Au Mali, comme dans l’ensemble du Sahel central, les autorités issues des coups d’État revendiquent une souveraineté retrouvée, symbolisée dans le cas malien par le retrait des forces françaises en 2022 et mise en scène à travers une célébration nationale, le 14 janvier dernier. Cette rupture constitue un tournant politique majeur, sans pour autant signifier l’exercice effectif d’une souveraineté consolidée. Entre instabilité sécuritaire persistante, reconfiguration contrainte des alliances extérieures et retrait volontaire de plusieurs cadres régionaux et internationaux, la souveraineté malienne apparaît comme un processus conflictuel, fortement limité par des dépendances structurelles, comme l’a illustré le blocage des routes d’approvisionnement en carburant en septembre 2025. L’analyse de cette séquence permet d’interroger les marges de manœuvre réelles du Mali et de ses partenaires au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que la nature des recompositions induites par l’entrée en scène de nouveaux acteurs non occidentaux.
Quelles sont les circonstances qui ont produit le changement systémique observé actuellement au Mali ?
L’histoire en cours a commencé avec un premier coup d’État, le 18 août 2020, qui a mis fin au régime du président élu Ibrahim Boubacar Kéita. L’événement a été compris comme le point de résolution d’un long conflit entre les oppositions et un pouvoir fortement contesté. Alors que la junte issue de ce coup d’État s’était engagée à une période de transition n’excédant pas une année – à la demande, notamment, de la CEDEAO -, un deuxième putsch est advenu le 24 mai 2021, destiné, selon ses auteurs, à « rectifier » les orientations de l’exécutif militaire. C’est ce « coup d’État dans le coup d’État » qui marquera un tournant décisif pour le pays, en transformant ce qui devait être un régime de transition en une rupture systémique. Le nouveau dirigeant du pays, le colonel Assimi Goïta – il sera promu général d’armée en 2024 – proclame le début d’une « révolution », au nom de la souveraineté, du panafricanisme et de la lutte contre l’impérialisme occidental. Une option inspirée alors d’une conjonction de facteurs : l’enlisement de la lutte contre les Groupes armés terroristes (GAT), la montée des ressentiments à l’égard de la présence militaire française, la convocation de rancœurs non soldées de la colonisation, la décrédibilisation des acteurs politiques civils associés à une crise avancée du processus démocratique… Porté par ces différents constituants, le projet de la junte malienne sera conforté par l’activation, dans cette région, des stratégies d’influence de la Russie.
Comment distinguer, dans le cas malien, la souveraineté revendiquée par l’État, la souveraineté exercée dans les faits et la souveraineté vécue par les populations, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et le retrait volontaire de cadres régionaux et internationaux (CEDEAO, OIF) ?
Pour faire la démonstration de son projet souverainiste, la junte malienne a engagé des procédures de rupture avec ses partenaires traditionnels peu ou prou associés à ce qui est désigné comme « l’occident ». Ruptures avec la France, les États partenaires européens, les États-Unis, les ONG, la Minusma (Mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali) et la CEDEAO, accusée d’être sous influence française. Ces mesures ont favorisé la mise en œuvre d’une coopération exclusive, à la manière d’un huis clos, avec la Russie, dans les domaines de la sécurité, de l’exploitation minière et des stratégies informationnelles. La séquence des ruptures – sur fond d’éléments de langage « révolutionnaires » et de cyber-propagande – aura surtout permis à la junte d’imposer son agenda, à l’instar des juntes du Burkina Faso et du Niger, tous trois réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, après leur retrait de la CEDEAO en 2024. Cinq ans après la prise du pouvoir d’État par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP, junte malienne), l’exécutif de transition s’est transmué en un régime non élu, et sans limitation de durée. Pour la population qui a associé la « souveraineté retrouvée » à la fin de l’insécurité, il faudra encore attendre. La coopération avec la Russie, qui s’était un temps cantonnée à la protection de la junte par les mercenaires du Groupe Wagner, n’a pas permis l’éradication promise des GAT. La dégradation continue de la situation sécuritaire a accru le recul du contrôle de l’État sur des pans entiers du territoire. Pour nombre de Maliens, la rupture conflictuelle avec la CEDEAO, avec ses conséquences sur les dynamiques de l’intégration régionale, demeure une énigme, ou une hérésie. Une rupture qui demeure relative, toutefois. Car, les trois pays sahéliens sont toujours présents au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), corollaire monétaire de la CEDEAO pour les États de la Zone franc.
Au Mali, la ruine du tissu entrepreneurial, l’absence d’un programme économique identifié et, plus généralement, les effets collatéraux de l’insécurité sur la vie des populations ont instauré un climat de précarité endémique. Dans ce contexte, les autorités militaires ont exclu l’expression des libertés démocratiques et fondamentales du corpus idéologique souverainiste. Si une partie de la population continue de croire que le « Mali refondé » mérite bien les sacrifices suggérés par le pouvoir, d’autres se demandent si l’on ne s’est pas trompé d’histoire de souveraineté. La question persistante est de savoir si le référentiel souverainiste pourrait indéfiniment résister à l’exigence d’une normalisation du pouvoir d’État, par le rétablissement de l’ordre constitutionnel et du verdict électoral.
La rupture avec les anciennes tutelles européennes, en particulier française, a-t-elle élargi les marges de manœuvre politiques et sécuritaires des États du Sahel central, ou a-t-elle déplacé les contraintes vers d’autres formes de dépendance, de vulnérabilité et de négociation ?
L’objectif initial de ces États était en effet d’amplifier leurs marges de manœuvre, en termes de décision et de détermination politique. En pratique, ils ont mécaniquement provoqué une contraction de leur champ de négociation. En désignant une partie de la communauté internationale – y compris la CEDEAO et l’Union africaine – comme des entités hostiles à leur « révolution », ils ont, de fait, bridé leur capacité de négociation sur la scène régionale et internationale. La rupture conflictuelle avec la CEDEAO a dramatiquement entravé l’indispensable mutualisation des moyens régionaux pour la lutte contre le terrorisme. Le huis clos relationnel avec l’allié politique de Moscou marque ses limites. À telle enseigne que ce dernier a invité, en décembre 2025, l’AES et la CEDEAO à renouer le dialogue, au nom du principe de réalité,afin de produire des solutions communes pour la lutte contre le terrorisme. Déjà, enaoût 2025, le représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l’ONU, Dmitri Tchoumakov, avait exprimé l’urgence d’un soutien à l’échelle mondiale en faveur du Sahel central, afin de lutter plus efficacement contre le terrorisme. Des propos relayés par le représentant permanent du Mali auprès de l’ONU, Issa Konfourou, qui a signifié l’entière disposition de l’AES à coopérer avec les pays de la région et l’ensemble des partenaires qui le souhaitent. Cette évolution du discours se manifeste à un moment où les régimes de l’AES se départissent du postulat de la rupture radicale pour énoncer celui d’une diversification des partenariats… au nom de la souveraineté. Une nouvelle phase de diversification qui n’exclut plus de possibles négociations avec les États-Unis ou l’Union européenne.
Quels types de ressources, de soutiens et de contraintes l’intervention croissante d’acteurs extérieurs non occidentaux (Russie, Chine et autres partenaires) introduit-elle dans les configurations politiques, sécuritaires et diplomatiques du Sahel central ?
La Russie, qui n’est pas, traditionnellement, un partenaire au développement, poursuit son assistance sécuritaire, avec le dispositif Wagner rebaptisé Africa Corps. Discrètement, la Chine préserve ses avantages anciens, en ayant symboliquement porté en 2024 les relations sino-maliennes au niveau de « partenariat stratégique ». Dans cette configuration concurrentielle qui déborde du cadre du Sahel central, Pékin applique la continuité d’une coopération dans les domaines de la défense, de la sécurité, du commerce ou des infrastructures. La Turquie, sur la base de protocoles inédits, fournit des services d’assistance sécuritaire par l’intermédiaire de sociétés privées. En contrepartie, elle bénéficie d’avantages spécifiques pour l’accès au secteur minier dans les pays de l’AES. Les Émirats arabes unis (EAU) s’invitent aussi dans le Sahel central, dans le cadre d’une coopération portant sur la défense et les échanges économiques. Moins officiellement, les EAU espèrent consolider une diplomatie d’influence dans un contexte de vives tensions entre les autorités de l’AES et l’Algérie qui, par ailleurs, accuse Abou Dhabi de comportements hostiles à son encontre…
En réalité, la liberté de choix des partenaires ne relève pas de l’innovation. Depuis les années 80, tous les pays du continent ont engagé des politiques souveraines de diversification des partenaires extérieurs. L’enjeu persistant pour tous étant de renforcer, en tout lieu, leur pouvoir de décision, ainsi que la maîtrise pertinente des mécanismes des interdépendances mondiales. Actuellement dans le Sahel central, la question est de savoir le degré de compatibilité entre les agendas de ces partenaires sollicités dans l’urgence, et les défis multisectoriels de la région. Au regard de l’agenda international de certains partenaires – la Russie, notamment –, le risque existe pour ces États sahéliens confrontés à divers facteurs de vulnérabilité, de devenir des variables d’ajustements pour des enjeux géopolitiques échappant au périmètre de négociation de leurs intérêts spécifiques, et ceux de leurs populations.
L’article Mali, Sahel : une « souveraineté retrouvée » ? est apparu en premier sur IRIS.
En 2026, cinq élections majeures se tiendront en Amérique latine. Au-delà des configurations internes propres à chaque pays concerné, ces élections s’inscrivent dans un contexte commun dans une Amérique latine divisée sur le plan idéologique. Ce dernier est marqué par une poussée des forces de droites conservatrices, religieuses (catholiques et évangéliques) et d’extrême droite au détriment des gauches locales et par le retour agressif des États-Unis dans la région après leur intervention militaire illégale au Venezuela ayant débouché le 3 janvier 2026 sur l’enlèvement du président M. Nicolas Maduro et son épouse. Washington affiche son ambition : reconquérir sa sphère d’influence latino-américaine – par la coercition ou le consentement – pour garantir sa suprématie et sa sécurité futures dans l’« Hémisphère occidental » (l’ensemble du continent américain dans le langage stratégique de Washington, du Groenland à la Terre de Feu) face à ses adversaires et rivaux (Chine et secondairement Russie).
Note d’actualité réalisée par l’IRIS pour le compte de l’Agence française de développement.
À téléchargerL’article En Amérique latine, l’expansion des droites est apparu en premier sur IRIS.
Les événements de ces derniers jours en Syrie marquent une modification radicale des rapports de force politique intérieurs et renforcent la politique de recomposition régionale organisée par Donald Trump.
On se souvient que les Forces démocratiques syriennes (FDS)[1], à majorité kurde et structurées par le Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avaient signé un mémorandum avec les autorités intérimaires de Damas, dirigées par Ahmed Al-Charaa, le 10 mars 2025, traçant la perspective d’un accord politique global devant être finalisé avant le 31 décembre dans le but d’intégrer la composante kurde de la population syrienne dans la nouvelle architecture politique du pays. Les négociations ne parvinrent pourtant pas à aboutir au nécessaire compromis, les principaux points de désaccord se concentrant sur la place et le statut des forces armées kurdes au sein de la nouvelle armée syrienne ainsi que sur le degré d’autonomie politique de la région kurde au sein du pays. L’impasse semblait donc totale.
Dès les premiers jours du mois de janvier les troupes de Damas attaquaient alors deux quartiers kurdes de la ville d’Alep – Cheikh Maqsoud et Acrafieh – et en chassaient rapidement les FDS. Fort de cette première victoire, décision fut prise – visiblement préparée de longue date – de poursuivre l’offensive vers les territoires de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), communément appelé le Rojava.
Le destin du Nord-Est syrien bascule alors en deux jours, les 17 et 18 janvier. Les forces gouvernementales reprennent les provinces de Rakka et de Deir ez-Zor, à majorité arabe, et environ 80 % des territoires administrés par les FDS depuis 2016, lorsqu’elles en avaient chassé l’État islamique avec l’aide de la coalition internationale. C’est une véritable débandade militaire qui se produit, avec son cortège de victimes civiles et de départs précipités des populations.
La brièveté de la séquence et le quasi-effondrement de l’AANES interpellent, mais s’expliquent de plusieurs façons. La première renvoie bien sûr au lâchage des forces kurdes par les États-Unis, confirmant ainsi le choix de Washington d’un soutien stratégique apporté à Ahmed Al-Charaa dans le cadre d’un projet de recomposition régionale sous égide. On a le désagréable sentiment que l’histoire se répète. Plusieurs fois déjà la confiance accordée par les dirigeants nationalistes kurdes aux États-Unis, ainsi que parfois à des autocraties locales, s’est en effet quasi systématiquement retournée en son contraire. C’est une malheureuse constante de l’histoire tourmentée du peuple kurde que d’être trahi par ceux qui prétendent l’aider ou le protéger. De la part des dirigeants kurdes, c’est une illusion mortelle que d’estimer possible de défendre les intérêts de leur peuple – objectif proclamé par les FDS – en prenant appui sur les États-Unis, dont les intérêts ne coïncident pas avec les leurs. Certes, les conditions difficiles dans lesquelles se sont battues les FDS rendaient nécessaires des jeux d’alliances, mais certains choix s’avèrent une fois de plus mortifères. Durant la guerre civile, les FDS n’ont jamais tenté de passer de véritables accords avec les forces combattantes syriennes d’opposition préférant entretenir des relations parfois ambigües avec le régime de Bachar Al-Assad. Les événements de ce mois de janvier 2006 administrent une nouvelle fois la preuve de la dangerosité de dépendre des États-Unis qui ne raisonnent jamais pour leur part dans une logique d’émancipation des peuples.
La deuxième raison concerne le changement d’alliance effectué par les tribus arabes qui, depuis une dizaine d’années, avaient fait allégeance aux FDS dirigées par des commandants kurdes, souvent membres du PKK. Rappelons que le système politique qui avait été instauré au sein de l’AANES proclamait s’inspirer des concepts autogestionnaires – le confédéralisme démocratique – élaborés et théorisés par Abdullah Öcalan fondateur et dirigeant du PKK, en prison depuis 1999. Il s’agissait, avaient expliqué les FDS, de construire une société égalitaire, respectueuse des minorités ethniques, confessionnelles et de genre. L’aura romantique libertaire qui a enveloppé le Rojava depuis de nombreuses années s’est pourtant brutalement déchirée. Bien sûr, la propension des chefs tribaux à pactiser avec le plus offrant est une donnée classique de la situation régionale, il convient néanmoins de ne pas tomber dans un travers orientaliste, ou pire essentialiste, sur la supposée versatilité intrinsèque des tribus. La situation renvoie plus fondamentalement à la brutalité des rapports de force induits par toute guerre civile et il semble que l’inclusivité égalitaire revendiquée par les FDS était plus une utopie qu’une réalité véritablement ancrée dans le tissu social. Pour parler plus précisément, il apparait que le PYD a imposé son système d’une manière qui a été perçue par les populations arabes comme une forme de domination nationaliste kurde. L’étonnante rapidité de la défaite subie au cours de ces derniers jours s’explique en effet par l’étroitesse de la base sociale des FDS dans une région, représentant un tiers du territoire syrien, dont une grande partie est arabe.
Un troisième élément d’explication réside dans le rôle qu’a endossé la Turquie – qui occupe toujours indûment une partie du territoire syrien – et l’important appui qu’elle a apporté à l’armée syrienne, notamment par l’utilisation de drones à l’efficacité redoutée. Ankara voyait dans la séquence un moment particulièrement propice pour en finir avec le Rojava, qualifié par les autorités turques d’entité terroriste, parce que sous la coupe du PKK, et perçu de ce fait comme un danger existentiel. C’est aussi une nouvelle preuve du soutien sans faille apporté jusqu’alors par Recep Tayyip Erdoğan, aux côtés de Donald Trump et de Mohamed Ben Salman, au gouvernement intérimaire d’Ahmed Al-Charaa.
On le comprend, ce dernier sort considérablement renforcé à l’issue d’un mois de janvier fertile en modifications accélérées des rapports de force. Son projet islamo-nationaliste s’affirme, porteur d’une volonté centralisatrice qui ne laisse guère de place aux minorités ethniques et confessionnelles. Il apparait d’ailleurs beaucoup plus intransigeant à l’encontre de celles-ci qu’à l’égard de l’État d’Israël avec lequel il est parvenu à un récent accord alors que ce dernier occupe pourtant une partie du territoire national syrien et y organise cycliquement des opérations militaires faisant fi du droit international.
Les FDS subissent donc une défaite majeure, leur projet politique ayant subi un coup d’arrêt. Le modèle social progressiste qu’elles voulaient mettre en œuvre prétendait se différencier radicalement de celui incarné par le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, critiqué pour être beaucoup plus conservateur et souvent accusé de pratiques clientélistes à forts relents féodaux. Le PKK ne formulait d’ailleurs plus la revendication d’indépendance d’un Kurdistan, et allait jusqu’à mettre théoriquement en question le concept même d’État nation. Pour autant, la difficulté des cadres de l’AANES à parvenir à un compromis avec le gouvernement intérimaire de Damas au moment adéquat leur a été fatale et les acquis dont ils se réclamaient quasiment réduits à néant.
C’est dans ce contexte qu’un accord – dans l’élaboration duquel les États-Unis, la France et le Gouvernement régional du Kurdistan d’Irak ont visiblement joué un rôle important – favorable au gouvernement de Damas puisqu’il enterre la perspective d’une autonomie kurde au Rojava, a finalement été acté entre les protagonistes le 30 janvier 2026. Les autorités intérimaires de Damas prennent ainsi le contrôle des institutions locales, des postes-frontières, des champs gaziers et pétroliers ainsi que des camps d’internement dans lesquels se trouvent des prisonniers de l’État islamique. Les institutions de l’AANES seront intégrées à l’appareil d’État syrien et les combattants des FDS incorporés individuellement dans la nouvelle armée syrienne. Aucune mention n’est faite quant à l’avenir des unités de femmes combattantes des FDS et des combattants étrangers du PKK. Principales concessions, le kurde est reconnu comme langue nationale et pourra être enseigné librement, le Nouvel An kurde, le Newroz, sera quant à lui férié, et la nationalité syrienne enfin accordée à la totalité des citoyens d’origine kurde. Nulle reconnaissance à l’autogouvernement ou à l’autodétermination donc, mais bien plutôt celle de quelques droits dus à une minorité. On le voit, l’accord sanctionne un rapport de force peu favorable aux forces kurdes, même si le contenu final apparait moins dur que celui qui leur avait initialement été soumis, le 18 janvier.
Il s’agit maintenant d’observer les modalités pratiques de son application, car rien n’est jamais écrit à l’avance dans un contexte national et régional singulièrement délétère.
Didier Billion
[1] Les Forces démocratiques syriennes ont été créées en octobre 2015 pour constituer un cadre juridique et politique au soutien militaire états-unien apporté au Parti de l’union démocratique (PYD), franchise syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pour combattre l’État islamique. Les FDS encadrées par les forces kurdes inclurent aussi des tribus arabes ralliées.
L’article Défaite majeure pour le mouvement national kurde de Syrie est apparu en premier sur IRIS.
L’armée israélienne admet enfin que le nombre de morts, qui s’élève à 71 000 personnes, donné par le ministère de la Santé du Hamas, est exact.
Nombreux sont ceux qui l’ont longtemps nié, considérant ces chiffres comme relevant de la propagande terroriste, ce qui servait surtout à minimiser les actions du gouvernement israélien et à relayer la propagande israélienne.
Malheureusement, les chiffres exacts sont probablement encore plus élevés, compte tenu des disparus et des morts indirectes. Malheureusement, les mensonges trop répétés dans les médias entraînent une perte de confiance et une montée du complotisme.
Parallèlement, le passage de Rafah est désormais rouvert, contrôlé par l’Égypte. Mais le passage restera difficile pour de nombreux Palestiniens, qui devront affronter le choix de mourir sur place ou de partir avec le risque de ne jamais revenir. En d’autres termes, c’est le choix entre davantage de morts ou un nettoyage ethnique, avec la passivité totale de la communauté internationale.
L’article Israël dément ses relais d’opinion en France est apparu en premier sur IRIS.