Le Président de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Maurice Konaté appelle les citoyens au strict respect de la réglementation relative à la formation des cortèges. Dans un communiqué, il dit constater que certaines personnes, pourtant bénéficiaires d'une autorisation, ne respectent pas les dispositions prévues à cet effet.
La mairie de Ouagadougou rappelle que la formation et la circulation des cortèges dans la commune sont encadrées par l'arrêté N°2024-270/CO/M/CAB/DAJC du 12 décembre 2024, portant réglementation des cortèges dans la commune de Ouagadougou.
L'arrêté .limite les cortèges de mariage à un maximum de dix véhicules. Dans ce contexte, le président de la délégation spéciale invite l'ensemble de la population à observer scrupuleusement les termes de l'arrêté en vigueur.
Cet appel intervient alors que les autorités nationales et locales multiplient les initiatives visant à renforcer la sécurité des populations.
La mairie insiste ainsi sur la responsabilité de chaque citoyen dans le respect des règles encadrant les cortèges. Pour les autorités municipales, le respect de ces dispositions participe à la préservation de l'ordre et de la sécurité dans la capitale.
Le Président de la délégation spéciale dit compter sur « le sens élevé de responsabilité de tous » pour assurer une meilleure application de la réglementation.
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BELLUNIC est une marketplace mobile qui met en relation les vendeurs locaux et les consommateurs au Burkina Faso. La plateforme propose une interface simple, des solutions de paiement adaptées au contexte local et un système de suivi des livraisons en temps réel. Dans cet entretien accordé à Lefaso.net, découvrez le fonctionnement de cette solution et la vision pour le développement du commerce en ligne au Burkina Faso.
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, est arrivé à Bobo-Dioulasso ce mardi 8 septembre 2026. Ce, pour l'inauguration de deux infrastructures majeures. Il s'agit notamment du complexe industriel Textile des forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF) et d'un nouvel amphithéâtre de 1 200 places à l'Université Nazi-Boni.
La première étape de ce séjour sera consacrée à l'inauguration du complexe industriel de textile des Forces du Burkina Faso, TEXFORCES-BF. Selon la direction de la communication de la présidence du Faso, cette infrastructure est présentée comme une installation stratégique et unique en Afrique de l'Ouest. Le complexe aura notamment pour vocation de produire des effets d'habillement destinés aux Forces de défense et de sécurité (FDS), mais également aux populations civiles. Sa mise en service s'inscrit ainsi dans une dynamique de développement de la production locale et de renforcement des capacités industrielles nationales.
Outre le volet industriel, le séjour présidentiel sera également marqué par un passage dans le domaine de l'éducation. Le président inaugurera un nouvel amphithéâtre de 1 200 places à l'Université Nazi-Boni.
Cette infrastructure a été construite dans le cadre de l'Initiative présidentielle pour une Éducation de qualité pour tous (IPEQ). Elle a, par ailleurs, été équipée par des artisans locaux, mettant ainsi en avant la contribution du savoir-faire national à la réalisation des infrastructures publiques.
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Commander un repas, ouvrir une boutique en ligne ou gagner sa vie comme livreur : à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, Wefafa s'impose progressivement comme un acteur incontournable du commerce et de la livraison digitale. Lancée en mars 2026, la plateforme imaginée, conçue et développée au Burkina Faso par trois jeunes Burkinabè compte déjà plus de 1 100 boutiques, 900 livreurs et 2 500 livraisons. Elle est téléchargeable gratuitement sur l'App Store et sur Google Play.
Livraison express, marketplace, paiement sécurisé : Wefafa (www.wefafa.app) réunit sur une seule interface les quatre maillons du commerce de proximité : l'expéditeur, le commerçant, le client et le livreur. Mais sa première particularité n'est pas technique. Elle est d'ici. Derrière la plateforme, pas de multinationale ni de solution importée : trois jeunes Burkinabè qui ont fait le pari de construire, depuis Ouagadougou, l'outil numérique dont le commerce du pays avait besoin. Officiellement lancée en mars 2026, Wefafa n'a mis que quelques mois à trouver son public.
Une réponse burkinabè à des réalités burkinabè
Ce choix n'est pas anodin. Les grandes plateformes internationales arrivent avec des modèles pensés ailleurs, pour d'autres villes, d'autres habitudes de paiement, d'autres façons de commander. Wefafa, elle, a été construite à partir du terrain : les quartiers de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, le Mobile Money comme moyen de paiement naturel, WhatsApp comme outil de travail quotidien, et des milliers de commerçants sans vitrine numérique. Résultat, en à peine six mois d'existence : plus de 4 000 produits référencés, 1 100 boutiques actives et 900 livreurs mobilisés pour plus de 2 500 livraisons réalisées.
Deuxième particularité : point besoin d'installer une application. Wefafa mise sur Fafa IA, un assistant intelligent conçu localement et directement accessible sur WhatsApp. Il comprend une demande formulée en langage naturel, à l'écrit comme à l'oral, et oriente l'utilisateur vers le bon service : envoi d'un colis, commande d'un repas ou suivi d'une livraison en temps réel. La preuve que l'intelligence artificielle peut aussi se concevoir au Burkina Faso, par des Burkinabè, pour les Burkinabè.
Pour les expéditeurs : un colis envoyé en une phrase
Envoyer un colis se résume désormais à une conversation. Il suffit de décrire son besoin à Fafa IA, par exemple « je veux envoyer un colis à Tampouy », de partager le point de retrait, et un coursier du quartier est aussitôt mobilisé, tarif annoncé immédiatement. La plateforme propose aussi la livraison groupée, pour expédier plusieurs colis en une seule course et réduire les coûts, et la réception groupée, qui rassemble les achats faits auprès de plusieurs boutiques en une livraison unique. Chaque envoi est suivi en temps réel, avec la géolocalisation du livreur.
Pour les commerçants : les outils des grandes enseignes, entre les mains de nos boutiquiers
C'est le cœur du projet : donner aux commerçants burkinabè, de l'artisan à la boutique de prêtà-porter, les moyens numériques jusqu'ici réservés aux grandes marques. En quelques minutes, chaque marchand ouvre sa boutique en ligne, disponible 24h/24, sans compétence technique particulière. S'y ajoutent plusieurs leviers commerciaux :
• le live shopping, pour vendre en direct, présenter ses produits et interagir avec son audience ;
• les ventes flash, pour créer l'urgence et écouler rapidement ses stocks ;
• les stories, pour publier ses nouveautés au quotidien, à la manière d'un statut WhatsApp ;
• la livraison intégrée, qui décharge le commerçant de toute la logistique : un livreur récupère et livre la commande à sa place ;
• le paiement sécurisé, avec encaissement par Mobile Money.
Awa T., qui tient une boutique de prêt-à-porter à Ouagadougou, a ouvert la sienne en dix minutes et reçoit désormais des commandes même lorsque son magasin physique est fermé. Une illustration concrète de la promesse de Wefafa : la technologie au service de tous les commerçants du pays, pas seulement des grandes enseignes.
Pour les clients : acheter, suivre, recevoir, sans complications
Côté acheteurs, l'expérience se veut simple et rassurante : parcourir les boutiques, suivre les nouveautés publiées près de chez soi, participer aux sessions de live shopping en commentant en direct, et payer en toute sécurité via Mobile Money. Le suivi de la livraison en temps réel, avec géolocalisation du coursier, répond à une frustration bien connue en Afrique de l'Ouest : devoir relancer plusieurs fois pour savoir où en est sa commande. Un problème que Boukary S., client à Bobo-Dioulasso, dit ne plus connaître. Et chaque achat sur Wefafa a une vertu supplémentaire : l'argent reste dans l'économie burkinabè, chez un commerçant d'ici, livré par un jeune d'ici.
Pour la diaspora : faire plaisir au pays, depuis n'importe où
Les Burkinabè de l'extérieur ne sont pas oubliés. Wefafa est pensée pour les grandes villes où la diaspora est la plus présente : Abidjan, Moscou, New York, Paris, Rome. Depuis l'une de ces villes ou d'ailleurs, un membre de la diaspora peut parcourir les boutiques sur www.wefafa.app, commander un pagne, un panier de vivres ou un cadeau d'anniversaire, et le faire livrer directement chez sa mère à Ouagadougou ou chez un frère à Bobo-Dioulasso. Le paiement se règle directement depuis l'étranger par PayPal, ou par Mobile Money pour ceux qui ont gardé un compte au pays, et la livraison se suit en temps réel, à des milliers de kilomètres.
Les sessions de live shopping sont ouvertes à tous, et Fafa IA répond sur WhatsApp quel que soit le pays d'où l'on écrit.
Fini l'argent envoyé « pour faire les courses » sans savoir ce qu'il devient : la diaspora choisit elle-même ce qu'elle offre, achète chez un commerçant burkinabè et fait travailler un livreur du quartier. Une manière concrète de rester connecté au pays et de soutenir son économie, même à distance.
Pour les livreurs : un revenu flexible, dans son propre quartier
Wefafa mobilise chaque jour des centaines de courses à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, ouvertes à des livreurs qui choisissent librement leurs horaires. Pour ce vivier de plus de 900 coursiers, trois arguments : des revenus garantis, des horaires flexibles et une communauté soudée entre livreurs. Idrissa O., livreur à Ouagadougou, résume l'intérêt du modèle : la liberté de choisir ses courses et un paiement fiable, pour un revenu complémentaire bienvenu dans un pays où l'emploi des jeunes reste un enjeu majeur. À sa manière, Wefafa transforme le numérique en emplois concrets pour la jeunesse burkinabè.
Un savoir-faire numérique aussi mis au service des entreprises
Au-delà de la plateforme elle-même, l'équipe qui a conçu et développé Wefafa met son expertise technique à la disposition d'autres structures. Entreprises, ONG, institutions ou administrations qui souhaitent se doter de leur propre système informatique, application mobile ou site internet peuvent s'appuyer sur ce même savoir-faire, éprouvé à l'échelle d'une plateforme qui traite aujourd'hui des milliers de commandes. Une preuve supplémentaire qu'une expertise numérique de haut niveau peut se construire, se garder et se louer depuis le Burkina Faso.
Une ambition : une économie locale dynamisée par un numérique local
Au-delà des chiffres, Wefafa porte une conviction : le Burkina Faso peut concevoir ses propres outils numériques plutôt que de dépendre de plateformes venues d'ailleurs. Chaque commande passée irrigue le commerce local, chaque livraison crée un revenu pour un jeune du quartier, et chaque boutique ouverte en ligne offre à un commerçant une visibilité qu'il n'aurait pas eue seul.
La plateforme elle-même a été conçue et développée ici, par des Burkinabè, pour des Burkinabè. C'est le pari de ses trois fondateurs : mettre l'intelligence artificielle et le digital, longtemps réservés aux grandes entreprises, entre les mains de chaque commerçant, chaque client et chaque livreur du pays. Six mois après son lancement, le pari est en bonne voie. Consommer local, c'est aussi choisir des outils numériques locaux.
Et l'ambition ne s'arrête pas à la frontière. Conçue par des Burkinabè, pour des Burkinabè, Wefafa se pense déjà comme un outil plus large : un numérique pensé pour l'Afrique, par des Africains, à mesure que la plateforme s'ouvrira aux pays voisins.
Wefafa est accessible via l'application mobile, le site www.wefafa.app, ou directement par message WhatsApp à l'assistant Fafa IA au +226 04 78 04 11. Informations et support : +226 04 68 59 59. Paiement par Mobile Money ou PayPal. La plateforme est actuellement déployée à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso.
Téléchargement direct : wefafa.app/telecharger
Wefafa
Fafa IA sur WhatsApp : +226 04 78 04 11 · Informations et support : +226 04 68 59 59 Source : Wefafa, www.wefafa.app
Cette semaine débute l'une des plus grandes compétitions de football au monde. C'est parti pour une nouvelle saison de fortes émotions, de suspense et de désillusion. Les 36 équipes en lice connaissent chacune leurs huit adversaires pour la première partie de la compétition, qui s'achèvera le 27 janvier 2027.
Dès ce mardi 8 au jeudi 10 septembre 2026, le football européen retient son souffle. Les meilleures équipes du continent vont retrouver les pelouses de la Ligue des champions de l'UEFA pour une nouvelle campagne qui s'annonce particulièrement palpitante. Après une première saison sous sa nouvelle formule, la Ligue des champions poursuit son aventure à 36 équipes. Finis les traditionnels groupes de quatre équipes. Désormais, toutes les formations sont réunies dans un classement unique.
Chaque équipe dispute huit rencontres durant la phase de ligue, quatre à domicile et quatre à l'extérieur, face à huit adversaires différents. À l'issue de cette phase, les huit premiers du classement obtiennent directement leur billet pour les huitièmes de finale.
Les équipes classées de la 9ᵉ à la 24ᵉ place devront quant à elles passer par les barrages pour espérer poursuivre leur parcours européen. Pour les formations classées au-delà de la 24ᵉ place, l'aventure prend fin. Cette nouvelle formule promet donc une bataille acharnée dès les premières journées. Chaque point pourrait compter au moment de faire les comptes.
Les cadors européens à l'assaut du trophée
Comme chaque saison, plusieurs grandes équipes européennes figurent parmi les prétendants naturels au sacre. Le FC Barcelone, le Real Madrid, le Bayern ou encore le Paris Saint-Germain sont notamment les clubs habitués aux grands rendez-vous continentaux, avec leurs effectifs riches en stars et leur expérience des soirées européennes. Le Real Madrid, l'incontournable et véritable habitué de la compétition, est très attendu par des milliers de fans à travers le monde.
Avec son histoire exceptionnelle en Ligue des champions, le club espagnol vient cette année avec une grande ambition ; celle du 16ᵉ titre. Mais cette compétition réserve souvent des surprises. Une équipe moins attendue peut rapidement bousculer les pronostics grâce à une série de bons résultats. C'est aussi ce qui fait le charme de cette compétition. En Ligue des champions, le statut de favori ne garantit jamais la victoire.
Des stars et des affiches très attendues
Cette nouvelle édition sera également l'occasion de suivre de près les performances des grandes stars du football mondial. Lamine Yamal et Raphael Dias Belloli, dit Raphinha du FC Barcelone, Kylian Mbappé du Real Madrid ou encore Ousmane Dembélé du Paris Saint-Germain, qui sont les attaquants les plus attendus, les milieux de terrain et les défenseurs les plus talentueux du continent européen, seront appelés à répondre présents dans les moments décisifs.
Les supporters, eux, attendent surtout les grandes affiches. Ces rencontres entre clubs historiques constituent souvent les moments les plus marquants de la compétition. Dans des stades remplis sous une pression maximale, chaque erreur peut coûter cher et chaque exploit peut entrer dans l'histoire. Pour les joueurs, la Ligue des champions représente également une vitrine exceptionnelle. Une bonne campagne européenne peut permettre à certains de confirmer leur statut, tandis que de jeunes talents peuvent profiter de cette scène pour se révéler aux yeux du monde.
Qui succédera aux Parisiens ?
Avant d'arriver au rendez-vous ultime, prévu le 5 juin 2027 au Metropolitano de Madrid, les prétendants devront franchir plusieurs obstacles. De la phase de ligue aux huitièmes de finale, puis aux quarts et aux demi-finales, le chemin vers le sacre sera long et semé d'embûches. Une chose est certaine. Entre ambitions, rivalités, surprises et pression, la Ligue des champions s'annonce une nouvelle fois comme un spectacle à ne pas manquer. Les projecteurs sont allumés, les stades sont prêts et les supporters sont impatients. La musique de la Ligue des champions va de nouveau résonner.
Ismael Ouédraogo (stagiaire)
Lefaso.net
Affirmer, sans une étude consacrée, que la gabegie dans la gestion des ressources publiques est l'un des principaux maux qui minent l'aspiration au développement en Afrique, n'est pas un crime de lèse-majesté. Tout porte à croire que l'administration et les ressources de l'Etat sont des biens dont il faut profiter et se servir à volonté, à proportion que l'occasion se présente. L'actualité au Gabon depuis ce lundi 7 septembre 2026 relance le débat sur le sujet, un véritable serpent de mer. Dans un rapport qu'il a rendu public, la Cour des comptes lance le recouvrement de 1 700 milliards de FCFA auprès de 600 personnes et entreprises et ce, dans un délai d'un mois.
A son arrivée au pouvoir, en août 2023, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait le ‘'serment'' d'une gouvernance de rupture, appuyée surtout par la répression contre les pratiques de corruption et assimilés, l'indiscipline, le laxisme, etc. À l'occasion de l'inauguration du Palais des conférences, en mai 2026, le président Oligui Nguema réitérait la « tolérance zéro » comme un point fondamental de sa gouvernance. Descentes sur le terrain, visites inopinées, instructions fermes, discours axés sur la souveraineté et le panafricanisme…caractérisent la gouvernance. Elle s'illustre encore par cette « vaste offensive judiciaire » contre les figures emblématiques de l'ancien régime, dont Sylvia Bongo et Noureddin Bongo, épouse et fils de l'ancien président Ali Bongo, inculpés pour détournement de fonds publics, blanchiment et corruption. A cela, et entre autres, s'ajoute l'annonce en octobre 2025, de l'ouverture d'enquêtes et d'audits au sein de toutes les régies financières du pays dans le cadre de la « lutte contre l'impunité au sein de l'administration publique ».
C'est dans ce contexte que le premier président de la Cour des comptes du Gabon a d'abord révélé, lundi, 7 septembre 2026, que 1 700 milliards de FCFA de débets et d'amendes courent dans la nature avant d'annoncer qu'un délai de grâce d'un mois est accordé à toutes les personnes ou entreprises impliquées dans les fonds « détournés durant les 20 dernières années » et qui n'ont jamais été recouvrés par l'État, malgré la mise en débet des intéressés, indique gabonactu.com.
« Lors d'un plateau spécial sur la chaîne publique Gabon 24, Alex Euv Moutsiangou s'est montré intraitable : le délai court à partir de ce lundi 7 septembre et s'épuise le 7 octobre prochain. Passé ce délai, le dossier sera transmis à un juge répressif qui traduira les intéressés devant la Cour criminelle spéciale. Selon le premier président de la Cour des comptes, les détournements ont été effectués par des comptables publics et des ordonnateurs de crédits, c'est-à-dire des ministres, des maires et des présidents d'assemblées départementales. S'y ajoutent des entreprises privées qui ont été payées sans avoir réalisé le travail pour lequel elles ont encaissé l'argent public. Les détournements ne se sont pas produits en une seule année : certains remontent à vingt ans, a-t-on appris », relaie le média.
Environ 600 dossiers de personnes physiques et d'entreprises sont concernés et après des contrôles, les intéressés avaient été mis en débet. Une autre source a, selon le média, confié qu'un seul débiteur doit à l'État 800 milliards de FCFA, soit près de la moitié des 1 700 milliards non recouvrés.
Selon la loi gabonaise, précise gabonactu.com, il n'y a pas de prescription en matière de mise en débet. En cas de décès de la personne principale, le débet passe à sa succession jusqu'à la quatrième génération. Pour les entreprises en faillite, la procédure est également très longue. Le liquidateur porte une responsabilité importante dans ses actes. Si la faillite totale est constatée par le tribunal, la procédure peut s'éteindre par un passage aux écritures en pertes et profits, renseigne le confrère gabonais sur ce sujet qui est partagé par de nombreux Etats africains.
O.L
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Ce mardi 8 septembre 2026, le drapeau national s'est élevé dans le ciel du Bureau principal des douanes de Bobo-Gare, au rythme solennel du Ditanyè. Face aux couleurs, une conviction s'est imposée : dans un Burkina Faso engagé dans la reconquête de son territoire et l'affirmation de sa souveraineté, chaque institution a une part de la Patrie à défendre.
Présidée par le directeur général des Douanes, l'inspecteur divisionnaire des douanes Yves Kafando, la cérémonie de montée des couleurs a ouvert une journée placée sous le signe de la vigilance douanière, de la protection des populations et de la contribution de la Douane à l'effort national de sécurité.
À l'issue de la cérémonie, plus de 23 tonnes de riz avarié, saisies par le Bureau principal des douanes de Bobo-Gare, ont été présentées à la presse. Derrière ces milliers de kilogrammes de denrées impropres à la consommation se cachait une menace silencieuse. Ce riz aurait pu se retrouver dans les assiettes de milliers de familles, d'enfants et de personnes vulnérables, exposant ainsi leur santé à de graves risques. En retirant ces produits du circuit commercial, les agents des Douanes n'ont donc pas seulement intercepté une marchandise irrégulière : ils ont prévenu un risque sanitaire majeur et protégé des vies.
Cette saisie rappelle que la fraude ne prive pas uniquement l'État de recettes indispensables. Elle peut aussi porter directement atteinte à la santé, à la dignité et à la sécurité des citoyens.
Dans un contexte national déjà éprouvé, empêcher la circulation de denrées avariées, c'est éviter qu'une menace sanitaire ne vienne s'ajouter aux défis sécuritaires que notre pays s'emploie résolument à surmonter.
Après Bobo-Gare, cap a été mis sur la Brigade mobile des douanes de Bobo, où s'est déroulée la remise officielle à l'armée d'un important lot de matériels sensibles saisis par cette unité.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Dr Aboubacar Nacanabo, a remis au ministre d'État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simpore, 2 013 bâtons d'explosifs, 47 rouleaux de cordons détonants, 3 284 détonateurs électriques, 107 équipements de connexion satellitaire Starlink, quatre boîtiers de fibre optique, un rouleau de câble de connexion, 172 paires de chaussures de sécurité et 7 500 litres d'essence. La nature et l'importance de ces saisies donnent toute la mesure de l'enjeu. Entre de mauvaises mains, les explosifs et leurs accessoires peuvent devenir des instruments de destruction, tandis que les équipements de communication peuvent être détournés au profit de réseaux criminels organisés. Leur interception constitue ainsi bien plus qu'une performance douanière : elle représente des capacités dangereuses retirées des circuits illicites et des menaces potentielles neutralisées.
Cette remise symbolise l'union d'action des institutions de l'État autour d'une même mission : protéger la Nation. Chaque explosif intercepté est une menace de moins contre la Patrie. Chaque produit avarié retiré du marché est un danger écarté pour les populations. Chaque saisie réussie renforce la ligne de défense du Burkina Faso.
Derrière ces résultats se trouvent des agents qui observent, contrôlent, enquêtent et interviennent, parfois dans des conditions difficiles et au péril de leur vie.
Pour le directeur général des douanes, sa présence aux côtés de ces agents traduit la reconnaissance de l'Administration pour le travail accompli. Elle vise également à les féliciter et à les encourager à redoubler d'engagement afin de servir toujours mieux le Peuple intègre qui leur a confié cette noble mission.
Il a rappelé que la douane n'est pas seulement une administration chargée de mobiliser les recettes publiques. Elle est aussi une sentinelle de la santé publique, un rempart contre les trafics et un acteur déterminant de la défense nationale.
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Source : Page facebook des douanes
L'Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l'Ouest et du Centre (AB.AOC) dont le siège est basé à Ouagadougou (Burkina Faso), est un établissement public international issu de la coopération inter Etats pour renforcer la lutte contre le changement climatique grâce à la diffusion à grande échelle de la technologie du biodigesteur, qu'il soit domestique, semi-industriel et industriel.
Le Cabinet Compétence Recrutement Intérim (C.R.I) a été mandaté pour accompagner le Secrétariat Exécutif dans le processus de recrutement de deux (02) Responsables d'Unités Techniques (UT).
Intitulé des postes
Responsable de l'Unité Technique : Développements Scientifiques, Socio-économiques et Institutionnels
Nbre
01
Responsabilités, qualifications, compétences et aptitudes
FORMATION :
– Être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+5 en ingénierie (énergie, sciences appliquées ou disciplines connexes).
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
– Être un(e) expert(e) senior disposant d'au moins cinq années d'expérience professionnelle ;
– Avoir une expérience confirmée en ingénierie commerciale, démontrant des aptitudes avérées à concevoir, piloter et diriger des projets de recherche-action et de R&D appliquée.
Intitulé des postes
Responsable de l'Unité Technique :
Gestion Administrative, Financière et Comptable
Nbre
01
Responsabilités, qualifications, compétences et aptitudes
FORMATION :
– Être titulaire d'un diplôme de niveau BAC+5 (Master 2) en Comptabilité, Finances ou disciplines connexes.
EXPERIENCE PROFESSIONNELLE :
– Être un(e) expert(e) senior, justifiant d'au moins cinq (5) années d'expérience avérée dans des fonctions similaires ;
– Avoir une expérience professionnelle démontrant l'exercice de responsabilités significatives dans une ou plusieurs organisations opérant au niveau international ou régional.
CONDITIONS GENERALES :
• Lieu d'affectation : Ouagadougou (Burkina Faso) ;
• Nature du contrat : Contrat de travail à durée indéterminée avec une période d'essai de trois mois ;
• Nationalité : Les postulants doivent être ressortissants des pays membres de l'AB.AOC ;
• Autre : Salaire attractif et autres avantages.
• Les candidatures féminines sont encouragées.
COMPOSITION DU DOSSIER :
Les candidats intéressés doivent joindre la version PDF des documents ou la copie scannée des documents légalisés :
Une lettre de motivation, datée et signée adressée au Secrétaire Exécutif ;
Un curriculum vitae sincère avec le contact de trois (03) références professionnelles ;
Une copie légalisée du diplôme exigé ;
Un certificat de nationalité ;
Une copie non légalisée des certificats ou attestations de travail relative aux postes de travail mentionnés dans le CV.
COMMENT POSTULER : Les candidats (es) intéressés(es) sont priés(es) de créer leur compte candidat et postuler via la plateforme www.criburkina.com en cliquant sur le poste concerné et joindre tous les documents exigés en version PDF. Les documents autres que le CV, le diplôme, le certificat de nationalité et la lettre de motivation doivent être scannés en un seul fichier.
PROCEDURE DE SELECTION : Présélection sur dossier et phase de sélection
DATE LIMITE DE DEPOT : Jeudi 08 Octobre 2026
Pour toute information complémentaire, contacter le cabinet C.R.I au +226 25 47 64 01 / +226 51 22 46 39 aux heures d'ouverture des bureaux 7h30 à 12h30 et 15h30 à 17h30 (GMT).
Les grandes familles Kafando, Zagré, Ouedraogo, Congo, Sawadogo.
Les familles alliées : Namoano, Semdé , Roux, Neya, konvolbo, Kan, Kaboré, Ouédraogo, Diénderé,
Les enfants : Dieudonné, Ludovic, Roch Reine, Placide, Angelina, Carine, Josiane, Hermann , Elodia,
Les petits enfants, arrières petits enfants ,
très touchés par les nombreuses marques de sympathie, de solidarité, de soutien moral, matériel, spirituel et financier, lors du rappel à Dieu de leur épouse, mère, grand mère , arrière grand mère,
Mme Kafando/Zagré Cécile.
Vous adressent leurs sincéres remerciements et disent merci à tous ceux qui, de près ou de loin, ont pris part aux obsèques qui se sont déroulés les 2 et 3 septembre à Somgandé et à Toudoubweogo.
Elles vous prient de trouver ici l'expression de leur profonde reconnaissance.
Que le tout puissant vous le rende au centuple.
Merci infiniment. Union de priére et d'espérance pour le repos de son âme.
Sa majesté Mogho Naaba Baongo ,
Son Excellence Sao-Naaba Kaongho , le Ting-saoba de Kaonghin , Monsieur W. Pierre SAWADOGO, Madame TAPSOABA née SAWADOGO Joséphine ,
La grande famille SAWADOGO à Kaonghin, Ouagadougou, aux États-Unis , Rapadma v5 .
Les grandes familles OUÉDRAOGO, YANOGO, KALMOGO TONDÉ, KAFANDO et SAWADOGO à Gonsé (Voaga) ;
La famille du feu SAWADOGO Basga Joseph dit « CAPI » ;
Les enfants : Charles, Grégoire, Honorine, André, Pauline, Claude, Pascaline et Suzanne ;
Les familles alliées ;
Les petits et arrières petits-enfants ;
Ont la profonde douleur de vous annoncer le rappel à Dieu de leur très chère mère, grand-mère, arrière-grand-mère, sœur et tante,
Madame SAWADOGO née OUÉDRAOGO Thérèse ;
Décès survenu le 04 septembre 2026 à Ouagadougou.
En cette douloureuse circonstance, .elles vous prient de vous unir à elles dans la prière pour le repos de son âme .
Union de prière
– La famille de feu Diallo Jean-André au Canada et au Burkina Faso (Ouagadougou)
– La famille Ariste au Burkina Faso, France, Canada et Angleterre
– La famille Curnier en France
– Les enfants : Alain Yves ; Guy Roger et Nicole Louise
– Les petits enfants : Binta ; Jean Simon ; Julien Claude ; Johanne Andrée Dona et Jean Isaac Roger
– Les arrière-petits-enfants : Adé, Ina, Luce et Julia
Les familles alliées et amies
Ont le profond regret de vous annoncer le décès de leur mère, sœur, tante, belle-sœur, belle-mère, grand-mère et arrière-grand-mère :
Mme Diallo /Tall Jeanne
Enseignante, Conseillère pédagogique à la retraite
Décès survenu à Ouagadougou le 05/09/2026 dans sa 94ème année.
Le programme des obsèques sera communiqué ultérieurement.
Union de prières
Le Gouvernement a réduit de 60% le tarif subventionné de l'Imagerie par résonance magnétique (IRM) en avril 2024, le faisant passer de 100 000 à 40 000 francs CFA. Cette baisse vise à rendre cet examen spécialisé plus accessible aux patients, dont le coût pouvait constituer un frein à la prise en charge.
Le ministère de la Santé enregistre déjà 2 084 IRM réalisées au premier semestre 2026, 3 916 en 2025 et 295 IRM en 2024.
Derrière ces milliers d'examens, ce sont surtout des patients qui ont pu mieux comprendre leur maladie, confirmer un diagnostic et dans certains cas, engager plus rapidement le traitement adapté.
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Source : Ministère de la Santé
Le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Pr Adjima Thiombiano, a annoncé, ce lundi 7 septembre 2026 à Ouagadougou, la normalisation complète des années académiques dans les universités publiques à compter de la rentrée 2026-2027. Selon lui, 99,69 % des filières sont désormais normalisées, soit 320 filières sur 321.
Tout a commencé en 2008 et s'est accentué en 2010, lorsque les universités ont implémenté le système Licence-Master-Doctorat (LMD), selon le ministre Adjima Thiombiano. L'application de ce système, explique-t-il, a favorisé les retards et les chevauchements dans les universités, allant de trois à plus de 30 mois dans certaines filières.
Face à cette situation, les différents gouvernements qui se sont succédé ont développé des stratégies pour venir à bout de ce phénomène, sans succès. C'est ainsi que, sur instruction du président du Faso, souligne le ministre, des réformes ont été engagées à partir de 2023 pour mettre un terme à ce qui handicape les universités publiques depuis des années.
Le ministre en charge de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, Pr Adjima Thiombiano, a félicité les différents acteursCela a abouti à des échanges avec l'ensemble des acteurs, qui ont décidé de faire des sacrifices pour sauver les années universitaires en danger. La renonciation à certains droits, comme les vacances pour les enseignants et les étudiants, la construction d'infrastructures, la réorganisation du travail à partir de la plateforme Campus Faso ainsi que le recrutement de personnel (enseignants-chercheurs et chercheurs) ont été, selon le ministre, autant de stratégies gagnantes dans l'œuvre de normalisation.
Cette politique, engagée depuis 2023, a produit les résultats escomptés, s'est-il réjoui, ajoutant que la normalisation s'est faite de façon progressive. Au 1ᵉʳ octobre 2024, le taux de filières normalisées était de 81,31 %. Au 31 juillet 2025, il était de 86,29 %. Au 1ᵉʳ octobre 2025, confie-t-il, le taux est passé à 92,52 %, avant de grimper à 98,44 % au 31 juillet 2026. Au 31 août 2026, se réjouit-il, le taux a atteint 99,69 %.
Une seule filière, parmi les 321, manque à l'appel pour atteindre la normalisation complète, a-t-il précisé.
Il s'agit de la filière pharmacie de l'université Joseph Ki-Zerbo, dont les étudiants sont actuellement en stage en milieu rural. « Ils devraient boucler leur année académique le 21 septembre 2026. Donc à partir de cette date, nous serons à 100 % de filières normalisées », a confié le ministre, avant de déclarer : « Dès la rentrée 2026-2027, on aura donc une normalisation complète des années académiques et un strict respect du calendrier académique au niveau de toutes les filières et institutions d'enseignement. »
Des mesures de prévention
En annonçant la fin des retards et des chevauchements dans les universités publiques au Burkina Faso, le ministre a également dévoilé sa stratégie de prévention. Tout en comptant sur la bonne volonté de chaque acteur pour consolider cet acquis, il a indiqué que les réformes engagées par le gouvernement se poursuivront.
Le maintien du suivi, la construction de nouvelles infrastructures, la sensibilisation, la diversification de l'offre de formation et l'accompagnement à travers des mesures sociales figurent, entre autres, parmi les mesures annoncées.
Poursuivre dans la rigueur, tout en responsabilisant chaque acteur, constitue également l'une des mesures fortes annoncées par Pr Adjima Thiombiano.
La conférence de presse a mobilisé beaucoup personnesLe président du Faso, grand artisan de la normalisation
Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a été le grand artisan de la normalisation progressive des années académiques, selon le ministre Adjima Thiombiano. Au-delà du chef de l'État, les enseignants, les étudiants et d'autres acteurs du monde universitaire ont également œuvré à la régularisation des années académiques.
La presse à l'occasion de cette conférenceÀ l'occasion de cette conférence de presse, il a félicité ces différents acteurs pour leur don de soi et leur engagement au service de la patrie. Pour lui, ce pari n'était pas gagné d'avance. « Beaucoup de personnes n'y croyaient pas », a-t-il laissé entendre, avant de se féliciter : « Depuis plus de 15 ans, c'est la première fois que les acteurs des universités partent en vacances après avoir complètement achevé les activités de l'année académique en cours. »
Serge Ika Ki et Dominique Ouédraogo
Lefaso.net
Au Burkina, le mot « autopsie » suscite encore beaucoup de questions, voire des appréhensions, notamment lorsqu'il s'agit d'un décès brutal ou survenu dans des circonstances inhabituelles. Pourtant, l'autopsie médico-légale répond à un besoin d'éclairer la justice sur la cause et les circonstances d'un décès lorsqu'une intervention extérieure ne peut être écartée. Mais qui peut l'ordonner ? Une famille peut-elle s'y opposer ? L'autopsie permet-elle toujours de connaître la cause exacte de la mort ? Et que devient le rapport établi par le médecin légiste ? Médecin légiste et expert en réparation juridique du dommage corporel, le Dr Cheick Ahmed Dao apporte des éclaircissements sur cette pratique encore peu comprise ou connue au Burkina Faso.
Lefaso.net : Qu'est-ce qu'une autopsie exactement ? En quoi consiste-t-elle et quel est son objectif ?
Dr Cheick Ahmed Dao : De façon plus simple, nous pouvons dire que l'autopsie est un examen externe et interne (visualisation des viscères) du corps d'une personne après son décès. Des prélèvements de liquide (sang, urine...) et des fragments d'organe (cœur, poumons…) sont réalisés également pour des analyses. Selon le but, nous pouvons distinguer deux grands types d'autopsie. La première est l'autopsie médicale. Elle est réalisée lorsqu'on cherche à mieux comprendre une maladie ou les causes médicales d'un décès, notamment lorsque celles-ci ne sont pas suffisamment claires.
Elle a surtout un objectif médical et scientifique : mieux comprendre les maladies et améliorer les connaissances et les soins. La deuxième est l'autopsie médico-légale. Elle est exclusivement demandée par l'autorité judiciaire. Elle intervient lorsqu'un décès est suspect (c'est-à-dire qu'on ne peut écarter l'intervention d'une tierce personne). Elle permet dans ce contexte de rechercher la cause exacte du décès et les circonstances de survenue du décès.
Quelle différence faites-vous entre une mort naturelle, accidentelle et suspecte ?
Une mort naturelle est due à l'évolution d'une maladie ou à un processus pathologique ayant conduit au décès. C'est un décès où l'intervention d'une tierce personne n'est pas suspectée, on pourrait donc dire que c'est une mort qui n'est pas suspecte, comme un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. Une mort accidentelle est la résultante d'un fait traumatique extérieur. Elle fait partie des morts violentes, et d'office on ne peut éliminer l'intervention d'une tierce personne, ce qui la rend suspecte. À titre d'exemple, un accident de la circulation, ou une intoxication alimentaire accidentelle.
Enfin, une mort suspecte regroupe tous les décès où on ne peut éliminer l'intervention d'une tierce personne. Par opposition, c'est une mort qui n'est pas naturelle. Par exemple, la présence de lésions traumatiques à l'examen du corps, décès survenus dans certaines circonstances : prison, garde à vue, hôtel… ; caractère brusque du décès d'un sujet qui était en bonne santé apparente... Il faut donc retenir qu'un décès suspect n'est pas nécessairement un homicide (c'est-à-dire une tierce personne qui est à l'origine de son décès). Après les investigations et l'autopsie médico-légale, il peut s'avérer que c'est une mort naturelle.
Est-ce qu'une autopsie médico-légale est systématiquement pratiquée lorsqu'une personne meurt brutalement ?
Tout décès suspect, comme la mort brutale dont on ne peut écarter l'intervention d'une tierce personne, la rend suspecte, et est donc une indication pour une autopsie médico-légale.
« Une autopsie médico-légale n'est pas décidée librement par la famille ni par le médecin légiste lui-même. Elle intervient dans un cadre judiciaire », indique le Dr Cheick Ahmed Dao (image d'illustration)Qui décide qu'une autopsie médico-légale doit être réalisée et dans quelles circonstances peut-elle être ordonnée ?
Une autopsie médico-légale n'est pas décidée librement par la famille ni par le médecin légiste lui-même. Elle intervient dans un cadre judiciaire. Lorsqu'un décès paraît suspect, l'autorité judiciaire compétente, selon les besoins de l'enquête, peut ordonner une autopsie et demander au médecin légiste de la réaliser, et cela se fait par une réquisition à l'endroit du médecin légiste. Le médecin légiste intervient alors comme un auxiliaire de la justice. Il ne décide pas de la culpabilité de quelqu'un, son rôle est d'aider la justice à la manifestation de la vérité.
Peut-on déterminer la cause d'un décès simplement en examinant le corps ?
L'examen externe seul du corps est très limité pour connaître la cause exacte du décès. L'examen externe est complété par un examen interne du corps (ouverture du corps et examen minutieux des organes), complété des prélèvements à visée anatomopathologiques et toxicologiques). Il existe des cas où même la pratique de l'autopsie ne nous permet pas de dire la cause exacte du décès.
Concrètement, que recherche le médecin légiste lors d'une autopsie ?
Lors d'une autopsie, le médecin légiste cherche à aider la justice à la manifestation de la vérité. Pour cela, il doit répondre aux questions posées par l'autorité judiciaire dans la réquisition (répondre à la mission de la réquisition), et les questions peuvent différer selon les cas. Mais de façon générale nous pouvons dire que le légiste se prononcera si possible sur la cause exacte du décès et les circonstances de survenue du décès.
Une autopsie permet-elle toujours de déterminer avec certitude la cause et les circonstances d'un décès ?
Non ! Comme répondu plus haut, il existe des cas où l'autopsie n'a pas pu retrouver la cause exacte du décès. À défaut de retrouver la cause exacte du décès, l'autopsie peut fournir certains renseignements précieux qui pourraient aider les enquêteurs.
Est-ce coûteux en termes d'argent de faire recours à une autopsie médico-légale ?
L'autopsie médico-légale ordonnée par l'autorité judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une procédure judiciaire et les frais ne sont pas à la charge de la famille.
Comment le médecin légiste accompagne-t-il une famille qui redoute ou refuse l'idée d'une autopsie ?
Notons que si le médecin légiste reçoit une réquisition pour réaliser une autopsie dans le cadre d'une procédure judiciaire, il est tenu de la réaliser dans la limite du possible. L'accord de la famille n'est pas une condition requise pour la réalisation de l'autopsie. Par ailleurs le médecin légiste ne doit pas banaliser la douleur de la famille, il peut lui expliquer que cette autopsie est un canal par lequel l'autorité judiciaire pourrait avoir des informations nécessaires à la manifestation de la vérité et faire valoir le droit.
Une autopsie médico-légale peut-elle être réalisée même lorsque la famille s'y oppose ?
Oui. La décision revient à l'appareil judiciaire. Nous sommes dans une société où les pesanteurs socio culturelles ne sont pas favorables à la réalisation des autopsies, raison pour laquelle, malgré ce pouvoir de l'appareil judiciaire, il explique à la famille pour qu'elle comprenne le bien-fondé de l'autopsie. La famille est aussi mise au centre durant le déroulement du processus.
Que deviennent les conclusions de l'autopsie médico-légale, et qui peut y avoir accès ?
Lorsqu'il s'agit d'une autopsie médico-légale ordonnée par l'autorité judiciaire, le médecin légiste établit un rapport et le transmet uniquement à l'autorité judiciaire qui l'a requis ou ordonné. Il est tenu également au secret d'instruction. C'est à l'autorité judiciaire de communiquer les informations du rapport à la famille au besoin.
Interview réalisée par Farida Thiombiano
Lefaso.net
À 40 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Cent personnalités, cent parcours. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Balkiss Ouedraogo, ingénieure des travaux en réseaux et systèmes informatiques, fondatrice de Mousso Cyber Advisory, dont l'engagement consiste à rendre la cybersécurité accessible à celles et ceux qui n'y connaissent rien.
Le numérique burkinabè ne se construit pas seulement à travers des infrastructures ou des lois : il se construit aussi dans la capacité de chaque citoyen à s'en protéger. Face à la multiplication des arnaques en ligne, du piratage de comptes et du cyberharcèlement, il faut des passeurs capables de traduire des notions techniques en réflexes simples et accessibles à tous. Balkiss Ouedraogo, surnommée « Adja Digitale » par son entourage, en raison de son engagement pour un espace numérique sain, est de ceux-là.
Ingénieure de formation, consultante et formatrice en sensibilisation à la cybersécurité, elle accompagne aujourd'hui entreprises, organisations et communautés à comprendre les risques numériques et à adopter des pratiques sécurisées, avec une conviction forte : la cybersécurité est l'affaire de tous, pas seulement des techniciens.
Une ingénieure formée au terrain
Après un Baccalauréat série C obtenu en 2018 au Lycée Moderne 1 Bernard Zadi Zaourou de Soubré, en Côte d'Ivoire, Balkiss Ouedraogo intègre l'Institut Supérieur de Technologies (IST), campus de Gounghin, à Ouagadougou, où elle obtient en 2022 son diplôme d'ingénieure des travaux en réseaux et systèmes informatiques, avec mention bien.
Sa formation prend rapidement une orientation concrète : de août à novembre 2022, elle effectue un stage d'étude pratique sur l'implémentation de serveurs NAS au sein de la Brigade Centrale de Lutte contre la Cybercriminalité (BCLCC), où elle travaille sur l'étude des réseaux, l'élaboration de l'architecture de la structure et le montage d'un serveur de stockage de sauvegarde. Une première immersion, aux avant-postes de la lutte contre la cybercriminalité, qui orientera durablement son parcours professionnel.
De la communication d'entreprise à la vulgarisation de la cybersécurité
En 2024, elle rejoint Orange Burkina Faso comme prestataire assistante communication interne et communication digitale, où elle contribue aux campagnes de sensibilisation interne sur les risques numériques et la fraude, et appuie la communication digitale interne.
C'est cependant en dehors du salariat classique qu'elle construit l'essentiel de son engagement. Depuis 2023, elle se positionne comme évangéliste en cybersécurité, créant des contenus éducatifs pour les réseaux sociaux, les webinaires et les interventions publiques, destinés à vulgariser les concepts de sécurité numérique pour le grand public. Son fort investissement dans l'animation de webinaires de sensibilisation lui vaut d'ailleurs, parmi ses pairs chercheurs, le surnom affectueux de « madame webinaire ».
Cet engagement s'appuie aussi sur un travail de recherche : formée à la recherche-action participative par le Gorée Institute, en partenariat avec Save the Children au Sénégal, elle a mené une étude sur l'utilisation des réseaux sociaux par les jeunes de Ouagadougou et de Gourcy, dont elle a rédigé un document de plaidoyer avec des recommandations.
La création de Mousso Cyber Advisory
Convaincue que la cybersécurité doit être pensée pour des publics non techniques, Balkiss Ouedraogo fonde en 2026 Mousso Cyber Advisory, une agence de cybersécurité humaine avec une expérience terrain depuis 2023. Elle y conçoit et anime des sessions de sensibilisation pour entreprises, ONG et particuliers, élabore des supports pédagogiques accessibles et contextualisés, organise des campagnes sur la protection des données et l'hygiène numérique, et accompagne les organisations dans la mise en place de bonnes pratiques de sécurité.
Cette entreprise répond à une ambition qu'elle affichait déjà publiquement : créer un cadre dédié à la sensibilisation à la cybersécurité, avec le souci particulier de combler le déficit de présence des femmes dans ce domaine et d'ouvrir la voie à une nouvelle génération d'expertes burkinabè.
Une professionnalisation continue et une forte présence internationale
Pour asseoir son expertise, elle multiplie les formations et certifications : Certiprof Cybersecurity Awareness, certificat de l'Université de Montréal sur la cybersécurité centrée sur l'humain, formation intensive dans le cadre du programme Tec4peace, formation certifiante en sécurité numérique par Code for Africa, ou encore un parcours de niveau Master 1 en cybersécurité suivi à l'ESI. Lire la suite
Longtemps considérés comme des spécialités venues d'ailleurs, le placali, le donkounou, le foutou et l'attieké trouvent désormais une place dans les habitudes alimentaires de nombreux Burkinabè. Dans les restaurants qui les proposent à Ouagadougou, la demande semble bien réelle, même si la clientèle reste composée à la fois de Burkinabè, de ressortissants des pays d'origine de ces mets et de curieux. Entre découverte, habitudes et bouche-à-oreille, ces plats étrangers gagnent progressivement du terrain dans les assiettes.
À Ouagadougou, il suffit parfois de pousser la porte de certains restaurants pour constater l'évolution des habitudes alimentaires. Sur les menus, aux côtés des plats traditionnellement consommés au Burkina Faso, figurent désormais des mets venus d'autres pays de la sous-région. Le placali, préparé à partir de manioc fermenté, le donkounou, un mets traditionnel à base de maïs fermenté, le foutou, obtenu à partir de tubercules manioc ou igname ou de bananes plantains bouillis puis pilés jusqu'à l'obtention d'une pâte dense, ainsi que l'attieké, à base de manioc, sont désormais proposés dans plusieurs points de restauration.
Ces plats, dont certains étaient autrefois principalement consommés par les ressortissants des pays où ils sont traditionnellement préparés, séduisent aujourd'hui une clientèle plus diverse. Des Burkinabè les découvrent par curiosité, les goûtent sur recommandation ou les adoptent tout simplement parce qu'ils apprécient leur saveur.
Dans certains restaurants, la demande semble même dépasser les attentes des restaurateurs. Chez Alimata Monique Yao, promotrice du restaurant Placali Bôyôfê, le placali, plat ivoirien, occupe une place centrale. Ivoiro-burkinabè et installée au Burkina Faso depuis plus de dix ans, elle exerce dans la restauration depuis 2023.
Son établissement propose principalement deux mets : le foutou et le placali. Mais entre les deux, le choix des clients semble clairement se porter sur le second. « Le placali, il est beaucoup consommé. Et franchement, on a une clientèle qui adore vraiment ce plat », témoigne-t-elle.
Son aventure dans la restauration commence en 2023 à Kalgondin. Elle évolue ensuite vers Karpala, puis la ZAD, avant de s'installer à Koulouba, où elle poursuit actuellement son activité. Depuis ses débuts, le placali accompagne son parcours entrepreneurial. Une particularité qui, selon elle, a contribué à fidéliser sa clientèle. « Nous avons débuté avec la vente de placali. Et nos clients se sont habitués à ça », explique-t-elle.
Cette habitude se traduit aujourd'hui par une demande importante. La promotrice affirme préparer quotidiennement six marmites de 50 kg de placali. Une production qu'elle dit parvenir à écouler en seulement trois heures.
Mais même cette quantité ne suffit pas toujours à répondre aux attentes des consommateurs.
« Malgré les six marmites de 50 kg par jour, je n'arrive pas à satisfaire la demande de la clientèle parce qu'il y en a qui appellent même à 21 h pour commander », raconte-t-elle. Une situation qui illustre, selon elle, l'engouement suscité par le plat.
Pour Alimata Monique Yao, le placali a progressivement dépassé le cercle des consommateurs qui le connaissaient déjà. Elle constate une présence importante de Burkinabè parmi sa clientèle. « Le placali aujourd'hui fait partie du régime alimentaire des Burkinabè », affirme-t-elle.
La promotrice évoque même des consommateurs qui ont intégré le plat à leur routine alimentaire au point de ne pas pouvoir passer une semaine sans en manger. « Certaines personnes n'arrivent pas à faire une semaine sans manger le placali. Les gens l'adorent », ajoute-t-elle.
Une popularité qui encourage la restauratrice à voir plus grand. Elle envisage prochainement d'introduire d'autres spécialités dans son établissement et de proposer un catalogue plus large de menus ivoiriens. Son ambition est ainsi de répondre à une clientèle qui semble de plus en plus intéressée par la découverte de ces différentes saveurs. Le succès de ces plats ne se limite toutefois pas au placali. Dans le secteur de la restauration, le donkounou semble également tirer son épingle du jeu.
Halimatou Nombré, promotrice du restaurant en ligne Alway'S Food, propose plusieurs mets, notamment le donkounou, l'attieké, le placali, les sauces arachides et les sauces graines. Pourtant, elle n'a pas commencé par le donkounou, très populaire au Togo, au Bénin et au Ghana. « J'ai commencé avec le placali. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que les gens aiment plus le donkounou », explique-t-elle.
Halimatou Nombré, promotrice du restaurant en ligne Alway'S Food, observe une forte demande pour le donkounou.Face à cet intérêt grandissant, elle décide de se former pour mieux maîtriser la préparation du plat. Aujourd'hui, le donkounou occupe la première place dans ses ventes, suivi du placali puis des sauces graines. Une préférence qui montre que les consommateurs ne se contentent pas nécessairement de découvrir un seul mets. Une fois qu'ils franchissent le pas de la découverte, ils peuvent être amenés à explorer d'autres spécialités.
Le parcours de Ferdinand Ouédraogo, consommateur de donkounou, illustre cette transformation. Il découvre le donkounou en 2008, alors qu'il est en classe de 6ᵉ. À cette époque, il s'agissait pour lui d'une simple découverte faite avec des camarades de classe. « J'ai découvert le donkounou en 2008. J'étais en classe de 6ᵉ, je partais manger avec les filles de la classe », raconte-t-il.
Ce qui commence comme une expérience gustative va progressivement devenir une habitude. Aujourd'hui, sa fréquence de consommation dépend notamment de la disponibilité de la tomate, un ingrédient important dans la préparation de la sauce qui accompagne le donkounou.
Lorsque la tomate est disponible en grande quantité, il peut en consommer plusieurs fois dans la semaine. « Quand nous sommes en grande période de la tomate, je peux en manger quatre à cinq fois dans la semaine. Mais dans le cas contraire, c'est une fois en passant », explique-t-il. Si le donkounou a réussi à s'installer dans ses habitudes, c'est notamment grâce à son goût particulier. Ferdinand Ouédraogo apprécie particulièrement le caractère aigre de la sauce et du tô. « C'est l'aigreur de la sauce et du tô qui me plaît le plus dans le donkounou parce que j'aime tout ce qui est aigre », confie-t-il. Une préférence gustative qui a transformé une simple curiosité en véritable attachement. « J'ai essayé le donkounou pour découvrir d'autres plats et j'ai fini par adorer », poursuit-il.
Son témoignage montre ainsi comment un plat initialement découvert comme une nouveauté peut progressivement devenir une composante des habitudes alimentaires d'un consommateur. Pour lui, le donkounou a d'ailleurs déjà franchi cette étape. « Je pense que le donkounou fait déjà partie des habitudes alimentaires des Burkinabè parce que la plupart des restaurants en font », estime-t-il.
Le placali figure parmi les spécialités ivoiriennes qui séduisent de plus en plus de consommateurs au Burkina Faso.Mais si certains consommateurs ont adopté ces plats, tous ne les découvrent pas pour les mêmes raisons. Dans son activité, Halimatou Nombré observe plusieurs profils de clients. Certains connaissent déjà les plats parce qu'ils les ont consommés dans leur pays d'origine ou dans leur entourage. D'autres viennent simplement par curiosité. « Il y a des gens, c'est par curiosité qu'ils viennent. D'autres parce qu'ils sont de la diaspora », explique-t-elle.
À cela s'ajoutent ceux qui viennent après avoir reçu une recommandation. « Certains, c'est parce qu'on leur a dit que c'était bien et puis ils ont acheté pour apprécier », ajoute-t-elle. La découverte peut donc suivre plusieurs chemins. La curiosité, les liens familiaux ou communautaires, le bouche-à-oreille ou encore l'envie de goûter quelque chose de différent.
Et une fois le plat découvert, certains consommateurs reviennent. C'est notamment le cas de Ferdinand Ouédraogo, qui, depuis sa première expérience en 2008, continue de consommer régulièrement du donkounou.
Pour Halimatou Nombré, c'est l'envie de découvrir ce qui est nouveau qui attire les gens vers ces plats car les gens apprécient ce qu'ils ne connaissent pas. Elle estime que les consommateurs cherchent à goûter à autre chose afin de comparer les saveurs et les modes de préparation.
Chez Christine Tapsoba, restauratrice, l'analyse est quelque peu différente. Elle propose notamment du placali, du foutou sauce graines et de l'attieké au poisson fumé, appelé APF. Après deux années d'activité, elle constate que, dans son établissement, le foutou (Côte d'Ivoire, Ghana) et l'attieké se vendent davantage que le placali. « Le foutou et l'attieké se vendent plus que le placali », explique-t-elle.
Elle observe également une clientèle différente de celle décrite par Alimata Monique Yao. Dans son restaurant, les ressortissants des pays d'origine de ces spécialités sont plus nombreux que les Burkinabè.
Cette différence montre que l'engouement pour les plats étrangers ne se manifeste pas de la même manière dans tous les restaurants.
Si le placali domine largement les ventes chez Alimata Monique Yao et que le donkounou arrive en tête chez Halimatou Nombré, Christine Tapsoba constate pour sa part une préférence pour le foutou et l'attieké. Les habitudes des consommateurs semblent donc dépendre de plusieurs facteurs. Le plat proposé, le type d'accompagnement, le profil de la clientèle ou encore l'histoire du restaurant.
Pour Christine Tapsoba, l'un des principaux éléments d'attraction réside dans les accompagnements. « Selon moi, c'est la viande et le poisson qui attirent les clients vers ces plats », estime-t-elle. Mais la restauratrice reconnaît elle aussi une évolution. Même si les ressortissants des pays concernés restent nombreux dans sa clientèle, elle estime que les Burkinabè s'intéressent de plus en plus à ces spécialités. « Je pense que ces plats occupent de plus en plus de place dans le cœur des Burkinabè, parce que c'est, en d'autres termes, une découverte pour eux », affirme-t-elle.
Les témoignages recueillis font apparaître un constat assez simple. La découverte peut être le premier pas vers l'adoption. Un consommateur peut goûter un plat parce qu'un ami le lui recommande, parce qu'il est curieux ou parce qu'il souhaite découvrir une cuisine différente. S'il apprécie l'expérience, il peut ensuite revenir, puis intégrer progressivement le plat à ses habitudes.
Le parcours de Ferdinand Ouédraogo en est une illustration. Le donkounou, qu'il a découvert sur les bancs du collège en 2008, fait aujourd'hui partie des plats qu'il consomme régulièrement. Chez Alimata Monique Yao, cette fidélisation semble encore plus visible. La promotrice explique que certains clients sont devenus tellement habitués au placali qu'ils le réclament régulièrement, parfois jusque tard dans la soirée.
La restauration joue ainsi un rôle important dans cette diffusion. En proposant régulièrement ces mets, les restaurants permettent à de nouveaux consommateurs de les découvrir sans nécessairement avoir besoin de voyager ou d'avoir un lien direct avec leur pays d'origine.
Au-delà de la simple question du goût, l'essor de ces plats témoigne aussi du brassage culturel qui existe entre les pays de la sous-région.
Anita Mireille Zongo
Lefaso.net