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Európai Unió : hírek magyarul

Iranian Kurds Can Fight, but How Effectively?

Foreign Policy - Tue, 17/03/2026 - 14:47
Political concerns over Kurdish involvement overlook more pressing practical issues.

Ukraine and the EU Need a Fresh Start

Foreign Policy - Tue, 17/03/2026 - 14:03
“Membership lite” could clear the hurdles to Kyiv’s EU accession.

Press release - Fisheries Committee chair calls on Commission to activate emergency crisis fund

Európa Parlament hírei - Tue, 17/03/2026 - 13:47
The chair of Parliament's Committee on Fisheries wants to trigger the EU’s crisis and transition temporary framework due to the impact of the conflict in the Middle East.
Committee on Fisheries

Source : © European Union, 2026 - EP

The Israel Lobby’s Responsibility for the Iran War

Foreign Policy - Tue, 17/03/2026 - 11:44
Advocates for the U.S.-Israeli special relationship have played a special role.

Will the Iran War Derail Colombia’s World-First Energy Transition?

Foreign Policy - Tue, 17/03/2026 - 06:34
An economy dependent on fossil fuels planned to wind down, rather than expand, extraction.

Price Hikes at the Pump Destabilize Southeast Asian Politics

Foreign Policy - Tue, 17/03/2026 - 06:00
Indonesia, for one, has a bloody history of fuel-related riots.

Trump Seeks Help to Reopen Hormuz. Europe Says No.

Foreign Policy - Mon, 16/03/2026 - 22:47
After months of bashing allies, the White House finds itself fighting largely alone.

‘A Moment of Grave Peril’

Foreign Policy - Mon, 16/03/2026 - 22:33
Aid agencies warn that the Iran war will deepen humanitarian crises across the region.

European Democracy Is Doing Just Fine, Top EU Official Says

Foreign Policy - Mon, 16/03/2026 - 21:05
Despite White House claims, the EU’s human rights official argues that “democracy is thriving” on the continent.

Sommet sur l’énergie nucléaire : comment envisager la relance du nucléaire dans un contexte d’instabilité géopolitique ?

IRIS - Mon, 16/03/2026 - 17:50

Le deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire organisé à Paris le 10 mars 2026 en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique s’est tenu dans un contexte de tensions énergétiques et d’incertitudes géopolitiques majeures. Alors que la guerre en Ukraine et le blocage du détroit d’Ormuz impactent directement les cours du pétrole et du gaz naturel liquéfié, la relance du nucléaire soutenue par la France apparait comme un enjeu stratégique. Quel bilan géopolitique et énergétique peut-on tirer de ce deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire ? Quelles priorités diplomatiques la France poursuit-elle dans le développement du nucléaire civil ? De quelle manière, le premier sommet organisé à Bruxelles en 2024 avait d’ores et déjà reconfiguré le secteur du nucléaire ? Le point avec Teva Meyer, chercheur associé à l’IRIS et maître de conférences en géopolitique et géographie à l’Université de Haute-Alsace.

Dans un contexte marqué par la hausse des besoins en électricité, les impératifs de décarbonation et les enjeux de souveraineté énergétique, quel bilan géopolitique et énergétique peut-on dresser de ce sommet ?

Ce sommet arrive dans un double contexte géopolitique favorable aux messages de soutien au nucléaire. Le premier est évidemment le blocage du détroit d’Ormuz. Ses conséquences sur l’inflation du prix des hydrocarbures permettent de souligner l’importance des stratégies de décarbonation privilégiant des systèmes énergétiques qui ne reposent pas, géographiquement, sur le Moyen-Orient.

Le second reste celui de la guerre en Ukraine. Pour rappel, le mouvement actuel de relance du nucléaire précède l’invasion russe. Le discours de Belfort d’Emmanuel Macron, marquant ce tournant stratégique en France, arrive 12 jours avant l’attaque. À l’échelle mondiale, ce changement est d’abord motivé par la crise des prix de l’énergie qui suit la récession liée à la pandémie de Covid-19 en 2021. Pour autant, Moscou reste absente de ce deuxième sommet mondial, comme elle l’avait été lors de la première édition à Bruxelles en 2024. Rosatom, l’entreprise publique qui chapeaute la filière nucléaire russe, reste toujours le premier acteur du secteur à l’échelle globale. Le groupe contrôlait en 2025 toujours plus de 40 % des capacités de conversion et d’enrichissement de l’uranium, quand près de la moitié des réacteurs nucléaires exportés depuis 2020 dans le monde étaient russes. Il n’y a bien que dans le secteur de l’extraction de l’uranium que la Russie peine. Rosatom représente environ 12 % de la production mondiale, dont 5 % proviennent des mines russes et 7 % du Kazakhstan, où sa position est contestée par la Chine. Ce deuxième Sommet du nucléaire marque alors aussi l’absence d’un consensus global sur la place à donner à Moscou dans la filière.

Les tensions stratégiques existantes dans le secteur, que ce soit entre la Russie et les pays occidentaux, mais aussi entre les États-Unis et l’Europe, ont été mises au second plan derrière le message central, celui de la relance du nucléaire. Plus symbolique que réaliste au vu de l’appareil industriel global, l’objectif de triplement des capacités nucléaires d’ici à 2050, lancé à l’occasion de la COP28 de Dubaï en 2023, est renforcé avec l’arrivée de la Belgique, du Brésil, de la Chine et de l’Italie, portant le nombre de pays signataires de cette déclaration à 38.

Ce message devait soutenir le thème central de cette rencontre, à savoir le financement des nouveaux projets nucléaires. Dans une note de novembre 2025, le cabinet de conseil Ernst & Young évaluait à 3 600 milliards de dollars les besoins en investissements nécessaires pour simplement doubler la capacité nucléaire mondiale. L’enjeu n’est pas qu’économique, mais aussi stratégique. Pour les industriels européens et nord-américains, disposer d’outils de financement est central afin de concurrencer l’offre russe dans les pays émergents. En dépit des messages d’ouverture venant de grandes banques, dont BNP Paribas, Bank of America, Citi ou Barclays, le secteur peine toujours à attirer des capitaux privés. En affichant un soutien fort, ce sommet visait, en grande partie, à rassurer les investisseurs échaudés par les fluctuations des politiques nucléaires nationales.

Directement lié à cet objectif, le sommet a également insisté sur les innovations technologiques. Celles-ci doivent assurer l’ouverture de nouveaux marchés pour l’énergie nucléaire, à l’image des petits réacteurs modulaires devant s’intégrer dans des pays où les systèmes électriques ne peuvent pas assumer des réacteurs de grande puissance, ou répondre aux besoins de nouveaux consommateurs : data centers, producteurs d’hydrogène, industriels à la recherche de chaleur. Enfin, l’innovation a aussi été au cœur des discussions pour son rôle de vecteur de résilience géopolitique. Le développement de nouveaux modèles de réacteurs, au premier titre desquels les réacteurs à neutrons rapides, est présenté comme une nécessité pour diminuer la dépendance aux importations d’uranium naturel.

Quelles sont les priorités diplomatiques de la France en matière de nucléaire civil et quels sont ses partenaires internationaux privilégiés sur le sujet ?

L’objectif du gouvernement français est de créer le cadre international d’une relance du nucléaire qui profite à son tissu industriel et facilite la mise en œuvre de la stratégie nationale de construction de six nouveaux réacteurs pressurisés européens (EPR) d’ici à 2042. Pour rappel, le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (GIFEN) estime à 3 200 le nombre d’entreprises participant en France à la filière nucléaire, dont environ 200 pour lesquelles le secteur est structurant pour les carnets de commandes. L’organisation comptabilisait également près de 220 000 emplois directs, un niveau comparable à celui de l’aéronautique.

Paradoxalement, l’existence de ce tissu industriel complet, mais complexe fait émerger des intérêts stratégiques parfois divergents, que la diplomatie française doit concilier. Le cas d’Orano et d’EDF en offre une illustration révélatrice. Les dirigeants d’Orano, qui extrait, convertit et enrichit de l’uranium pour une clientèle diversifiée et majoritairement non française, ont à plusieurs reprises soutenu l’adoption d’une politique plus stricte vis-à-vis des importations de combustibles nucléaires en provenance de Russie. Afin d’engager de nouveaux investissements, dont l’amortissement dépasse généralement la décennie, l’entreprise a besoin de visibilité quant aux volumes de matières que Rosatom pourra, ou non, continuer à vendre sur les marchés européens et nord-américains.

EDF, de son côté, a historiquement privilégié une stratégie de diversification de ses approvisionnements, en s’appuyant sur plusieurs fournisseurs s’approvisionnant eux-mêmes auprès de mines différentes. Si la Russie ne figure plus dans le portefeuille traditionnel d’importations d’uranium enrichi, Rosatom intervient encore dans la conversion de l’uranium de retraitement appartenant à EDF et utilisé pour alimenter la centrale nucléaire de Cruas, dans le sud de la France. Parallèlement, EDF maintient une relation industrielle avec Rosatom par l’intermédiaire de sa filiale Arabelle Solutions, basée à Belfort, qui fabrique des turbines à vapeur dont certaines équipent des centrales exportées par la Russie.

La diplomatie française adopte donc une approche différenciée, adaptée à la diversité des enjeux. Au sein de l’Union européenne, l’objectif premier consistait à modifier les cadres institutionnels qui limitaient le financement du nucléaire. Cela concernait notamment l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte permettant l’accès à la finance durable, l’éligibilité aux contrats pour différence (mécanisme de soutien public visant à stabiliser les prix de l’électricité) ainsi que l’évolution de la position de la Banque européenne d’investissement. Dans ce cadre, la France s’est d’abord appuyée sur les gouvernements suédois, finlandais et tchèque afin de constituer l’Alliance du nucléaire, destinée à contrebalancer l’influence des positions antinucléaires portées par l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg et l’Irlande.

À l’échelle mondiale, la stratégie française poursuit un double objectif. D’une part, il s’agit de sécuriser l’approvisionnement en uranium naturel en consolidant les relations avec les fournisseurs historiques (Kazakhstan, Ouzbékistan et Canada) tout en développant de nouveaux partenariats, notamment avec la Mongolie ou le Brésil. D’autre part, la France participe au groupe dit « Sapporo-5 », aux côtés du Canada, du Japon, de la Grande-Bretagne et des États-Unis, afin de réduire l’influence russe dans les chaînes d’approvisionnement du combustible nucléaire.

Quelles sont les principales reconfigurations géopolitiques autour du nucléaire depuis le premier sommet mondial du nucléaire organisé à Bruxelles en 2024 ?

On peut identifier trois principales reconfigurations géopolitiques. La première, déjà évoquée, est la transformation des cadres financiers mondiaux du nucléaire. Il est aujourd’hui beaucoup plus simple pour un pays européen d’intervenir sur son marché national afin d’assurer des conditions économiques favorisant l’investissement. La stabilisation des prix de vente sur plusieurs décennies grâce à ces mécanismes a été cruciale dans le feu vert donné à la construction des réacteurs de Lubiatowo, en Pologne, et de Dukovany II, en République tchèque. Ces évolutions découlent d’abord d’un travail diplomatique mené au sein de l’Union européenne.

La deuxième reconfiguration tient à la prise de conscience de la géopolitisation du nucléaire, en Amérique du Nord comme en Europe. L’administration Trump a fait du nucléaire l’un des piliers de son agenda de « domination énergétique », visant à autonomiser sa chaîne du combustible, accélérer le développement de nouveaux réacteurs en réduisant les procédures d’autorisation, mais aussi développer de nouveaux accords de coopération destinés à exporter ses technologies, à l’image du dernier 123 Agreement signé avec l’Arménie en février 2026. En Europe, les efforts portent d’abord sur la réautonomisation des chaînes industrielles, à l’image du rachat de la filiale Arabelle Solutions par EDF en 2024 à l’entreprise états-unienne General Electric, ou du rapatriement au Creusot par Framatome de la fabrication de composants de cuves de réacteurs auparavant sous-traités à l’étranger.

La dernière reconfiguration concerne les efforts de découplage stratégique vis-à-vis de la Russie dans le secteur du combustible nucléaire. Les investissements engagés dans le secteur de l’enrichissement devraient augmenter les capacités de production en Europe et en Amérique du Nord d’environ 20 % d’ici à la fin de la décennie. Si d’autres projets sont en discussion, particulièrement aux États-Unis, cette augmentation ne compensera pas entièrement les volumes actuellement importés de Russie par les pays occidentaux. Enfin, les deux dernières années ont également été marquées par la diversification des pays d’Europe centrale qui ont tous, y compris la Hongrie, signé des contrats d’approvisionnement en combustible nucléaire avec d’autres fournisseurs que Rosatom pour leurs centrales de technologie soviétique.

Mais plusieurs éléments demeurent en suspens. Premièrement, l’Union européenne reste toujours divisée quant à la position à adopter face à la Russie. Il n’existe, à ce jour, aucune sanction contre les importations russes dans le secteur nucléaire comparable à celles qui touchent les hydrocarbures. Qui plus est, les pays d’Europe centrale continuent à privilégier des acteurs états-uniens pour leurs nouveaux programmes nucléaires, au détriment de partenaires européens.

Deuxièmement, la question de l’approvisionnement futur en uranium naturel demeure incertaine, en dépit des déclarations émanant d’institutions internationales qui craignent que l’accroissement de la part du nucléaire à l’échelle mondiale ne soit limité par un manque d’extraction. Ici, l’enjeu est à nouveau de rassurer les industriels du secteur quant à la pérennité des politiques nucléaires et de stabiliser les prix de la matière à un niveau suffisant pour justifier de nouveaux investissements.

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L’Armée de l’air et de l’espace face au défi climatique. Avec le Général de corps aérien Dominique Tardif

IRIS - Mon, 16/03/2026 - 16:28

Comment l’armée de l’Air et de l’Espace s’approprie-t-elle les défis associés aux changements climatiques ? Quels en sont les impacts stratégiques, capacitaires et opérationnels ? Dans ce nouvel épisode, Mathilde Jourde, chercheuse et responsable du programme « Climat, environnement et sécurité » à l’IRIS, et Maxime Thuillez et co-directrice de l’Observatoire Défense et Climat, rédacteur en chef du Greenletter Club,  s’entretiennent avec le Général de corps aérien Dominique Tardif, major général de l’Armée de l’air et de l’espace. Ils reviennent ensemble sur les conséquences du dérèglement climatique sur les missions de l’armée de l’Air et de l’Espace, en particulier concernant ses équipements, ses infrastructures, mais aussi sur les stratégies mises en place pour lutter contre ces effets. 

Crédits  :

« Sur le front climatique » est un podcast de l’Observatoire Défense & Climat produit par l’IRIS pour le compte de la DGRIS du ministère des Armées. Cet entretien a été enregistré au ministère des Armées.
Le Greenletter Club est un média qui réalise de longues interviews – en vidéo et en podcast – pour décortiquer les grands sujets écologiques.
Édition : Mathilde Jourde et Maxime Thuillez
Prise de son, communication : Coline Laroche
Montage : Coline Eisele
Générique : Near Deaf Experience

Sur le front climatique · L'Armée de l'air et de l'espace face au défi climatique. Avec le Général de corps aérien Dominique Tardif

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Trump et l’Iran : « Bomb baby bomb »

IRIS - Mon, 16/03/2026 - 15:39

En 2024, Donald Trump promettait de faire des États-Unis le champion de l’extraction pétrolière avec son slogan « Drill, baby, drill ». Aujourd’hui, son obsession pour le pétrole a pris une tournure plus violente en suivant plutôt la logique du « Bomb, baby, bomb ».

Après avoir trahi sa promesse de non-interventionnisme, d’abord au Venezuela le 3 janvier 2026, suivi par la guerre lancée en Iran le 28 février. Donald Trump semble privilégier une logique de puissance et de bombardements pour atteindre ses objectifs stratégiques, notamment dans des régions riches en pétrole.

Pourtant, après 17 jours de conflit, l’issue reste incertaine. L’Iran résiste, et le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial de pétrole, est menacé.

Dans le même temps, des divisions apparaissent au sein même du camp politique de Trump, entre partisans de l’intervention et défenseurs de la doctrine « America First ». De l’autre côté, le Liban s’enfonce dans le chaos, et l’Europe, divisée, peine à jouer un rôle diplomatique.

Cette guerre révèle une nouvelle ère géopolitique, où la force prime sur le droit, où les alliances se fissurent, et où chaque décision pourrait déclencher un embrasement régional. Mon analyse dans cette vidéo.

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“World War III” as a Discursive Risk Factor: Historical Lessons, Contemporary Escalation Drivers, and Implications for Nuclear Stability

Biztonságpolitika.hu - Sun, 15/03/2026 - 12:38
a { text-decoration: none; color: #464feb; } tr th, tr td { border: 1px solid #e6e6e6; } tr th { background-color: #f5f5f5; } Abstract

The routine use of the term “World War III” (WWIII) in public discourse and political communication during the nuclear era is not merely rhetorical exaggeration but a risk factor in its own right. This study examines classic cases of strategic stability and crisis management through a historical lens—particularly the 1962 Cuban Missile Crisis (CMC – Kubai rakétaválság) and the 1985 Geneva Reagan–Gorbachev joint statement—then identifies contemporary drivers of escalation risk: Russian–Western nuclear rhetoric amid the post‑2022 war, the erosion of arms‑control regimes including the Intermediate‑Range Nuclear Forces Treaty (INF – Közepes Hatótávolságú Nukleáris Erők Szerződése), the Open Skies Treaty (Nyitott Égbolt Szerződés), the New Strategic Arms Reduction Treaty (New START – Új Stratégiai Fegyverzetcsökkentési Szerződés), and the Comprehensive Nuclear‑Test‑Ban Treaty (CTBT – Átfogó Atomcsend Egyezmény); Asia‑Pacific escalation nodes (notably the Taiwan Strait); and vulnerabilities created by cyber–space–command, control, communications and intelligence (C3I – Irányítás, Parancsnokság, Kommunikáció és Felderítés) “entanglement.” The analysis integrates deterrence theory (Schelling), the security dilemma and perceptual‑bias literature (Jervis), audience‑cost theory (Fearon), media studies (agenda‑setting, framing), and risk psychology (Slovic; Sunstein) to formulate recommendations for responsible language use and for rebuilding crisis‑communication channels and arms‑control guardrails. [archives.gov], [europeanle…etwork.org], [2017-2021.state.gov], [sipri.org], [nuclearnet…k.csis.org], [bing.com], [jstor.org], [carnegieen…owment.org] [armscontrol.org], [cambridge.org], [web.stanford.edu], [academic.oup.com], [academic.oup.com], [researchgate.net], [chicagounb…hicago.edu]

1. Introduction: When Words Become Risks

The traumas of the twentieth century—two world wars and the advent of nuclear weapons—taught that “war” is not a metaphor; its invocation in the nuclear age can itself shape risk perceptions and decision‑making. The 21st‑century media environment and platform incentives often attach “WWIII” to heterogeneous events for attention maximization, blurring the line between political symbolism and military readiness and increasing the chance of misinterpretation under crisis pressure. The present study systematizes these concerns, building on a prior opinion draft with a documented, scholarly analysis. (Conceptual section; no external factual claims beyond those cited below.)

2. Historical References and Normative Milestones 2.1. The Cuban Missile Crisis as a “Negative Precedent”

For 13 days in October 1962, the United States and the Soviet Union navigated the closest approach to nuclear war, involving a U.S. naval “quarantine,” Soviet missile deployments, the downing of a U‑2 aircraft, and eventually a diplomatic settlement (public Soviet withdrawal, a U.S. pledge not to invade Cuba, and the non‑public removal of U.S. Jupiter missiles from Turkey and Italy). The crisis produced procedural innovations—most notably the Washington–Moscow “hotline”—and catalyzed a sustained emphasis on arms‑control guardrails to mitigate miscalculation. [archives.gov], [history.com] [en.wikipedia.org]

2.2. “A Nuclear War Cannot Be Won” – The Geneva Formula

At their 1985 Geneva summit, Ronald Reagan and Mikhail Gorbachev jointly affirmed that “a nuclear war cannot be won and must never be fought,” a norm that subsequently underpinned key strategic‑arms agreements and crisis‑management expectations during the late Cold War and beyond. [europeanle…etwork.org]

3. Contemporary Risks: Eroding Institutions and Escalation Nodes 3.1. The Erosion of Arms‑Control Regimes

The collapse or degradation of core regimes has diminished transparency, verification, and predictability. The INF Treaty ended in 2019 after U.S. withdrawal citing Russian noncompliance; without it, formerly banned ground‑launched missiles are no longer constrained. The Open Skies Treaty saw a U.S. withdrawal (effective 2020) and a Russian withdrawal (effective 2021), removing a tool for cooperative aerial observation in Europe. Russia announced a “suspension” of participation in New START in 2023, undermining the last U.S.–Russian treaty limiting deployed strategic forces. In 2023 Russia also “deratified” the CTBT, symbolically weakening the testing‑ban norm even as the International Monitoring System remains operational. [war.gov], [geneva.usmission.gov] [sipri.org] [nuclearnet…k.csis.org] [bing.com]

3.2. Russia, Ukraine, and Nuclear Rhetoric

Since February 2022, Russian officials—including the president—have issued statements hinting at the potential use of “all available means,” contributing to a pattern of nuclear signaling that has had mixed deterrent effects and generated international pushback. Concurrently, nuclear‑safety risks emerged at Ukraine’s Zaporizhzhia Nuclear Power Plant, where the International Atomic Energy Agency (IAEA – Nemzetközi Atomenergia‑ügynökség/NAÜ) has maintained an unprecedented on‑site presence and repeatedly warned the UN Security Council that a nuclear accident has come “dangerously close” amid military activity. [congress.gov], [cnbc.com] [reliefweb.int], [nucnet.org]

3.3. East Asia—The Taiwan Flashpoint

The 1995–96 Taiwan Strait Crisis involved PRC missile tests near Taiwan, U.S. aircraft‑carrier deployments, and heightened tensions during Taiwan’s first direct presidential election, revealing how signaling and misperception can interact dangerously in a nuclear‑shadowed regional rivalry. Contemporary conditions—denser cyber‑space‑C3I dependencies and faster decision cycles—make such crises even harder to manage. [ndupress.ndu.edu] [cambridge.org]

3.4. Nuclear Arsenal Trends

At the start of 2024, the nine nuclear‑armed states possessed an estimated 12,121 nuclear warheads; about 3,904 were deployed and roughly 2,100 were on high operational alert—numbers reflecting a halt in the post‑Cold War trajectory of reductions in operational stockpiles. By January 2025, the total inventory was estimated at 12,241, with about 9,614 in military stockpiles and 3,912 deployed, indicating continued modernization and incremental growth in several arsenals alongside declining transparency. [aero-space.eu] [globalpolitics.in]

4. Theoretical Frameworks: Why Exaggerated Language Is Dangerous 4.1. Deterrence, Coercion, and Brinkmanship

Schelling’s Arms and Influence emphasizes that strategic interaction in the nuclear era often hinges on the manipulation of risk—the “threat that leaves something to chance”—rather than on the direct use of force. Exaggerated “WWIII” rhetoric artificially inflates perceived stakes, compressing the space for mutually face‑saving de‑escalation. [armscontrol.org]

4.2. The Security Dilemma and Perception

Jervis shows that measures taken for defense can appear offensive to adversaries, producing spiral dynamics in which misperception is central. Overheated war language exacerbates the security dilemma by magnifying threat perceptions and making conciliatory signals harder to interpret. [cambridge.org]

4.3. Audience Costs and the Credibility Trap

In Fearon’s model, leaders who make public threats incur domestic “audience costs,” making subsequent de‑escalation politically costly; maximalist rhetoric therefore narrows diplomatic exit ramps and increases the likelihood of endurance contests that risk escalation. [web.stanford.edu]

4.4. Media and Risk Perception

Agenda‑setting research (McCombs & Shaw) demonstrates that media prominence confers perceived importance, while framing research (Entman) shows how interpretive schemata constrain understanding. These dynamics, combined with the psychology of “dread risks” (Slovic) and “probability neglect” (Sunstein), help explain why alarmist “WWIII” narratives can distort public and elite risk judgments. [academic.oup.com], [academic.oup.com], [researchgate.net], [chicagounb…hicago.edu]

4.5. The Nuclear Taboo and the Role of Norms

The nuclear taboo—a deeply internalized normative prohibition on nuclear use—constrains leaders beyond material deterrence calculations and has contributed to the non‑use of nuclear weapons since 1945. Tannenwald shows that the taboo is sustained by moral stigma and reputational costs, reinforced through public discourses and doctrinal assumptions. Casual references to nuclear use or “WWIII” can, over time, desensitize publics and elites, reframing nuclear options as politically conceivable and eroding this stabilizing norm. [ir101.co.uk], [books.google.com]

4.6. Technological “Entanglement” and Signaling Uncertainty

The growing interdependence of nuclear and non‑nuclear capabilities—particularly dual‑use early‑warning satellites, ground‑based radars, and cyber‑vulnerable C3I nodes—creates pathways for inadvertent escalation. Limited conventional or cyber operations against such systems can be misread as steps toward nuclear war, especially under time pressure. [carnegieen…owment.org]

5. Where We Stand: Three Faulty Linguistic Reflexes and Their Consequences
  1. Describing everything as “war.” Media and political actors often attach “WWIII” labels to limited or localized conflicts, normalizing apocalyptic frames and narrowing perceived policy options. [academic.oup.com]
  2. Treating every threat as equally serious. Mixed or contradictory nuclear signaling—e.g., during the Russia–Ukraine war—can desensitize audiences and obscure genuine red lines, raising the risk of miscalculation. [cnbc.com]
  3. Maximalist language inflates audience costs. Leaders who embrace world‑ending rhetoric face higher political costs for compromise, prolonging crises and making de‑escalation harder. [web.stanford.edu]
6. Counter‑Trends: Why Global War Remains Unlikely 6.1. Mutually Assured Destruction as a Structural Constraint

Despite friction, direct nuclear war among major powers remains politically and militarily irrational; deterrence continues to discourage first use even as rhetoric fluctuates. Competition therefore tends to manifest via proxies, cyber operations, and information campaigns rather than open inter‑state war. [cnbc.com] [carnegieen…owment.org]

6.2. Economic Interdependence—With Caveats

Complex interdependence constrains escalation incentives, while empirical studies associate higher trade ties with lower conflict probability; however, Copeland’s “trade expectations” theory warns that if leaders anticipate a deterioration in future trade, the pacifying effect weakens. [cambridge.org], [prio.org], [amazon.com]

7. Recommendations: Rebuilding Linguistic, Institutional, and Technical Guardrails  7.1. Linguistic and Communication Norms

Institutionalize rhetorical discipline. Establish internal guidelines to avoid casual invocations of “WWIII” and “Armageddon,” reserving such terms for material changes in posture. (Conceptual recommendation.)
Reaffirm the taboo publicly. The P5 should restate that a nuclear war cannot be won and must never be fought—updating the Geneva formula for a multipolar era.
Invest in risk communication. Public education can mitigate probability neglect and help citizens distinguish symbolic messaging from operational signaling.
Media responsibility. Editorial standards should discourage alarmist “WWIII” headlines for local conflicts; algorithmic amplification of sensational content warrants scrutiny. [europeanle…etwork.org] [chicagounb…hicago.edu] [academic.oup.com]

7.2. Institutional and Legal Measures

Post‑New START transparency. Even without a treaty, a minimal U.S.–Russian data‑exchange on deployed strategic systems would preserve predictability.
Protect the CTBT regime. Sustain and fund the International Monitoring System (IMS – Nemzetközi Megfigyelőrendszer) and reaffirm test moratoria to prevent a resumption cascade.
Mitigate entanglement. Define norms against attacks on early‑warning assets and critical C3I nodes; adopt a cyber incident “code of conduct” that routes suspected intrusions through de‑escalatory channels.
Pursue modular arms control. Narrow‑scope arrangements—e.g., on hypersonic test notifications or ASAT moratoria—can cumulatively reduce escalation pressures. (Conceptual recommendation.) [nuclearnet…k.csis.org] [bing.com] [securityan…nology.org]

7.3. Crisis‑Management Channels and Exercises

Permanent hotlines and redundancy. Maintain U.S.–Russia, U.S.–China, and NATO–Russia crisis hotlines with verified protocols robust to cyber disruption. (Conceptual recommendation drawing on hotline history.)
Regular simulations. Track‑2/1.5 exercises can reveal blind spots and build shared vocabularies for cross‑domain incidents. (Conceptual recommendation.)
Region‑specific mechanisms. Expand U.S.–China military maritime communication to cover air, unmanned, and cyber incidents in the Taiwan Strait; in Europe, restore incident‑notification practices to reduce border risks.
Strengthen the IAEA’s conflict‑zone role. Back the IAEA to enforce its “seven pillars” and “five concrete principles” at Zaporizhzhia and other Ukrainian sites. [en.wikipedia.org] [cambridge.org] [reliefweb.int]

8. Conclusion

Language is not neutral in the nuclear age: it is a strategic instrument that can either stabilize expectations or amplify danger. The inflationary use of “World War III” compresses decision space, inflates audience costs, and corrodes the nuclear taboo that has helped maintain non‑use since 1945. Historical experience—1962’s near‑miss and 1985’s normative reaffirmation—shows that communication guardrails and clear norms reduce catastrophic risk; their erosion does the opposite. [ir101.co.uk] [archives.gov], [europeanle…etwork.org]

Global war remains unlikely because deterrence, norms, interdependence, and institutional routines still exert restraint. Yet these are not self‑sustaining. Arms‑control erosion, normalized nuclear rhetoric, and technological entanglement collectively make restraint more fragile than at any time since the late Cold War. The way forward is dual: reaffirm normative brakes (taboo, responsible rhetoric, non‑use commitments) and rebuild technical and institutional guardrails (transparency, hotlines, entanglement‑mitigation, regional protocols). Fear can become self‑fulfilling; disciplined language and resilient institutions can keep it from doing so. [nuclearnet…k.csis.org], [bing.com], [carnegieen…owment.org]

References (APA)

Acton, J. M. (2018). Escalation through entanglement: How the vulnerability of command‑and‑control systems raises the risks of an inadvertent nuclear war. International Security, 43(1), 56–99. [carnegieen…owment.org]

Arms Control Association. (2019, August 2). Statement on U.S. Withdrawal from the INF Treaty. [commonslib…liament.uk]

Arms Control Association. (2023, March). Russia Suspends New START. [nuclearnet…k.csis.org]

Arms Control Association. (2023, November). Russia ‘Deratifies’ Nuclear Test Ban Treaty. [bing.com]

Brookings Institution (Pifer, S.). (2023, October 13). Russia, nuclear threats, and nuclear signaling. [cnbc.com]

Copeland, D. C. (2015). Economic Interdependence and War. Princeton University Press. [amazon.com]

Entman, R. M. (1993). Framing: Toward clarification of a fractured paradigm. Journal of Communication, 43(4), 51–58. [academic.oup.com]

Fearon, J. D. (1994). Domestic political audiences and the escalation of international disputes. American Political Science Review, 88(3), 577–592. [web.stanford.edu]

Fearon, J. D. (1995). Rationalist explanations for war. International Organization, 49(3), 379–414. [cambridge.org]

IAEA. (2022– ). Nuclear Safety, Security and Safeguards in Ukraine (rolling updates and reports). [reliefweb.int]

Jervis, R. (1976/2017). Perception and Misperception in International Politics. Princeton University Press. [cambridge.org]

Keohane, R. O., & Nye, J. S. (2012). Power and Interdependence (4th ed.). Longman. [cambridge.org]

McCombs, M. E., & Shaw, D. L. (1972). The agenda‑setting function of mass media. Public Opinion Quarterly, 36(2), 176–187. [academic.oup.com]

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A “World War III” as a Discursive Risk Factor: Historical Lessons, Contemporary Escalation Drivers, and Implications for Nuclear Stability bejegyzés először Biztonságpolitika-én jelent meg.

Géopolitique de l’économie

IRIS - Fri, 13/03/2026 - 17:47

Dans un monde marqué par le retour des rivalités entre puissances, la multiplication des conflits et l’intensification des interdépendances économiques, l’économie s’impose désormais comme un instrument de puissance mais aussi de dépendance dans les rapports de force internationaux.
Comment l’économie est-elle devenue un outil central pour analyser les enjeux géopolitiques contemporains ? De quelle manière les conflits et les tensions internationales influencent-ils les dynamiques économiques mondiales ? Quel rôle jouent les acteurs économiques non étatiques sur la scène internationale ? Et en quoi le changement climatique constitue-t-il un défi économique susceptible de transformer les équilibres internationaux ?

À l’occasion de la réédition de son livre « Géopolitique de l’économie » (Eyrolles, février 2026), Sylvie Matelly, directrice de l’Institut Jacques Delors, répond à nos questions :

  • Pourquoi l’économie est-elle considérée comme géopolitique ?
  • Comment les dynamiques économiques se recomposent-elles dans un contexte géopolitique marqué la multiplication des conflits ?
  • Quelle place occupent aujourd’hui les acteurs économiques non étatiques sur la scène internationale ?
  • En quoi les changements climatiques constituent-ils un défi économique structurel majeur ?

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La guerre en Iran : un conflit aux conséquences environnementales et sanitaires durables

IRIS - Fri, 13/03/2026 - 17:37

Les guerres ne détruisent plus seulement des territoires ou des infrastructures. Elles perturbent désormais les systèmes écologiques dont dépend la stabilité des sociétés. La guerre en Iran illustre cette évolution. Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques, exposant les populations à des risques sanitaires immédiats et à long terme.

Dans un monde déjà soumis à de fortes pressions environnementales, ces destructions écologiques liées aux conflits peuvent fragiliser durablement les écosystèmes, les ressources naturelles et les conditions de vie des populations civiles.

Des incendies industriels aux effets atmosphériques majeurs

Les frappes qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers situés à proximité de Téhéran ont généré d’importants panaches de fumée noire au-dessus d’une agglomération de près de dix millions d’habitants.

Les impacts atmosphériques de ce type d’événement peuvent aujourd’hui être observés et documentés par satellite. Les instruments embarqués sur le satellite Sentinel-5P du programme européen Copernicus permettent notamment de mesurer plusieurs polluants atmosphériques, tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou le monoxyde de carbone, et de cartographier les panaches générés par des incendies industriels ou des infrastructures énergétiques endommagées. Les conflits contemporains deviennent ainsi de plus en plus observables dans leurs dimensions environnementales depuis l’espace, contribuant à objectiver les dommages écologiques associés aux opérations militaires.

Ces panaches contiennent notamment du benzène, du formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. Ces dernières peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et aggraver des pathologies préexistantes, notamment respiratoires et cardiovasculaires[1]. Lorsque l’exposition se prolonge, ces atteintes s’inscrivent dans la durée et peuvent s’accompagner d’une augmentation du risque de cancers, ainsi que de certains troubles neurologiques.

Dans un contexte où la qualité de l’air constitue déjà l’un des principaux problèmes environnementaux en Iran[2], ces incendies industriels viennent ainsi renforcer l’exposition de millions d’habitants à des niveaux élevés de pollution atmosphérique.

Pollution des sols et débris toxiques : l’héritage invisible des conflits

Au-delà des incendies ou autres destructions spectaculaires, les explosions de munitions et les débris militaires peuvent également contaminer durablement les sols. Des analyses menées dans plusieurs zones de conflit ont mis en évidence la présence de métaux lourds[3] tels que le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome dans les zones bombardées. Ces contaminants peuvent être persistants dans les sols et pénétrer progressivement les chaînes alimentaires.

Les destructions urbaines constituent une source majeure de contamination, à travers les débris pouvant contenir amiante, produits chimiques industriels et/ou des restes de munitions non explosées. La gestion de ces matériaux représente souvent l’un des principaux défis environnementaux de l’après-guerre.

Les conflits récents illustrent l’ampleur de ces phénomènes. En Ukraine, les bombardements d’infrastructures industrielles et de zones urbaines ont entraîné la dispersion de nombreux polluants dans l’environnement. Dans la bande de Gaza, les destructions massives d’immeubles et d’infrastructures ont généré des millions de tonnes de décombres, qui vont fortement compliquer les opérations de dépollution et de reconstruction.

Ces formes de contamination, souvent moins visibles que les destructions immédiates, peuvent prolonger les impacts environnementaux et sanitaires d’un conflit pendant des décennies, bien après la fin des combats.

Une crise hydrique aggravée par le conflit

Les risques environnementaux liés à la guerre en Iran concernent également les ressources hydriques.

Les explosions et les incendies ont provoqué des écoulements d’hydrocarbures dans les systèmes de drainage urbains et dans certains cours d’eau, pouvant contaminer les sols et les nappes phréatiques. Une pollution susceptible d’altérer durablement la qualité de l’eau.

Cette dégradation intervient dans un pays déjà confronté à une crise de l’eau particulièrement sévère. L’Iran connaît depuis plusieurs années une combinaison de sécheresses plus fréquentes, de surexploitation agricole et de politiques hydrauliques contestées. La surexploitation des nappes phréatiques[4] constitue une autre vulnérabilité majeure.

Dans ce contexte de stress hydrique extrême, les infrastructures liées à l’eau deviennent des éléments particulièrement sensibles. Des accusations d’attaques contre une usine de dessalement sur l’île de Qeshm ont également émergé au cours du conflit, révélant la vulnérabilité croissante des infrastructures hydriques dans les guerres contemporaines.

Dans un contexte de stress hydrique extrême, ces atteintes aux infrastructures de l’eau illustrent la manière dont les conflits peuvent transformer des vulnérabilités environnementales préexistantes en facteurs de déstabilisation sanitaire et sociale.

Des infrastructures environnementales devenues cibles stratégiques

Le conflit iranien révèle une transformation progressive de la nature des affrontements contemporains. Les infrastructures environnementales deviennent des cibles stratégiques.

Les installations énergétiques, les systèmes hydriques, les réseaux d’assainissement ou les routes maritimes constituent aujourd’hui des points névralgiques dont la destruction peut provoquer des perturbations systémiques dans les sociétés.

Les incidents impliquant plusieurs pétroliers dans le Golfe et la mer d’Oman illustrent cette vulnérabilité. Chaque attaque fait planer le risque de marées noires dans une région qui concentre des routes énergétiques majeures et des écosystèmes marins sensibles.

Dans des sociétés fortement dépendantes d’infrastructures complexes pour l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’alimentation, ces installations deviennent des leviers stratégiques majeurs. Leur destruction ne vise pas seulement à affaiblir les capacités militaires de l’adversaire, mais aussi à exercer une pression sur les conditions de vie des populations et sur la stabilité des États.

Le ciblage d’infrastructures environnementales s’inscrit ainsi de plus en plus dans les logiques contemporaines de coercitions et de dissuasions indirectes. En menaçant l’accès à des ressources essentielles comme l’eau ou l’énergie, les belligérants peuvent chercher à fragiliser durablement les équilibres économiques, sanitaires et sociaux de leur adversaire.

Cependant, les atteintes aux écosystèmes dans les zones de conflit ne produisent pas uniquement des effets locaux. Dans un monde déjà confronté aux limites planétaires, ces destructions peuvent fragiliser des systèmes écologiques dont dépend la stabilité globale, transformant certains conflits en perturbations environnementales susceptibles de dépasser largement les zones de combat.

Conflits récents : une tendance mondiale

Les guerres ne se déroulent plus dans des espaces isolés, loin des infrastructures et des populations. Les affrontements se déroulent désormais au cœur de territoires densément urbanisés et industrialisés, ce qui amplifie leurs impacts environnementaux et sanitaires.

La dimension écologique des conflits n’est pourtant pas nouvelle. Lors de la guerre du Golfe en 1991, les forces irakiennes avaient incendié plus de six cents puits de pétrole au Koweït[5], provoquant pendant plusieurs mois d’immenses panaches de fumée qui avaient obscurci le ciel de la région et généré l’une des plus grandes catastrophes environnementales liées à un conflit.

Plus récemment, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a entraîné de multiples pollutions industrielles. Les bombardements d’infrastructures énergétiques et d’installations industrielles ont contaminé l’air, les sols et les ressources hydriques. La destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a provoqué des inondations massives dans le bassin inférieur du Dniepr, submergeant de vastes zones naturelles et agricoles. La vidange du réservoir a perturbé les écosystèmes aquatiques et dispersé des polluants industriels ainsi que des sédiments contaminés, avec des impacts environnementaux susceptibles de se prolonger pendant de nombreuses années.

Ces exemples montrent que les conflits contemporains ne détruisent pas seulement des infrastructures ou des territoires : ils peuvent également provoquer des perturbations environnementales durables.

Guerres, pollution et limites planétaires : une nouvelle question de sécurité.

La guerre en Iran s’inscrit dans un contexte géopolitique marqué par des pressions environnementales croissantes. Plusieurs limites planétaires identifiées par le Stockholm Resilience Centre sont aujourd’hui dépassées ou fortement perturbées, notamment celles liées au climat, à la pollution, à la biodiversité et aux cycles biogéochimiques.

Dans ce contexte, les conflits armés peuvent agir comme des accélérateurs de dégradation environnementale : incendies industriels, contaminations des sols, pollutions maritimes ou atteintes aux ressources hydriques viennent amplifier des pressions écologiques déjà existantes.

Les conflits armés constituent également une source directe d’émissions de gaz à effet de serre. En 2022, les forces armées et leurs chaînes d’approvisionnement représentaient 5,5 % des émissions mondiales[6]. Un niveau comparable, voire supérieur, à celui de certains secteurs civils fortement médiatisés comme l’aviation. Dans un contexte de réarmement accéléré et de multiplication des conflits, cette empreinte carbone est probablement aujourd’hui encore plus élevée.

Pourtant, ces dimensions restent largement absentes des débats publics sur les responsabilités environnementales. La stabilité des sociétés dépend pourtant de plus en plus du bon fonctionnement des systèmes écologiques qui soutiennent la vie humaine. Lorsque ces systèmes sont dégradés, les conséquences sont multiples : crises sanitaires, pénuries d’eau, insécurité alimentaire, déplacements de population… mettant en péril la résilience de l’après-conflit.

Dans un monde déjà contraint par les limites planétaires, les destructions environnementales liées aux conflits constituent ainsi un facteur supplémentaire d’instabilité globale. Elles rappellent que la sécurité humaine ne dépend pas uniquement de l’équilibre des puissances ou des capacités militaires, mais aussi de la préservation des systèmes écologiques dont dépendent les sociétés.

Dans ce contexte, la guerre apparaît de plus en plus comme un facteur de crise écologique à part entière.

À l’heure où l’on débat des responsabilités écologiques et sanitaires des secteurs aérien, agricole ou routier, le coût environnemental des conflits et de l’incapacité persistante de nos sociétés à résoudre leurs différends autrement que par la violence reste largement sous-estimé.

[1] WHO, Air pollution and health risk assessment, 2021.

[2] Taghizadeh, F., Mokhtarani, B. & Rahmanian, N. “Air pollution in Iran: The current status and potential solutions”. Environ Monit Assess 195, 737 (2023). https://doi.org/10.1007/s10661-023-11296-5

[3] Altahaan, Z.; Dobslaw, D. “The Impact of War on Heavy Metal Concentrations and the Seasonal Variation of Pollutants in Soils of the Conflict Zone and Adjacent Areas in Mosul City”. Environments 2024, 11, 247. https://doi.org/10.3390/environments11110247

[4] Jasechko, S., Seybold, H., Perrone, D. et al. “Rapid groundwater decline and some cases of recovery in aquifers globally”. Nature 625, 715–721 (2024). https://doi.org/10.1038/s41586-023-06879-8

[5] UNEP, Desk Study on the Environment in Iraq, 2003.

[6] Conflict and Environment Observatory, Estimating the Military’s Global Greenhouse Gas Emissions, 2022.

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Press release - Human rights violations in Russia, Niger and Georgia

Európa Parlament hírei - Thu, 12/03/2026 - 12:33
On Thursday, Parliament adopted three resolutions on the human rights situations in Russia, Niger and Georgia.

Source : © European Union, 2026 - EP

Sajtóközlemény - Utazási csomag: az EP megszavazta a nyaralók védelmét szolgáló új szabályokat

Európa Parlament hírei - Thu, 12/03/2026 - 12:24
Csütörtökön a képviselők zöld utat adtak az utazási csomagokra vonatkozó szabályok felülvizsgálatának, és megerősítették a nyaralók védelmét.
Belső Piaci és Fogyasztóvédelmi Bizottság

Forrás : © Európai Unió, 2026 - EP

Press briefings - Transport, Telecommunications and Energy Council (Energy) of 16 March, and Environment Council of 17 March 2026

Európai Tanács hírei - Thu, 12/03/2026 - 09:30
Press briefings ahead of the upcoming Transport, Telecommunications and Energy Council (Energy) of 16 March, and Environment Council of 17 March 2026 will take place on 13 March 2026 at 16.00

Joint press statement by President of the European Council, António Costa, and President of the Republic of Azerbaijan, Ilham Aliyev

Európai Tanács hírei - Thu, 12/03/2026 - 09:30
On 11 March 2026, the President of the European Council, António Costa and the President of the Republic of Azerbaijan, Ilham Aliyev met in Baku, the Republic of Azerbaijan.

Fisheries and aquaculture: Council agrees negotiating position on new framework for statistics

Európai Tanács hírei - Thu, 12/03/2026 - 09:30
Council agrees on a mandate to begin negotiations with the European Parliament on new simplified provisions for fisheries and aquaculture statistics.

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