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Updated: 1 day 14 hours ago

Mauritanie : 17 personnes, dont un cadre du groupe jihadiste Ansar Dine, arrêtées pour trafic d'armes près de la frontière malienne

Thu, 10/09/2026 - 00:19

Les autorités mauritaniennes ont arrêté, vendredi, 4 septembre 2026, 17 personnes et récupéré deux véhicules qui contenaient des armes à Bassiknou, à la frontalière avec le Mali, selon le site francophone en Mauritanie, cridem. Parmi les personnes interceptées, figure, dit-on, un cadre du groupe jihadiste Ansar Dine, aujourd'hui intégré au Jnim.

L'ensemble des suspects a été transféré à Néma (ville au sud-est de la Mauritanie) pour y être interrogé dans le cadre de l'enquête en cours, révèle le site d'information. « Parmi les personnes arrêtées à Bassiknou, en Mauritanie, figure une personnalité connue sous son nom de guerre : Sanda Ould Bouamama, ancien porte-parole du groupe jihadiste Ansar Dine, aujourd'hui intégré au Jnim, lié à al-Qaïda. Son vrai nom est Sidi Mohamed Ould Mohamed Ould Bouamama. C'est une figure liée à la crise malienne de 2012-2013. Il était alors le porte-parole du groupe islamiste Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly dans le nord du Mali », renseigne cridem.

Selon la publication, Sanda Ould Bouamama s'était rendu aux autorités mauritaniennes au printemps 2013 pour échapper à la justice malienne, qui avait émis un mandat d'arrêt international contre lui pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre, génocide, meurtre et terrorisme.

« La Mauritanie l'avait finalement libéré en 2015. Une décision qui avait suscité l'indignation de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme. Les forces de sécurité ont également saisi deux véhicules de type pick-up qui transportaient des armes et des munitions », détaille le site.

Les enquêteurs cherchent à déterminer la quantité exacte d'armes saisies, leur destination finale et les éventuelles ramifications du réseau, à en croire le média, mentionnant que les autorités mauritaniennes n'ont, pour le moment, pas communiqué officiellement sur cette affaire.

Lefaso.net
Source : press.cridem.org

Categories: Afrique

HACKATHON NATIONAL D'INNOVATION CIF-DigiCoop-WA+ 2026 : L'équipe DANNAYA remporte la première édition nationale au Burkina Faso

Thu, 10/09/2026 - 00:16

La Confédération des Institutions Financières d'Afrique de l'Ouest (CIF) a clôturé la première édition nationale 2026 du Hackathon d'Innovation CIF-DigiCoop-WA+. Pendant 72 heures, neuf (09) équipes finalistes comprenant 38 jeunes talents, retenues parmi 65 équipes candidates, ont conçu des solutions numériques pour répondre à deux défis prioritaires des institutions membres de la CIF : la conformité LBC/FT/FP et l'automatisation du scoring microcrédit.

Au terme des délibérations du jury, l'équipe DANNAYA a été sacrée Grand Lauréat national pour sa solution KotoScore : une subvention de 1 500 000 FCFA et une qualification pour le Hackathon Régional CIF à Ouagadougou en fin octobre 2026. Les deuxième et troisième prix, de 750 000 et 500 000 FCFA, reviennent respectivement aux équipes DATAMASTERS et WEBSTORMERS.

« Le numérique n'est ni un luxe ni une tendance passagère […] La CIF fait le pari du talent et de l'innovation pour construire les solutions de demain », a déclaré Dr Mathieu Soglonou, Directeur général de la CIF.
Le Burkina Faso ouvre ainsi le cycle 2026 du hackathon DigiCoop-WA+ mis en œuvre par la CIF avec l'appui de la Coopération suisse (DDC) dans cinq pays. Il se poursuivra au Sénégal, au Togo, au Bénin puis au Mali avant la finale régionale d'octobre 2026 à Ouagadougou.

À propos de la CIF : institution faîtière régionale de la microfinance, la CIF regroupe six réseaux coopératifs membres dans cinq pays de l'UEMOA, au service de 5,7 millions de membres.
Contact presse : Adjara Zalla, Chargée de capitalisation CIF Tél. : 71 75 63 55 E-mail : aouattara@cif-ao.org www.cif-ao.org

Categories: Afrique

Journée de l'excellence scolaire 2026 : Moov Africa-ONATEL encourage dix lauréats et leur ouvre ses coulisses technologiques

Thu, 10/09/2026 - 00:00

Après avoir été célébrés par la Nation, les lauréats de la Journée de l'excellence scolaire (JES) 2026 découvrent les coulisses technologiques de Moov Africa-ONATEL, le vendredi 4 septembre, à Ouagadougou. Une immersion destinée à rapprocher l'excellence académique des métiers qui façonnent le Burkina Faso numérique de demain. À cette occasion, le directeur général de Moov Africa-ONATEL, Mohamed Karim, a procédé à la remise de plusieurs matériels numériques de pointe et des bourses d'études avec l'ambition de les encourager à poursuivre leurs efforts et à cultiver durablement le goût de la réussite.

Après leur distinction sous le patronage du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, les champions du savoir sont accueillis au siège de Moov Africa-ONATEL. Dans les locaux de l'opérateur historique des télécommunications, les cahiers et les salles de classe cèdent la place aux équipements techniques, aux écrans de supervision et aux infrastructures de télécoms. Les lauréats de la Journée de l'excellence scolaire 2026 découvrent ainsi un univers souvent invisible pour le grand public, mais essentiel au fonctionnement des communications du pays.

Cette visite-immersion leur permet de découvrir plusieurs centres technologiques de l'entreprise, notamment le Centre environnement technique, le Centre national de supervision des réseaux, le Centre de transmission de Ouagadougou, le Centre Fasonet et le Centre de maintenance radio.

Les lauréats de la JES 2026 visitent les centres technologiques de Moov Africa-ONATEL

L'initiative dépasse la simple visite d'entreprise. Pour le directeur général de Moov Africa-ONATEL, Mohamed Karim, elle vise à établir une passerelle vivante et concrète entre les connaissances acquises à l'école et leur application dans les grandes infrastructures de télécommunications. En découvrant le travail des ingénieurs et des techniciens, les élèves peuvent ainsi entrevoir les métiers qui se cachent derrière les services numériques qu'ils utilisent quotidiennement. Ingénierie, cybersécurité, science des données ou encore développement logiciel. Autant de domaines que le directeur général présente comme des piliers du monde professionnel à venir.

Cette immersion intervient dans un contexte où la technologie occupe une place croissante dans la transformation économique et sociale. L'intelligence artificielle, la digitalisation et l'innovation redessinent les métiers et imposent de nouvelles compétences. Pour Moov Africa-ONATEL, l'excellence scolaire constitue dès lors un vivier de talents susceptible d'accompagner cette mutation.

« L'excellence que vous incarnez aujourd'hui à l'école est le carburant de l'innovation de demain », Mohamed Karim, directeur général de Moov Africa-ONATEL

Former les talents pour renforcer la souveraineté numérique

Au-delà de la découverte des infrastructures, le message adressé aux jeunes est également celui de l'engagement au service du pays. Le dirigeant de Moov Africa-ONATEL les encourage à poursuivre leurs études, à maîtriser les technologies les plus avancées et à développer leurs compétences. Cependant, il les invite surtout à mettre ces acquis au service du Burkina Faso.
L'objectif affiché est de voir émerger une nouvelle génération capable de concevoir les solutions numériques dont le pays aura besoin dans des secteurs aussi stratégiques que l'agriculture, la santé, l'éducation ou la sécurité.

« J'ai un sentiment de joie, de fierté et de reconnaissance envers Moov Africa-ONATEL pour avoir décidé d'encourager les lauréats de JES 2026 en général et ceux en situation de handicap en particulier », Hamed Traoré, bachelier en situation de handicap visuel

Le directeur général a invité les lauréats à revenir servir leur nation après leur parcours académique. Pour l'opérateur, cette ambition rejoint celle de l'État burkinabè autour de la souveraineté numérique. En exposant les jeunes aux infrastructures qui assurent la continuité des communications nationales, l'entreprise entend également leur permettre de mesurer les enjeux techniques et stratégiques liés à la maîtrise des technologies.
Moov Africa-ONATEL a également salué ceux qui accompagnent les élèves sur le chemin de la réussite. « Derrière chaque grand lauréat, derrière chaque génie qui s'éveille, il y a la main bienveillante, la rigueur et la marque d'un enseignant dévoué », a souligné son premier responsable. Pour l'entreprise, récompenser les éducateurs revient à reconnaître leur rôle dans la formation des compétences dont le Burkina Faso aura besoin demain.

« Je remercie Moov Africa-ONATEL pour cette marque de considération à notre égard. Nous promettons de maintenir le cap », Edmond Bama, enseignant lauréat de la JES 2026

Cette reconnaissance s'inscrit dans la vision RSE de l'opérateur, qui place le développement humain, l'accompagnement de la jeunesse et l'excellence académique parmi ses axes d'intervention, notamment à travers le programme Moov Holidays.

Dix lauréats accompagnés au-delà des distinctions

Ce sont au total dix récipiendaires de la JES 2026 qui ont été honorés par Moov Africa-ONATEL. L'entreprise a récompensé trois super lauréats du CEP, du BEPC et du baccalauréat, deux meilleurs enseignants, l'un du primaire et l'autre du secondaire, ainsi que cinq élèves en situation de handicap ou issus de zones à forts défis sécuritaires. Les trois super lauréats ont reçu chacun un ordinateur portable de haute performance, une Box Wi-Fi 4G+ avec 100 Go de connexion Internet par mois pendant 12 mois, ainsi qu'une bourse d'études de 500 000 francs CFA transférés via Moov Money.

Les responsables de Moov Africa-ONATEL, les représentants du ministère en charge de l'Enseignement de base et les lauréats de la JES 2026 ont immortalisé ces instants

Les deux enseignants bénéficient également chacun d'un ordinateur portable de haute performance, d'une Box Wi-Fi 4G+ avec 100 Go mensuels pendant un an et d'une dotation de 500 000 francs CFA sur leurs différents comptes Moov Money. Les cinq autres élèves bénéficient, pour leur part, d'une bourse d'études d'encouragement de 200 000 francs CFA chacun. À travers ces dotations, l'opérateur veut transformer la récompense en véritable outil d'accompagnement. L'ordinateur devient un instrument de travail, la connexion un accès permanent aux ressources numériques et la bourse un soutien aux parcours scolaires et académiques.

Dans cette démarche, Moov Africa-ONATEL ne présente donc pas l'excellence scolaire comme une simple performance individuelle. L'entreprise la considère comme une ressource pour le développement du pays. Aux jeunes lauréats, le directeur général les a exhortés à continuer de rêver grand, d'innover et à rester les ambassadeurs de l'excellence où qu'ils soient.

Les participants à la cérémonie officielle de remise des lots aux lauréats JES 2026 offerts par Moov Africa-ONATEL

Pour rappel, Moov Africa-ONATEL est l'opérateur global de télécommunications leader au Burkina Faso. Coté au premier compartiment de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), il propose une gamme complète de solutions dans les domaines du fixe, du mobile, de l'Internet et des services financiers mobiles à travers Moov Money. Pionnier dans le déploiement de la fibre optique, l'opérateur connecte aujourd'hui plus de 35 localités et accompagne au quotidien plus de 12 millions de clients. Son engagement s'étend également aux secteurs de l'éducation, de la santé, du sport et de la culture, ainsi qu'à l'autonomisation des jeunes et des femmes.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Comment protéger votre vie privée face au traçage massif sur Internet ?

Wed, 09/09/2026 - 23:55

Combien de fois vous est-il arrivé de parler à voix haute d'un voyage, d'une voiture ou d'une nouvelle paire de baskets et, soudainement, votre téléphone commence à vous bombarder de publicités identiques sur chaque réseau social ? Il est particulièrement inquiétant d'avoir le sentiment d'être surveillé 24 heures sur 24. Nous vivons entourés de traceurs invisibles, de cookies commerciaux et d'algorithmes conçus exclusivement pour cartographier chacun de nos faits et gestes en ligne. Si vous en avez assez que votre vie privée numérique vaille moins qu'un simple clic, il est temps de faire face à cette invasion.

La surveillance permanente qui vit dans votre poche

Nous nous sommes tellement habitués à l'hyperconnexion que nous avons échangé notre intimité contre davantage de confort. Chaque fois que vous ouvrez une page web, des dizaines de scripts cachés se mettent à fonctionner en arrière-plan.

Ils ne se contentent pas d'enregistrer ce que vous recherchez, mais également le temps que vous passez à regarder une image, l'appareil que vous utilisez et l'emplacement exact depuis lequel vous vous connectez. Le profil numérique qu'ils créent à votre sujet est ensuite vendu et revendu sur des marchés de données, sans que vous ayez réellement donné votre consentement. L'utilisation d'un serveur vpn constitue une option.

Pourquoi les publicités savent-elles ce que vous voulez avant même vous ?

La publicité actuelle n'est plus le fruit du hasard ; elle repose sur une science des données extrêmement sophistiquée. Les géants de la technologie croisent vos historiques de navigation, vos achats récents et vos interactions sociales afin de construire une copie numérique de votre profil.
Cette copie prédit vos intentions d'achat avec une précision inquiétante. Ce qui ressemble à une recommandation magique correspondant à vos goûts est en réalité le résultat d'un traçage massif qui porte constamment atteinte à votre espace personnel sur Internet.

Le rôle de votre fournisseur d'accès à Internet

Nous avons tendance à penser que ce que nous faisons chez nous via notre réseau Wi-Fi est totalement privé et protégé. Pourtant, votre fournisseur d'accès à Internet occupe une place privilégiée dans l'ensemble de votre trafic web.

Chaque page que vous consultez, chaque vidéo que vous regardez et chaque fichier que vous téléchargez est enregistré sur ses serveurs. Dans de nombreux pays, ces informations sont légalement conservées pendant plusieurs mois, vous laissant totalement exposé à d'éventuelles fuites de données ou à des audits commerciaux intrusifs.

Comment reprendre le contrôle de votre empreinte numérique ?

Heureusement, tout n'est pas perdu et nous ne sommes pas obligés de vivre sous cette surveillance permanente. Il existe des outils très simples qui redonnent le pouvoir aux utilisateurs et mettent des barrières efficaces face aux regards indiscrets du web.

Des navigateurs axés sur la confidentialité aux bloqueurs avancés de traceurs, de petits ajustements techniques peuvent faire une différence considérable. Il s'agit de mettre des limites dans l'univers numérique afin que naviguer sur Internet redevienne une expérience sûre et libre.

Le pouvoir de dire adieu aux cookies intrusifs

Avez-vous remarqué à quel point les bannières de cookies que nous acceptons automatiquement par simple lassitude peuvent être agaçantes ? La grande majorité d'entre elles ne se contentent pas d'enregistrer vos préférences, elles installent également des traceurs persistants.
Apprendre à refuser systématiquement les cookies tiers et utiliser des extensions capables de nettoyer automatiquement votre navigateur permet d'assainir votre espace numérique. C'est une simple mesure d'hygiène qui réduit considérablement le volume de publicités personnalisées qui vous suivent partout.

La fausse sécurité du mode navigation privée

Il existe un mythe très répandu selon lequel le mode navigation privée ou incognito des navigateurs actuels offrirait une protection totale. Il convient de préciser une fois pour toutes que cette fonction sert uniquement à empêcher l'enregistrement de traces locales sur votre propre ordinateur.
Vos recherches, vos téléchargements et votre adresse IP restent visibles aussi bien pour les sites web que vous consultez que pour le routeur de votre domicile. Ce n'est pas une véritable solution de confidentialité face au traçage massif, mais simplement un moyen de nettoyer votre historique local.
Cyberhygiène : de petites habitudes quotidiennes qui font la différence
Protéger votre vie privée ne nécessite pas d'être un expert en cybersécurité ni d'installer un bunker informatique chez soi.

Il s'agit d'adopter des habitudes intelligentes qui compliquent le travail des collecteurs massifs de données. Utiliser des moteurs de recherche qui ne suivent pas vos requêtes, modifier régulièrement vos mots de passe et vérifier les autorisations accordées aux applications mobiles sont des actions essentielles. Chaque petite barrière que vous mettez en place est un pas de plus pour réduire votre vulnérabilité.

La valeur de votre intimité en ligne

On nous a fait croire que si nous n'avons rien à cacher, nous n'avons rien à craindre, mais la vie privée est un droit fondamental et non un privilège superflu. Vos informations personnelles possèdent une immense valeur économique que les grandes entreprises technologiques exploitent sans limite chaque seconde. Décider qui peut accéder à vos données et qui ne le peut pas est une forme légitime de protection personnelle au XXIe siècle. Il ne s'agit pas de vivre dans la peur, mais de naviguer avec la tranquillité d'esprit de savoir que votre vie privée vous appartient exclusivement.

Categories: Afrique

Burkina/Protection civile : Deux corps sans vie repêchés à Niangoloko et un incendie vite maîtrisé à Dori (BNSP)

Wed, 09/09/2026 - 23:52

La cinquième Compagnie d'incendie et de Secours (CIS5) de la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers (BNSP), implantée à Banfora (ouest du pays), est intervenue à l'entrée de la ville de Niangoloko, le mardi 8 septembre 2026, pour une opération de recherche et de repêchage de personnes noyées, alors qu'elles tentaient de traverser un fort courant d'eau. Dans la même journée, les soldats du feu ont maîtrisé un incendie à l'entrée de la ville de Dori.

« À leur arrivée sur les lieux, les équipes de secours ont procédé aux opérations de recherche et de repêchage des victimes. Le bilan de l'intervention fait état de deux corps sans vie repêchés », rend compte la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers Burkina Faso à travers sa page Facebook.

Selon l'Agence d'Information du Burkina (AIB), qui ajoute des témoignages recueillis sur place, les deux victimes sont âgées de 14 et 17 ans et issues d'une même famille. « Les deux frères étaient en train de pêcher, lorsque le plus jeune est accidentellement tombé dans l'eau. En tentant de lui porter secours, son grand-frère s'est à son tour retrouvé en difficulté. Malgré ses efforts, il n'a pas pu sauver son cadet, et les deux adolescents ont péri par noyade. (…). Après les constatations d'usage effectuées par le commissariat de police de district (CPD) de Niangoloko, les dépouilles ont été remises à la famille pour inhumation », retrace l'Agence de presse de l'Etat.

Face aux risques liés aux étendues d'eau, notamment en cette période de fortes précipitations, la Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers invite les populations à faire preuve de la plus grande prudence et à éviter toute tentative de traversée d'un courant d'eau lorsque les conditions présentent un danger. Un appel qui rejoint les consignes de sécurité recommandées en début de saison par le ministère de l'Administration territoriale et de la Mobilité (voir au bas de l'article).

Dans la même journée du 8 septembre, la douzième Compagnie d'incendie et de Secours (CIS12), basée à Dori (dans le Sahel), est intervenue sur la RN3 (Dori-Ouagadougou), à proximité du péage, pour un feu de camion-remorque transportant des produits vivriers. « Grâce à la promptitude et au professionnalisme des équipes engagées, l'incendie a été rapidement maîtrisé, évitant ainsi sa propagation aux alentours. Aucune perte en vie humaine n'a été enregistrée. Toutefois, d'importants dégâts matériels sont à déplorer », lit-on également sur la page de la BNSP.

La Brigade nationale de Sapeurs-Pompiers invite les usagers à la prudence, au strict respect du Code de la route et à veiller à la régularité de la visite technique de leurs véhicules.

Lefaso.net

Les consignes de sécurité recommandées en cette période de pluies :

– ne jamais traverser un cours d'eau, un marigot, un radier ou une zone inondée lorsque le niveau d'eau est élevé ou que le courant est fort ;

– éviter toute baignade dans les retenues d'eau, barrages, rivières et zones inondées ;

– surveiller étroitement les enfants et les empêcher de jouer à proximité des points d'eau ;

– limiter les déplacements pendant les fortes pluies et privilégier les itinéraires sécurisés ;

– s'abstenir de conduire ou de circuler dans les zones submergées par les eaux ;

– se tenir informé des alertes météorologiques et des consignes des autorités administratives et de secours ;

– signaler immédiatement toute situation de danger ou toute personne en difficulté, aux services de secours.

Aussi, en cas d'inondation, il est conseillé de :

– rejoindre rapidement un endroit sûr et en hauteur ;

– couper l'électricité, si cela peut être sans danger ;

– évacuer les lieux dès les premières alertes ;

– ne pas tenter de récupérer des biens au risque de mettre sa vie en danger ;

– porter assistance aux personnes vulnérables (enfants, personnes âgées et à mobilité réduite), sans s'exposer soi-même

Categories: Afrique

In memoriam : Jean Zotanaba Ouédraogo

Wed, 09/09/2026 - 22:30

10 septembre 2020 – 10 septembre 2026

Voici déjà 6 ans qu'il a plu au Seigneur de rappeler à Lui son serviteur, Jean Zotanaba Ouédraogo.

En ce jour anniversaire, nous rendons grâce à Dieu pour la vie qu'Il lui a donnée, pour les moments partagés et pour tout l'amour qu'il a semé autour de lui.

À vous tous qui l'avez connu, aimé et apprécié, nous vous invitons à avoir une pensée pieuse pour lui et à prier pour le repos de son âme.

Que le Seigneur, dans sa miséricorde, l'accueille auprès de Lui et console tous ceux qui continuent de porter son souvenir dans leur cœur.

Repose en paix, Papa. Tu demeures à jamais dans nos cœurs.

Categories: Afrique

Industrie textile : TEXFORCES-BF, le pari burkinabè de la transformation locale du coton

Wed, 09/09/2026 - 14:05

Le président du Faso, chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé ce mercredi 9 septembre 2026, à l'inauguration officielle du complexe industriel de Textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), à Logofourousso, village rattaché à la commune de Bobo-Dioulasso. Présentée comme une infrastructure stratégique et unique en Afrique de l'Ouest, l'usine ambitionne de renforcer la production textile nationale et de contribuer à l'autonomie du Burkina Faso en matière d'habillement militaire et civil.

Le secteur industriel burkinabè franchit une nouvelle étape avec la mise en service de TEXFORCES-BF. Implanté à Logofourousso, dans la commune de Bobo-Dioulasso, sur une superficie de 30 hectares, ce complexe industriel est destiné à produire des effets d'habillements pour les Forces de défense et de sécurité (FDS), mais également pour les populations civiles.

L'inauguration officielle de l'infrastructure est intervenue ce mercredi 9 septembre 2026, sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré. Elle marque, selon les autorités, une nouvelle étape dans la volonté de développer les capacités industrielles du pays et de donner davantage de valeur ajoutée à la production nationale.

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Categories: Afrique

Recrutement d'un facilitateur pour l'atelier de création du Réseau Ouest-Africain Des Organisations De Personnes Handicapées Psychosociales (ROOPH/WANOPPD)

Wed, 09/09/2026 - 10:00

I. Contexte et Justification
CBM Global Disability Inclusion Burkina Faso organise une rencontre consultative régionale en vue de constituer le Réseau ouest-africain des organisations de personnes handicapées psychosociales (WANOPPD). Cette initiative vise à renforcer la représentation, le plaidoyer fondé sur les droits humains, la collaboration régionale et le partage de connaissances. CBM Global recherche un facilitateur expérimenté pour concevoir et conduire cet atelier participatif et inclusif.

II. PROFIL ET PRINCIPALES RESPONSABILITÉS

1. Profil

• Formation supérieure pertinente et expérience confirmée dans la facilitation d'ateliers régionaux multipartites.
• Bonne connaissance du handicap psychosocial, de la santé mentale, de la CDPH, des approches fondées sur les droits et de l'inclusion.
• Excellentes capacités de facilitation, de synthèse et de rédaction.
• Expérience de travail en Afrique de l'Ouest et avec des organisations de personnes handicapées fortement souhaitée.
• Pour une candidature portée par un cabinet, l'équipe proposée devra intervenir en binôme avec une personne handicapée.
NB : La coanimation de l'atelier avec une personne handicapée est obligatoire

2. PRINCIPALES RESPONSABILITÉS

• Préparer, avec l'équipe organisatrice, la méthodologie, l'agenda détaillé et les outils de facilitation.
• Animer les travaux, en garantissant une participation accessible, équilibrée et respectueuse des expériences vécues.
• Accompagner les participant dans la définition de la vision, des priorités, de la gouvernance et des modalités opérationnelles du WANOPPD.
• Synthétiser les décisions, produire les livrables de l'atelier et soumettre un rapport final assorti d'une feuille de route.

III. DOSSIER DE CANDIDATURE

Les candidat·es individuel·les ou cabinets sont invité à transmettre :
• une note technique concise présentant la compréhension de la mission, l'approche méthodologique et le calendrier ;
• un CV actualisé ou les CV des membres de l'équipe, avec deux références professionnelles ; • une offre financière détaillée, incluant les honoraires et les éventuels frais connexes ;
• un exemple pertinent de mission similaire ou de livrable produit.
NB : Les dossiers de candidatures doivent être envoyés hadjiratou.korogo@cbm-global.org au plus tard le 21 septembre 2026, avec pour objet : « Candidature – Facilitation atelier ROOPH/WANOPPD ».

ANNEXES
Cliquez sur ce lien : Termes De Référence pour la création du Réseau Ouest-Africain Des Organisations De Personnes Handicapées Psychosociales
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Categories: Afrique

Décès de SAWADOGO Wendata Arsène : Remerciements et faire-part

Wed, 09/09/2026 - 09:00

« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m'est réservée. »
2 Timothée 4:7-8
Son Excellence le Naaba Wʋʋga, Chef du village de Péotenga/Pibaoré ;
La grande famille SAWADOGO, à Péotenga, Pibaoré, Kaya, Korsimoro, Ouagadougou et en Côte d'Ivoire ;
Les familles alliées ;
Les frères et sœurs ;
La veuve SAWADOGO Catherine, née OUEDRAOGO à Ouagadougou ;
Les enfants ;
Les oncles, tantes, cousins, cousines, nièces et neveux ;

ont la profonde douleur de vous faire part du rappel à Dieu de leur fils, frère, neveu, oncle, époux, père, beau-frère et ami :
SAWADOGO Wendata Arsène,
Attaché d'administration scolaire et universitaire, précédemment en service au Bureau comptable principal des matières du Ministère des Serveurs du Peuple.
Rappelé à Dieu le samedi 5 septembre 2026 au CHU Yalgado OUEDRAOGO, il a été accompagné à sa dernière demeure le dimanche 6 septembre 2026 au cimetière de Tabtenga.

Dans cette douloureuse épreuve, alors que les mots peinent à traduire la profondeur de leur peine et le grand vide laissé par sa disparition, la famille tient à exprimer du fond du cœur sa profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui lui ont témoigné leur affection, leur compassion, leur solidarité et leur soutien.
Votre présence aux côtés de la famille, vos prières, vos messages, vos appels, vos gestes de réconfort et toutes les marques d'attention témoignées durant ces moments particulièrement difficiles ont été pour elle d'un immense réconfort.
À chacune et à chacun de vous, la famille dit simplement : MERCI.

Elle adresse une reconnaissance particulière :
• Au Camarade Comptable principal des matières (CPM) du Ministère des Serveurs du Peuple, ainsi qu'à sa délégation ;
• Aux ressortissants de Pibaoré résidant à Ziniaré, Korsimoro, Ouagadougou et ailleurs ;
• Aux voisins, collègues de service, amis, connaissances et promotionnaires du défunt ;
• Aux délégations venues de Péotenga, Pibaoré, Kaya, Korsimoro et Ziniaré ;
• Et à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont partagé la peine de la famille et ont contribué, par leur présence ou leur soutien, à l'accompagner dans cette épreuve.

La famille s'excuse de ne pouvoir citer toutes les personnes individuellement, de peur d'en oublier.
Que le Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux vous rende au centuple tous vos bienfaits, vous protège et vous accompagne dans vos vies.

 MESSE ET VEILLÉE DE PRIÈRE :
Dans la foi et l'espérance chrétiennes, la famille vous invite à vous unir à elle dans la prière pour le repos de l'âme de SAWADOGO Wendata Arsène, selon le programme ci-après :

 Samedi 12 septembre 2026 à partir de 20 heures : veillée de prière au domicile du défunt, sis à Yong-Warbin, à côté de la Station Access OIL, après l'ancien péage, sur la route Ouagadougou-Ziniaré ;

 Dimanche 13 septembre 2026 à partir de 7 heures : messe à la Chapelle Saint-Alphonse de Nioko 2, suivie d'un recueillement au domicile du défunt, à Yong-Warbin, à partir de 10 h 30mn.
En ces moments où l'absence devient une réalité douloureuse, la famille vous remercie encore pour votre affection et votre soutien.
Que vos prières accompagnent Arsène sur son chemin vers le Seigneur !

Que son âme repose en paix !

Categories: Afrique

Masculinité positive : « Un homme qui écoute, qui pleure et qui partage les tâches n'est pas moins un homme », indique Sabine Gampéné

Wed, 09/09/2026 - 00:25

Longtemps associée à la force, à l'autorité et parfois à la domination, la masculinité est aujourd'hui au cœur d'une réflexion nécessaire sur les rapports entre les femmes et les hommes. Au Burkina, où les violences basées sur le genre demeurent une préoccupation, le concept de « masculinité positive » entend agir en amont, en questionnant les normes sociales et les modèles de virilité transmis aux garçons et aux hommes. Respect du consentement, expression des émotions, partage des responsabilités domestiques et parentales, dialogue dans le couple sont autant de comportements qui peuvent contribuer à des relations plus équilibrées. Dans cet entretien, Sabine Gampéné, chargée de projets au Mouvement citoyen FEMIN-IN, explique ce que recouvre cette notion, son intérêt dans la lutte contre les VBG et le rôle que peuvent jouer les hommes, les femmes, les familles, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics dans cette transformation.

Lefaso.net : Qu'entend-on exactement par « masculinité positive » ?

Sabine Gampéné : La masculinité positive désigne une façon d'être homme fondée sur le respect, l'écoute et l'égalité entre les femmes et les hommes. Elle invite les hommes à exercer leur autorité, leur force et leur influence non pas pour dominer, mais pour protéger, soutenir et bâtir des relations équilibrées, que ce soit dans le couple, la famille ou la communauté. Ce n'est pas un modèle figé, mais une orientation de valeurs qui rejette la violence, la domination et l'exclusion comme marqueurs de virilité.

Pourquoi est-il important aujourd'hui de parler de masculinité positive au Burkina Faso ?

Cette approche est importante parce que les violences basées sur le genre restent une réalité préoccupante dans notre pays, souvent nourries par des normes sociales qui associent la masculinité à la domination et au contrôle. On ne peut pas prétendre lutter durablement contre ces violences en s'adressant uniquement aux femmes et aux filles. Les hommes et les garçons doivent être des acteurs du changement. Parler de masculinité positive, c'est ouvrir un espace de dialogue avec eux, sans les accuser, mais en les invitant à devenir des alliés.

Quelles sont, selon vous, les caractéristiques d'une masculinité dite « positive » ?

On peut citer notamment le respect du consentement et de l'autonomie de la partenaire, le rejet de toute forme de violence physique, verbale ou économique, la capacité à exprimer ses émotions sans crainte d'être jugé, le partage des responsabilités domestiques et parentales, ainsi que l'écoute et la communication au sein du couple. C'est aussi la capacité à remettre en question certaines pratiques héritées, lorsqu'elles portent atteinte aux droits des femmes.

S'agit-il d'apprendre aux hommes à « devenir moins hommes » ou plutôt à repenser ce que signifie être un homme ?

Il ne s'agit absolument pas de demander aux hommes de renoncer à leur identité, mais de repenser certains repères hérités qui associent virilité et domination. Un homme qui écoute sa compagne, qui pleure, qui partage les tâches du foyer, n'est pas moins un homme. Il exerce simplement sa masculinité autrement. C'est un travail de déconstruction des stéréotypes, pas de négation de l'identité masculine.

Quel lien faites-vous entre masculinité positive et lutte contre les violences basées sur le genre ?

Au Mouvement citoyen FEMIN-IN, la masculinité positive est l'un de nos instruments majeurs dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Elle agit en amont, sur les causes profondes : les normes sociales et les rapports de pouvoir inégaux entre les femmes et les hommes. C'est une approche transversale que nous intégrons dans plusieurs de nos interventions, notamment à travers l'École des alliés, un projet par lequel nous formons spécifiquement des hommes et des jeunes garçons sur la lutte contre les violences basées sur le genre et sur l'approche genre dans la communauté, afin qu'ils deviennent eux-mêmes des relais positifs. Nous retrouvons également cette approche dans un de nos programmes où la masculinité positive est mobilisée comme levier de prévention.

Concrètement, comment un homme peut-il adopter une posture de masculinité positive dans son couple ?

En pratique, cela commence par des gestes simples : consulter sa partenaire dans les décisions qui concernent le foyer, respecter son avis et son autonomie, éviter toute forme de contrôle ou d'humiliation, et accepter de partager les charges du quotidien. Cela suppose aussi de savoir communiquer en cas de désaccord, sans recourir à la violence ni au silence imposé, et de reconnaître la contribution de sa partenaire, qu'elle soit économique, domestique ou affective.

Le partage des tâches domestiques et de la responsabilité parentale fait-il partie, selon vous, de la masculinité positive ?

Oui, tout à fait. C'est même l'une de ses expressions les plus concrètes. Quand un homme s'implique dans l'éducation des enfants, dans les tâches ménagères ou dans les soins du foyer, il envoie un message fort à ses enfants et à la communauté : ces responsabilités ne sont pas réservées aux femmes. C'est aussi une façon de réduire la charge mentale et physique qui pèse historiquement sur les femmes.

Comment apprendre aux garçons, dès l'enfance, qu'être un homme ne signifie pas nécessairement être dominant ou ne pas exprimer ses émotions ?

Cela passe d'abord par l'exemple donné à la maison, à l'école et dans la communauté. Il faut valoriser chez les garçons l'expression de leurs émotions plutôt que de les réprimer au nom d'une prétendue force virile, encourager le respect entre filles et garçons dès le plus jeune âge, et intégrer ces messages dans l'éducation familiale, scolaire et communautaire. Les activités de sensibilisation que nous menons auprès des jeunes garçons visent précisément à planter ces graines très tôt.

Quel rôle les pères peuvent-ils jouer dans cette transformation ?

Le père est souvent le premier modèle masculin d'un enfant. Un père qui respecte sa compagne, qui s'implique dans l'éducation de ses enfants et qui gère les conflits sans violence transmet, sans même en avoir toujours conscience, des repères durables. Les pères ont donc un rôle central à jouer, non seulement par leurs paroles, mais surtout par leur exemple au quotidien.

Comment les femmes peuvent-elles contribuer aussi à la promotion de cette masculinité positive ?

Les femmes peuvent encourager et valoriser les comportements positifs chez les hommes de leur entourage, plutôt que de reproduire, parfois sans le vouloir, des attentes basées sur les stéréotypes de virilité. Elles peuvent aussi soutenir l'éducation égalitaire de leurs fils, participer aux espaces de dialogue intergénérationnel et intergenre, et s'associer aux hommes engagés comme alliés dans nos actions, à l'image de ce que nous encourageons à travers nos projets.

Selon Sabine Gampéné, les hommes peuvent rejoindre des initiatives déjà existantes, comme l'École des alliés et les arbres palabres où ils trouveront des espaces d'apprentissage et d'échange avec d'autres hommes engagés dans la même démarche

Les réseaux sociaux participent-ils à renforcer certaines masculinités toxiques ou peuvent-ils au contraire devenir des espaces d'éducation et de sensibilisation ?

Les deux réalités coexistent. Les réseaux sociaux peuvent véhiculer des contenus qui valorisent la domination, l'agressivité ou le mépris envers les femmes, et cela touche particulièrement les jeunes. Mais ces mêmes plateformes offrent aussi un potentiel énorme pour diffuser des messages positifs, toucher un public jeune et créer des communautés d'hommes engagés. Tout dépend des contenus que nous, organisations de la société civile, arrivons à y faire circuler.

Comment convaincre les hommes qui considèrent encore les discours sur l'égalité de genre comme une remise en cause de leur identité ou de leur autorité ?

Il faut d'abord éviter une posture accusatrice et privilégier le dialogue : l'égalité de genre n'enlève rien aux hommes, elle rééquilibre des rapports pour construire des foyers et une société plus harmonieuse. Nous avons constaté que le message passe souvent mieux lorsqu'il est porté par d'autres hommes déjà convaincus, c'est tout l'intérêt de notre approche à travers l'École des alliés : des hommes qui s'adressent à d'autres hommes, avec des exemples concrets et vécus, plutôt qu'un discours perçu comme venant de l'extérieur.

Quel rôle les associations féministes, les organisations de jeunesse et les pouvoirs publics doivent-ils jouer dans la promotion de modèles masculins plus égalitaires ?

Chaque acteur a un rôle complémentaire. Les associations féministes comme la nôtre créent les espaces de formation, de sensibilisation et d'accompagnement direct des communautés. Les organisations de jeunesse peuvent relayer ces messages auprès des pairs, avec une légitimité particulière auprès des adolescents et jeunes adultes. Quant aux pouvoirs publics, ils doivent inscrire ces enjeux dans les politiques nationales, notamment éducatives, et soutenir financièrement et institutionnellement les initiatives déjà portées par la société civile.

Si vous deviez expliquer la masculinité positive à un jeune garçon de 15 ans, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais que devenir un homme, ce n'est pas apprendre à dominer les autres ou à cacher ce qu'il ressent, mais apprendre à respecter, à écouter et à protéger sans jamais faire de mal. Je lui dirais que sa force véritable se mesure à sa capacité à traiter les filles et les femmes autour de lui comme des égales, et non à sa capacité à imposer sa volonté.

Et quel message adresseriez-vous aux hommes burkinabè qui souhaitent devenir des alliés dans la lutte pour les droits des femmes, mais ne savent pas toujours par où commencer ?

Je leur dirais de commencer par de petites choses concrètes comme écouter davantage les femmes de leur entourage, remettre en question leurs propres réflexes et habitudes, et accepter de partager le pouvoir et les responsabilités dans leur foyer. Les hommes peuvent aussi rejoindre des initiatives déjà existantes, comme l'École des alliés et nos arbres palabres que nous animons, où ils trouveront des espaces d'apprentissage et d'échanges avec d'autres hommes engagés dans la même démarche.

Qu'est-ce que la masculinité positive peut changer, selon vous, dans la construction d'une société burkinabè plus juste et plus apaisée ?

Elle peut contribuer à réduire durablement les violences basées sur le genre, en s'attaquant à leurs racines plutôt qu'à leurs seules conséquences. Des foyers plus équilibrés, où les responsabilités sont partagées et où la communication remplace la violence, ce sont des communautés plus stables et plus résilientes. À terme, c'est toute la cohésion sociale et le développement du Burkina Faso qui en bénéficient, car aucune société ne peut avancer pleinement en laissant la moitié de sa population subir des violences ou être exclue des décisions qui la concernent.

Entretien réalisé par Farida Thiombiano
Lefaso.net

Categories: Afrique

Les 100 Visages du Burkina Digital : Lamoussa Oualbéogo, une carrière au service des télécommunications et de la régulation numérique du Burkina Faso

Wed, 09/09/2026 - 00:21

À 39 jours de l'ouverture de Le Faso Digital 2026, nous poursuivons notre série consacrée aux femmes et aux hommes qui bâtissent le Burkina numérique. Aujourd'hui, nous mettons en lumière Lamoussa Oualbéogo, ingénieur des télécommunications, dont le parcours de plus de trois décennies épouse presque toute l'histoire de la modernisation des télécommunications et de la régulation du numérique au Burkina Faso.

Le développement du numérique burkinabè ne s'est pas construit en un jour. Il est le fruit d'un travail patient de bâtisseurs de réseaux, de rédacteurs de lois et de régulateurs qui ont su accompagner, texte après texte et infrastructure après infrastructure, la transformation du secteur des communications électroniques. Lamoussa Oualbéogo fait partie de ces artisans discrets mais déterminants.

Ingénieur des télécommunications, ancien Secrétaire général de deux ministères en charge du numérique et aujourd'hui Chargé d'études du Secrétaire exécutif de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), il a traversé, en acteur de premier plan, toutes les grandes étapes de l'histoire numérique du pays.

Une formation d'ingénieur, entre l'Afrique et la France

Né le 31 décembre 1966 à Thyou, dans la province du Boulkiemdé, Lamoussa Oualbéogo obtient son Baccalauréat série C au Lycée scientifique de Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, en 1987. Il poursuit ses études à l'Université de Ouagadougou, où il décroche un DEUG Maths-Physique en 1989 puis une Licence de Physique en 1990, avant de rejoindre l'Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications de Bretagne, en France, d'où il sort diplômé Ingénieur des télécommunications en 1994.

Cette formation, à la croisée de l'électronique, des mathématiques appliquées, de l'informatique et des télécommunications, lui donne très tôt une vision d'ensemble des enjeux techniques qui façonneront sa carrière : transmission, commutation, réseaux d'accès, réseaux cellulaires, réseaux satellitaires et réseaux IP.

Aux origines du GSM burkinabè

Sa carrière débute en 1994 à l'ONATEL, à la Direction de la Production et de la Maintenance, où il travaille à l'élaboration d'un document de base sur la mise en œuvre du GSM au Burkina Faso. De 1996 à 2001, il devient Chef du Département ingénierie à la Direction des Etudes et de la Planification, en charge des études d'ingénierie des équipements de télécommunications et de l'analyse des offres techniques.

C'est à ce titre qu'il prend la direction, de 1996 à 2000, du projet de mise en place du tout premier réseau cellulaire mobile numérique GSM du Burkina Faso, un jalon fondateur pour les télécommunications du pays.

À la tête de l'informatique et des nouvelles technologies de l'ONATEL

De 2002 à 2005, il est nommé Directeur de l'Informatique et des Nouvelles Technologies de l'ONATEL. Sous sa direction, l'entreprise déploie ses premiers projets pilotes ADSL et WIFI prépayés, élabore avec l'appui du cabinet PMC son schéma directeur informatique et des systèmes d'information, modernise et étend son réseau Internet, et initie la mise en œuvre d'un réseau IP haut débit ainsi que de solutions de convergence voix-données pour les entreprises.

Il occupe ensuite, entre 2005 et 2006, un poste au sein de la Direction de l'International et des Interconnexions, chargé des relations techniques de l'ONATEL avec les opérateurs internationaux acheminant du trafic vers le Burkina Faso.

Artisan des grandes réformes juridiques et institutionnelles du secteur

En 2006, Lamoussa Oualbéogo est nommé Secrétaire général du Ministère des Postes et des Technologies de l'Information et de la Communication, fonction qu'il occupe jusqu'en 2011. Il contribue durant cette période à la mise en place d'un cadre institutionnel et juridique déterminant pour le secteur, à travers l'élaboration de textes fondateurs : la loi n°061-2008/AN portant réglementation générale des réseaux et services de communications électroniques, la cyberlégislation, ainsi que la création de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et de l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC).

De 2013 à avril 2016, il occupe à nouveau les fonctions de Secrétaire général, cette fois au Ministère du Développement de l'Economie Numérique et des Postes. Il y pilote l'élaboration de la politique sectorielle 2016-2020 du secteur, adoptée selon un processus participatif, ainsi que plusieurs textes législatifs majeurs, dont la loi sur les services et transactions électroniques et la loi sur l'enregistrement des noms de domaine sous le « .bf ». Il accompagne également la mise en place de plusieurs institutions clés, parmi lesquelles l'ARCEP, l'ANPTIC et la Commission de l'informatique et des libertés (CIL).

Sur le plan des infrastructures, il coordonne la signature du contrat de réalisation du réseau dorsal national de télécommunications (Backbone), la convention de don avec la Banque mondiale pour le Projet régional des infrastructures de communication électronique en Afrique de l'Ouest (PRICAO-BF), la mise en place du G-Cloud au profit de l'administration et du secteur privé, ainsi que l'extension du Réseau informatique national de l'administration (RESINA). Il pilote aussi l'élaboration de trois cyberstratégies sectorielles — e-gouvernement, e-éducation et e-commerce — destinées à intégrer progressivement les TIC dans les processus socio-économiques du pays.

Son action se traduit également par des initiatives de diffusion des usages numériques : l'organisation annuelle de la Semaine nationale de l'Internet, qui a formé plus de soixante-dix mille personnes en dix éditions, l'organisation du Forum panafricain de partage des meilleures pratiques TIC avec Microsoft et l'Union européenne, un centre de formation en TIC dédié aux personnes malvoyantes en partenariat avec l'UIT, ou encore les premières Assises nationales sur l'économie numérique, tenues en novembre 2015.

Une voix du Burkina Faso dans la gouvernance mondiale de l'Internet

De 2008 à 2016, Lamoussa Oualbéogo représente le Burkina Faso au sein du Comité Consultatif des Gouvernements (GAC) de l'ICANN, l'organisme international en charge de la gestion des ressources critiques de l'Internet. Il participe par ailleurs activement, depuis décembre 2000, aux travaux des Groupes d'études de l'UIT-BDT, et intervient comme expert de l'UIT sur plusieurs sujets, dont la téléphonie sur IP (VoIP) et la formation des opérateurs télécoms de la zone Liptako-Gourma. Lire la suite

Categories: Afrique

Burkina : La commune de Ouagadougou inaugure plus de 6 km de voiries aménagées dans le Grand-est

Wed, 09/09/2026 - 00:18

La cérémonie officielle d'inauguration des voiries aménagées dans la centralité secondaire du Grand-est, dans l'arrondissement 5 de la commune de Ouagadougou, s'est tenue ce mardi 8 septembre 2026. Au total, ce sont 6,839 km de voiries qui ont été inaugurés. Le coût global du projet est de plus de 6,5 milliards de francs CFA.

Dans le cadre du Projet de développement durable de Ouagadougou, phase II (PDDO2), plus de 6 km de voiries ont été inaugurés dans la centralité secondaire du Grand-est.

Ces nouvelles voies vont contribuer à améliorer la mobilité et le désenclavement de plusieurs quartiers de l'est de la capitale, notamment Dassasgho et Wayalghin. Elles s'inscrivent dans le vaste programme de modernisation des infrastructures routières engagé dans la capitale. La maîtrise d'ouvrage du projet a été assurée par l'Agence municipale des grands travaux (AMGT).

Le projet réalisé comprend principalement deux axes structurants, auxquels s'ajoutent des voies d'accès aux équipements publics.

La commune de Ouagadougou a inauguré 6,839 km de voiries.

Le premier axe, long d'environ 3 kilomètres, relie notamment la rue Naaba Boulsa-Kibé à l'avenue du Président John Jerry Rawlings. Il assure également une liaison entre le boulevard Tensoba Weogo et le boulevard Thomas Sankara.

Le deuxième axe, d'une longueur de plus de 1,5 kilomètre, prend naissance au niveau de l'avenue du Musée national. Il se poursuit par la rue Pendenga avant de rejoindre le croisement avec l'avenue de la Croix-Rouge.

À ces deux axes principaux s'ajoutent environ 2 kilomètres de voies d'accès destinées à desservir les équipements publics existants dans la zone, ainsi que ceux réalisés dans le cadre du même projet.

Les nouvelles voies sont notamment accompagnées de caniveaux couverts, de trottoirs et de parkings. Un aménagement a également été mis en place pour les transports en commun.

Le 1er vice-président de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Dieudonné Ouédraogo, a indiqué que cette voirie vise à contribuer au bien-être de ses populations.

Le projet comprend également deux forages équipés de châteaux d'eau, environ 2 kilomètres d'éclairage public solaire et la plantation de près de 1 200 arbres.

« L'inauguration de ces voiries traduit une réalité simple : le développement doit se voir et se ressentir dans le quotidien des populations », a laissé entendre le 1er vice-président de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou, Dieudonné Ouédraogo, représentant le PDS.

Il a par ailleurs souhaité que les populations des localités bénéficiaires de ces infrastructures œuvrent à leur préservation.

« Au regard de l'importance de ces infrastructures pour la mobilité et l'amélioration du cadre de vie dans cette partie de la ville, je formule le vœu qu'elles contribuent pleinement au développement de la centralité secondaire du Grand-est et au bien-être de ses populations », a-t-il souhaité.

Le colonel-major Elie Tarpaga, conseiller technique du ministre de la construction de la patrie, a invité les populations à l'entretien des infrastructures.

La cérémonie s'est déroulée en présence du colonel-major Elie Tarpaga, conseiller technique qui a représenté le ministre en charge de la construction de la patrie.
« Au-delà des infrastructures matérielles, du bitume et du béton que nous dévoilons aujourd'hui, c'est l'âme de notre résilience que nous honorons. Ce que nous célébrons ensemble, c'est le triomphe de la volonté populaire et le couronnement de notre unité nationale inébranlable », a laissé entendre le représentant du ministre.

Youmandia Djibril Toguyeni, directeur général de l'AMGT, qui s'est occupée de réaliser la route, a indiqué que l'objectif est d'améliorer les conditions de vie des populations.

« Il s'agit de dynamiser une centralité que nous appelons la centralité secondaire du Grand-est. Il s'agit donc de voiries qui vont participer à faciliter l'accès aux équipements de base qui existent, mais également aussi faciliter le développement économique à travers l'action publique, mais également les contributions des investissements privés », a-t-il laissé entendre.

Le directeur général de l'AMGT, Youmandia Djibril Toguyeni, a rappelé que l'objectif de la voirie est de dynamiser la centralité secondaire du Grand-est.

Youmandia Djibril Toguyeni a rappelé que la route est également munie d'un parcours sportif afin de permettre aux populations d'avoir un espace adapté pour la pratique des activités sportives.

Jean Élysée Nikiéma
Lefaso.net

Categories: Afrique

Bankui : À Boromo, le ministre de la Guerre, Célestin Simporé appelle à renforcer la cohésion des forces combattantes

Wed, 09/09/2026 - 00:14

Le ministre d'État, chargé de la Guerre et de la défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, a rencontré les populations et les forces combattantes de Boromo. C'est ledit ministère qui l'a annoncé ce lundi 7 septembre 2026. Cette rencontre, précise-t-il, s'inscrit dans le cadre de la tournée gouvernementale dans la région du Guiriko.

Ainsi, au Haut-commissariat, le ministre d'État a échangé avec les autorités administratives, militaires, paramilitaires, coutumières et religieuses. Il a transmis la reconnaissance du Gouvernement aux populations de Boromo et des localités environnantes pour leur accompagnement, tout en les invitant à poursuivre leurs prières et leur soutien aux efforts de reconquête du territoire. Le chef de canton de Boromo, Sa Majesté Naaba Tegawendé, a pour sa part renouvelé son engagement aux côtés de la Nation.

La délégation s'est ensuite rendue auprès des forces combattantes, notamment à la 2e Brigade d'intervention aéroportée, où un point de situation a fait état d'une évolution jugée très acceptable du contexte sécuritaire dans la zone. Le général Simporé a transmis aux différentes composantes engagées dans la sécurisation de Boromo, les salutations, félicitations et encouragements du président du Faso et du Gouvernement.

Le ministre d'État a souligné que les efforts des forces combattantes contribuent à la stabilisation progressive de la situation sécuritaire, à la restauration de la libre circulation et à la reprise des activités socioéconomiques, notamment agricoles. Il les a exhortées à maintenir leur résilience, leur vigilance et leur engagement, tout en cultivant l'esprit de la Révolution populaire et progressiste.

Insistant sur la complémentarité entre Gendarmerie, Police, Eaux et Forêts, Garde de sécurité pénitentiaire, sapeurs-pompiers, forces parachutistes et VDP, le général Célestin Simporé a appelé à davantage de solidarité et de cohésion. Il a également adressé des félicitations particulières aux VDP pour les sacrifices consentis aux côtés des autres composantes des forces combattantes.

Cette étape de Boromo a ainsi permis au Gouvernement de réaffirmer sa reconnaissance aux populations et aux forces engagées sur le terrain, tout en appelant à maintenir la mobilisation collective pour la restauration de l'intégrité du territoire et la consolidation de la souveraineté nationale.

Hamed Nanéma
Lefaso.net

Source : Ministère de la Guerre et de la défense patriotique

Categories: Afrique

Efforts de l'institutionnalisation de la zakat au Burkina Faso

Wed, 09/09/2026 - 00:11

Dans « The role of zakat in the provision of social protection : a comparison between Jordan, Palestine and Sudan », A. C. Machado, C. Bilo and I. Helmy font comprendre que « Les pays varient considérablement dans l'institutionnalisation de la zakat, allant des contributions obligatoires aux contributions volontaires ». Ils rappellent que dans certains pays, l'État supervise la collecte et la gestion des fonds » (Machado, Bilo et Helmy, 2018, p. 3).

Allant dans le même sens, H. Lahjouji (2020) révèle que de nos jours, « dans le monde musulman, la Zakat est mise en œuvre soit d'une façon obligatoire ou volontaire. Certains pays collectent la Zakat sur une base obligatoire, en particulier l'Arabie Saoudite depuis 1951, le Pakistan depuis 1981, le Soudan depuis 1984, etc.

Ces pays disposent d'un fonds de Zakat supérieur aux pays dont le versement de la Zakat est volontaire. » Il poursuit en affirmant que « Plusieurs pays à majorité musulmane (Algérie, Jordanie, Indonésie, Koweït, etc..) délèguent la gestion des fonds de Zakat à des institutions religieuses soutenues par le gouvernement pour exercer la collecte et la distribution de la Zakat. Ces institutions participent au développement socioéconomique de leurs pays à travers la promotion de l'investissement, le développement des compétences humaines, la création d'emplois, etc. » (Lahjouji, 2020, p. 118)

De même les auteurs de l'encyclopédie de l'islam (2005) nous font savoir que « la majorité des musulmans continuent de payer la zakat en dehors de tout système fiscal obligatoire de perception et de redistribution » (Bearman, Bianguis, et alii, 2005, p.455). Ils notent qu' « il y a eu cependant à travers le monde musulman un mouvement pour créer de nouvelles structures intermédiaires destinées à recevoir les paiements volontaires de zakat. » A cet effet, ils citent « les Fonds de zakat (funduk al-zakât) de Jordanie (1978) et de Bahrayn (1979), la Maison kuwaytienne de la zakat (bayt al-zakat, 1982), plus autonome et la Banque sociale égyptienne Nasser (1977) » (Bearman, Bianguis, et alii, 2005, p.455).

Dans un écrit intitulé, « Gérer efficacement la zakat à l'échelle nationale », P. T. M.S. Diop (2013) publie ceci : « pour que le système zakataire joue pleinement son rôle de régulation sociale et de réduction de la pauvreté, il est nécessaire de réfléchir sur une stratégie de collecte au niveau national. Lorsque la zakat est gérée collectivement, et en conformité avec les prescriptions coraniques, elle peut être un facteur très important de la réduction de la pauvreté d'où un comité national de collecte et de gestion des fonds de la zakat » (Diop, 2013, reussir.com).

Il ajoute aussi qu' « il convient de tirer profit de l'ensemble des expériences, observées dans le monde, dans la collecte et la gestion de la zakat, afin de permettre à ce pilier fondamental de l'islam, de jouer pleinement son rôle dans la réduction de la pauvreté… » (Diop, 2013, reussir.com).
M. Mennani et E. Attak dans « Aperçu théorique sur la gouvernance des institutions de la Zakat, Recherches et Applications en Sciences Economiques et de Gestion » (2022) abordent le cadre institutionnel zakataire pour constituer un ajustement organisationnel à but non lucratif susceptible de fournir une protection sociale solide au sein de la société (Mennani et Attak, 2022, p. 25).

Ils mentionnent « L'expérience de l'Arabie Saoudite [qui] permet de fournir des implications rigides de l'incidence de la mise en application d'une gestion institutionnelle de la zakat sur l'amélioration de l'efficacité des fonds islamiques ainsi que sur la promotion des perspectives de croissance économique majeure. » (Mennani et Attak, 2022, p. 28). Par contre ils notent que « Malgré ses potentialités positives, le rôle de la zakat reste insignifiant dans les pays musulmans contemporains à cause de l'absence du cadre formel réglementé autorisé à remplir les fonctionnalités de cet aspect économico-islamique sur le plan des politiques de développement » (Mennani et Attak, 2022, p. 28).

Pour trouver une solution à cette équation d'institutionnalisation efficiente, El Marzouki souligne qu' « à l'heure actuelle, le fondement de gestion des institutions de la zakat constitue un débat majeur à explorer, au sein des différents pays à majorité ou à minorité musulmane, pour veiller à une meilleure promulgation d'un outil islamo-financier capable de limiter la propagation des injustices socio-économiques, et par conséquent proposer un nouveau cadre organisationnel » (El MarzoukI, 2021, p. 31 ).

En nous intéressant aux efforts d'institutionnalisation de la zakat dans les pays musulmans, nous nous sommes posé la question sur cette institutionnalisation au Burkina Faso.
Cet article est tiré de ma thèse de doctorat unique soutenue le 15 juillet 2025 dont le titre a porté sur « La zakat à Ouagadougou au BURKINA FASO : essai sur la solidarité en islam à travers quelques associations musulmanes »

La problématique de l'institutionnalisation de la zakat au Burkina Faso

Quelques personnes interviewées ne connaissent pas d'institution chargée de la collecte, de la gestion et de la distribution de la zakat. Les propos sont précis dans l'entretien n° 1 : « Non il n'y a pas d'organisation qui s'occupe de l'aumône légale. Chacun donne son aumône à qui il veut, surtout à son voisin le plus proche » (entretien n° 1, commerçant à Diébougou).

Pour l'interviewée n° 17, « chacun prélève la zakat, selon le pourcentage et donne aux personnes démunies » (entretien n° 17, étudiante en master socio). Il en est de même de l'interviewée n° 16 qui ne sait pas s'il y a une structure institutionnalisée pour la zakat (entretien n°16, Chargée Communication dans un établissement privé).

La question de collecte, de gestion et de distribution de la zakat se pose dans le milieu musulman burkinabè. L'entretien avec le chef de département/CNRST le fait savoir dans ce propos :
Si on était dans un système où tout est bien organisé, la zakat allait être collectée comme il se doit et les bénéficiaires aussi doivent êtes recensés. Ceux qui doivent donner la zakat aussi doivent être recensés pour que l'Etat ou du moins l'organisation se charge ensuite, non seulement de la collecte mais aussi de la distribution (entretien 10, Chef de département/CNRST).

Il poursuit en disant : « À ma connaissance, la seule association qui collecte la zakat pour la redistribuer, c'est l'A.E.E.M.B. et le CERFI. L'AEEMB et le CERFI, c'est pratiquement les mêmes associations. C'est généralement les anciens de l'A.E.E.M.B. qui deviennent les cerfistes parce qu'ils ne sont plus étudiants. Eux, ils organisent la collecte, la gestion et la redistribution. Mais toutes les autres là, vraiment c'est laisser à chacun, parce qu'il n'y a pas une structure qui arrive à organiser, collecter et distribuer » (entretien 10, Chef de département/CNRST, réalisé en février 2023).

Il renforce par cette affirmation : « Moi-même souvent, il y'a eu des années où j'ai donné. C'est peu mais j'ai donné. Mais je ne suis pas passé par une organisation. Je donne ce que j'ai pu économiser » (entretien n° 10, Chef de département/CNRST, réalisé en février 2023).

Cet interviewé note aussi que « ça ne devait pas être comme ça. Il devait avoir un système central. On part donner là-bas et ensuite cette structure recense les bénéficiaires pour distribuer. Mais jusqu'à là c'est difficile » (entretien n° 10, Chef de département/CNRST, réalisé en février 2023). Il rejoint ici le point de vue de N. Bakayogo lors d'une communication en 2008 sur « aperçu sur les efforts d'institutionnalisation de la zakat au Burkina Faso : pour une nouvelle perspective d'organisation ». En effet, ce dernier fait remarquer que « dans notre pays, tout comme un peu partout en Afrique subsaharienne, la Zakat s'organise, a priori et depuis l'avènement de l'islam, autour des imams ou marabouts de villages, de cantons, de région. Car ce sont ces imams et marabouts qui incarnaient, de fait, l'autorité islamique » (Bakayogo, 2008, p. 5).

Il souligne que c'est « toujours [le cas] aujourd'hui où des cheiks et marabouts dans les villes et campagnes, conformément au V 103 S 9, envoient des collecteurs auprès de leurs disciples pour prélever la zakat sur leurs biens, ceci au début de chaque année lunaire (mois de Muharram) ou simplement à la fin des récoltes annuelles » (Bakayogo, 2008, p. 5).

Dans les informations recueillies, il est aussi dit que des imams, ainsi que des leaders religieux et d'opinions ont joué et jouent encore un rôle important dans la mobilisation et la distribution de la zakat. Par contre, si pendant une longue période les imams ont été les acteurs incontournables dans la collecte et la distribution de la zakat, leur rôle est de plus en plus dénoncé par de nombreux fidèles. En effet, des fidèles musulmans ont constaté que « le plus souvent, les imams et les maîtres coraniques sont les principaux bénéficiaires de la zakat. L'impact en est que de nombreux fidèles ont commencé à distribuer/ donner eux-mêmes la zakat.

D'où l'idée proposée de « la constitution de ‘comités de gestion' au sein des mosquées… tout en préservant « la part du marabout (l'imam) » ((Bakayogo, 2008, p. 5). Ce qui rejoint les propos d'al-Qaradawi (2003) qui est convaincu qu'« il s'agit des gens (ndlr : les imams) qui sont chargés de collecter la zakat auprès de ceux qui en sont redevables, ainsi que des personnes chargées de la garde de l'argent, de la comptabilité et de la distribution… » (al-Qaradawi, 2003, p.106).

Cette situation a légitimé l'apparition d'ONG qui remplissent ce vide et collectent la zakat. Les agences humanitaires musulmanes récoltent et distribuent la zakat ainsi que d'autres formes de dons charitables » (Krafess, 2005, p. 11).
Nous pouvons donc dire avec Safa Khemiri que « Les ONG islamiques ont le droit de percevoir la zakat en raison de leurs actions sociales et humanitaires à l'égard des populations musulmanes » (Khemiri, 2022, p. 32).

La FAIB du Burkina Faso, en sa qualité de structure faîtière, fait sienne la mobilisation effective de la zakat. « L'A.E.E.M.B. et le C.E.R.F.I. qui entendent organiser la frange intellectuelle de la communauté pour un engagement social plus affirmé, ont favorisé la création de cadres de réflexion ou d'organisations de la collecte et de la redistribution de la Zakat » (Bakayogo, 2008, p. 6). N. Bakayogo poursuit en affirmant que « le seul cadre qui [s'était] officiellement constitué pour s'occuper véritablement de la collecte et de la redistribution de la zakat au Burkina Faso [était] la Fondation Omar Ben Khattab (F.O.B.K.). »

Au cours des différents entretiens avec les premiers responsables de ces structures, il est ressorti que celles-ci jouent surtout un rôle de conseillères plus que de mobilisation. Le directeur de Baïtoul Maal, dans l'entretien n°14, nous a même conseillé de prendre contact avec Zakat House, située au sein du CERFI, qui est, « à ce jour la seule structure officiellement reconnue et qui est habilitée pour la mobilisation de la zakat » (entretien n° 14, Directeur de Baïtoul Maal).

Il faut rappeler que « jusqu'à la création de la Zakat House, il n'y existait pas une structure formelle dans le domaine. C'était plutôt de façon individuelle et personnelle. Certains prélevaient leurs Zakat et donnaient à qui ils veulent, souvent à des personnes non bénéficiaires » (DG Zakat House, 2023). Ce qui fait que « L'impact de la Zakat dans l'amélioration des conditions de vie des populations n'était pas visible. Egalement, plusieurs musulmans ont un déficit d'informations sur la Zakat. Donc par ignorance, beaucoup ne prélevait pas. Il y avait la nécessité de mettre en place la Zakat House. La Zakat House concerne l'ensemble des musulmans du Burkina Faso. C'est une institution financière à caractère social, d'envergure nationale. Elle a pour mission principale de collecter et de gérer les ressources de la Zakat. »

La « Zakat House » au Burkina Faso : une structure de collecte, de gestion et de distribution

La Zakat House, lancée officiellement en novembre 2020, est pour le moment présente dans la région du Kadiogo (ex Centre) dont Ouagadougou est le chef-lieu. La régionalisation, la provincialisation voire la communalisation, restent les ambitions dans la décentralisation de la Zakat House.

Pour l'ancien directeur général de la Zakat House du Burkina Faso, L. Sakandé, « La mission qu'on nous a assignée, est de travailler à ce qu'on puisse quitter d'une zakat de consommation courante vers une zakat d'investissement et de développement. Donc nous essayons d'utiliser ces ressources pour invertir durablement. Voilà un peu en matière d'organisation ce qu'on peut dire pour le moment. Pour un début, je dirai qu'on est satisfait, puisqu'on a senti que c'est quelque chose que les gens attendaient » (entretien n°12, DG Zakat House, réalisé le 21/02/2023).

Dans cette lancée, il fait comprendre que « beaucoup n'avaient pas les informations bien que remplissant les conditions pour s'acquitter de la zakat ». C'est pourquoi la Zakat House, pour le moment, met l'accent sur l'information et la sensibilisation et aussi la formation à l'acquittement de la zakat : « nous ne collectons pas seulement, nous sensibilisons, nous formons pour donner de plus amples informations sur la zakat en particulier et sur la religion de façon générale ». Le résultat de cette démarche « a permis à beaucoup de personnes de venir vers nous pour poser leurs préoccupations, mais en même temps pour verser leur zakat » (entretien n°12, DG Zakat House, réalisé le 21/02/2023).

Nous notons que « la Zakat House qui a un comité de collecte et un guichet permanent qui permet aux redevables de la zakat de venir verser leur aumône légale, n'est pas pour le CERFI seulement, mais elle appartient à toute la umma ». La Zakat House dispose aussi de collecteurs « qui sillonnent les marchés, les services (publics et privés) pour sensibiliser et/ou collecter la zakat pour les reverser au guichet » (entretien n°12, DG Zakat House, réalisé le 21/02/2023).

Son but est d'apporter une aide humanitaire aux ayants droits de la zakat et de combattre la pauvreté en accompagnant les populations nécessiteuses et dépendantes de l'aide humanitaire vers l'autonomie et le développement. Quant à ses différentes missions, nous pouvons citer la collecte des biens zakataires, la redistribution de ces biens qui se fait conformément à la sourate 9, verset 60, la formation et l'éducation. En effet, la Zakat House travaille à éduquer pour changer les comportements et les mentalités selon les principes islamiques du coran et de la sunna à travers les conférences, les émissions radios et télévisuelles, les brochures, les articles scientifiques, etc.
Officiellement, mais non encore connue par tous les musulmans, c'est la Zakat House qui est la structure institutionnelle qui s'occupe de la zakat.

En conclusion, nous pouvons dire que La Zakat House est à ses débuts. Il lui faut encore sensibiliser davantage et instaurer un climat de confiance des fidèles qui voudraient passer par elle pour atteindre les bénéficiaires.
En effet, l'aspect de confiance a été évoqué par un de nos informateurs de la Cour des Comptes. Celui-ci a fait remarquer que « cette notion de laïcité [du Burkina Faso] joue aussi sur cette structuration ce qui fait que les gens sont très prudents. Donc maintenant chacun gère comme il veut ».

A cela il ajoute que « tous ceux qui ont les moyens pour la zakat, ont déjà un entourage immédiat ; ils ont notamment des amis qui veulent bénéficier de la zakat. Ce qui fait que les gens choisissent d'abord autour de leur entourage avant d'aller remettre à des institutions autorisées ». Pour lui, « comme c'est un Etat laïc, l'Etat n'as aucun rôle à jouer pour le moment. Mais il souligne que « l'Etat peut jouer un rôle important en encourageant » (entretien n°5, un responsable financier à la Cour des Comptes en décembre 2021).
C'est sûrement pour prouver l'encouragement de l'Etat que le ministre en charge de l'économie et des finances a pris part au lancement de la Zakat House en novembre 2020.

« Pour le ministre Lassané Kaboré, la mise en place de la Zakat House, qui trouve son fondement dans le saint Coran, facilitera l'accomplissement du 3e pilier de l'islam et permettra de disposer d'un outil efficace de lutte contre la pauvreté. Tout en insistant sur l'importance et l'urgence d'une meilleure organisation de la Zakat, il a invité la communauté musulmane, notamment les responsables religieux, les imams, les organisations islamiques, les fidèles musulmans et les partenaires du Burkina Faso à œuvrer pour son rayonnement ».

L. Sakandé, imam au CERFI et Directeur Général de Zakat House fait cas des collecteurs de la zakat en mentionnant qu'ils sont bénéficiaires même s'ils ne sont pas dans une position de démunis, à partir du moment qu'ils collectent. A Zakat House, il y a « des collecteurs mobiles que nous avons recrutés qui sont chargés de sillonner les services publics et privés, les marchés et Yaars à la recherche de potentiels contribuables pour, non seulement, leur parler de la Zakat, son caractère obligatoire, ses conditions, mais aussi leur parler de la Zakat House, ses missions, ses objectifs, etc. Il s'agit également de les inviter à confier la gestion de leur Zakat à la Zakat House. Donc, ses derniers peuvent payer directement avec ces collecteurs et en retour, ils recevront un reçu de paiement. »

Par contre, la zakat ce n'est pas l'impôt, surtout dans un pays laïc. Le directeur de la Zakat House le dit clairement dans l'entretien n°12 : « C'est un impôt, mais c'est un impôt cultuel et religieux et notre pays étant laïc, on n'a pas ce pouvoir politique qui nous permet de collecter la zakat comme les agents de l'impôt collectent. Eux, ils ont un pouvoir de l'Etat, ils peuvent contraindre les gens ou les poursuivre pour prendre. Nous n'avons pas ce pouvoir-là. »

La Zakat House, institutionnalisée en 2020, s'organise pour une pratique efficiente de la zakat. Elle a, jusqu'ici, fait de belles réalisations, surtout dans le domaine du social.

KAM Miedome
Attaché de recherche
INSS/CNRST
Tél : 70 39 03 07
e-mail : miedomekamj@yahoo.fr

Références bibliographiques

Al-Qaradâwi Youssouf, 2002, Pourquoi l'islam ? Arrissala, France, 102 p.
Al-Qaradâwi Youssouf, 2003, Les grands rites de l'islam, Arrissala, France, 276 p.
Bakayogo Nouhoun, 2008, Aperçu sur les efforts d'institutionnalisation de la zakat au Burkina Faso : pour une nouvelle perspective d'organisation, in Atelier sur la gestion des ressources de la zakat et des awqaf dans le contexte de la lutte contre la pauvreté du 20-24 octobre 2008 à Ouagadougou, 17 p.
Bearman Peri, Bianguis Thierry, Bosworth Cliforth Edmund, Van Donzel Emeri et Heinrichs Wolfhart Peter, 2005, « Zakat » in Encyclopédie de l'Islam, Nouvelle édition, Leiden BRILL, p. 441-457

Krafess Jamal, 2005, « L'influence de la religion musulmane dans l'aide humanitaire », dans le volume 87, numéro 858, de International Review of the Red Cross, pp. 327-342
Khemiri Safa, 2022, L'assistance humanitaire et l'aide au développement de l'Arabie saoudite à l'Afrique subsaharienne : entre charité, prédication et intérêts politiques, Master Moyen-Orient, Vol.116-2022, « Mémoires électroniques, Université de Genève, 104 p.

Lahjouji Hamida, 2020, « L'institutionnalisation de la zakat : un chantier de lutte contre la pauvreté », Journal d'Economie, de Management, d'Environnement et de Droit (JEMED), ISSN 2605-6461 Vol 3. N°1, pp. 114-124
Machado Anna Carolina, Bilo Charlotte and Helmy Imane, 2018, “The role of zakat in the provision of social protection : a comparison between Jordan, Palestine and Sudan : https://ipcig.org/sites/default/files/pub/en/WP168_The_role_of_zakat_in_the_provision_of_social_protection.pdf, consulté le 21/12/2024

Mennani Maha, Attak El houssain. 2022, « Aperçu théorique sur la gouvernance des institutions de la Zakat, Recherches et Applications en Sciences Economiques et de Gestion », Vol 1, No 1, p. 21-36

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Burkina : Le projet de contrat-type de concession, de production et de distribution d'énergie électrique en cours de validation

Wed, 09/09/2026 - 00:07

Un atelier de validation du projet de contrat-type de concession, de production et de distribution d'énergie électrique se tient ce mardi 8 septembre 2026 à Ouagadougou. L'atelier est organisé par l'Autorité de régulation du secteur de l'énergie (ARSE). Il va servir de cadre pour présenter aux participants la version consolidée du projet de contrat et recueillir les contributions finales en vue de la validation du document.

Le contrat-type de concession, de production et de distribution vise à régir les activités de production et de distribution d'énergie électrique. En effet, dans le secteur de l'énergie, les opérateurs publics et privés exercent des activités de production, de transport, de distribution et de commercialisation d'énergie électrique. Pour pouvoir exercer ces activités, les opérateurs doivent conclure un contrat de concession avec l'autorité publique qui est le ministère de l'Énergie.

Il faut noter qu'en plus de la Société nationale d'électricité (SONABEL), il existe des acteurs privés qui exercent également des activités de production et de distribution d'énergie électrique. Le contrat-type vient donc organiser le fonctionnement de ces opérateurs et réglementer leurs relations avec l'autorité publique.

Valentin Zoungrana, directeur des affaires juridiques de l'ARSE

À en croire Valentin Zoungrana, directeur des affaires juridiques et du contentieux de l'ARSE, la législation en vigueur confère à l'institution l'attribution d'élaborer un projet de contrat-type. C'est ce à quoi elle s'est attelée du 11 au 13 mai 2026, au cours d'un atelier d'élaboration qui a réuni l'ensemble des opérateurs. Les échanges issus de cette rencontre ont permis de recueillir les contributions des participants et d'enrichir le projet de contrat type en vue de le consolider.

Yaya Soura, représentant du Président de l'ARSE

L'atelier du jour, qui réunit tous les acteurs du secteur de l'énergie, va permettre de procéder à l'examen et à la validation de ce document important pour le secteur de l'énergie. Venu représenter le président de l'ARSE, le conseiller technique Yaya Soura a rappelé l'importance du document en examen. « Le contrat type de concession est un instrument essentiel de régulation. Il contribue à clarifier les droits et obligations des parties, à présenter les conditions d'exercice des activités réglementées et à renforcer la sécurité juridique des relations entre l'autorité publique et les opérateurs », a-t-il souligné. Il a donc invité les participants à prendre activement part aux débats pour un document final de qualité en adéquation avec les attentes des différentes parties.

Armelle Ouédraogo/Dalilha Ky (stagiaire)
Lefaso.net

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Ouagadougou : Au quartier Karpala, des femmes font du sport une priorité pour leur santé

Wed, 09/09/2026 - 00:02

Deux fois par semaine, elles troquent les contraintes du quotidien contre des baskets, des maillots et quelques tours de terrain. Au terrain de l'AS Douanes, à Karpala, le club féminin Béog Néré rassemble des femmes de tous âges et de tous horizons. Elles sont convaincues que prendre soin de son corps, c'est aussi prendre soin de soi. Ici, l'effort physique se conjugue avec la bonne humeur, les rencontres et une solidarité qui dépasse largement les limites du terrain.

Il est un peu plus de 16h, au terrain de l'AS Douanes, à Karpala. Le soleil commence doucement à perdre de sa vigueur, mais sur le terrain, l'activité ne fait que commencer. Une femme arrive, puis deux, puis trois. Les maillots violets apparaissent progressivement dans le paysage poussiéreux. Quelques minutes plus tard, le terrain prend des allures de salle de sport à ciel ouvert. C'est un jour spécial pour les femmes du club Béog Néré. Elles se réunissent spécialement pour célébrer six années d'endurance et de régularité dans le sport. Pour l'occasion, elles sont environ une trentaine.

Les sportives discutent, plaisantent et se mettent en place. Certaines ont déjà commencé à marcher. D'autres prennent encore quelques instants pour souffler avant de se lancer puis le mouvement devient collectif. Les pas s'accélèrent. Les unes suivent les autres. Sur la terre rouge, les baskets soulèvent légèrement la poussière. Chacune avance selon ses capacités, avec cette petite dose d'encouragement qui vient du groupe. Dans ce décor simple, ces femmes arrivent à rendre l'environnement énergique.

Quand le terrain devient un rendez-vous de bien-être

À l'origine du club Béog Néré, il y a une préoccupation toute simple : le bien-être. L'initiatrice du club, Dr Gisèle Nongana Yaméogo, raconte que l'aventure a commencé par la marche, avant de prendre progressivement la forme d'un véritable regroupement féminin. « L'idée est née suite à un souci de bien-être qui nous a amenées à pratiquer une activité physique régulière à travers la marche. Nous avons eu un coach volontaire qui nous a accompagnées dans cette activité. Et dans le souci de faire profiter le maximum de femmes et de promouvoir l'activité physique, nous avons pensé à créer un club de sport avec les femmes », explique-t-elle.

Dr Gisèle Nongana Yaméogo est l'initiatrice de cette activité sportive

Depuis septembre 2020, les rendez-vous sont devenus une habitude. Les membres se retrouvent normalement les mercredis et vendredis, de 18h à 20h. Pendant les vacances, lorsque les femmes disposent de davantage de temps, une troisième séance est ajoutée le lundi. À 18h, le programme commence généralement par la marche. Trois tours de terrain constituent le minimum annoncé. Mais certaines vont beaucoup plus loin. « Il y en a qui arrivent à faire 20 tours de terrain en marche rapide », souligne l'initiatrice. Lorsque le coach arrive, place aux exercices. Les corps se mettent en mouvement, les bras montent, les jambes travaillent. Les anciennes connaissent déjà certains enchaînements, tandis que les nouvelles observent et reproduisent les mouvements. La séance se termine généralement par 15 à 30 minutes d'abdominaux.

Et dans cet exercice collectif, chacune semble avoir trouvé sa propre motivation. Pour Yvette Ki/Ouédraogo, membre du club, la première raison est directement liée à la santé. Avec les années, dit-elle, il devient nécessaire de prendre davantage soin de son corps. Elle a surtout découvert que son organisme lui-même pouvait lui rappeler l'importance de la régularité.

« Dans la semaine, quand je rate une séance, je sens des courbatures et je ne suis pas bien dans ma peau. Pour ma propre santé, cela m'oblige à revenir faire du sport. Depuis que j'ai commencé le sport au club Béog Néré, le changement est énorme et je me sens très bien », confie-t-elle. La marche est d'ailleurs son moment préféré. Même en dehors des séances du club, elle poursuit cette activité dans son quartier. Pour elle, le sport est devenu une affaire d'organisation. Il faut lui réserver une place dans son emploi du temps, au même titre que les autres obligations. Son entourage a également appris à composer avec cette nouvelle habitude. Sa petite-fille l'accompagne régulièrement au terrain et son mari n'hésite pas à lui rappeler l'heure de la séance.

Pour Aïcha Sana, chargée de l'organisation du club, le sport répond aussi à une logique d'accessibilité. « Pour moi, le sport est un moyen formidable et moins cher de m'investir dans sa santé. Avec la motivation du groupe, on arrive à beaucoup se donner. Ici, j'ai fait de nouvelles rencontres. Ce club est plus qu'un lieu d'entraînement, c'est un lieu de partage et d'épanouissement », témoigne-t-elle. Aïcha Sana apprécie particulièrement les exercices au sol. Mais au-delà de l'activité physique, elle insiste sur l'atmosphère qui règne entre les participantes. Pas de compétition entre anciennes et nouvelles, pas de jugement sur les performances de chacune. Le coach accompagne tout le monde et chacune évolue progressivement.

« Pour moi le sport c'est un moyen formidable et moins cher de m'investir dans sa santé », indique Aïcha Sana, chargée de l'organisation au niveau du club Béog Néré

Béatrice Balkoulga/Soalla partage cette perception. Pour elle, le sport permet de « rester jeune », aussi bien physiquement que mentalement. Le fait de voir des femmes de plus de 40, 50 ou 60 ans participer aux séances constitue, à ses yeux, une source supplémentaire de motivation. Mais intégrer le sport dans une vie déjà chargée n'est pas toujours évident. Travail, famille, tâches domestiques : les journées sont parfois longues. Il faut donc apprendre à faire une place à cette activité. « Après le service, il faut rapidement gérer les activités de la maison avant de venir sur le terrain, donc il faut s'organiser », reconnaît-elle. Et quand une membre manque à l'appel, son absence ne passe pas toujours inaperçue.

De l'exercice physique à une véritable famille

Au fil des années, Béog Néré a progressivement dépassé le simple cadre d'un club de sport. Les participantes sont venues avec leurs corps à entretenir et sont finalement reparties avec des relations humaines à construire. La plupart habitent Karpala. D'autres viennent de quartiers plus éloignés.

Avant Béog Néré, certaines se croisaient à l'école des enfants, à l'église, à la mosquée ou dans le voisinage, sans véritablement se fréquenter. Le sport leur a offert un espace pour apprendre à se connaître. « Nous nous voyions dans le quartier, à l'école des enfants, à l'église, à la mosquée, on se saluait sans se côtoyer. Mais avec ce club, on se fréquente et on se rend mutuellement service. C'est un élan de solidarité qui est né », raconte l'initiatrice, Dr Gisèle Nongana/Yaméogo. Cette solidarité n'est pas seulement un discours. Elle s'est manifestée dans des moments difficiles, notamment lorsqu'un membre tombe malade ou traverse une situation sociale compliquée.

Mariam Bara Zèba en a fait l'expérience. Elle avait découvert le club presque par hasard, alors qu'elle faisait de la marche avec une belle-sœur. Les femmes réunies avec leur coach l'ont invitée à participer. Elle a accepté et, progressivement, le terrain est devenu un rendez-vous important. « J'avais des courbatures, des maux de genoux et l'articulation de la main gauche qui me faisait mal, mais avec le sport, ces maux ont disparu sans que je m'en rende compte. Notre coach aime dire que le sport est gratuit et que si on ne s'y met pas, cela coûtera cher d'aller voir un médecin », témoigne-t-elle.

Son attachement au club s'est surtout renforcé lorsqu'elle est tombée malade l'année dernière. Incapable d'enseigner pendant une grande partie de l'année, elle a reçu le soutien des autres membres. Elles ont pris de ses nouvelles, effectué une collecte, cherché des solutions et lui ont rendu visite. « J'avais les larmes aux yeux et tout le monde était content dans ma famille. Donc, il y a une bonne solidarité qui règne entre nous », confie-t-elle avec émotion. Cette histoire résume peut-être à elle seule ce qu'est devenu le club Béog Néré au fil des ans. Un endroit où l'on vient d'abord pour marcher, transpirer et travailler ses muscles, mais où l'on finit aussi par trouver des personnes sur lesquelles compter.

Yvette Ki Ouédraogo (à droite de l'image) et Mariam Bara Zèba (à gauche de l'image) apprécient l'ambiance et la solidarité du club

Adélaïde Emma Paré Ki, qui a intégré le club il y a deux ans parle, elle aussi, d'une « famille » créée au fil des séances. Les contraintes professionnelles et familiales l'empêchent parfois d'être présente, mais l'envie de retrouver le groupe finit souvent par prendre le dessus. « Ce n'est pas évident de trouver du temps entre le travail et la famille, mais tout dépend de la place que l'on accorde au sport dans sa vie. On se dit donc que rien ne peut être au-delà de son bien-être à travers le sport », estime-t-elle.

Béog Néré accueille ainsi des femmes aux profils très différents. Des femmes au foyer, enseignantes, juristes, médecins, infirmières et bien d'autres. L'absence de distinction participe à la convivialité du groupe. Une fois les tenues de sport enfilées, toutes se retrouvent avec le même objectif de bouger. Le club compte généralement entre une douzaine et une trentaine de participantes par séance. L'adhésion est fixée à 2 000 francs CFA, avec une contribution mensuelle de 1 000 francs CFA par personne. Une participation qui permet au groupe de fonctionner tout en maintenant l'activité accessible.

Béatrice Balkoulga Soalla, (à gauche de l'image) a décidé de faire du sport avant qu'un médecin ne lui conseille cela. Adélaïde Emma Paré Ki (à droite de l'image) a intégré le club il y a deux ans

Pour Dr Gisèle Nongana Yaméogo, l'enjeu est désormais d'amener davantage de femmes à franchir le pas. La mobilisation reste parfois difficile. Certaines viennent une fois puis disparaissent, d'autres ont besoin d'être régulièrement relancées. Mais le groupe poursuit son travail de sensibilisation, notamment à travers les réseaux sociaux.

Son message aux femmes qui estiment ne pas avoir le temps ou les moyens de faire du sport est sans détour : il faut considérer l'activité physique comme une nécessité quotidienne. « À une femme qui dit qu'elle n'a pas le temps ou les moyens de faire du sport, je lui dis de considérer le sport comme la nourriture ou les nutriments bénéfiques au corps. Cela doit faire partie de notre quotidien et il faut faire l'effort de sortir bouger deux ou trois fois dans la semaine », plaide-t-elle.

Sur le terrain de l'AS Douanes, les femmes courent, marchent, rient, transpirent et recommencent les mouvements. Certaines arrivent fatiguées par leur journée de travail, mais repartent le visage détendu. Les difficultés du quotidien ne disparaissent évidemment pas au terme des deux heures de séance mais semblent toutefois plus légères à porter. Et lorsque le corps s'habitue au mouvement, son absence finit même par se faire sentir. « Là où il y a le mouvement, il y a la vie », aime rappeler l'initiatrice du club.

Ce 6 septembre 2026, le club Béog Néré a marqué ses six années d'existence durant lesquelles des femmes ont fait du terrain de sport un espace de bien-être, mais aussi un lieu de rencontres, d'entraide et de solidarité. Six années à marcher, courir, transpirer et surtout à avancer ensemble en toute positivité.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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Génération pressée : Le piège de la réussite à tout prix

Wed, 09/09/2026 - 00:00

Il fut un temps où l'on disait qu'il fallait semer avant de récolter. Aujourd'hui, beaucoup veulent surtout récolter avant même d'avoir acheté les semences. On veut réussir vite, très vite, immédiatement. On ne veut plus développer une entreprise, on veut devenir millionnaire avant même d'avoir trouvé ses premiers clients.

Les réseaux sociaux n'arrangent rien. Chaque jour, nous défilons devant des images de réussite de personnes qui exhibent voitures de luxe, voyages, villas, montres coûteuses et liasses de billets. Ce que nous voyons rarement, ce sont les années de travail, les sacrifices et les nuits blanches qui ont précédé ces succès. Beaucoup comparent donc leur premier chapitre au vingtième chapitre de quelqu'un d'autre.

Des jeunes diplômés rêvent de devenir directeurs après quelques mois de travail et certains entrepreneurs veulent des bénéfices avant même d'avoir compris leur marché. D'autres changent constamment de projet parce qu'ils estiment que le précédent ne produit pas de résultats assez vite.

Les grands sportifs et les artistes passent des années à s'entraîner et y ravaillent longtemps avant de devenir célèbres. Les entreprises solides mettent parfois plusieurs années avant d'atteindre leur vitesse de croisière. Même le baobab, symbole de force et de longévité, ne pousse pas en une saison des pluies.

C'est bien de vouloir réussir. C'est même une ambition légitime. Le problème est de croire qu'aller vite est souvent la meilleure chose à faire. Comme dirait l'autre, le temps n'est pas l'ennemi du succès ; il en est l'un des principaux ingrédients.

À vouloir aller trop vite, certains prennent des raccourcis dangereux. Personnellement, je me méfie des raccourcis. Que ce soit en circulation et dans la vie professionnelle. Arnaques, corruption ou enrichissement douteux prospèrent souvent sur cette obsession du résultat immédiat.

Paradoxalement, ceux qui finissent souvent par réussir durablement sont justement ceux qui acceptent la lenteur du processus. Ils comprennent qu'une réputation se construit et qu'une carrière se développe étape par étape.

Nous voulons tous réussir mais sommes-nous prêts à payer le prix du temps nécessaire à une réussite durable ?

Car après tout, si l'on peut préparer des omelettes en trois minutes, personne n'a encore trouvé le moyen de faire pousser un manguier en trois semaines. Et heureusement. Sinon, même les mangues auraient fini par perdre leur goût.

HFB
Lefaso.net

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Lutte contre les fake news : La BCLCC se dote d'un studio pour renforcer la sensibilisation des internautes

Tue, 08/09/2026 - 22:54

La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) renforce son dispositif de prévention face aux menaces liées à l'utilisation du numérique. Un studio multimédia dédié à la production de contenus de sensibilisation a été inauguré, dans l'après-midi du mardi 8 septembre 2026, par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana.

Cette nouvelle infrastructure se veut un outil de proximité pour mieux informer les populations sur les risques liés au numérique. Équipé de matériels audiovisuels modernes, le studio permettra notamment à la BCLCC de produire et de diffuser des contenus pédagogiques destinés à sensibiliser les citoyens.

La lutte contre les fausses informations figure au cœur des missions assignées à cette nouvelle plateforme. Des capsules audiovisuelles seront ainsi consacrées à la déconstruction des fake news et à la vérification de l'information, dans le but d'aider les internautes à développer de meilleurs réflexes face aux contenus qui circulent sur les réseaux sociaux.

Au-delà de la désinformation, le studio servira également à aborder différentes problématiques liées à la cybersécurité. Les populations pourront être sensibilisées aux risques auxquels elles s'exposent dans leur utilisation quotidienne des outils numériques, mais aussi aux comportements à adopter pour mieux protéger leurs données et leurs comptes.

Pour la BCLCC, cette initiative répond à la nécessité d'adapter la lutte contre la cybercriminalité à l'évolution rapide des usages numériques. La prévention et l'éducation apparaissent ainsi comme des moyens essentiels pour réduire la vulnérabilité des citoyens face aux différentes menaces en ligne.

À travers des contenus accessibles et adaptés aux réalités des populations, la brigade entend également promouvoir une utilisation plus responsable des technologies de l'information et de la communication.

L'objectif est de favoriser l'émergence d'une véritable culture de cybersécurité et de renforcer la vigilance collective.

Lefaso.net
Source : Page facebook du ministère de la Sécurité

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