La ministre en charge de la solidarité, le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, a présenté le bilan officiel de la campagne nationale Deme Sira, lancée le 14 novembre 2025. Le bilan a été fait ce mercredi 25 mars 2026 à Ouagadougou en présence de la presse.
Placée sous le signe de la solidarité nationale, la campagne Deme Sira visait à mobiliser des ressources au profit du fonds d'assistance sociale et de solidarité nationale, dans un contexte marqué par d'importants défis humanitaires et sociaux.
Selon la ministre, l'initiative a suscité un véritable élan de solidarité sur l'ensemble du territoire. Entreprises, institutions publiques et privées, organisations de la société civile, autorités coutumières et religieuses, jeunes, femmes, diaspora et citoyens anonymes ont répondu à l'appel avec engagement.
Plusieurs activités majeures ont marqué cette campagne. La caravane de la solidarité a sillonné les 13 régions du pays afin de sensibiliser les populations et mobiliser les contributions. La semaine thématique de la solidarité a permis d'organiser des panels, des communications et des visites de terrain en faveur des personnes vulnérables. À cela s'ajoutent le concours sur les initiatives endogènes de solidarité, qui a mis en valeur les actions communautaires sans oublier le gala de la solidarité, point d'orgue de la campagne, marqué par la mobilisation des parrains, marraines et donateurs.
Sur le plan financier, la campagne a permis de mobiliser un montant global estimé à 1 132 254 212 francs CFA. Ce total comprend 635 473 509 francs CFA de contributions financières qui proviennent des citoyens, des régions, du secteur privé et des partenaires, ainsi que 496 780 703 francs CFA de dons en nature, essentiellement constitués de vivres et de produits de première nécessité. L'État burkinabè a également contribué à hauteur de 125 millions de FCFA pour soutenir la mise en œuvre des activités. Par ailleurs, la vente aux enchères de tableaux réalisés par des enfants déplacés internes et des blessés en opération a permis de mobiliser 11 millions de FCFA, un montant qui sera entièrement reversé aux bénéficiaires.
Plus de 14 millions de Burkinabè ont participé à la campagneSelon la ministre, les ressources mobilisées seront consacrées à des actions concrètes en faveur des personnes les plus vulnérables.
« Les ressources collectées ainsi que les dons en nature seront orientées vers la prise en charge des personnes et des ménages les plus vulnérables, à travers des actions concrètes et à fort impact social. À ce titre, plusieurs interventions prioritaires seront mises en œuvre notamment la réalisation, la réhabilitation et l'équipement d'infrastructures sociales de base dédiées à l'encadrement, à la protection et à la capacitation des personnes vulnérables, notamment les Orphelins et enfants vulnérables (OEV), les Personnes handicapées (PH), les personnes âgées (PA) ainsi que les ménages pauvres et en situation de détresse ; la promotion de l'inclusion socioéconomique à travers la mise en place d'activités génératrices de revenus, l'octroi de kits d'installation (agriculture, élevage, artisanat, petits métiers) et le développement d'opportunités d'emploi au profit des personnes vulnérables ; la réalisation et le renforcement d'infrastructures communautaires et d'initiatives d'appui à la réinstallation, à la stabilisation et au relèvement des Personnes déplacées internes (PDI), en vue de consolider leur retour et leur intégration socioéconomique ainsi que le soutien à l'accès aux soins de santé des personnes vulnérables, notamment la prise en charge des cas de maladies graves chez les personnes indigentes et le renforcement de l'appui aux formations sanitaires pour l'amélioration de la prise en charge des personnes pauvres et vulnérables », a déclaré la ministre.
Une deuxième édition est prévue en 2027 selon la ministre en charge de la solidarité nationaleAu-delà des résultats financiers, la ministre a insisté sur le principal acquis de la campagne qui est l'élan de solidarité nationale qu'elle a suscité. En effet, plus de 14 millions de Burkinabè se sont mobilisés autour des valeurs de partage, de cohésion sociale et de solidarité.
Fort de cette mobilisation, le gouvernement a décidé d'inscrire Deme Sira dans la durée. Une deuxième édition est prévue en 2027.
« Nous avons décidé d'inscrire cette initiative dans la durée. La deuxième édition de Deme Sira sera lancée en 2027. Elle visera à élargir davantage la base des contributeurs, à renforcer les mécanismes de transparence et à consolider cette dynamique comme un rendez-vous national de solidarité. Notre ambition est de faire de Deme Sira un symbole durable de cohésion, un repère moral et un instrument structurant au service des plus vulnérables. Deme Sira a démontré que le Burkina Faso demeure une nation debout, capable de transformer les défis en opportunités d'engagement collectif », a conclu la ministre en charge de la solidarité nationale, le lieutenant colonel Pélagie Kaboré.
Hanifa Koussoubé
Lefaso.net
Le Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS) s'est ouvert ce mercredi 25 mars 2026 à Ouagadougou sous la présidence du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré. Prévu sur 3 jours, ce cadre de concertation réunit près de 400 participants nationaux et internationaux autour du thème : “Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du plan national de développement 2026-2030”.
Cette rencontre première du genre entend poser les bases d'une nouvelle approche du financement de la santé au Burkina Faso, dans un contexte où les besoins restent importants malgré les efforts budgétaires déjà consentis. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a inscrit les échanges dans une dimension humaine, rappelant que derrière les statistiques se trouvent des réalités quotidiennes vécues par les populations. « Au cours des travaux, nous examinerons des chiffres, des tableaux et des graphiques. Mais derrière ces réalités statistiques, il y a des visages », a-t-il déclaré, évoquant en exemple « le visage de cette mère qui marche des kilomètres pour faire vacciner son enfant, celui de ce père qui vend son bétail pour payer une intervention chirurgicale, ou encore celui de cette grand-mère obligée de choisir entre acheter ses médicaments et nourrir ses petits-enfants ».
Pour le chef du gouvernement, la question du financement de la santé dépasse la seule dimension budgétaire. Elle touche directement à la capacité de l'État à garantir à chaque citoyen un accès effectif aux soins. « La santé mérite une attention toute particulière », a-t-il affirmé, avant de rappeler plusieurs réformes engagées ces dernières années sous l'impulsion des autorités burkinabè. Parmi ces réformes figure notamment le renforcement des capacités médicales nationales. Le Premier ministre a mis en avant le programme présidentiel 1000 x 5, conçu pour former chaque année mille médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. « Cet ambitieux programme permettra à notre pays de disposer à l'horizon 2030 de plus de 5 000 spécialistes supplémentaires », a-t-il indiqué. Il a précisé qu'à la fin de l'année 2025, environ 2 000 médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes généralistes avaient déjà été recrutés et mis en formation, tandis que près de 200 assistants hospitalo-universitaires ont également rejoint le dispositif.
“Nous allons désormais fixer nous-mêmes nos priorités en matière de santé pour nos populations”, a indiqué le Premier ministreMalgré ces avancées, le gouvernement reconnaît que les défis restent considérables. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a souligné que le budget alloué au ministère de la Santé, bien qu'en progression, demeure insuffisant face aux besoins croissants du secteur. « Le budget alloué au ministère de la Santé s'est établi à 12 %. Bien qu'insuffisant, ce budget est déjà exceptionnel au regard du contexte sécuritaire et humanitaire que nous vivons », a-t-il expliqué. Cette enveloppe budgétaire, jugée importante dans le contexte régional, ne suffit cependant pas à réduire de manière significative les charges supportées directement par les ménages. Le Premier ministre a rappelé que plus d'un tiers des dépenses de santé au Burkina Faso continue d'être financé directement par les familles. « Pour beaucoup de familles, une maladie grave signifie encore aujourd'hui le choix impossible entre se soigner et se nourrir », a-t-il insisté.
Au cœur des discussions ouvertes ce 25 mars se trouve donc la volonté d'orienter le pays vers une souveraineté sanitaire affirmée. Pour le chef du gouvernement, cette ambition suppose une rupture avec certains schémas de dépendance extérieure. « Ce temps doit être à jamais révolu, car la souveraineté sanitaire est au cœur du projet de transformation nationale que nous portons. Nous allons désormais fixer nous-mêmes nos priorités en matière de santé pour nos populations », a-t-il affirmé.
Selon Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, il faut travailler à faire en sorte que le niveau de financement de la santé au Burkina soit davantage conséquentLa production locale constitue un autre pilier de cette orientation. « Nous allons produire localement les médicaments essentiels, les équipements et les consommables dont nous avons besoin », a-t-il annoncé, estimant que l'importation massive des médicaments fragilise la capacité nationale de réponse. Il a rappelé que plus de 90 % des médicaments utilisés dans le pays restent importés. « Comment pouvons-nous parler de souveraineté quand nous importons plus de 90 % de nos médicaments ? » a-t-il interrogé ajoutant que le médicament doit être un produit de dignité et non un objet de dépendance.
Des travaux riches
Le ministre de la santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, dans ses échanges avec la presse à l'issue de la cérémonie, a précisé l'architecture des travaux prévus durant les trois jours du forum. Selon lui, trois grands axes structurent les discussions. « Le premier axe est en rapport avec la souveraineté sanitaire », a expliqué le ministre, en insistant sur la nécessité d'un meilleur alignement des partenaires techniques et financiers sur les priorités nationales. « Les partenaires doivent s'aligner sur les priorités de notre pays. Il y a un travail déjà fait, mais nous avons encore des gaps », a-t-il déclaré. Le deuxième axe concerne la mobilisation des ressources financières. Là encore, les autorités reconnaissent les progrès réalisés tout en admettant que des marges d'amélioration subsistent. « Le Burkina fait déjà fort dans ce domaine. C'est 12 % du budget de l'État alloué au ministère de la Santé. Ils sont très rares, les pays de la sous-région qui consacrent ce niveau de financement à la santé », a rappelé le ministre. Mais au-delà du volume des ressources, l'enjeu porte également sur leur utilisation. « Il ne s'agit pas seulement de mobiliser davantage de ressources, mais aussi d'en faire une utilisation efficiente », a-t-il souligné. Le troisième axe porte sur la protection des populations à travers les mécanismes de gratuité des soins et le déploiement progressif du régime d'assurance maladie universelle. « Il faut travailler à faire en sorte que le niveau de financement de la santé soit davantage conséquent », a déclaré le ministre, rappelant qu'environ 44 % des dépenses de santé sont encore assumées directement par les ménages burkinabè.
Durant les trois jours de travaux, près de 400 participants sont attendus autour de tables rondes, panels techniques et conférences thématiques. Plusieurs délégations étrangères prennent part aux discussions, notamment venues du Sénégal, de Gambie, de Sierra Leone, du Tchad, du Mali, ainsi que d'autres pays africains. Le ministre de la santé a également évoqué la participation de responsables de haut niveau d'organisations internationales, dont des représentants de l'Organisation mondiale de la santé pour la région Afrique. Cette présence traduit, selon lui, l'intérêt porté aux choix stratégiques engagés par le Burkina Faso dans le domaine du financement sanitaire. Le forum devrait aboutir à des propositions concrètes destinées à améliorer la soutenabilité financière du système sanitaire national, dans un contexte marqué par la recherche d'un équilibre entre souveraineté, efficacité budgétaire et protection sociale.
Le forum est parrainé par le ministre de l'économie et des finances Aboubakar Nacanabo, dont l'intervention a eu lieu au cours des travaux inauguraux sur les questions liées à la mobilisation des ressources.
Farida Thiombiano
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Les reins jouent un rôle essentiel dans l'organisme. Ils filtrent le sang, éliminent les déchets et régulent l'équilibre en eau et en minéraux. Pourtant, ils sont souvent négligés jusqu'à l'apparition de problèmes comme l'insuffisance rénale. Une bonne alimentation peut pourtant contribuer à les protéger efficacement.
Depuis quelques années, on assiste à un nombre sans cesse croissant des maladies rénales au Burkina Faso. Ces maladies sont généralement liées à des maladies chroniques comme l'hypertension artérielle et le diabète, mais aussi à de mauvaises habitudes alimentaires, à l'automédication et parfois à une hydratation insuffisante. A en croire la diététicienne Yasmine Ouédraogo/Zerbo, l'alimentation occupe une place centrale dans la prévention des maladies rénales. Elle soutient qu'une alimentation équilibrée, riche en aliments naturels et variés, aide l'organisme à fonctionner correctement et réduit les facteurs de risque qui peuvent endommager les reins.
Elle recommande de privilégier les aliments locaux riches en nutriments et d'augmenter la consommation des céréales locales telles que le riz, le mil, le sorgho, le maïs, l'avoine, etc... Les fruits frais bio comme les agrumes, la mangue, la papaye, la pastèque ou encore les raisins sont à consommer avec entrain. Dans la mesure du possible, il est recommandé de privilégier les fruits et légumes bio ou issus de l'agriculture locale, cultivés avec peu ou sans produits chimiques, fait savoir Yasmine Zerbo.
Aussi, les légumes riches en fibres, notamment les légumes feuilles comme la laitue, koumvando, oseille, amarante, épinards sont bons pour les reins. L'ail et le gingembre, connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires ne sont pas non plus à négliger. La diététicienne ajoute que les aliments riches en fibres favorisent une bonne digestion. Ils contribuent donc à améliorer la circulation sanguine, réduire l'inflammation et soutenir le bon fonctionnement des reins.
Les produits frais tels que la tomate, le gombo, les feuilles vertes, l'aubergine africaine, le concombre, la mangue ou la papaye constituent une excellente base pour une alimentation saine. Selon la diététicienne, consommer des produits bio ou naturels permet de réduire l'exposition aux pesticides et aux substances chimiques et de bénéficier d'aliments plus riches en vitamines et en antioxydants. Elle souligne l'importance de bien laver les fruits et légumes avant leur consommation, surtout lorsqu'ils sont consommés crus.
Si la consommation de certains aliments est fortement encouragée parce que contribuant à la bonne santé des reins, d'autres aliments par contre sont à limiter. En effet, certaines habitudes alimentaires peuvent surcharger les reins et favoriser le développement des maladies rénales. C'est pourquoi la diététicienne recommande de limiter l'excès de sel dans les repas, les aliments trop sucrés, les aliments trop gras, notamment les fritures et les plats très riches en huile, les produits transformés et industriels, la consommation excessive de viande rouge ainsi que les boissons alcoolisées.
Elle indique que l'usage fréquent et non contrôlé de certains médicaments anti-inflammatoires peut endommager les reins. " L'automédication doit donc être évitée et les médicaments doivent être pris uniquement sur prescription médicale" avise-t-elle.
L'hydratation occupe également une place importante dans la bonne santé des reins. En effet, les reins ont besoin d'une bonne hydratation pour fonctionner correctement. Boire suffisamment d'eau aide à éliminer les toxines et les déchets de l'organisme. " Dans un pays chaud comme le Burkina Faso, il est recommandé de boire régulièrement de l'eau potable tout au long de la journée, surtout pendant les périodes de forte chaleur", préconise Yasmine Zerbo.
En somme, pour protéger les reins, la diététicienne invite à boire suffisamment d'eau chaque jour (au moins 2L), réduire la consommation de sel, consommer davantage de fruits et légumes frais, de préférence bio, privilégier les aliments naturels et locaux, pratiquer une activité physique régulière, surveiller régulièrement la tension artérielle et la glycémie et éviter l'automédication.
Armelle Ouédraogo
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