen d'apprendre, de transmettre et de réduire les inégalités.
Madame KONE ¨TAGO Haoua, professeur d'anglais a commencé à utiliser les outils numériques en décembre 1995 lors de son initiation en informatique au Lycée Technique de Ouagadougou (ex LTO), devenu aujourd'hui Lycée Technique National Aboubacar Sangoulé LAMIZANA. Cette initiation était destinée aux professeurs de l'enseignement technique et professionnel du LTO, du CETO et du Centre austro.
En juin 1997, madame KONE professeur d'anglais a bénéficié pour la 1ère fois d'une initiation à l'INTERNET au Benin, grâce au projet allemand UNEVOC/ UNESCO. Cela lui a permis d'obtenir le premier financement pour l'achat au CENATRIN d'un équipement d'ordinateur Complet flambant neuf pour une connexion INTERNET afin d'initier une équipe d'enseignants qui a constitué la cellule UNEVOC/ UNESCO du Collège d'Enseignement Technique (EX CETO), actuel Lycée professionnel Technique de Ouagadougou, situé côté nord du CENASA.
En 2003, Internet est encore loin d'être un outil quotidien pour de nombreux enseignants burkinabè. Pourtant, Haoua Koné-Tago s'intéresse déjà à la formation à distance et crée un réseau pour faciliter l'accès des femmes aux nouvelles technologies. Elle a compris une chose essentielle : l'arrivée des ordinateurs dans les écoles ne changera rien si les enseignants ne sont pas formés et si une partie de la population reste à l'écart. Son parcours raconte cette double bataille, éducative et sociale.
De la salle de classe aux premières innovations pédagogiques
Sa carrière débute au commencement des années 1990. Après un stage à Houndé, elle enseigne l'anglais à Saponé, puis le français et l'anglais au Collège d'enseignement technique de Ouagadougou, de 1992 à 2000. L'expérience de terrain lui fait connaître les réalités des établissements, les besoins des élèves et les contraintes auxquelles les enseignants sont confrontés.
Devenue inspectrice, elle rejoint en 2000 l'Institut pédagogique du Burkina, où elle travaille sur les classes multigrades et les cours à double flux. Dès 2001, elle participe aux réflexions sur les écoles satellites, l'éducation de base non formelle et l'intégration des TIC dans l'enseignement. Son intérêt pour le numérique naît donc d'une question pédagogique : comment donner à davantage d'enfants et d'adultes de meilleures conditions d'apprentissage ?
Apprendre à enseigner autrement, même à distance
Au début des années 2000, elle se forme à des méthodes encore peu répandues. En 2002, elle obtient à l'Université du Mans un diplôme de communicateur multimédia dans le cadre du Réseau africain de formation à distance (RESAFAD). L'année suivante, elle étudie l'ingénierie de la formation à distance auprès du CNED, à Poitiers, et suit une formation sur le diagnostic du secteur éducatif.
De mai 2004 à février 2007, elle devient correspondante du RESAFAD auprès du ministère burkinabè de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation. Elle forme les personnels à l'informatique avant de prendre, en février 2007, la tête du service ministériel des TIC, fonction qu'elle exerce jusqu'en juin 2008. À ses yeux, équiper une administration ou une école n'est qu'une première étape : il faut surtout accompagner celles et ceux qui utiliseront les outils.
Elle approfondit cette expertise avec un master en utilisation des TIC pour l'enseignement et la communication, obtenu en 2006 à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg, puis un master en gestion des systèmes éducatifs à l'Université Senghor d'Alexandrie, entre 2009 et 2011. Elle poursuit enfin un doctorat à distance en sciences de l'éducation à Atlantic International University, de 2013 à 2015.
2003 : un réseau pour que les femmes ne restent pas à l'écart
La même année où elle se perfectionne en formation à distance, Haoua Koné-Tago fonde le Réseau national pour l'accès des femmes aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (RENAF-NTIC). Elle en assure la présidence depuis sa création. Cette initiative donne une dimension collective à son engagement : il ne s'agit plus seulement de former les professionnels de l'éducation, mais aussi de défendre la place des femmes dans un univers technologique en pleine expansion.
Car l'accès au numérique ne se résume pas à la possession d'un ordinateur ou d'un téléphone. Il suppose des compétences, du temps pour apprendre, des occasions de pratiquer et la confiance nécessaire pour s'exprimer. À travers le RENAF-NTIC, elle inscrit très tôt cette question dans les débats sur la transformation numérique burkinabè.
Observer les usages, interroger les inégalités
Haoua Koné-Tago ne se contente pas de promouvoir les outils : elle cherche à comprendre leurs effets. En 2008, elle participe à Dakar à une formation de l'Agence universitaire de la Francophonie sur les usages des campus numériques et les logiciels d'analyse qualitative. En 2010, elle découvre les tableaux numériques interactifs dans le cadre du projet Sankoré pour l'éducation en Afrique.
Son travail de recherche croise aussi le genre et les transformations sociales. Lauréate de l'Institut genre du CODESRIA en 2009, elle mène une étude sur les rapports de genre dans les universités de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou. Elle participe également à une recherche sur la contribution possible des TIC à l'abandon de l'excision, auprès de jeunes de Bobo-Dioulasso. Une même interrogation relie ces travaux : comment l'accès à l'information peut-il contribuer à faire évoluer les possibilités offertes aux femmes et aux jeunes ?
Une expertise éducative à l'échelle de l'Afrique
Son expérience prend une dimension régionale en 2013, lorsqu'elle devient chargée de programmes du Groupe de travail sur l'éducation non formelle de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA). De janvier 2015 à janvier 2017, elle dirige les programmes du Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation (ROCARE), basé à Bamako.
Elle y accompagne les programmes de recherche, le suivi des subventions accordées aux jeunes chercheurs et aux chercheurs confirmés dans les dix-sept pays membres, ainsi que l'organisation de rencontres scientifiques. Elle contribue aussi à la publication en ligne de journaux bilingues français-anglais et conçoit un forum consacré au genre et à la recherche en éducation. Le numérique devient ici un moyen de relier des communautés scientifiques au-delà des frontières.
Former, même lorsque l'école traverse des crises
De retour au Burkina Faso en 2017, elle travaille à la formation des personnels de la Direction générale de l'encadrement pédagogique et de la formation initiale et continue. Ses interventions portent sur les TICE, l'École de qualité amie des enfants et l'éducation en situation d'urgence. Formatrice « Safe School », elle aborde également le soutien psychosocial des élèves et des enseignants confrontés à des situations difficiles.
Cette expérience rappelle que l'innovation éducative ne consiste pas à suivre chaque nouveauté technologique. Elle doit répondre aux besoins réels des apprenants, y compris lorsque les conditions d'enseignement sont fragilisées. En 2022, elle participe à une étude menée dans six pays de la Fondation Karanta sur les classes passerelles destinées aux enfants et aux jeunes non scolarisés. Elle se forme à Kobo, outil numérique de collecte de données, pour accompagner ce travail de terrain.
REGELFA : le leadership féminin à portée de téléphone
En janvier 2020, elle crée le Réseau genre et leadership féminin en Afrique (REGELFA), qui anime notamment un groupe WhatsApp consacré aux échanges sur la place et le leadership des femmes. Selon son CV, la communauté compte plus d'une centaine de membres. L'outil a changé depuis les premiers réseaux des années 2000, mais l'objectif reste le même : rapprocher les personnes, faire circuler les expériences et ouvrir des espaces de parole.
Après une carrière dans l'administration éducative commencée en octobre 1990, Haoua Koné-Tago prend sa retraite en décembre 2025. Son engagement ne se réduit pourtant pas à ses fonctions officielles. Elle a notamment contribué, de novembre 2024 à avril 2025, à l'élaboration du plan stratégique 2025-2029 du Fonds national pour l'éducation et la recherche (FONER). Son parcours laisse voir une professionnelle qui relie constamment formation, recherche, politiques éducatives et engagement associatif.
Pourquoi fait-elle partie des 100 Visages du Burkina Digital ?
Parce qu'elle s'est engagée dans la formation à distance et les technologies éducatives bien avant leur généralisation au Burkina Faso.
Parce qu'elle a accompagné les enseignants et les cadres de l'éducation dans l'appropriation des outils numériques, sans perdre de vue la qualité des apprentissages.
Parce qu'en fondant le RENAF-NTIC dès 2003, puis le REGELFA en 2020, elle a placé l'accès des femmes aux technologies et au débat public au cœur de son action.
Parce que ses recherches et ses responsabilités au sein de l'ADEA et du ROCARE ont contribué à faire dialoguer les expériences éducatives de plusieurs pays africains.
Et parce que son itinéraire rappelle une vérité simple : la transformation numérique ne commence pas par la machine, mais par les personnes auxquelles elle donne de nouvelles possibilités. Avec Haoua Koné-Tago, le Burkina digital a le visage d'une enseignante qui a choisi d'ouvrir les portes du savoir — et de veiller à ce que les femmes puissent les franchir.
Du 17 au 24 octobre 2026, Le Faso Digital revient pour sa deuxième édition. Initiée par Lefaso.net, cette Foire entièrement virtuelle permet aux internautes, sans quitter leur domicile ou leur lieu de travai, de découvrir des entreprises, des institutions, des startups et leurs solutions numériques.
Comment s'inscrire ? Comment visiter les stands ? Comment échanger avec les exposants ? Voici le guide pour profiter pleinement de cette expérience.
Une foire que l'on peut visiter depuis Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, une autre localité du Burkina Faso ou l'étranger, sans avoir à effectuer le moindre déplacement : c'est le principe de Le Faso Digital.
À partir d'un téléphone, d'une tablette ou d'un ordinateur connecté à Internet, chaque visiteur pourra découvrir les activités des exposants, consulter leurs présentations, explorer les innovations proposées, participer aux conférences, panels, masterclass.
Placée sous le thème « Inclusion, souveraineté, innovation : Vers un Burkina digital pour tous », l'édition 2026 veut faciliter les rencontres entre les acteurs de la transformation numérique et les populations.
1. Première étape : créer son compte sur Le Faso Digital
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L'inscription est la première étape pour profiter de l'expérience de visite. La plateforme propose un accès dédié aux visiteurs et des espaces de présentation pour les exposants.
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2. Deuxième étape : entrer dans la Foire et choisir les stands à visiter
La particularité de Le Faso Digital est de reproduire en ligne l'expérience d'une foire professionnelle. Au lieu de parcourir physiquement des allées, le visiteur navigue entre des espaces numériques consacrés aux entreprises, aux institutions et aux organisations participantes.
Chaque exposant dispose d'un espace lui permettant de présenter ses activités, ses produits, ses services et ses innovations.
Le visiteur peut ainsi s'intéresser aux secteurs qui correspondent à ses besoins : télécommunications, intelligence artificielle, finance digitale, cybersécurité, formation, commerce électronique, agriculture, santé et bien d'autres domaines.
Pour profiter de sa visite, il est conseillé de prendre le temps de découvrir plusieurs exposants, de consulter leurs présentations et de relever les coordonnées des structures avec lesquelles on souhaite poursuivre les échanges.
3. Comment fonctionne un stand premium ?
Le stand premium est un espace de présentation destiné à mettre en valeur un exposant, son identité et ses offres. Il permet au visiteur de découvrir l'entreprise ou l'institution, de prendre connaissance de ses activités et d'explorer les contenus qu'elle met à disposition.
Concrètement, le parcours de visite peut s'organiser autour de trois actions : entrer dans le stand, consulter les supports de présentation disponibles et utiliser les moyens de contact proposés par l'exposant.
Les vidéos, brochures, fiches de produits ou autres documents éventuellement présents dans le stand permettent d'obtenir des informations plus détaillées que celles figurant sur une simple affiche publicitaire.
Pour une entreprise, c'est l'occasion de présenter ses solutions à un public qui n'aurait pas nécessairement pu se rendre dans ses locaux. Pour le visiteur, c'est un moyen de découvrir plusieurs offres et de les comparer à son rythme.
Découvrir en vidéo le fonctionnement du stand premium :
4. Comment fonctionne un stand interactif ?
Un stand interactif fonctionne exactement comme un stand premium, à la différence qu'il a moins de fonctionnalités.
Découvrir en vidéo le fonctionnement du stand interactif :
5. Quelques conseils pour profiter pleinement de votre visite
La Foire étant entièrement en ligne, il est possible de la découvrir depuis différents lieux et à différents moments pendant sa période d'ouverture.
Avant de commencer, assurez-vous de disposer d'une connexion Internet suffisamment stable. Préparez également les questions que vous souhaitez poser aux exposants, particulièrement si vous recherchez un produit, une solution professionnelle ou un partenaire.
Ne vous limitez pas aux entreprises que vous connaissez déjà. La visite des stands est aussi une occasion de découvrir des startups, des talents et des solutions développées au Burkina Faso.
Enfin, prenez le temps de consulter le programme des conférences et des masterclasses. Le Faso Digital ne se résume pas à ses espaces d'exposition : c'est aussi un rendez-vous consacré au partage d'expériences et aux opportunités professionnelles.
Rendez-vous du 17 au 24 octobre 2026
Pendant huit jours, Le Faso Digital entend rapprocher les entreprises, les institutions, les innovateurs et les citoyens autour des solutions qui participent à la transformation numérique du Burkina Faso.
Que vous soyez entrepreneur, étudiant, professionnel, chercheur ou simplement curieux de découvrir les innovations numériques, cette deuxième édition vous ouvre ses portes.
LE FASO DIGITAL 2026
17 au 24 octobre 2026 — 100 % en ligne
“Inclusion, souveraineté, innovation : Vers un Burkina digital pour tous”
Une initiative de Lefaso.net
Avec l'inauguration, le 28 septembre 2026, de la raffinerie d'or du Burkina, l'acteur de la société civile Jonas Hien pense pouvoir dormir tranquille maintenant. L'acteur du secteur minier (ONG ORCADE) appelle toutefois à une mobilisation pour assurer la veille citoyenne, afin d'éviter toute surprise désagréable. Tribune !
Le Burkina Faso vient de franchir une étape importante dans son histoire minière. Le 28 septembre 2026, le Président du Faso, le Camarade Ibrahim Traoré, a inauguré, à Ouagadougou, la première raffinerie nationale d'or, dénommée RAFFINOR-BF. Pour un pays dont l'or occupe une place importante dans l'économie, cette infrastructure représente bien davantage qu'une nouvelle unité industrielle. Elle traduit une volonté de transformer progressivement le modèle économique minier national. Il ne s'agit plus seulement d'extraire l'or du sous-sol, mais aussi de mieux maîtriser les opérations qui permettent de le transformer, de le valoriser et d'en assurer la traçabilité sur le territoire national.
Mais au fond, qu'est-ce qu'une raffinerie d'or ? Il s'agit d'une installation industrielle destinée à traiter l'or issu de la production minière afin d'en éliminer les impuretés et d'obtenir un métal de très haute pureté. La raffinerie ne produit donc pas l'or à partir de rien : elle intervient après l'extraction et les premières étapes de traitement. Elle transforme l'or en un produit raffiné pouvant répondre aux standards internationaux. RAFFINOR-BF doit ainsi produire de l'or d'une pureté annoncée de 99,99 %, correspondant à la norme internationale « Good Delivery ».
Cette précision est importante parce qu'elle permet de comprendre ce que le Burkina Faso gagne avec une telle infrastructure. Pendant longtemps, l'or extrait au Burkina Faso était exporté pour être raffiné à l'extérieur du pays. La construction d'une raffinerie devient un moyen d'arrêter l'exportation brute de l'or, d'augmenter les revenus de l'État et des collectivités territoriales et de lutter contre certaines formes de fraude.
Pendant que l'or burkinabè voyageait donc vers d'autres pays pour y subir les opérations de raffinage, une partie de la chaîne de valeur se trouvait nécessairement à l'extérieur. Le Burkina Faso extrayait la richesse, mais ne maîtrisait pas l'ensemble des étapes de sa transformation. Il faut être précis : cela ne signifie pas que tout l'or exporté était frauduleusement soustrait au pays ou que le raffinage à l'étranger faisait disparaître automatiquement des recettes publiques. Cela signifie que le pays ne disposait pas, sur son propre territoire, d'un outil industriel lui permettant de maîtriser directement cette étape essentielle de la chaîne de valeur. En tous les cas, là où on raffinait notre or, c'était sans aucune présence d'un représentant de l'Etat. On raffinait donc notre or sans nous !
C'est là que se trouve l'un des enjeux majeurs de RAFFINOR-BF. Lorsqu'un pays produit une ressource stratégique mais laisse à l'extérieur une partie importante des opérations de transformation, il laisse également partir une partie des activités économiques, des compétences, des emplois et des informations associées à cette transformation. La création d'une raffinerie nationale permet de ramener ces activités sur le territoire national. Elle donne au Burkina Faso la possibilité de disposer d'un outil industriel pour connaître, traiter et valoriser son or.
L'enjeu est aussi financier. Une raffinerie nationale ne signifie évidemment pas, à elle seule, que toutes les recettes de l'or reviendront automatiquement à l'État. Les recettes publiques dépendent toujours de la fiscalité, des mécanismes de commercialisation, de la traçabilité, de la lutte contre la fraude, des prix, des volumes effectivement produits et commercialisés et de la qualité du contrôle. Disposer d'une capacité nationale de raffinage constitue déjà un instrument supplémentaire pour améliorer la connaissance des flux physiques de l'or et renforcer la capacité du pays à suivre sa commercialisation.
C'est pourquoi la question du raffinage doit être associée à celle de la transparence. Plus le Burkina Faso maîtrise les différentes étapes de la chaîne aurifère, plus il peut disposer d'informations permettant de rapprocher les quantités produites, les quantités commercialisées, les opérations de transformation et les recettes correspondantes. L'enjeu n'est donc pas uniquement industriel. Il est également économique, fiscal, financier et institutionnel.
La dimension stratégique de la raffinerie apparaît encore plus clairement lorsqu'on regarde les chiffres annoncés. RAFFINOR-BF représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA. Sa première phase prévoit une capacité de traitement de 164 tonnes d'or par an, avec une capacité annoncée de plus de 500 tonnes par an à terme avec beaucoup d'emplois directs et emplois indirects.
On comprend aisément l'effet d'entraînement recherché. Autour d'une raffinerie peuvent se développer des activités liées à la logistique, à la sécurité des lieux, à la maintenance, aux laboratoires, au stockage, au transport sécurisé, à la bijouterie, aux services financiers et à la formation spécialisée. La véritable question sera donc de savoir dans quelle mesure les entreprises et les compétences burkinabè pourront effectivement prendre leur place dans cet écosystème minier.
La raffinerie est également un instrument de souveraineté économique. Un pays peut être riche en ressources naturelles tout en demeurant fortement dépendant des acteurs et infrastructures situés à l'extérieur de ses frontières. La souveraineté ne consiste pas simplement à posséder la ressource dans le sous-sol. Elle consiste surtout à être capable de connaître ce que l'on produit, de le transformer, de le valoriser, d'en contrôler les flux et d'utiliser les revenus qui en découlent au service du développement national. Sous cet angle, l'inauguration du 28 septembre 2026 constitue l'aboutissement d'une orientation à saluer fortement. Le pays profitera mieux de sa manne aurifère.
La société civile burkinabè peut légitimement considérer cette évolution comme l'aboutissement d'un plaidoyer qu'elle a mené pendant des années en faveur d'une meilleure captation de la valeur ajoutée minière. En effet, des organisations de la société civile engagées dans la gouvernance du secteur extractif ont, pendant plusieurs années, appelé à ce que le Burkina Faso ne se contente pas d'extraire ses ressources, mais développe les capacités nationales de transformation et de valorisation. Cette préoccupation est aujourd'hui résolue.
Lorsqu'une revendication portée pendant des années finit par trouver une traduction aussi concrète dans une politique publique et une infrastructure nationale de cette envergure, il faut encore saluer avec appui. Personnellement, je peux dormir tranquille sur ce dossier et sur la gouvernance du secteur minier en général. Ce qui reste c'est de poursuivre la veille citoyenne car chaque acteur doit jouer sa partition en vue de répondre aux aspirations de développement auxquelles les populations sont en train d'attendre. Dans ce pays, on se connaît maintenant ! Il y'a ceux qui font des efforts dans le sens de l'intérêt général et il y a ceux qui sont dans le sabotage parce qu'ils n'arrivent plus à faire des deals d'avant. Les yeux de la société civile resteront donc toujours ouverts afin que ces acquis se renforcent d'année en année. On n'a pas le droit de faire souffrir les populations à la base du fait de notre égoïsme. C'est pourquoi, la société civile suivra aussi les performances de cette raffinerie en vue de montrer davantage pourquoi le Burkina Faso ne pouvait pas continuer à exporter ses minerais.
Cette raffinerie est un grand symbole de souveraineté, un véritable outil de développement. Pour cela, l'ensemble des acteurs de la chaîne minière doit se sentir concerné : administration publique, sociétés minières, exploitants artisanaux, négociants, transformateurs, institutions financières, collectivités territoriales, organisations de la société civile, chercheurs, travailleurs et citoyens.
La raffinerie doit surtout s'inscrire dans une politique plus large de transformation locale. Raffiner l'or est une étape importante certes, mais ce n'est pas l'ensemble de la chaîne de valeur. Le véritable enjeu sera progressivement de développer autour de cette infrastructure des compétences nationales, des services spécialisés, une industrie de la bijouterie, des capacités d'analyse et de certification, ainsi que des mécanismes permettant aux entreprises burkinabè de participer davantage aux différentes activités liées à l'or. La raffinerie doit être gérée avec rigueur, transparence et efficacité. Je n'ai aucun doute là-dessus. Mais il faut le répéter car quand on parle de transparence, on voit souvent le niveau des décideurs. Cela concerne aussi et surtout les acteurs chargés de la gestion quotidienne d'une structure car une telle infrastructure stratégique doit être protégée contre toutes sortes de risques.
En définitive, la date du 28 septembre 2026 ne doit pas seulement être retenue comme la date d'inauguration d'une usine. EIle doit être considérée comme une étape dans la construction d'un nouveau rapport du Burkina Faso avec sa richesse minière. Je salue vraiment la vision qui a permis d'aboutir à cette réalisation et remercie les autorités burkinabè pour cet acte fort.
C'est désormais à tous les acteurs de la chaîne minière et à chaque citoyen de faire de RAFFINOR-BF un outil de développement, de souveraineté économique et de création de valeur.
Le Burkina Faso a repris la maîtrise de sa richesse aurifère. Vraiment, j'en suis plus que content !
Camarade Président du Faso, merci encore !
Jonas Hien
La planification familiale ne se résume pas à la contraception ou à la limitation du nombre d'enfants. Elle constitue également un important levier de protection de la santé de la mère et de l'enfant, notamment en permettant d'éviter les grossesses trop rapprochées, précoces ou survenant dans des contextes à risque. Dans cet entretien, le Pr Sibraogo Kiemtoré, gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et enseignant à l'université, revient sur les liens entre planification familiale et mortalité maternelle. Il évoque les risques liés aux grossesses rapprochées, les craintes et rumeurs autour des méthodes contraceptives, la nécessité d'un choix éclairé par les femmes, mais aussi le rôle des hommes, des prestataires de santé, des médias et des décideurs. Pour lui, l'enjeu est de permettre aux couples d'avoir leurs enfants « au bon moment », dans des intervalles favorables à la santé de la mère et de l'enfant.
Lefaso.net : En tant que gynécologue-obstétricien, comment expliquez-vous le lien entre l'accès à la planification familiale et la réduction de la mortalité maternelle ?
Pr Sibraogo Kiemtoré : Il existe un lien clair entre la planification familiale et la baisse de la mortalité maternelle. On estime qu'elle contribue à environ 30 % de cette réduction. En espaçant les grossesses, les femmes ont le temps de récupérer et d'aborder une nouvelle grossesse dans de meilleures conditions. Cela protège leur santé et celle de l'enfant.
La planification familiale permet aussi d'éviter les grossesses trop précoces, chez les jeunes filles, ou trop tardives, autour de 40 ou 45 ans, qui comportent davantage de risques. Elle est également utile chez les femmes ayant des problèmes de santé, comme la drépanocytose, une maladie du cœur ou le diabète, pour retarder une grossesse jusqu'à ce que leur état soit mieux stabilisé. Tout cela contribue à réduire les complications, les décès maternels et les séquelles.
Quelles sont les principales complications auxquelles sont exposées les femmes qui ont des grossesses trop rapprochées ?
Quand les grossesses sont trop rapprochées, la femme n'a pas assez de temps pour récupérer. Elle peut arriver au terme de la grossesse très fatiguée, parfois avec une anémie. Dans ce cas, l'accouchement peut être plus difficile et le risque de complications augmente, notamment les infections après l'accouchement. Ces situations peuvent entraîner des séquelles chez la femme et ne sont pas non plus favorables à la santé du nouveau-né.
Certaines femmes abandonnent ou hésitent à utiliser une méthode contraceptive en raison des effets secondaires. Comment doivent-elles réagir face à ces situations ?
Les méthodes contraceptives peuvent avoir des effets secondaires. Ils ne concernent pas toutes les femmes, mais certaines peuvent les ressentir. C'est pourquoi les prestataires doivent donner des informations suffisantes sur les méthodes contraceptives pour permettre un choix éclairé. Le plus souvent, il s'agit de petits désagréments qui diminuent avec le temps, lorsque l'organisme s'habitue à la méthode.
Mais certains signes doivent alerter. Par exemple, une femme qui saigne abondamment après avoir adopté une méthode contraceptive ne doit pas banaliser la situation. Elle doit retourner rapidement dans une formation sanitaire pour être examinée et recevoir une solution adaptée. Dans certains cas, le prestataire peut proposer un changement de méthode. Devant tout effet secondaire gênant, le bon réflexe consiste à consulter et à expliquer simplement le problème.
“La prévalence contraceptive a progressé au fil des années, avec des niveaux autour de 30 à 40 %, tandis que les besoins non satisfaits ont diminué, autour de 16 %”, indique le gynécologue-obstétricienBeaucoup de personnes associent la planification familiale à la limitation du nombre de naissances. Comment faut-il comprendre réellement la planification familiale ?
Il y a une idée répandue selon laquelle la planification familiale consisterait à limiter le nombre de naissances. Or, sur le plan de la santé, la priorité est vraiment d'aider les femmes à avoir le nombre d'enfants souhaité, en respectant un intervalle qui permet une bonne santé. Mais comme nombreux sont ceux qui assimilent la planification familiale à la limitation des naissances, elle est rejetée par une partie de la population qui est très nataliste. Et derrière tout cela, il y a beaucoup de rumeurs autour de la contraception. Il faut signifier que les méthodes contraceptives sont vraiment bien étudiées. Elles sont moins à risque.
Ce n'est pas pour dire qu'elles n'ont pas d'effets secondaires, mais elles sont moins à risque par rapport à une grossesse qui n'a pas été planifiée au bon moment, qui peut être beaucoup plus nuisible à la santé que la planification familiale. Et il y a toutes sortes de rumeurs à ce sujet. Par exemple, certaines personnes disent que si vous mettez un dispositif intra-utérin, l'enfant va naître avec le dispositif en main. Dit comme ça, cela peut faire peur aux gens. Mais sur le plan sanitaire, cela ne correspond pas à la réalité. On sait que les méthodes contraceptives peuvent connaître de temps en temps des échecs, mais le taux est faible. Il ne faut donc pas s'en inquiéter.
Quelle place les hommes doivent-ils occuper dans la planification familiale ?
Nous, les hommes, nous avons un grand rôle à jouer ! Vous savez qu'en Afrique, notamment au Burkina Faso, la décision concernant la planification familiale implique souvent l'homme. Même si on dit que la décision n'est pas forcément prise par lui, il a quand même son mot à dire. Donc il faut que nous arrivions à convaincre les hommes. D'abord, il faut que les hommes sachent ce qu'est la planification familiale. Et quand c'est bien connu, il faut que les hommes soient beaucoup plus attentifs pour mieux accompagner leurs femmes dans ce projet de planification familiale.
Il y a des jours où, quand nous recevons les femmes et que certaines disent : « Mon mari n'est pas d'accord. » Elles viennent pour être conseillées sur l'espacement des naissances et disent qu'elles doivent aller demander l'avis de leur mari. Et une fois qu'elles reviennent, elles nous disent que leur mari n'est pas d'accord. Tout simplement parce que le mari n'a pas suivi et qu'il n'a pas eu les vraies informations par rapport à la planification familiale. C'est pour cela qu'il faut mieux informer les hommes. Je pense que la plupart des hommes veulent la bonne santé de leur épouse et de leur enfant. Il n'y a donc pas de raison qu'ils s'opposent systématiquement à la planification familiale.
Comment le choix d'une méthode contraceptive doit-il être effectué par la femme ?
Le principe, c'est un choix éclairé par la femme elle-même ! Nous expliquons toutes les méthodes contraceptives, avec leurs défauts, leurs avantages, leurs inconvénients, leur efficacité, tout. Et la femme, par rapport à elle-même, à son projet et à ses désirs, choisit la méthode qui lui convient. Il y a des femmes, par exemple, qui n'aimeraient pas avoir un dispositif intra-utérin. Elles le voient comme un corps étranger dans leur organisme. Psychologiquement, certaines femmes ne supportent pas l'idée d'un corps étranger en leur sein. Certaines ont peur de la pilule parce que ce sont des hormones.
Psychologiquement, elles ne supportent pas non plus cela. Donc on laisse chaque femme choisir selon ses conditions personnelles et sa situation. Maintenant, si la méthode choisie ne convient pas sur le plan sanitaire, on lui dit que c'est vrai que c'est son choix, mais que cette méthode, analysée par rapport à sa situation sanitaire, ne lui convient pas. C'est mieux de penser à une autre méthode et nous lui donnons les explications.
Peut-on dire que l'acceptation de la planification familiale s'est améliorée au Burkina Faso ?
Des progrès existent, mais ils restent insuffisants. Les méthodes contraceptives ne sont pas toujours disponibles et des ruptures de stock peuvent survenir. La situation n'a donc pas beaucoup évolué. Beaucoup d'efforts restent nécessaires, surtout pour répondre aux « besoins non satisfaits », c'est-à-dire les femmes qui souhaitent utiliser une méthode contraceptive mais n'y ont pas accès. Les services de santé doivent être plus efficaces pour leur offrir ce service.
Quel constat faites-vous lorsqu'on met en parallèle l'évolution de la prévalence contraceptive et celle de la mortalité maternelle au Burkina Faso ?
Les chiffres officiels proviennent notamment des enquêtes démographiques et de santé. La prévalence contraceptive a progressé au fil des années, avec des niveaux autour de 30 à 40 %, tandis que les besoins non satisfaits ont diminué, autour de 16 %. Dans le même temps, la mortalité maternelle baisse également. Cette évolution montre un parallèle entre l'amélioration de l'accès à la contraception et la diminution des décès maternels. Cependant, le Burkina Faso reste encore loin de l'objectif fixé pour 2030, qui est de descendre en dessous de 70 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Aujourd'hui, le pays se situe encore autour de 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. Le chemin reste donc long, avec peu de temps devant nous.
Le Pr Sibraogo Kiemtoré ajoute que la planification familiale concerne également les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants. Et les services de santé doivent pouvoir les accompagner dans leur projet familialQue faut-il faire pour accélérer les progrès en matière de planification familiale et contribuer davantage à la réduction de la mortalité maternelle ?
Plusieurs actions sont nécessaires. D'abord, la population doit comprendre que la planification familiale favorise l'espacement des naissances et protège la santé de la mère et de l'enfant. Les médias ont un rôle important pour faire passer ce message. Ensuite, les prestataires de soins doivent mieux expliquer les méthodes disponibles, leurs contraintes, leurs effets possibles et leurs avantages, afin de combattre les rumeurs. Les autorités doivent aussi garantir la disponibilité des méthodes contraceptives pour les femmes. Enfin, la planification familiale concerne également les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants : les services de santé doivent pouvoir les accompagner dans leur projet familial. Pour cela, l'appui de l'État est nécessaire. Si la communauté, les médias, les soignants et les décideurs agissent ensemble, la planification familiale peut devenir un véritable allié pour le bien-être des familles et de la société.
Interview réalisée par Farida Thiombiano
Lefaso.net
Agriculteur et ingénieur en informatique, Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba a créé CultivaTech pour aider les producteurs burkinabè à mieux décider au champ, même sans connexion internet. L'application estime les caractéristiques du sol, adapte les doses d'engrais aux parcelles, alerte sur les variations de végétation et propose des outils de suivi agricole hors ligne. Le promoteur revient sur la genèse du projet, ses résultats en phase pilote, ses limites et ses ambitions d'expansion en Afrique de l'Ouest.
Lefaso.net : Quel problème concret d'un producteur burkinabè avez-vous voulu résoudre en priorité ?
Wendkuuni Ben Ahmad Tapsoba : Le problème que j'ai voulu résoudre en priorité, c'est celui de la dose. Un producteur qui met de l'engrais applique presque toujours une recommandation générale (200 kg de NPK et 100 kg d'urée à l'hectare pour le maïs, par exemple), alors que son sol n'est ni celui de son voisin ni celui de la station de recherche où la recommandation a été établie. Il en résulte qu'il met trop là où il ne faut pas, ou pas assez là où il en faudrait. Dans les deux cas il perd de l'argent, et dans le premier il charge son sol inutilement. Ce que CultivaTech supprime, ce n'est pas l'engrais, c'est le hasard.
Pourquoi le fonctionnement sans réseau était-il essentiel ?
Le fonctionnement sans réseau était essentiel, parce qu'une application qui a besoin du réseau est inutile au moment précis où elle servirait.
Le producteur est dans son champ, souvent hors couverture. Il recharge son téléphone quand il peut, et ses données mobiles coûtent cher rapportées à ce qu'il gagne.
Si l'application devait interroger un serveur pour lui dire combien de sacs épandre, il n'aurait pas la réponse. Nous avons donc mis le calcul dans le téléphone, pas sur un serveur : le référentiel agronomique est embarqué avec l'application.
C'est aussi un choix sur le matériel. Nous ne demandons à personne d'acheter un capteur, un drone ou un téléphone particulier. Nous travaillons avec celui qu'il a déjà.
Que reste-t-il d'utilisable sans aucune connexion, et qu'est-ce qui exige une synchronisation ?
Sans connexion, l'application permet d'utiliser le traçage de la parcelle, les fiches techniques des cultures, le plan d'arrosage, le diagnostic phytosanitaire, le calendrier cultural, le suivi de production et les guides techniques. Cela représente tout ce qui se décide au champ.
Une connexion est en revanche nécessaire pour le marché numérique, la météo, l'estimation du sol par satellite, le suivi du couvert végétal et l'annuaire des boutiques. Ces données viennent de l'extérieur et ne peuvent pas être calculées dans le téléphone.
La synchronisation se fait d'elle-même dès que le réseau revient. L'agriculteur n'a aucune manipulation à faire, et ce qu'il a saisi hors ligne n'est jamais perdu.
D'où viennent les données de sol, et comment vérifiez-vous leur fiabilité ?
Ces données viennent d'iSDAsoil, une cartographie numérique des sols africains produite par Innovative Solutions for Decision Agriculture et publiée dans la revue PLOS Biology en 2021.
Le principe est le suivant : un modèle d'apprentissage automatique a été entraîné sur plus de cent mille échantillons de sol analysés en laboratoire à travers le continent. Il utilise comme variables explicatives l'imagerie des satellites Sentinel-2 et Landsat, le relief et le climat. Le modèle prédit ensuite les propriétés du sol partout, à 30 mètres de résolution, sur deux profondeurs, et il fournit son incertitude pixel par pixel.
Je veux être précis sur un point également. Ce n'est pas une analyse de laboratoire, c'est une estimation. Le satellite ne mesure pas le pH, il mesure une réflectance ; le reste est un modèle.
Pour la vérification locale, nous ne nous en remettons pas au modèle continental sans contrôle. Nous avons réuni 540 résultats d'analyses de laboratoire réelles, dont des données rendues publiques par le BUNASOL et d'autres obtenues auprès d'iSDA. Elles nous servent de référence pour confronter l'estimation satellitaire à des mesures faites sur des sols d'ici.
Nous voulons aller plus loin. J'ai pris contact avec le BUNASOL et déposé une correspondance en vue d'un partenariat, avec deux objectifs : poursuivre ces vérifications sur des parcelles burkinabè, et permettre à un producteur de commander une analyse de laboratoire directement depuis l'application, avec des points de prélèvement géolocalisés qui faciliteraient le travail des préleveurs.
L'idée n'est pas de remplacer le laboratoire. C'est que l'estimation dise où prélever, et que le laboratoire tranche.
Comment ces données deviennent-elles une quantité d'engrais ?
La transformation des données en quantité d'engrais se fait en trois temps.
D'abord, l'application délimite la parcelle et en calcule la surface exacte, au doigt sur l'image satellite, par marche GPS autour du champ, ou par saisie des coordonnées d'un titre foncier.
Ensuite, elle récupère l'estimation du sol sur une grille de 30 mètres, ce qui donne plusieurs points de mesure sur une même parcelle plutôt qu'une valeur unique.
Enfin, elle part de la recommandation officielle pour la culture concernée (celle de l'INERA pour le maïs, par exemple) et la corrige selon le pH, l'azote, le carbone et la texture estimés. La correction est plafonnée à plus ou moins 30 % : nous ne nous autorisons pas à nous écarter davantage d'une recommandation validée par la recherche.
Le résultat n'est pas affiché en kilogrammes par hectare mais en sacs et en arrosoirs, pour la surface réelle du champ.
Et l'application ne baisse pas toujours la dose : sur un sol pauvre, elle l'augmente.
Comment distinguez-vous une maladie d'un problème d'eau, de sol ou de climat ?
Nous ne les distinguons pas, et nous ne prétendons pas le faire.
Le suivi satellitaire calcule tous les cinq jours l'indice de végétation NDVI de la parcelle, à partir des bandes rouge et proche infrarouge de Sentinel-2, en écartant les images trop nuageuses. Quand cet indice baisse nettement par rapport aux semaines précédentes, l'application envoie une alerte.
Cette alerte dit une chose et une seule : il se passe quelque chose sur cette parcelle, allez voir. Elle ne nomme pas la cause. Un satellite mesure la vigueur d'un couvert végétal ; il ne fait pas de pathologie.
C'est ensuite le producteur qui regarde sa plante, et le module de diagnostic qui prend le relais.
Je tiens à préciser que l'application sait aussi qu'une baisse de NDVI est normale pendant la maturation, et n'alerte pas dans ce cas.
Comment fonctionne le diagnostic, et quel est son taux de fiabilité ?
Il faut que je corrige une formulation qui circule, y compris dans nos propres documents : ce n'est pas de l'intelligence artificielle, c'est un moteur de règles.
Concrètement, le producteur décrit en français ce qu'il voit : « feuilles jaunes », « trous dans les gousses », « taches brunes ». L'application compare cette description à 149 règles constituées à partir de la littérature agronomique sahélienne, notamment les travaux de l'IPR/IFRA du Mali, applicables au Burkina. Chaque règle associe des mots-clés, une maladie ou un ravageur, ses causes, le traitement et la prévention. Le moteur retient les règles qui correspondent le mieux et en propose jusqu'à trois, classées.
Tout cela se passe dans le téléphone : il n'y a aucune photo à envoyer et aucune connexion nécessaire.
Concernant la fiabilité, sur les quarante-quatre diagnostics réalisés pendant la phase pilote, quarante se sont révélés justes, soit 91 %.
Je précise tout de suite la limite de ce chiffre : quarante-quatre cas, c'est un petit échantillon. Il donne une indication solide, pas une garantie statistique. Nous continuerons à le suivre à mesure que le nombre de diagnostics augmentera, et je préfère annoncer 91 % sur quarante-quatre cas en donnant le dénominateur, plutôt qu'un chiffre rond sans lui.
Que se passe-t-il quand l'application n'est pas certaine ?
Quand l'application n'est pas certaine, elle le dit.
Quand plusieurs règles correspondent, elle en propose jusqu'à trois, classées par pertinence, et laisse le producteur trancher avec ce qu'il a sous les yeux. Quand aucune ne correspond, elle affiche « Aucun diagnostic trouvé pour ces symptômes » au lieu d'inventer une réponse.
C'est un choix. Une application agricole qui affirme avec assurance une bêtise fait plus de dégâts qu'une application qui reconnaît son ignorance : le producteur va acheter un traitement, l'appliquer, et perdre à la fois l'argent et le temps.
Le même principe vaut pour l'estimation du sol. Quand le service est injoignable, l'application le signale et s'en tient aux recommandations générales, sans faire semblant d'avoir affiné.
Quels résultats mesurables avez-vous obtenus ?
Concernant le rendement, les 116 producteurs que nous suivons enregistrent, au 15 septembre, en moyenne plus de 21 % de rendement supplémentaire, à superficie égale, matériel égal et charge de travail égale.
Je précise la façon dont nous comparons, parce qu'elle compte. Le point de départ n'est pas leur rendement moyen des années précédentes, mais le meilleur rendement qu'ils déclarent avoir atteint avant d'utiliser CultivaTech. C'est volontairement le test le plus difficile : nous nous mesurons à leur meilleure année, pas à leur année ordinaire.
Sur les dépenses, le résultat est plus intéressant qu'un simple gain. Pour 64 % des producteurs, le coût de production a augmenté d'environ 12 %, parce que l'analyse du sol leur a dit d'apporter davantage là où ils sous-fertilisaient. Pour les autres, il a baissé de 15 à 18 %. Et dans les deux cas, le rendement a progressé.
C'est exactement ce que fait l'application : elle ne réduit pas l'engrais, elle le met au bon endroit dans la bonne quantité. Dire « nous faisons économiser de l'engrais » serait faux pour les deux tiers de nos utilisateurs.
Nous avons mesuré d'autres résultats : sur notre propre parcelle de 2 850 m² à Koubri, le rendement a augmenté de 9,61 %. Nous avons aussi placé seize ouvriers agricoles par l'intermédiaire de l'application, et des producteurs ont dépensé 64 400 FCFA pour acheter des fiches techniques et des données de sol.
Je distingue un dernier résultat, qui est calculé et non mesuré : l'économie de 35 000 FCFA par hectare que nous présentons sur un exemple de maïs. C'est un calcul à partir de la recommandation officielle et des prix 2026, pas une moyenne relevée sur un échantillon.
Avez-vous une comparaison avec des producteurs qui n'utilisent pas l'application ?
Non, nous n'en avons pas, et je tiens à ce que la distinction soit claire.
Ce que nous avons, c'est une comparaison avant et après chez les mêmes producteurs : leur rendement actuel face au meilleur qu'ils déclarent avoir atteint auparavant. C'est une donnée réelle, sur 116 exploitations, et c'est bien plus qu'une simulation. Mais ce n'est pas un groupe témoin.
Deux limites en découlent, que je préfère nommer moi-même.
La première, c'est que le point de départ est déclaré par le producteur, pas mesuré par nous. Nous l'avons choisi le plus exigeant possible (leur meilleure année, pas leur moyenne), mais il reste déclaratif.
La seconde, et la plus importante, c'est que sans producteurs comparables n'utilisant pas l'application, nous ne pouvons pas séparer notre effet de celui de la saison. Une bonne pluviométrie fait monter les rendements de tout le monde.
Construire ce dispositif demande de suivre deux groupes en parallèle sur une campagne complète, avec une structure de recherche ou une ONG. C'est l'un des usages que nous envisageons pour la dotation du Prix Pierre Castel.
Qui paie exactement ?
Ce sont des institutions qui paient, et très marginalement des producteurs.
Au 15 septembre, une institution de microfinance paie 400 000 FCFA par an pour un tableau de bord qui lui permet de suivre cent dossiers. Une organisation non gouvernementale paie 1 500 000 FCFA par an pour suivre cent bénéficiaires. Cinq boutiques d'intrants paient 5 000 FCFA par mois chacune pour figurer dans l'annuaire avec leur catalogue.
Cela fait 2 150 000 FCFA sous contrat, dont 2 075 000 déjà encaissés. S'y ajoutent les 64 400 FCFA d'achats directs dans l'application.
En face, nos charges d'infrastructure sont aujourd'hui de 1 700 FCFA par mois, ce qui correspond au nom de domaine. Elles monteront à environ 33 100 FCFA par mois au lancement officiel.
Ce sont donc les institutions qui financent la gratuité de l'essentiel pour l'agriculteur. C'est délibéré : un producteur qui hésite entre payer une application et acheter un sac d'engrais achètera le sac, et il aura raison.
Les agriculteurs devront-ils payer des fonctionnalités aujourd'hui gratuites ?
Non, ce qui est gratuit aujourd'hui le restera : la parcelle, les fiches techniques, le plan d'arrosage, le diagnostic, le suivi de production et le marché.
À partir du 19 novembre, un abonnement facultatif sera proposé, entre 1 500 et 4 500 FCFA par mois, pour des fonctions nouvelles : le diagnostic sur photo, les alertes par SMS et un assistant conversationnel.
Deux services resteront par ailleurs payants à l'acte, comme ils le sont déjà : l'analyse de sol détaillée avec sa carte et son rapport, à 4 500 FCFA, et le suivi satellitaire de la parcelle, à 1 500 FCFA par mois.
Je dois ajouter que nous sommes prudents sur ce volet. Faire payer un abonnement logiciel à un petit producteur est difficile, et nous ne construisons pas notre équilibre financier dessus.
Quelles données collectez-vous, à qui appartiennent-elles, comment sont-elles protégées ?
Nous collectons le prénom, le nom et le numéro de téléphone à l'inscription, le type de compte, les coordonnées GPS de l'exploitation, le contour des parcelles tracées, les productions suivies, les intrants utilisés et les rendements déclarés, ainsi que les diagnostics effectués.
Ces données appartiennent aux producteurs. Nous en sommes dépositaires, pas propriétaires.
Pour ce qui est de leur protection, les tables sensibles sont fermées en lecture directe. La clé publique contenue dans l'application ne permet pas d'y accéder : tout passe par des fonctions serveur qui vérifient l'identité du demandeur. Une organisation partenaire ne voit que les bénéficiaires rattachés à son propre programme, jamais les autres.
Sur le partage avec un tiers, le principe est le consentement explicite. Un producteur rattaché au programme d'une ONG donne son accord, et cet accord est horodaté. Le score de crédit agricole, qui permet à une institution de microfinance d'apprécier un dossier à partir de l'activité réelle du producteur, ne peut pas être calculé sans ce consentement.
Qu'avez-vous appris du terrain depuis décembre 2024 ?
J'ai appris trois choses du terrain, qui ont chacune changé le produit.
La première, c'est que le réseau est pire que prévu, mais pas là où on le croit. Ce n'est pas l'absence de couverture qui pose problème, c'est son intermittence. Une annonce publiée au marché partait dans le vide quand la connexion coupait en pleine opération. Nous avons construit une file d'attente : ce que le producteur saisit est conservé et renvoyé plus tard, sans qu'il ait à y penser.
La deuxième, c'est que les producteurs pilotent à distance. Nous pensions que la pompe connectée servirait surtout à programmer des arrosages. En réalité, ils la démarrent et l'arrêtent depuis là où ils sont. Leur demande suivante était claire : que l'arrosage se déclenche tout seul sur l'humidité réelle du sol, et s'arrête quand la cible est atteinte ou quand le réservoir se vide. Nous travaillons dessus.
La troisième, c'est que le diagnostic par photo ne marchait pas. Envoyer une image demande du réseau et de la batterie, et la photo d'une feuille dans un champ à midi est souvent inexploitable. Nous y avons renoncé et construit le diagnostic par description. C'est moins impressionnant sur le papier, et beaucoup plus utile au champ.
Quelles sont vos ambitions ?
À court terme, notre ambition est de sortir de la phase pilote. Le lancement officiel est fixé au 19 novembre 2026, avec un objectif de 3 000 utilisateurs actifs à la fin de l'année.
Ensuite, nous voulons sortir du Burkina, et c'est ce que nous défendrons à Cotonou le 30 septembre. Le socle technique est conçu pour être répliqué, mais je me garderai de dire que c'est facile. Chaque pays demande une adaptation agronomique, réglementaire et commerciale, avec un partenaire local. Nous visons un pilote au Mali et au Niger, puis la Côte d'Ivoire.
Trois chantiers m'importent particulièrement. Le premier est le partenariat avec le BUNASOL, pour lequel une correspondance est déjà déposée. Il a deux objectifs : poursuivre la vérification de nos estimations sur des sols burkinabè, et permettre de commander une analyse de laboratoire depuis l'application, avec des points de prélèvement géolocalisés. L'estimation dit où prélever ; le laboratoire tranche.
Le deuxième concerne les langues. L'application parle français, mooré et dioula. Le dispositif vocal est conçu pour que l'ajout d'une langue ne demande pas de retoucher le code : on enregistre des mots, pas des phrases. C'est ce qui rendra possible le fulfulde, le bambara et le haoussa.
Le troisième est le programme RADIA, que nous relançons sur quatre à cinq provinces. Pour la première promotion, en 2025, huit jeunes ont été formés gratuitement et cinq ont été placés. Les cinq sont encore en poste dix-huit mois après, à 65 000 FCFA par mois. C'est ce chiffre-là dont je suis le plus fier.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Partie du Burkina avec une curiosité pour la biologie, Madiamse Gaëlle Koné a progressivement construit un parcours mêlant formation scientifique, recherche, engagement associatif et ouverture internationale. Récemment diplômée de l'université d'Akdeniz en Turquie, la jeune Burkinabè s'est intéressée à la cytotoxicité du valnoctamide sur des cellules cancéreuses du sein et de l'ovaire. Une expérience de laboratoire qui a conforté son ambition de poursuivre dans la recherche et de contribuer, à son échelle, au développement des compétences scientifiques de la jeunesse burkinabè.
Madiamse Gaëlle Koné a quitté le Burkina pour poursuivre sa formation en Turquie, avec l'idée de comprendre davantage le vivant et, surtout, de contribuer à la recherche scientifique. Après un baccalauréat scientifique série D, elle entame des études en biologie à l'Université catholique de l'Afrique de l'Ouest (UCAO), au Burkina Faso. Mais l'envie d'aller plus loin et de découvrir d'autres environnements scientifiques la conduit à rechercher des possibilités de formation à l'étranger. La bourse Türkiye Bursları lui ouvre alors les portes de la Turquie. Avant de rejoindre véritablement la faculté des sciences de l'université d'Akdeniz, elle consacre une année à l'apprentissage de la langue turque. Puis viennent quatre années de formation en biologie. Une période au cours de laquelle son intérêt pour la biologie cellulaire et moléculaire et pour la recherche sur le cancer se précise.
Le choix de la biologie n'est pas le fruit d'un hasard. Petite, Gaëlle Koné rêvait, comme beaucoup d'enfants, de devenir médecin. C'est au lycée que cette envie se transforme progressivement en intérêt pour la compréhension des mécanismes du vivant. En classe de terminale, les cours de sciences de la vie et de la Terre vont particulièrement retenir son attention. L'étude de la cellule et des caractères héréditaires suscite chez elle une curiosité nouvelle. « Je me suis rendu compte que derrière une maladie ou le fonctionnement apparemment simple d'un organisme se cachait une multitude de mécanismes complexes que les scientifiques pouvaient comprendre et résoudre », explique-t-elle.
Cette curiosité va également l'amener à s'intéresser aux avancées scientifiques réalisées ailleurs dans le monde. Les nouvelles technologies utilisées dans les laboratoires, les recherches sur les maladies et les solutions explorées par les scientifiques nourrissent sa réflexion. C'est dans ce contexte que la Turquie apparaît pour Madiamse Gaëlle Koné comme une opportunité.
« J'ai toujours été attirée par les sciences. Petite, comme beaucoup d'enfants, je rêvais de devenir médecin, mais c'est au lycée que mon intérêt pour la biologie a réellement pris une autre dimension »Obtenir la bourse Türkiye Bursları constitue pour la jeune étudiante une « porte d'ouverture » vers l'objectif qu'elle s'était fixé, qui est d'acquérir des connaissances et des outils susceptibles de lui permettre de contribuer, à terme, à l'innovation et à la recherche scientifique dans son pays. Mais derrière l'opportunité académique se cache la réalité d'une jeune étudiante qui doit apprendre à vivre dans un environnement nouveau. Nouvelle langue, nouvelle culture, nouveau système éducatif. Les premiers temps en Turquie ne sont donc pas uniquement consacrés aux cours et aux expériences scientifiques.
La langue constitue son premier obstacle, mais Gaëlle Koné choisit toutefois de considérer ces difficultés comme des étapes de son apprentissage. « J'ai surmonté ces difficultés grâce à la persévérance, à la patience et à la volonté de ne pas abandonner », confie-t-elle. Et avec le temps, ce qui pouvait être déstabilisant devient une force. L'expérience lui apprend à être autonome, à demander de l'aide lorsqu'elle en a besoin, mais également à chercher elle-même des solutions. Elle développe ainsi une capacité d'adaptation qui va rapidement faire émerger son engagement associatif.
Du laboratoire à l'engagement communautaire
Loin du Burkina, Gaëlle Koné s'investit dans la communauté estudiantine burkinabè en Turquie et devient vice-présidente de l'Association des étudiants burkinabè dans le pays. Cette responsabilité lui permet de découvrir une autre dimension de la vie des étudiants à l'étranger. Partir étudier dans un autre pays ne signifie pas seulement assister aux cours, passer des examens et obtenir un diplôme. Il faut également comprendre les démarches administratives, trouver des interlocuteurs, se constituer un réseau et parfois simplement savoir vers qui se tourner lorsque survient une difficulté.
Son expérience associative lui apprend également à écouter. Tous les étudiants burkinabè ne vivent pas les mêmes réalités et n'ont pas nécessairement les mêmes besoins. Représenter une communauté suppose donc de tenir compte de cette diversité. Cette expérience nourrit aussi sa réflexion sur la diaspora burkinabè. Pour Gaëlle Koné, mieux connaître les Burkinabè vivant à l'extérieur, les mettre en réseau et maintenir le lien avec eux permet de renforcer les possibilités d'accompagnement et d'entraide. « Nous pouvons avoir nos propres projets, nos études, nos carrières et nos ambitions personnelles, mais avant tout, nous restons Burkinabè », rappelle-t-elle.
Son engagement ne se limite pas à la communauté burkinabè. Comme coordinatrice éducative de Afro Antalya, Gaëlle Koné participe à l'organisation de sessions de langues en turc, en anglais et en français. L'objectif est notamment de faciliter l'intégration de nouveaux étudiants et d'aider d'autres jeunes à renforcer leurs compétences linguistiques. « Travailler avec des jeunes issus de parcours différents m'a également appris à être plus flexible et à m'adapter aux besoins du groupe. Cela m'a donné davantage confiance dans ma capacité à prendre des initiatives et à porter des projets avec d'autres personnes. Cette expérience m'a enfin appris qu'il faut parfois simplement oser se lancer pour découvrir ce dont on est capable », fait-elle savoir.
Cette approche l'amène à développer davantage sa capacité à travailler en groupe, à prendre des initiatives et à adapter ses méthodes aux besoins des personnes avec lesquelles elle travaille.
Cette volonté de sortir du seul cadre académique se retrouve encore lorsqu'elle représente le Burkina Faso à l'International Volunteer Forum 2025. Elle y rencontre des jeunes, des experts et différents acteurs engagés autour de problématiques touchant leurs sociétés, notamment la résolution des conflits.
Dans les cellules cancéreuses, une piste à explorer
C'est toutefois dans le laboratoire que le parcours de Gaëlle Koné prend une dimension particulièrement scientifique. Son projet de recherche porte sur la cytotoxicité du valnoctamide sur des cellules cancéreuses du sein et de l'ovaire. Derrière ce vocabulaire scientifique se trouve une question que se pose la jeune Burkinabè. Cette molécule peut-elle affecter ou détruire des cellules cancéreuses et, surtout, à quelle concentration cet effet peut-il être observé ? La jeune chercheuse s'intéresse au cancer en raison de l'importance croissante de cette maladie à l'échelle mondiale. Elle porte une attention particulière aux cancers du sein et de l'ovaire, qui touchent les femmes. Le cancer de l'ovaire est notamment souvent diagnostiqué tardivement, ce qui complique sa prise en charge. Son choix porte alors sur le valnoctamide, une molécule déjà étudiée dans d'autres contextes thérapeutiques, notamment dans le domaine des maladies neurologiques.
Gaëlle Koné invite ses pairs à ne pas attendre d'avoir toutes les conditions réunies avant de commencer un projet ou une rechercheSon travail s'inscrit dans une approche appelée « drug repurposing », ou repositionnement de médicaments. « L'intérêt de cette approche est notamment qu'elle peut permettre de réduire certaines étapes, certains coûts et certains délais associés au développement de nouvelles molécules, même si elle nécessite évidemment de nombreuses études avant qu'une utilisation clinique puisse être envisagée. Dans mon projet, j'ai donc cherché à déterminer l'effet du valnoctamide sur différentes cellules cancéreuses et à identifier les concentrations auxquelles son effet était le plus marqué. L'un des enjeux était également de comparer cet effet avec celui observé sur des cellules non cancéreuses, afin de mieux comprendre sa sélectivité. L'objectif était de trouver une dose sélective du médicament qui serait moins toxique pour les cellules normales et très toxique pour les cellules cancéreuses », détaille-t-elle.
L'enjeu est notamment de déterminer si une concentration donnée peut être davantage toxique pour les cellules cancéreuses tout en étant moins nocive pour les cellules normales. Les résultats obtenus sont particulièrement intéressants du côté des cellules cancéreuses du sein. Dans les conditions expérimentales étudiées, le valnoctamide a montré un effet cytotoxique marqué sur ces cellules. En revanche, l'effet observé sur les cellules ovariennes n'a pas atteint le même niveau.
Mais la jeune scientifique prend soin de ne pas aller au-delà de ce que permettent ses résultats. Son étude demeure préliminaire. Elle ne permet donc pas d'affirmer que le valnoctamide constitue un traitement contre le cancer. Elle met plutôt en évidence une piste qui mérite d'être approfondie. Cette prudence est importante car, pour Gaëlle Koné, la recherche ne consiste pas uniquement à obtenir un résultat spectaculaire. Elle consiste aussi à comprendre les conditions dans lesquelles un phénomène apparaît, les concentrations nécessaires, les types de cellules concernés et les conséquences observées.
Une recherche encore au début du chemin
La suite de ses travaux pourrait justement consister à mieux comprendre les mécanismes par lesquels le valnoctamide agit sur les cellules cancéreuses. D'autres études devraient également permettre d'examiner plus précisément les concentrations utilisées et la sélectivité entre les cellules cancéreuses et les cellules normales. Des expérimentations supplémentaires sur différents modèles cellulaires seraient nécessaires afin de vérifier si les effets observés peuvent être reproduits dans d'autres conditions. Des études précliniques devraient également être conduites avant de pouvoir envisager, à plus long terme, une éventuelle application thérapeutique.
« Je pense que ce type d'approche pourrait également être davantage exploré en Afrique. Notre continent doit continuer à répondre aux problèmes de santé auxquels il est confronté aujourd'hui, tout en développant dès maintenant les capacités scientifiques nécessaires pour anticiper les défis sanitaires de demain. Cela passe par la formation de jeunes chercheurs, le développement des infrastructures de recherche et la création de collaborations scientifiques. Mais elle m'a permis de comprendre qu'une question scientifique, même lorsqu'elle commence à petite échelle dans un laboratoire universitaire, peut ouvrir la voie à d'autres recherches. C'est cette possibilité de construire progressivement des connaissances et, à terme, de contribuer à la recherche de solutions adaptées à nos réalités qui me donne envie de poursuivre dans ce domaine », fait savoir la jeune chercheure. Pour elle, le continent doit continuer à répondre aux problèmes sanitaires auxquels il est confronté aujourd'hui, mais également développer les capacités scientifiques nécessaires pour anticiper ceux de demain. Pour elle, cela passe par la formation de jeunes chercheurs, le développement des infrastructures de recherche et la multiplication des collaborations scientifiques.
Être une jeune femme africaine et étrangère dans un environnement scientifique international n'est cependant pas toujours simple, avoue-t-elle. Gaëlle Koné évoque la nécessité de dépasser certains préjugés et de démontrer, par le travail et la constance, sa légitimité dans cet univers. La recherche elle-même impose une forme d'humilité. Les résultats ne correspondent pas toujours aux attentes et certaines expériences doivent être répétées plusieurs fois. Il faut accepter l'incertitude, patienter et continuer à avancer.
« Mon projet de recherche porte sur l'étude de la cytotoxicité du valnoctamide sur des cellules cancéreuses du sein et de l'ovaire. Dit plus simplement, il s'agit de déterminer si cette molécule peut affecter ou détruire des cellules cancéreuses, et surtout à quelle dose cet effet peut être observé. »Cette capacité à persévérer constitue peut-être l'un des principaux enseignements qu'elle souhaite désormais partager avec les jeunes Burkinabè. « Après plusieurs années à l'extérieur, cette expérience m'a aussi permis de regarder mon pays avec un peu plus de recul et de mieux mesurer à la fois ses défis, mais aussi les possibilités qui existent pour sa jeunesse », dit-elle. Cela peut aussi signifier apprendre ailleurs pour revenir avec de nouvelles connaissances et de nouvelles manières de faire. Cette vision rejoint son ambition de travailler davantage auprès de la jeunesse. Elle veut encourager les jeunes à rechercher activement l'information, à se former, à lire, à développer leurs compétences et à candidater aux opportunités qui se présentent.
Le parcours scientifique de Gaëlle Koné lui a montré que la recherche avance progressivement, par des questions, des hypothèses, des expériences et des résultats qui doivent eux-mêmes être interrogés. Son expérience associative lui a appris l'écoute, l'adaptation et la responsabilité. Son séjour à l'étranger lui a donné une autre lecture de l'importance du réseau, de la collaboration et de la transmission. Aujourd'hui, alors qu'elle vient d'achever son cursus en biologie, Gaëlle Koné regarde donc moins le chemin parcouru que celui qui reste à construire. Son expérience sur le valnoctamide ne prétend pas apporter une réponse au cancer. Elle constitue une première étape, une contribution modeste à une question scientifique beaucoup plus vaste. Mais c'est précisément ce caractère progressif qui semble nourrir son envie de continuer.
Et son message à l'endroit de ses pairs est de ne pas renoncer à ses ambitions au motif que le chemin paraît difficile ou que l'opportunité semble réservée à d'autres. « Les difficultés ne définissent pas ce dont nous sommes capables. Avec une vision claire, du travail et de la détermination, beaucoup de possibilités deviennent accessibles. Et surtout, il ne faut pas avoir peur d'essayer ou de tenter des opportunités », affirme-t-elle pour conclure.
Farida Thiombiano
Du 21 au 24 octobre 2026, Ouagadougou accueillera la 9ᵉ édition des Rencontres musicales africaines (REMA). L'information a été donnée lors d'une conférence de presse tenue dans l'après-midi du lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou.
De simples likes à de véritables consommateurs de musique, les Rencontres musicales africaines (REMA) veulent repenser le rôle des communautés numériques dans l'économie musicale. Pour sa 9ᵉ édition, l'événement place les followers au cœur des réflexions, avec une programmation marquée par la formation, l'intelligence artificielle et la promotion des artistes burkinabè. Face à la presse, Noura Mohamed Kaboré, connu de la sphère musicale sous l'appellation Alif Naaba, chanteur, auteur-compositeur et par ailleurs promoteur des REMA, a dévoilé les axes directeurs qui rythmeront l'édition 2026.
Le thème retenu pour cette nouvelle édition est : « Followers, de passifs à actifs ». Selon le promoteur, ce thème entend questionner la valeur économique des communautés numériques. L'objectif consiste à réfléchir aux moyens de transformer les simples interactions sur les réseaux sociaux en une véritable consommation de contenus et de spectacles.
Cette 9ᵉ édition des REMA entend faire des followers de véritables consommateurs de la musique« Nous avons voulu développer ce thème parce qu'on s'est rendu compte que maintenant les followers sont devenus une force importante. Ça veut dire qu'ils viennent valider un peu notre musique. Ils viennent donner de la visibilité à notre musique. Ils font découvrir la musique, ils partagent. Nous voulons, au cours de cette 9ᵉ édition, voir comment est-ce qu'on peut mettre des mécanismes en place pour que le follower passe du simple like à l'achat », a-t-il expliqué.
Des conférences, des formations, un tournoi de maracaña, des showcases, des workshops et des expositions sont, entre autres, les activités au programme de ces quatre jours. Parmi les principales innovations, on note la tenue de l'événement au Centre culturel du Faso, une grande soirée de lancement. Cette année, les organisateurs ont décidé de revoir le format de la soirée d'ouverture. La traditionnelle REMA Welcome Night est supprimée et fusionnée avec la cérémonie d'ouverture pour donner naissance, le 21 octobre, à une grande soirée de lancement davantage consacrée à la musique.
La 9ᵉ édition des REMA met également le Burkina Faso à l'honneur. À travers la mise en place de Focus Burkina, le showcase initialement ouvert aux artistes de divers pays laisse la place aux artistes burkinabè. Ce nouveau format est dédié à la découverte et à la valorisation des artistes burkinabè.
De plus, il y a le REMA Play. Alors qu'un seul concert de clôture était habituellement organisé, les festivaliers auront droit à deux soirées musicales. En passant désormais à deux grandes soirées de concerts live, les REMA 2026 entendent offrir au public une expérience musicale amplifiée, plus riche en découvertes et au plus près des performances des artistes.
Aperçu du public présent à la conférence de presseL'intelligence artificielle s'invite aussi à cette édition. En effet, au cours de ce point de presse, Alif Naaba a annoncé l'instauration d'un forum intitulé forum IA. Organisé pour la première fois en tandem avec le ministère en charge de la culture, ce forum propose une réflexion inédite sur l'impact de l'intelligence artificielle dans la création musicale, les métiers de la filière, les usages et la protection des droits.
« En marge des REMA, nous voulons organiser un forum international sur l'IA qui va regrouper des experts nationaux et internationaux, pour qu'ensemble nous puissions réfléchir et dégager des solutions, connaître ce qu'est l'IA et ce qu'elle apporte dans la création et ses limites », poursuit Alif Naaba.
Avec pour thème : « Réinventer la création, la visibilité et la valeur », le forum IA se tiendra le 22 octobre 2026. Dans l'optique de faciliter l'accès au programme, l'organisation mise aussi sur la REMA App. Une application disponible sur les plateformes de téléchargement, notamment Google Play et App Store. Cette application donne officiellement droit au programme de cette 9ᵉ édition, toute chose permettant de consulter les différentes activités et de construire son programme en fonction de ses centres d'intérêts.
Tout en formulant le vœu que ce rendez-vous de la musique qui avance à grands pas soit un franc succès, Alif Naaba annonce par ailleurs une édition entièrement dédiée à la jeunesse avec une programmation pensée pour favoriser les échanges.
L'Union européenne accompagne les REMA, pour la 3ᵉ foisDepuis trois ans, les REMA bénéficient du soutien de l'Union européenne. Selon Inga Stefanowicz, cheffe de partenariats de l'UE au Burkina Faso, l'accompagnement des REMA par l'institution s'inscrit dans sa volonté de soutenir la culture en général et la jeunesse en particulier.
« Pour nous à l'Union européenne, les objectifs de soutien de la jeunesse sont transversaux. Donc, tout ce qu'on fait, on essaie de voir comment ça va jouer sur la situation de la jeunesse du pays », a-t-elle laissé entendre.
Depuis leur création en 2018, les REMA ont enregistré 121 pays participants, 818 participants, 134 artistes programmés, 106 experts invités et 27 panels et conférences. À noter que cette 9ᵉ édition des REMA est placée sous le patronage du ministre en charge de la culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo.
Muriel Dominique Ouédraogo
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La Fédération burkinabè de cricket a organisé les 26 et 27 septembre 2026 son championnat national, à Ouagadougou. Les cricketeurs du club Dragons ont battu en finale leurs homologues de Burkina Cricket 32-16. Hamidou Nana, chargé de mission du ministre des Sports et des Loisirs, représentant le département de tutelle, en a été témoin.
La Fédération burkinabè de cricket (FBC), officiellement reconnue le 13 mai 2023 après trois ans en comité national provisoire de gestion, tient son premier championnat national. Il a été organisé les 26-27 septembre pour le compte de la saison 2025-2026. Le président de la FBC, Ibrahim Ndiaye, et son bureau exécutif avaient à leurs côtés le chargé de mission Hamidou Nana, venu représenter la ministre des Sports et des Loisirs. Il y avait également un représentant de la direction régionale des sports et loisirs du Kadiogo, d'autres invités et un public sympathisant de cricket.
À tour de rôle les deux équipes se sont relayées à la batte et en défenseLe championnat a regroupé huit clubs en provenance de Ouahigouya, Bobo, Gourcy, Gaoua, Ouaga. En rappel, le cricket se joue à deux équipes de 11 joueurs. Les équipes passent à tour de rôle en attaque (batte) et en défense (lancer). Les clubs se sont affrontés dans des éliminatoires, et ce sont Dragons Cricket et Burkina Cricket qui se sont hissés en finale. Les joueurs de Dragons étaient plus confiants, ils ont réussi de belles frappes, parfois lointaines, ne permettant pas aux joueurs adverses de neutraliser les balles et d'éliminer des joueurs. La plupart des balles bottées par Burkina Cricket ont été interceptées par les Dragons qui défendaient bien.
Au terme de la partie, c'est tout logiquement que les Dragons l'ont remportée par 32-16 points, suscitant des cris de joie de l'équipe victorieuse du premier championnat national. Dragons Cricket pour son sacre a reçu des médailles, un trophée de champion, ainsi que la somme de 100 000 FCFA. Burkina cricket, finaliste malheureux, s'est consolé avec 75 000 FCFA et des médailles, le club Nioko 2 ferme la marche du podium avec des médailles et 50 000 FCFA.
La joie de Dragons Cricket était à son combleToutes les équipes participantes ont été primées et ont reçu des attestations de participation. Des prix spéciaux ont été également décernés. C'est ainsi que le meilleur batteur, David, du club Phoenix, et Dael, meilleur lanceur du club Nioko 2, ont été primés. Le titre de meilleur joueur du championnat a été décerné à Amadoh de Dragons.
Ibrahim Ndiaye, président de la FBC, se dit très satisfait d'avoir pu organiser ce championnat national, car c'est important pour une fédération. Il a aussi jugé le niveau satisfaisant. « Ils vont continuer à travailler pour hausser le niveau », a-t-il laissé entendre. Le président a en outre révélé qu'un championnat des filles sera aussi organisé, et un stage pour les coachs est en vue pour le mois de novembre prochain. La fédération, a confié Ibrahim Ndiaye, est en train de faire des démarches pour l'obtention d'un terrain qu'elle va bien aménager pour le cricket.
Burkina Cricket, finaliste malheureux, était dans un jour sansHamidou Nana, représentant la ministre en charge des sports, qui suivait pour l'occasion son premier match de cricket, s'est dit émerveillé de découvrir cette discipline qui est en train de s'implanter et intéresse beaucoup les jeunes. Au nom du ministre, il a félicité la fédération et l'a assuré du soutien du ministère afin que la discipline rayonne au-delà des frontières du Burkina.
Barthélemy Kaboré
(Collaborateur)
Nommés en conseil des ministres le 17 septembre 2026, Alfred Ouédraogo et Arsène Ouédraogo ont officiellement pris leurs fonctions respectivement comme Président du conseil d'administration (PCA) et directeur général de Faso Food and Drug Administration (Faso FDA), ce mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou. La nouvelle structure, issue de la fusion de l'Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) et de l'Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l'environnement, de l'alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT), entend renforcer la sécurité des médicaments, des aliments, de l'eau et de l'environnement.
Faso Food and Drug Administration (Faso FDA) a désormais ses premiers responsables officiellement installés. Le président du conseil d'administration, Alfred Ouédraogo, et le directeur général, Arsène Ouédraogo, ont été installés dans leurs fonctions, mardi 29 septembre 2026 à Ouagadougou. La cérémonie d'installation a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé, Dr Joël Arthur Kiendrebéogo.
Cette installation marque une nouvelle étape dans l'opérationnalisation de Faso FDA, qui va intervenir entre autres dans le contrôle des médicaments, des produits alimentaires, des pesticides et de certains produits chimiques.
À l'issue de la cérémonie d'installation, le secrétaire général du ministère en charge de la santé, Dr Joël Arthur Kiendrebéogo, a précisé que la création de Faso FDA résulte de la volonté des autorités de renforcer les mécanismes de protection de la santé des populations. « Nous savons que nous faisons face à de nouveaux défis et il est important de toujours travailler à rendre nos différentes structures performantes. La création de Faso FDA va s'appuyer sur les acquis de l'ANRP et de l'ANSSEAT pour être encore plus performante », a-t-il indiqué.
Le président du conseil d'administration, Alfred Ouédraogo, a été installé dans ses nouvelles fonctions.Dès l'entame de son propos, le président du conseil d'administration, Alfred Ouédraogo, a remercié les premières autorités du pays pour la confiance placée en lui. « Cette structure a été mise en place pour que l'ensemble des structures soient intégrées, unifiées et que la structure soit forte pour que chaque Burkinabè puisse se soigner convenablement avec des médicaments de qualité parce que la santé de la population constitue une préoccupation au plus haut sommet de l'État et portée par les plus hautes autorités du Burkina Faso », a-t-il indiqué. Le PCA de Faso FDA a par ailleurs placé son mandat sous le signe de l'engagement et de l'intérêt général.
Arsène Ouédraogo a également pris fonction en tant que directeur général de Faso FDA.« C'est avec une profonde humilité et un sens aigu de la responsabilité républicaine que je prends la parole aujourd'hui à l'occasion de mon installation officielle dans les fonctions de directeur général de Faso Food and Drug Administration (Faso FDA). Je tiens à exprimer ma très haute et déférente gratitude au camarade capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l'État, ainsi qu'à l'ensemble des membres du gouvernement pour le choix porté sur ma modeste personne. Cette marque de confiance m'oblige et engage toute mon énergie », a de son côté laissé entendre le directeur général de Faso FDA, Arsène Ouédraogo, dans son discours.
Dr Joël Arthur Kiendrebéogo, secrétaire général du ministère en charge de la santé.Il a par ailleurs indiqué que Faso FDA va travailler main dans la main avec les services des douanes, de la police, de la gendarmerie, du commerce et de l'agriculture pour lutter contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés, les denrées contaminées ou mal conservées et les pesticides non homologués qui entrent sur le marché burkinabè.
Le directeur général de Faso FDA a promis qu'à compter de son installation, il va consacrer toute son énergie à des actions qui vont permettre de protéger la santé publique. La cérémonie d'installation des premiers responsables de Faso FDA a également été marquée par des remises de présents aux dirigeants entrants et sortants.
Arsène Ouédraogo, directeur général de Faso FDA, a souligné qu'il va consacrer son énergie à des actions qui vont permettre la protection de la santé publique.Jean Élysée Nikiéma
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Deux ans après la réforme constitutionnelle de 2024 et alors que les appels à la démission des députés de l’opposition se multiplient, Kafui Adjamagbo-Johnson entend poursuivre son mandat parlementaire. La députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) estime que sa démission doit intervenir au moment opportun et dans le cadre d’une décision concertée de l’opposition. Elle a expliqué sa position, mardi 29 septembre 2026, lors d’une conférence de presse à Lomé, au cours de laquelle elle a également présenté son bilan parlementaire.
La question de son départ de l’Assemblée nationale était au cœur des échanges. Depuis l’arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la réforme constitutionnelle de 2024, plusieurs voix réclament la démission des députés de l’opposition. Kafui Adjamagbo-Johnson affirme entendre ces appels, sans pour autant vouloir y répondre immédiatement.
« Nous entendons cette demande. Nous la respectons et nous ne l’avons jamais écartée », a-t-elle déclaré. Pour elle, une démission ne doit pas être un simple geste symbolique, mais une décision politique dont les conséquences doivent être soigneusement évaluées.
« Une démission peut être un acte fort. Mais un acte fort posé au mauvais moment peut aussi devenir un acte sans effet », a-t-elle expliqué. Elle n’exclut donc pas de quitter l’Assemblée nationale, à condition que cette décision soit prise au moment jugé opportun et de commun accord avec les autres forces de l’opposition.
Un mandat parlementaire qu’elle entend exploiter
En attendant, la députée de la DMP entend utiliser son mandat comme un moyen de porter les revendications de l’opposition auprès des institutions nationales et internationales. Elle rappelle que l’opposition ne dispose que de cinq sièges sur les 113 que compte l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives du 29 avril 2024. Ces sièges sont répartis entre l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), l’Alliance nationale pour le changement (ANC), la DMP et les Forces démocratiques pour la République (FDR).
Malgré cette représentation minoritaire, Kafui Adjamagbo-Johnson affirme avoir multiplié les démarches auprès de plusieurs institutions, notamment la CEDEAO, l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies (ONU), les représentations diplomatiques et les organisations de défense des droits de l’Homme.
Elle a également sollicité des parlements étrangers et soutenu la proposition de résolution n° 3111 sur le Togo, portée à l’Assemblée nationale française par une députée écologiste. Selon elle, les premiers retours sont encourageants. En juillet dernier, à Yaoundé, elle a aussi remis des documents à des parlementaires réunis dans le cadre de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.
Un bilan parlementaire marqué par des désaccords
Au cours de la conférence de presse, l’élue de la DMP est également revenue sur ses activités parlementaires depuis le début de l’année 2026. Le 7 avril, elle avait notamment boycotté l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale, organisée conjointement avec une conférence des présidents d’assemblées francophones. Elle entendait ainsi dénoncer ce qu’elle considère comme des dérives de la Ve République. Elle avait plutôt pris part à une conférence de presse des regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo.
En commission, elle affirme avoir défendu les préoccupations des associations concernant le projet de loi relatif à la liberté d’association, qui n’a finalement pas été soumis au vote en plénière. Elle a également évoqué son intervention dans le débat public sur le projet de loi relatif à l’écosystème d’innovation, dont le gouvernement aurait retiré la version initiale.
Concernant la loi d’orientation agricole, la députée dit avoir attiré l’attention sur plusieurs difficultés rencontrées par les producteurs, notamment les problèmes fonciers, l’accès aux marchés et les interdictions de vente susceptibles de laisser les paysans avec des stocks invendus.
Elle a, par ailleurs, voté contre la prolongation de l’état d’urgence, estimant que le gouvernement n’avait pas fourni un bilan suffisamment précis. Elle s’est également opposée à la loi sur les aires protégées, en raison, selon elle, des garanties insuffisantes concernant l’indemnisation et le relogement des populations riveraines.
Le gouvernement interpellé sur plusieurs dossiers
L’un des principaux reproches formulés par Kafui Adjamagbo-Johnson concerne l’absence de réponses du gouvernement aux questions parlementaires. Elle affirme que la plupart de ses questions orales, écrites et d’actualité sont restées sans suite.
Parmi les dossiers évoqués figurent notamment les Sentinelles du peuple, l’affaire Laté-Kopé, l’Office togolais des recettes (OTR), la situation des détenus politiques, le PASH-MUT, les « corps habillés à la retraite », la hausse des prix du carburant et le rapport de la Banque mondiale sur la corruption au Togo.
Pour la députée, ce silence traduit un manque de volonté politique et témoigne des difficultés rencontrées par l’Assemblée nationale dans l’exercice de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Elle a également dénoncé des entraves à certaines activités parlementaires. Elle cite notamment le déploiement d’un important dispositif policier autour d’une rencontre organisée à Tokoin, le 31 janvier, ainsi que les difficultés rencontrées par une délégation parlementaire lors d’une mission de contrôle à Dapaong, dans la région des Savanes, où elle aurait été reconduite aux limites de la région.
Le 3 juillet dernier, les élus de la DMP ont aussi effectué une visite dans les zones sinistrées par les inondations dans le Grand Lomé. Ils y ont relevé des canaux d’évacuation mal entretenus, des ouvrages de drainage insuffisants et des habitations détruites. À l’issue de cette visite, ils ont appelé le gouvernement à prendre des mesures pour prévenir de nouvelles catastrophes.
L’agression du 29 septembre 2024 toujours sans suite publique
La conférence de presse s’est tenue au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), à Lomé, deux ans jour pour jour après l’agression du député sénégalais Guy Marius Sagna, de participants à une rencontre citoyenne et de plusieurs journalistes, le 29 septembre 2024.
Sur cette affaire, Kafui Adjamagbo-Johnson déplore qu’aucun résultat de l’enquête annoncée n’ait été rendu public, malgré les différentes relances. Elle rappelle également qu’une question orale déposée le 26 janvier 2026 avec les députés de l’ADDI est restée sans réponse.
La députée a ainsi réitéré son appel au gouvernement afin qu’il apporte des éclaircissements sur cette agression, mais aussi sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la hausse des prix des produits pétroliers.
Un nouvel appel à la mobilisation le 4 octobre
En conclusion de sa conférence de presse, Kafui Adjamagbo-Johnson a invité les citoyens à se mobiliser autour des mots d’ordre de l’opposition. Elle les a notamment conviés à la rencontre intitulée « Devoir de mémoire, devoir d’engagement », organisée par les regroupements porteurs du Manifeste Génération Togo.
Cette rencontre est prévue le dimanche 4 octobre 2026, à 14 heures, au siège de la CDPA, à Lomé.
En attendant une éventuelle décision collective sur son départ de l’Assemblée nationale, la députée de la DMP entend donc poursuivre son action parlementaire et maintenir la pression sur le gouvernement, tout en continuant ses démarches auprès des institutions internationales.
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