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Updated: 3 hours 49 min ago

De la puanteur à la beauté : À Karpala, un ancien dépotoir renaît en espace culturel et touristique

Mon, 02/02/2026 - 23:30

Il y a encore quelques années, personne ne s'arrêtait ici. On passait vite, sans oser tourner le regard. Le dépotoir de Karpala, situé dans l'arrondissement 11 de la ville de Ouagadougou, était une balafre à ciel ouvert, jonchée d'incalculables déchets. Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, le même site, métamorphosé par Ibrahim Komi, accueille des œuvres d'art et des animaux sauvages. Les visiteurs, qui affluent en grand nombre, ne tarissent pas d'éloges.

L'idée est venue d'un citoyen burkinabè, un artiste plasticien nommé Ibrahim Komi. Passionné d'art, de culture, et animé par l'amour de faire valoir le savoir-faire endogène, il a décidé de changer le visage de ce dépotoir à ciel ouvert. Sur une superficie d'environ 5 700 m2, l'ex-dépotoir, désormais appelé « Espace Komi », sis au quartier Karpala dans l'arrondissement 11 de Ouagadougou, accueille de nombreux visiteurs depuis sa métamorphose.

Dès l'entrée du site, des statuettes d'animaux (éléphants, zèbres, etc.) accueillent fièrement les visiteurs. Sur les lieux, on constate la présence d'oiseaux, de chacals, de singes, de chevaux, de babouins de paons et même de serpents. Tous importés, inoffensifs, mais quand même enfermés dans des cages.

Juste à quelques mètres de l'entrée, une chute d'eau semblable à une cascade fait le bonheur des touristes. Là, enfants et adultes jouissent au maximum de la fraîcheur et de la douceur de l'eau qui jaillit. Certains visiteurs en profitent pour faire quelques clichés. Plus loin, un yacht dont une piscine rive la devanture est mis à la disposition des visiteurs. Toujours en construction, cette partie du site semble déjà vivante car elle attire les curieux. À vue d'œil, on devine déjà ce que sera bientôt ce lieu : un espace de détente et d'évasion.

« Je ne le fais pas pour de l'argent, je le fais pour l'amour que j'ai pour mon pays et pour donner cette image de créativité à notre très cher pays », indique Ibrahim Komi, propriétaire de l'Espace Komi.

Le dépotoir a longtemps été une poubelle officieuse. Un lieu où déchets ménagers et carcasses d'animaux s'empilaient. « Le coin était un grand dépotoir. Il n'était pas rare de trouver de la viande pourrie emballée dans un sac. Tous les riverains de Karpala pourraient témoigner sur ce cadre autrefois délaissé, qui n'était pas du tout fréquentable », se souvient encore Ibrahim Komi, géniteur de l'Espace komi.

À l'entendre, la présence des nombreux visiteurs est source de motivation et confirme la qualité de son chef-d'œuvre. Il invite donc l'ensemble des citoyens à donner une seconde chance aux endroits abandonnés qui, non seulement, représentent un grand danger pour les populations, mais ternissent aussi l'image du pays.

Aperçu du site.

Un projet qui avance lentement mais sûrement

Officiellement, le site n'est pas encore ouvert. Il est encore en chantier. Sur ce plan, le concepteur du projet a fait comprendre qu'il le réalise sans aucune aide extérieure. Et, à ce titre, il lui est difficile de donner un délai de finition du projet.

« Je travaille sur fonds propres. Il n'y a pas de budget spécifique dédié au site. Il faut se faire des revenus ailleurs afin de venir investir et pousser les limites d'avancement. J'avance en fonction de la mobilité de mon activité principale qui est l'art », poursuit Ibrahim Komi.

Néanmoins, les Burkinabè peuvent déjà profiter des réalisations déjà faites, en attendant la fin des travaux. Actuellement, les prix pour avoir accès au site s'élèvent à 500 francs CFA pour les adultes et 300 francs pour les enfants.

Harouna Zèba, agent commercial d'Art Komi.

À notre arrivée sur les lieux, nous avons été accueillis par Harouna Zèba, agent commercial de « Art Komi », qui nous a fait visiter le site. Lors de cette séance, l'agent commercial a expliqué brièvement l'idée de l'Espace Komi. Pour lui, le but n'est pas d'en faire un simple jardin, mais plutôt un véritable lieu de découverte où chaque visiteur peut se retrouver.

« L'idée n'est pas de faire de ce lieu un simple jardin, mais plutôt un espace culturel, pour permettre aux enfants de découvrir les animaux », confie Harouna Zèba.

Venue pour découvrir le nouvel attrait du quartier Karpala, Angèle Zoungrana, étudiante à l'université Aube nouvelle, dit être éblouie par le beau paysage et les cascades.

Angèle Zoungrana, en visite sur le site.

« Je salue cette initiative car l'espace a une belle vue et est accompagné d'un air pur. Aussi, ce site va permettre à certaines personnes de voir des animaux qu'ils n'ont pas encore vus », a-t-elle apprécié.

Pour mémoire, l'Espace Komi est le produit de Komi Art, une entreprise spécialisée dans la réalisation d'art, de monuments, etc., qui est pilotée par Ibrahim Komi.

Muriel Dominique Ouédraogo
Jean Elysée Nikièma (stagiaire)
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Médias/Culture : « Certains me perçoivent comme un ennemi, quelqu'un qui croit tout savoir ou qui cherche à se poser en donneur de leçons » confie Malick Saga Sawadogo

Mon, 02/02/2026 - 23:26

Journaliste, éditorialiste et essayiste, Malick Saga Sawadogo est également le promoteur du média en ligne Kulture Kibaré. En 2025, il a publié l'ouvrage intitulé « Regard critique sur le secteur de la culture, des arts et du tourisme au Burkina Faso (2019-2024) ». Connu pour son franc-parler, il a accordé une interview à Lefaso.net, au cours de laquelle il s'est exprimé sans détour pendant plus d'une heure.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours académique et professionnel ?

Après l'obtention de mon baccalauréat en 2006, j'ai opté pour la filière des sciences sociales et humaines à l'université de Ouagadougou (actuellement université Joseph-Ki-Zerbo). J'ai été orienté précisément en sociologie. Il faut dire que l'université traversait de nombreuses difficultés, notamment entre 2008 et 2009, marquées par des grèves récurrentes. Pessimiste, j'ai d'abord séché les cours dans les amphithéâtres avant de suspendre quelques temps après en année de licence.

Face à cette situation, j'ai ressenti le besoin de m'engager dans une activité concrète. Je ne voulais plus retourner à l'université dans ces conditions exécrables. C'est ainsi que j'ai sollicité un stage dans un journal. Grâce à l'appui de certains amis, le stage m'a été accordé en décembre 2014. J'ai donc débuté en tant que stagiaire. Je touchais à tout.

Comme on le dit souvent dans le milieu, on apprend beaucoup « sur le tas », mais il est également préférable d'avoir une formation académique.
C'est pourquoi, parallèlement à mon activité professionnelle, j'ai postulé pour une bourse d'études. Ayant déjà le niveau licence en sociologie, j'ai pu bénéficier d'une bourse pour poursuivre une licence directe en journalisme multimédia que j'ai validée.

L'œuvre est disponible au prix de 10 000 F CFA.

J'ai commencé par exercer le journalisme généraliste avant de m'orienter progressivement vers la promotion de la culture, des arts et du tourisme, à partir de 2016. Aujourd'hui, je suis toujours en activité et j'envisage de poursuivre un master en management des médias. Toutefois, mes recherches d'instituts privés ou d'universités proposant cette formation et permettant une inscription aisée n'ont pas encore abouti. Je poursuis donc mes démarches dans ce sens.

Concernant la création de mon média, elle remonte au 2 septembre 2019. Avant cela, j'étais très engagé sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Après avoir exercé comme journaliste, j'ai démissionné en janvier 2017 pour occuper ailleurs le poste de rédacteur en chef d'un magazine. J'y ai travaillé pendant quatre mois avant de démissionner, en juin 2017.

À partir de juillet 2017, j'ai créé la page Facebook Kulture Kibaré, que j'animais régulièrement. Fort de mon parcours en journalisme, j'y publiais des comptes rendus et des prises de position personnelles. Progressivement, plusieurs personnes m'ont encouragé à créer un site professionnel, estimant que le contenu produit était riche et que ma plume méritait un cadre plus structuré. C'est ainsi qu'est née l'idée de créer un média spécialisé.

L'idée a mûri à partir de 2018, jusqu'à sa concrétisation en 2019. Le 2 septembre 2019, après avoir suivi les procédures administratives, obtenu le récépissé, puis déposé une copie au Conseil supérieur de la communication (CSC), Kulture Kibaré a officiellement vu le jour.

Nous publions très régulièrement des chroniques, parfois chaque lundi matin, parfois tous les deux ou trois jours. Il s'agissait majoritairement de tribunes et d'analyses, au point que certains percevaient le média comme un journal d'opinion. Notre ligne éditoriale allait au-delà du simple factuel : nous souhaitions offrir à nos lecteurs des clés de lecture pour mieux décrypter l'actualité culturelle.

Nous analysons les faits, proposons des réflexions, adoptons parfois un ton critique, voire virulent, dans l'objectif d'inviter le public à mieux apprécier les œuvres, les démarches artistiques et les actes posés par les acteurs culturels. Notre ligne éditoriale repose ainsi essentiellement sur l'analyse des faits culturels, artistiques et touristiques.

L'adresse mail de l'auteur : malickjackson@gmail.com

Pourquoi avez-vous décidé de devenir journaliste spécialisé dans la critique culturelle ?

Il faut reconnaître que, dans les actions comme dans les œuvres, il existe souvent des insuffisances. Aucune œuvre humaine n'est parfaite. Je ne suis pas parfait, et personne ne l'est.
Pour ma part, durant mes années universitaires, je fréquentais parallèlement l'école de musique « la Dernière Trompette ». J'y ai également appris à jouer de la guitare. J'avais déjà quelques notions en accompagnement musical et, à un moment donné, j'envisageais même de devenir artiste.

Mais, comme on le dit souvent, l'homme propose et Dieu dispose. Ma famille s'est opposée à ce projet de carrière musicale. Toutefois, les notions que j'avais acquises en musique m'ont été très utiles lorsque je suis arrivé dans le journalisme. Elles m'ont permis de comprendre que les médias faisaient parfois la promotion d'artistes dont les œuvres présentaient certaines lacunes. Fort de mes connaissances, j'ai alors ressenti le besoin d'apporter ma contribution, en soulignant non seulement ce qui fonctionnait, mais aussi ce qui pouvait être amélioré.

Par ailleurs, j'étais très proche des artistes. Je côtoyais régulièrement des musiciens qui accompagnaient de grandes vedettes de la musique burkinabè. J'ai eu l'impression qu'il existait de véritables ambassadeurs de la musique nationale, très peu médiatisés au niveau local, mais qui tournaient énormément à l'international, notamment en Europe. Des artistes comme Wendlavim Zabsonré, feu Ablo Zon ou encore Sylvain Dando Paré ont collaboré avec de grandes figures de la scène musicale mondiale.

Déjà à l'école de musique, cette question revenait souvent dans nos échanges : pourquoi ces artistes, pourtant reconnus à l'étranger, ne bénéficiaient-ils pas d'une véritable visibilité dans leur propre pays ? Lorsque je suis entré dans le journalisme, je me suis alors fixé comme objectif de mettre en lumière ces ambassadeurs culturels qui font la fierté du Burkina Faso à l'international, mais restent insuffisamment connus sur le plan national.

J'en ai parlé à mon directeur de publication de l'époque, Boureima Diallo, alors directeur de publication du quotidien d'information générale Notre Temps. Il a accueilli favorablement l'initiative. C'est ainsi que j'ai commencé par réaliser des portraits d'artistes musiciens.
En tant que stagiaire, je prenais contact avec les artistes grâce à mes encadreurs de musique, eux-mêmes musiciens chevronnés, habitués aux tournées et bien introduits dans le milieu. Une fois sur place, je menais des interviews et découvrais des parcours exceptionnels, pourtant méconnus du grand public local. En dehors du cercle restreint des artistes, ces musiciens restaient largement invisibles.

J'ai donc décidé de consacrer mon travail à leur valorisation à l'échelle nationale. J'ai commencé à produire régulièrement des portraits. À cette période, Paul-Miki Roamba, paix à son âme, mon collègue à Notre Temps que je salue respectueusement, relisait et corrigeait mes articles avant les correcteurs du journal. Son apport professionnel et ses corrections m'ont beaucoup aidé à affiner ma plume et à évoluer progressivement vers la critique.

Il s'agissait pour moi d'une critique journalistique, et non d'une critique académique ou esthétique. Je m'intéressais davantage à l'analyse des enjeux, des actions et des actes, plutôt qu'à une lecture purement artistique des œuvres. Ce qui comptait, c'était de comprendre ce que les artistes produisaient, comment ils le faisaient et ce que cela signifie, en m'appuyant sur mon bagage personnel et mes connaissances de l'art.
On m'a alors suggéré d'élargir ce travail au-delà de la musique, en l'ouvrant également à la danse, au théâtre et aux autres disciplines artistiques. C'est ainsi que la démarche a évolué.

Entre 2016 et 2018, je me suis davantage exprimé sur les réseaux sociaux, où je partageais des analyses et des opinions sur différentes disciplines culturelles. À cette époque, on me collait souvent l'étiquette de quelqu'un qui « clashait », alors que mon intention était de contribuer à l'amélioration des œuvres.
C'est dans ce contexte que j'ai décidé de créer Kulture Kibaré, afin de me spécialiser pleinement dans la critique et l'analyse des œuvres culturelles, en mettant l'accent sur les enjeux. Cette orientation m'a naturellement conduit à m'intéresser aux politiques culturelles et touristiques du Burkina Faso. Je me suis mis à me documenter de manière approfondie sur ces questions, ce qui a consolidé la ligne éditoriale du média.

« Mes analyses n'ont rien de personnel. Je souhaite tout simplement améliorer la qualité des œuvres culturelles », souligne Malick Saga Sawadogo.

De quoi parle votre œuvre et qu'est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?

J'ai publié mon livre intitulé « Regard critique sur le secteur de la culture, des arts et du tourisme au Burkina Faso (2019-2024) » le 22 décembre 2025. Il s'agit d'un ouvrage à compte d'auteur.
Depuis le lancement de Kulture Kibaré en 2019, je publiais de manière très régulière des éditoriaux et des chroniques. Chaque semaine, souvent dès le dimanche soir, j'annonçais le thème de l'analyse à paraître. Les publications pouvaient intervenir le mercredi, le jeudi ou le vendredi, en fonction de l'actualité. À cette période, notamment entre 2019 et 2022, la vie culturelle au Burkina Faso était particulièrement dynamique. Il y avait chaque jour de la matière à analyser, à commenter ou à décrypter.

Les éditoriaux portaient essentiellement sur l'actualité immédiate, tandis que les chroniques permettaient d'approfondir des thématiques précises choisies à l'avance. Entre 2019 et 2023, un aîné, Sié De Bindouté Da, m'a interpellé à ce sujet. Il m'a écrit pour me dire qu'il lisait mes analyses, et que d'autres suscitaient chez lui des désaccords ; ce qui, selon lui, faisait justement la richesse du débat intellectuel et scientifique. Il m'a alors suggéré d'écrire un essai, estimant que, contrairement aux publications numériques éphémères, le livre demeure et traverse le temps.

Cette discussion a eu lieu en novembre 2023. Quelques mois plus tard, en janvier 2024, lors d'un séjour à Ségou, au Mali, j'ai échangé avec Dr Hamadou Mandé, enseignant-chercheur à l'université de Ouagadougou. Lui aussi m'a encouragé à écrire, rappelant que, pour un journaliste, l'écriture d'un ouvrage constitue un prolongement naturel du travail intellectuel. À mon retour de Ségou, j'ai décidé de me lancer concrètement dans le projet.

L'idée était de regrouper mes principales analyses publiées entre 2019 et 2024, couvrant l'ensemble des domaines de la culture, des arts et du tourisme, puis de les organiser de manière thématique. J'ai sollicité Dr Hamadou Mandé pour assurer la préface de l'ouvrage. Il a accepté sans réserve.

Par ailleurs, le projet nécessitait un accompagnement éditorial professionnel. J'ai alors fait appel à Claudine Dussollier, rencontrée en 2019 à Paris, lors d'un déplacement dans le cadre du festival Cergy-Pontoise. J'y étais avec KPG. Nous avons gardé de très bons rapports. Étant déjà impliquée dans l'édition de plusieurs ouvrages, dont celui de KPG, elle a accepté de m'accompagner après avoir pris connaissance du projet.

Avec Claudine Dussollier et le préfacier, un important travail de réorganisation, de structuration et de clarification a été mené. La question du mode de publication s'est ensuite posée : maison d'édition ou auto-édition ? Après mûre réflexion et plusieurs consultations, j'ai opté pour une publication à compte d'auteur. Tout le processus de production de l'ouvrage a été rigoureusement suivi par l'équipe.

L'ouvrage s'inscrit dans une démarche d'analyse critique. Initialement, je souhaitais couvrir la période 2019-2023, avec une publication prévue en 2024. Mais par souci de rigueur et de maturité intellectuelle, la parution a été repoussée à 2025, élargissant ainsi la période étudiée à 2019-2024, soit cinq années d'observation.
Le livre aborde pratiquement toutes les disciplines culturelles : la musique, le show-business, le cinéma et l'audiovisuel, les arts plastiques, le patrimoine culturel, la littérature, la politique culturelle et la gouvernance dans les institutions publiques et privées. J'y traite également de la résilience du secteur, dans un contexte marqué par une double crise : sanitaire avec la Covid-19 et sécuritaire, ayant profondément affecté la culture, les arts et le tourisme.

Dans le premier chapitre, j'analyse les misères et les splendeurs de certaines têtes d'affiche, en mettant en exergue leurs forces et leurs faiblesses. J'y aborde également l'état du reggae et du hip-hop, deux mouvements qui ont traversé une période de fragilisation.
Le deuxième chapitre est consacré au show-business, présenté comme un secteur dynamique mais encore embryonnaire, largement informel et insuffisamment structuré. J'y souligne ses limites, mais aussi son potentiel, à condition d'une meilleure organisation et d'une politique adaptée.

Le troisième chapitre porte sur les politiques et actions culturelles. J'y analyse les référentiels existants, quelques insuffisances, en adoptant un regard critique fondé sur une observation continue du secteur. J'y évoque notamment les cérémonies de récompense sur fond de critique.

Dans le quatrième chapitre, je traite de la gouvernance et du management culturel, tant au niveau national qu'international. J'aborde aussi la gestion de certaines structures publiques, ainsi que des pratiques que je questionne, dans une démarche de réflexion constructive.
Le cinquième chapitre est consacré au cinéma et à l'audiovisuel. J'y reviens sur le rôle du Fespaco comme vitrine internationale du Burkina Faso, tout en soulignant les insuffisances internes, notamment en matière de salles de projection, de contenus audiovisuels et d'innovation.

Le sixième chapitre aborde les arts de la scène et la littérature, avec un accent particulier sur la question du financement des projets culturels. J'y interroge la dépendance aux financements extérieurs et explore la nécessité de mécanismes endogènes pour assurer une dynamique durable.
Dans le septième chapitre, je traite du tourisme, des arts plastiques et du patrimoine culturel, en abordant notamment la question des musées et du retour des biens culturels africains.

Enfin, le huitième chapitre analyse la résilience des acteurs culturels face aux crises de 2019 à 2021. J'y montre comment certains artistes ont réussi à s'adapter et à survivre, tandis que d'autres ont connu de grandes difficultés, dans un contexte de restrictions de déplacements et de contraction des marchés.
Ce livre permet ainsi de découvrir la profondeur de la réflexion, l'engagement intellectuel et la vision de Kulture Kibaré et de son promoteur pour le développement de la culture, des arts et du tourisme au Burkina Faso. Il se veut une invitation à une réflexion approfondie sur les enjeux, les défis et les perspectives du développement durable par la culture.

Malick Saga Sawadogo recevant son prix lors de la Nuit des Lompolo.

Certains détracteurs vous reprochent un manque de tact dans la formulation de vos critiques. Que leur répondez-vous ?

Je dis souvent qu'on ne jette pas de pierres à un arbre qui ne produit pas de fruits. Lorsque j'analyse, je touche parfois aux intérêts de certaines personnes, à des sensibilités, et j'en suis pleinement conscient. Ma critique ne vise jamais des individus, mais plutôt des actions, des pratiques, des attitudes, des comportements et des visions portées à travers les œuvres.

Ce qui m'intéresse avant tout, c'est la jeunesse : à travers une création, quelle est la vision portée ? Quelle est l'œuvre proposée ? Comment un pays peut-il se positionner culturellement et mieux vendre sa culture et son patrimoine à travers les œuvres, les actions et le comportement des individus qui les portent ?

En journalisme, on nous a toujours appris que les faits sont sacrés et que les commentaires sont libres. Mais un commentaire repose toujours sur des faits, une actualité, une information vérifiée. Ce que je fais n'est pas de la critique scientifique. Il ne faut donc pas m'amener sur ce terrain. Je ne m'inscris pas dans une critique esthétique ou linguistique. Ce n'est pas mon champ d'intérêt. Mon regard se situe davantage dans l'analyse des engagements, des visions et de l'impact des œuvres sur la société.

Je pense d'ailleurs que tout le monde peut émettre une opinion critique, même à un niveau basique. Lorsque j'écoute une œuvre, si elle me plaît, j'ai quelque chose à dire ; si elle ne me plaît pas, j'ai aussi quelque chose à dire. La critique repose sur un raisonnement logique, mais aussi sur la sensibilité. Elle est par essence subjective. Il est donc normal qu'il y ait des détracteurs. Quand je critique une œuvre, je peux aimer ou ne pas aimer : c'est ma sensibilité qui s'exprime, et je dis les choses telles que je les ressens.

Chacun peut participer au débat, à condition que cela se fasse dans le respect. Il ne s'agit pas d'insulter. Or, sur les réseaux sociaux, on constate souvent des dérives liées à un manque d'éducation. C'est d'ailleurs pour cette raison que vous ne me verrez plus publier des analyses sur Facebook. Depuis la création de mon site, je porte désormais mes réflexions de manière professionnelle. Ceux qui ont des arguments peuvent venir débattre dans cet espace, où les commentaires sont ouverts.

Les réseaux sociaux sont devenus un espace où tout et n'importe quoi se mêlent. N'importe qui se proclame expert, critique ou journaliste culturel. Certains lisent une seule phrase et se permettent de juger. Or, pour critiquer, il faut être documenté, avoir un certain bagage et une solide connaissance du sujet.

Il est donc normal que certains détracteurs réagissent ainsi, d'autant plus que beaucoup sont déjà passés sous le « scanner » de Malick Saga. J'ai critiqué de nombreuses actions, et certains acceptent mal que des journalistes exposent leurs insuffisances ou leurs faiblesses sur la place publique. Il nous revient, en tant que journalistes soucieux de contribuer au progrès et au débat public, d'exprimer nos analyses avec franchise et sincérité.

Je ne mène aucun combat animé par l'animosité. Ceux qui ont une réflexion posée comprennent généralement ma démarche. Dans le milieu du théâtre et de la danse chorégraphique, j'ai souvent vu des créateurs inviter des critiques pour obtenir un regard constructif sur leurs œuvres. En revanche, dans le milieu musical, cela est beaucoup plus rare. Souvent, on t'invite à voir un projet déjà finalisé, prêt à être lancé. Ton avis arrive alors trop tard pour influencer quoi que ce soit. C'est pour cette raison que j'ai cessé d'accepter les invitations en studio.

Paradoxalement, c'est depuis lors que j'ai été davantage reconnu comme critique journalistique. En 2024, lors de la Nuit des Lompolo, une distinction décernée par le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso, j'ai été récompensé pour la critique journalistique. Il s'agit d'un prix national qui valorise l'excellence des acteurs des arts dramatiques, mais aussi des journalistes engagés dans la critique journalistique et non dans la critique d'art au sens académique. Cette reconnaissance est survenue suite aux critiques que j'ai formulées à propos de l'œuvre « Beoogo » de la Compagnie Danthemuz.
En 2025, j'ai également reçu un trophée pour mon engagement dans l'industrie cinématographique burkinabè, décerné par Casting Sud lors des Celebrities Days, en marge du Fespaco.

Ces distinctions montrent qu'il existe des acteurs qui ne sont pas dans la critique facile, mais qui comprennent et apprécient un raisonnement structuré et documenté. Je ne me compare à personne. Il y a eu des devanciers, et je les respecte, mais je trace mon propre chemin. Qu'on qualifie ce que je fais de critique ou autrement m'importe peu. Ce qui compte pour moi, c'est de dire ce que j'ai à dire.
Les perceptions à mon sujet peuvent être diverses, et c'est normal. Mais il existe aussi une frange intellectuelle qui estime que j'apporte de la documentation et une réelle contribution au développement du secteur culturel.

Le journaliste recevant son trophée lors des Celebrities Days.

Quels sont, selon vous, les avantages professionnels liés à la spécialisation en critique culturelle, et quels en sont les inconvénients ?

La critique rapproche des personnes dotées d'un véritable esprit critique. Lorsqu'on a cet esprit, on accepte la critique. Elle permet de se rapprocher des véritables créateurs, ceux qui ne sont pas limités dans leur vision. Elle rapproche également de personnes qui souhaitent travailler avec vous en raison de votre franchise et de votre sincérité, des personnes prêtes à collaborer, à partager des espaces et à avancer.

Lorsque je me suis engagé dans le domaine de la critique journalistique, une critique professionnelle et assumée, cela m'a ouvert de nombreuses portes. Cet engagement m'a permis de voyager, de tourner, et surtout de me rapprocher de certains acteurs clés du secteur de la culture, des arts et du tourisme, aussi bien au sein des institutions publiques que privées. Aujourd'hui, grâce à cette démarche critique, j'ai eu l'opportunité de parcourir plusieurs continents, et cela a profondément transformé ma vie professionnelle.
Je ne me limite pas à un traitement purement factuel consistant à dire : « il a fait ceci » ou « il a fait cela ».

J'analyse les actions, les actes, les œuvres, puis je formule un point de vue. C'est cela que les gens recherchent : une lecture approfondie, une analyse, une prise de position argumentée. Ceux qui comprennent cette démarche font appel à vos services. C'est ainsi que je me suis rapproché de certaines personnalités.
Bien sûr, d'autres me perçoivent comme un ennemi, comme quelqu'un qui croit tout savoir ou qui cherche à se poser en donneur de leçons. Mais pour beaucoup, je suis avant tout une personne engagée, qui essaie modestement de contribuer au développement durable à travers la culture, les arts et le tourisme. Les avantages de cette posture sont donc clairs : elle permet de tisser des liens avec certaines personnalités, et procure aussi une réelle satisfaction morale.

Les inconvénients existent également. La critique peut éloigner certaines personnes et certaines structures qui vous perçoivent comme nuisible, comme quelqu'un qui entrave leurs objectifs. Elles estiment que les critiques attirent l'attention des partenaires et nuisent à leur image. Elles disent qu'on « met du sable dans leur couscous ». Ces personnes, ainsi que leurs structures, prennent alors leurs distances.

Je le comprends : la critique crée des ennemis, des détracteurs, et peut réduire les sollicitations. Certains forment des cercles fermés, organisent des événements sans vous, cherchent à vous dénigrer, à vous ridiculiser, parfois en mettant en avant des personnes moins qualifiées. C'est souvent une stratégie visant à vous réduire, à vous banaliser, voire à vous effacer.

Dans le milieu du showbiz, lorsqu'on évoque le nom de Malick Saga, on constate clairement que certaines personnes ne veulent pas l'entendre. À l'inverse, dans d'autres milieux, il est impensable de mener une activité sans m'inviter. Mon audience, qu'elle soit favorable ou défavorable, dépend donc du camp dans lequel on se situe.
Je me suis fait des ennemis, c'est vrai. Mais à partir de 2023, j'ai réalisé que j'avais davantage de sympathisants que de détracteurs. Et c'est cette prise de conscience qui m'a conforté dans mon engagement.

Selon vous, comment le journalisme culturel critique contribue-t-il à renforcer le professionnalisme dans le secteur de la culture ?

Que ce soit dans le journalisme, dans la fonction publique ou à l'école, sans la critique, comment faire avancer les choses ? Personne ne se suffit à lui-même. Lorsqu'on élabore un projet, on le fait toujours à partir d'un angle précis. Mais il est souvent nécessaire qu'un regard extérieur vienne dire : « ici, une autre approche était possible ». C'est ce regard qui permet d'élargir la vision.

Sans la critique, je pense sincèrement que le Burkina Faso ne serait pas arrivé à son niveau actuel. Ce sont les essais, les réussites, les échecs et les remises en question qui font avancer une société. À ce titre, le critique joue aussi un rôle proche de celui de l'historien : il rappelle les faits, les analyse et alerte sur les conséquences possibles des choix posés. Il dit, en substance : si l'on fait ceci, on risque d'aller dans telle direction.

Je l'ai moi-même expérimenté très tôt. Lorsque j'étais en stage au journal, chaque fois que Paul-Miki Roamba, que je considère comme un modèle, corrigeait mes articles, c'était déjà de la critique. Il mettait en évidence mes insuffisances, mes imperfections, tout en me proposant des pistes d'amélioration. C'est exactement cela, la critique.

À l'école, nous avons tous grandi avec ce principe. Quand un professeur corrige une copie, il barre ce qui ne va pas, souligne ce qui est juste et indique ce qui aurait pu être mieux fait. C'est bien de la critique, et c'est précisément ce mécanisme qui permet de progresser. Comment peut-on évoluer dans un monde sans critique ? Sans elle, on tomberait dans la monotonie, dans la répétition, voire dans l'immobilisme.

La critique culturelle, dans un pays comme le Burkina Faso, n'est pas encore pleinement ancrée dans les habitudes. La société burkinabè est généralement réservée, parfois réticente à la confrontation des idées. Pourtant, le développement culturel, artistique et même institutionnel passe inévitablement par l'acceptation de la critique comme un outil de construction et non comme une attaque.

Le contact de l'auteur : +226 78 64 78 54

Quel message souhaitez-vous transmettre aux acteurs du secteur culturel ?

Ce que j'aimerais leur dire, d'autant plus que je suis moi-même acteur culturel, comme vous, c'est que la situation actuelle est difficile. L'environnement n'est pas particulièrement favorable à la promotion artistique : les financements se raréfient, les sponsors et les mécènes se font de plus en plus discrets. Cette réalité, je la comprends parfaitement.

Mais face à cela, il faut continuer à faire preuve de résilience. Il faut continuer à produire, malgré les ressources limitées, et le faire dans la dignité, avec l'espoir que les choses finiront par évoluer. Nous avons vu, par exemple, en 2025, des festivals contraints de s'organiser de manière conjointe. Deux événements ont parfois choisi de rassembler leurs ressources, faute de moyens suffisants. Cela traduit la fragilité de l'environnement économique, mais c'est aussi une preuve de résilience et d'adaptation. Malgré tout, les acteurs culturels trouvent des solutions pour continuer à exister.

S'adapter au contexte est aujourd'hui indispensable. Mais il faut le faire sans renoncer à l'essentiel : produire dans la dignité, dans l'authenticité et dans l'originalité. Un artiste doit rester original et authentique. Ce qu'il propose peut ne pas plaire à tout le monde, mais il doit éviter la copie, le mimétisme et le plagiat. Il est important de rester fidèle à sa démarche, à son identité artistique.

Le message que j'adresse à l'ensemble des artistes, c'est donc de préserver leur ligne, leur engagement et leur vision. Même si la période est difficile, même si l'environnement est contraignant, il ne faut pas tordre son engagement, réduire ses ambitions ou produire des œuvres qui vont à l'encontre de ses idéaux. Il faut rester debout, résistant et résilient.

Quel appel adressez-vous aux décideurs afin de permettre à la culture burkinabè de mieux rayonner ?

S'agissant des décideurs, il faut rappeler qu'un décideur dispose d'un pouvoir et qu'il est, le plus souvent, un acteur politique. C'est lui qui imprime une direction aux politiques publiques et aux actions menées. À ce titre, il est essentiel qu'il porte un regard rétrospectif sur ce qui a déjà été fait. Dans un pays, comme dans un secteur donné ou une institution, il existe toujours une mémoire. Cette mémoire doit être interrogée de manière approfondie afin d'éclairer les décisions présentes.

On se sert du passé pour construire le présent et pour mieux se projeter dans l'avenir. Rien ne commence jamais à partir de zéro. Il existe toujours des expériences antérieures, des acquis, mais aussi des erreurs dont on peut tirer des enseignements. Se ressourcer dans cette mémoire permet d'éviter les travers du passé et de bâtir des politiques plus cohérentes.

J'invite donc les décideurs à interroger davantage les archives, à analyser ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné. Certes, lorsqu'ils arrivent, ils ont souvent des objectifs clairs et une vision globale. Mais le secteur de la culture est un domaine particulièrement sensible, qui nécessite une approche spécifique. À mon sens, il est indispensable de décentraliser davantage la gouvernance culturelle afin de favoriser des décisions fortes, authentiques et adaptées aux réalités du terrain.

Considérer la culture comme un secteur ordinaire et y appliquer des décisions générales risque de lui nuire. La culture exige un regard particulier. Même à l'intérieur de ce secteur, il est nécessaire de mieux identifier les différents départements et filières afin d'assurer un suivi rigoureux et pertinent.

La culture ne peut être fondue dans la masse. Elle constitue l'identité d'un peuple, son reflet, sa direction et sa tonalité. Elle donne le ton de la société. À cet égard, il serait pertinent que les décideurs adoptent une approche plus fine et plus différenciée des composantes culturelles, en les considérant distinctement afin de favoriser des décisions plus justes, plus cohérentes et plus structurantes.

Malick Saga Sawadogo invite les jeunes qui souhaitent devenir journalistes culturels à se cultiver et à faire preuve de rigueur.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent se lancer dans le journalisme culturel et se spécialiser dans la critique culturelle ?

Pour faire du journalisme, je pense qu'il faut disposer d'un minimum de formation, voire un diplôme. Dans le domaine culturel en particulier, il faut d'abord être animé par une véritable passion. La passion est ce qui pousse à s'engager durablement. Mais au-delà de cette passion, il est indispensable de se documenter. Lorsqu'on aborde un terrain, on doit le faire avec un solide bagage documentaire.

Il est également important d'éviter certains débats stériles sur les réseaux sociaux. Lorsqu'on veut être pris au sérieux et adopter une posture professionnelle, la crédibilité vient avec le temps, la rigueur et la qualité des analyses. Quand on est bien documenté et que l'on pose des réflexions solides, on commence progressivement à être suivi. Et ce suivi doit être compris en termes de qualité plutôt que de quantité : mieux vaut avoir deux ou trois lecteurs influents, dotés d'un réel bagage intellectuel, que des milliers de suiveurs sans véritable intérêt pour le fond.

C'est d'ailleurs dans cette logique que j'ai abordé les réseaux sociaux, notamment Facebook. Lorsque j'ai commencé à proposer des réflexions approfondies, mon objectif n'était pas la visibilité à tout prix, mais la constitution d'un lectorat de qualité. Je ne booste pas mes publications, je ne cherche pas à élargir artificiellement mon audience. Ceux qui trouvent le contenu sérieux s'abonnent, restent et recommandent naturellement.

Chercher à toucher tout le monde n'est pas mon objectif. Pour s'engager dans la critique culturelle professionnelle, il faut d'abord être passionné, engagé et éviter d'être généraliste. Il est essentiel de se positionner dans un domaine que l'on maîtrise, sur lequel on peut s'exprimer avec assurance, parce qu'on dispose de la documentation nécessaire.

Lorsqu'on prend la parole, il faut le faire avec des preuves, des références claires et vérifiables. C'est ce que l'on retrouve d'ailleurs dans mon ouvrage : il n'y a pas d'affirmations gratuites. On peut ne pas adhérer aux conclusions, mais le raisonnement est là. Il ne s'agit pas d'un raisonnement scientifique au sens académique, mais d'un raisonnement logique, structuré et professionnel.

À ceux qui souhaitent se lancer dans la critique culturelle, je dirais simplement ceci : documentez-vous, formez-vous et évitez de vous perdre dans le bruit des réseaux sociaux. Il faut savoir se mettre à distance de certains espaces pour rester concentré sur ce que l'on veut faire et sur ce en quoi l'on croit réellement.

Interview réalisée par Samirah Bationo
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Santé mentale des enfants : « Les études montrent qu'au-delà de quatre heures par jour passées devant les écrans, l'impact est négatif », Dr Bagué

Mon, 02/02/2026 - 23:21

Longtemps minimisée, voire ignorée par certains parents, la santé mentale des enfants est un phénomène qui prend de l'ampleur. Entre anxiété, troubles du comportement, pression scolaire et écrans, les enfants, ainsi que les adolescents, peuvent présenter des troubles mentaux. Dans cet entretien, le Dr Boubacar Bagué, psychiatre et chef de service par intérim du service de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo, décrypte les fragilités psychiques et préconise des solutions pour une meilleure prise en charge.

Lefaso.net : Présentez-vous à nos lecteurs.

Boubacar Bagué : Je suis psychiatre, chef de service par intérim du service de psychiatrie du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo.

Pouvez-vous nous présenter l'unité de pédopsychiatrie que vous dirigez ?

Le service de pédopsychiatrie est une unité rattachée au service de psychiatrie de Yalgado. Son rôle est de prendre en charge les enfants de 0 à 18 ans qui présentent des difficultés sur le plan mental. Il peut s'agir de maladies, de troubles du comportement, de difficultés scolaires, etc., tout ce qui est en lien avec les problèmes de développement. Nous intervenons donc auprès de ces enfants.
Les missions principales consistent en la prise en charge sur le plan mental et développemental, mais également dans l'accompagnement des enfants, y compris ceux qui sont scolarisés.

En termes de chiffres, que peut-on dire de la santé mentale chez les jeunes au Burkina Faso ?

Je ne donnerai pas de chiffre exact, mais le constat est qu'il y a une augmentation de la demande en consultation sur le plan national. Cela est peut-être lié à une meilleure sensibilisation et à une meilleure compréhension de la santé mentale. En effet, auparavant, les gens ne savaient pas qu'il existait des structures modernes prenant en charge ces enfants. Ils avaient soit recours à la médecine traditionnelle, soit à des associations à vocation humanitaire qui se proposaient de s'en occuper.

Aujourd'hui, on constate une augmentation générale de la demande. Il faut aussi mentionner le contexte sécuritaire, qui a dû jouer un rôle. Lorsqu'un pays est confronté à l'insécurité, il est évident que l'on observe une augmentation des troubles psychiatriques et bio-mentaux, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Quels sont les motifs de consultation les plus fréquents chez les enfants et les adolescents ?

Les motifs les plus fréquents sont surtout ceux qui perturbent l'entourage, comme les troubles de l'agitation. Il y a aussi le retard de développement. Les parents constatent que leur enfant n'est pas comme les autres, qu'il présente un retard. Parfois, c'est également l'école qui oriente les enfants vers nous.
Par exemple, lorsqu'un enfant est inscrit à la maternelle et qu'il n'arrive pas à suivre comme ses camarades, ou qu'il perturbe la classe, l'école demande qu'il consulte un spécialiste, estimant que l'enfant a un problème important.

À cela s'ajoutent les signes liés au spectre autistique. On constate qu'il y a désormais une meilleure connaissance de l'autisme. Dès que l'enfant présente des retards ou des comportements qui inquiètent, les parents se demandent s'il n'est pas autiste. Voilà, de manière générale, les éléments qui orientent les consultations à notre niveau.

Lorsqu'on parle d'agitation, de quoi s'agit-il concrètement ?

L'agitation se manifeste lorsque l'enfant n'arrive pas à rester sur place, ne respecte pas le cadre, bouge constamment, fait des va-et-vient et ne respecte pas les consignes. Certains vont même jusqu'à saccager le matériel.

Observez-vous une augmentation de la demande ces dernières années ? Comment l'expliquez-vous ?

Oui, il y a une augmentation, à tel point que certaines demandes ne peuvent même pas être satisfaites. Cela s'explique par plusieurs facteurs. Le premier, selon moi, est l'information. Avant, les gens ne savaient pas vers où se tourner. Aujourd'hui, ils savent qu'il existe un centre spécialisé, donc ils s'orientent naturellement vers nous.

Ensuite, le contexte sécuritaire a contribué à l'augmentation des troubles. Enfin, il y a un autre phénomène, moins souvent évoqué : le mariage tardif. Le mariage tard est un élément qui occasionne des perturbations au niveau des enfants en augmentant le risque de survenue des tares neurodéveloppementales.

En quoi le mariage tardif peut-il avoir un impact sur la santé mentale des enfants ?

La santé mentale est liée, entre autres, au contexte génétique. Lorsque le mariage est tardif, cela peut influencer les conditions de conception. Des études ont montré que lorsque la mère atteint un certain âge, cela constitue un facteur de risque pour avoir des enfants présentant des difficultés sur le plan neurodéveloppemental. Autour de la quarantaine, ce n'est souvent pas favorable.

Comment, au Burkina Faso, les familles perçoivent-elles les troubles mentaux des enfants ? Le recours aux soins traditionnels est-il fréquent ?

La perception dépend du niveau d'éducation. Mais de manière générale, le premier recours est la médecine traditionnelle, qui est une médecine de proximité. Les familles cherchent à comprendre ce qui ne va pas : s'agit-il d'une transgression, d'un sort, d'une malédiction, d'esprits ou d'une possession ? Ce n'est qu'après ce parcours qu'elles comprennent qu'elles peuvent recourir à la médecine moderne. En revanche, les personnes ayant un meilleur niveau de compréhension se tournent plus rapidement vers la médecine moderne. Par ailleurs, lorsque l'enfant est suivi par des pédiatres, ce sont souvent eux qui l'orientent vers nous, selon la nature du cas.

Quels signes doivent alerter les parents, les enseignants ou les éducateurs ?

Il faut, de manière simple, faire une comparaison. Est-ce que l'enfant suit le même cheminement que les autres en termes d'acquisitions ? Les mères expérimentées savent bien faire cette comparaison. Par exemple, on se souvient que tel enfant parlait à deux ans, alors que celui-ci, à deux ou trois ans, ne parle toujours pas. Il y a là un retard. Si l'enfant n'arrive pas à respecter les codes, c'est-à-dire rester sur place ou obéir, cela doit également alerter. Il existe aussi l'extrême inverse.

L'agitation est problématique, mais un enfant trop passif, qui manque de dynamisme par rapport à ce qui est attendu à son âge, est également un signe d'alerte.
L'école joue un rôle important dans cette observation. On sait, par exemple, qu'un enfant de trois ans doit être capable de prononcer le nom de son père et de commencer à former des phrases. Si l'on constate qu'il n'a pas les mêmes capacités que ses camarades du même âge, cela doit interpeller les parents. Il faut donc être attentif à la chronologie du développement de l'enfant.

Par exemple, un enfant de deux ans qui ne parle toujours pas : si on l'amène en consultation, comment cela se passe-t-il ?

Le langage est effectivement un élément important à observer. À partir de deux ans, l'enfant devrait être capable de dire « papa », « maman » et d'exprimer ses besoins d'une manière ou d'une autre. Si, au bout de deux ans, l'enfant ne s'exprime pas, on ne se limite pas à l'évaluation du langage. On réalise une évaluation globale, car le développement de l'enfant ne se résume pas au langage. Il y a aussi la communication. La communication ne se limite pas au langage parlé. Elle inclut la capacité à s'exprimer par les gestes, les interactions et la communication émotionnelle. À un certain âge, même sans parler, l'enfant réagit aux émotions : si vous souriez, il sourit, par exemple.

Tous ces éléments sont pris en compte. Si un problème est identifié, on fait un état des lieux : l'enfant a-t-il besoin d'un orthophoniste pour améliorer le langage ? D'un psychomotricien pour développer les capacités motrices et l'initiative dans les activités ? Il s'agit donc d'un diagnostic global, basé sur l'analyse des signes, des difficultés et des manquements. Ce travail se fait en équipe. Le pédopsychiatre, l'orthophoniste, le psychomotricien, l'assistant social et le pédiatre peuvent intervenir. L'objectif principal est d'aider l'enfant à acquérir des compétences : le langage, le respect des normes, la communication et un comportement adapté à la communauté. C'est cela qui construit l'individu.

Comment différencier une crise d'adolescence d'un trouble psychique ?

La crise d'adolescence est d'abord liée à l'âge, souvent autour de 15 ans. L'adolescent a besoin d'affirmer son existence. Il n'est plus un enfant, mais pas encore un adulte. Il refuse d'être considéré comme un enfant, alors que la société ne le reconnaît pas encore comme adulte. C'est un problème de positionnement.
Il a besoin de s'exprimer, et c'est une étape plus ou moins incontournable. Souvent, cette phase est mal comprise et assimilée à de l'indiscipline.

Dans une crise d'adolescence, en dehors de l'opposition, il n'y a pas de trouble du comportement au sens pathologique. L'adolescent est performant à l'école, efficace dans ses activités, sans problème de développement. Il peut transgresser ou refuser d'obéir pour affirmer sa place, mais il reste fonctionnel.

En revanche, dans un trouble psychique, on observe des difficultés réelles : problèmes scolaires, incapacité à suivre les activités, perturbations cliniques identifiables lors de l'examen pédopsychiatrique ou psychiatrique. Dans ce cas, il s'agit d'une maladie. La crise d'adolescence, quant à elle, concerne une personne par ailleurs normale.

Recevez-vous des enfants déplacés internes ou victimes directes de la crise sécuritaire ? Quels traumatismes présentent-ils ?

Oui. Pour les enfants en difficulté liée à la crise, cela dépend des situations. Certains présentent des états de stress post-traumatique, après avoir vécu des événements difficiles comme des attaques terroristes, des viols ou d'autres exactions. Ils revivent ces scènes de manière intense et douloureuse, ce qui modifie leur perception du monde. Il y a aussi les enfants ayant perdu leurs parents, confrontés au deuil ou à l'abandon, des situations très difficiles à vivre.

Les déplacements internes entraînent également des changements brutaux de cadre de vie, souvent dans des conditions très différentes de celles connues auparavant. Les enfants peuvent alors développer des difficultés d'adaptation et exprimer leur mal-être de diverses façons. Les familles ne consultent pas immédiatement en psychiatrie ou en pédiatrie. C'est lorsque les crises deviennent insupportables ou lorsqu'un agent de santé attire l'attention sur le cas que les enfants nous sont amenés.

Quel peut être l'impact des écrans, des réseaux sociaux, du climat familial ou du stress scolaire sur la santé mentale des jeunes ?

Tous ces facteurs sont connus pour altérer la santé mentale des enfants. Les écrans, en particulier, jouent un rôle négatif, car l'enfant a besoin de socialisation, et les écrans entravent ce processus en monopolisant son attention.
Les études montrent qu'au-delà de quatre heures par jour passées devant les écrans, l'impact est négatif. Cela fatigue les neurones et nuit à l'apprentissage.

Le stress canalise également l'attention de l'enfant vers l'événement stressant, l'empêchant de se concentrer sur les activités scolaires. Ces situations nuisent à la capacité cognitive, aux performances scolaires, mais aussi à la socialisation et à l'acquisition de compétences sociales.

Disposez-vous de suffisamment de personnel, d'infrastructures et d'équipements pour une prise en charge efficace ?

Au Burkina Faso, il n'existe que deux centres de pédopsychiatrie, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. La particularité de la pédopsychiatrie est qu'elle nécessite plusieurs spécialités. Actuellement, nous manquons de personnel, d'infrastructures et de matériel. Nous avons également besoin d'un cadre spécifique pour accompagner certains déficits. Par ailleurs, avec seulement deux centres, la distance décourage souvent les familles, ce qui nuit à la continuité du suivi après une ou deux séances.

Existe-t-il des politiques en cours pour remédier à ce problème ?

Personnellement, je ne suis pas impliqué dans la planification. Cependant, cette année, deux postes de spécialisation ont été ouverts pour la formation en pédopsychiatrie. Il est également prévu de développer la pédopsychiatrie à Ouahigouya avec l'ouverture d'un poste. En matière d'infrastructures, une place est réservée à la pédopsychiatrie à l'hôpital de Pala.

Quel message souhaitez-vous adresser aux parents pour une meilleure hygiène mentale des enfants ?

Une bonne hygiène mentale passe par une présence accrue et plus d'affection, surtout entre 2 et 5 ans, une période cruciale comparable à une charpente.
L'éducation doit être de qualité, notamment sur le plan émotionnel, de l'attachement et de la présence. L'enfant doit se sentir en sécurité avec ses parents. La violence, les cris ou les coups ne sont pas des méthodes adaptées à cette période. Il faut également être attentif au développement de l'enfant. Dès l'apparition d'anomalies ou de déficits inhabituels, il est important de recourir rapidement à la médecine moderne afin d'identifier le problème et de mettre en place une prise en charge précoce.

Plus l'intervention est précoce, meilleurs sont les résultats. Il faut aussi rappeler que l'enfance s'étend de 0 à 18 ans, une période durant laquelle les enfants peuvent être exposés aux substances psychoactives. Ces drogues ont un impact négatif sur les capacités intellectuelles et peuvent favoriser l'apparition de troubles psychiatriques à l'avenir. Il est donc essentiel de protéger les enfants contre ces substances.

Quel message adressez-vous aux autorités ?

Il est nécessaire d'augmenter le nombre de centres spécialisés et de former davantage de spécialistes pour la prise en charge des enfants.

Interview réalisée par Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net

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Contrat d'objectifs 2025 : « Les efforts déployés ont permis de faire fléchir le taux de criminalité de 0,62 %», Mahamadou Sana

Mon, 02/02/2026 - 23:15

Le ministère de la Sécurité a enregistré un taux global de réalisation de 95,30% de son contrat d'objectifs à la date du 31 décembre 2025. L'annonce a été faite par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, à l'issue de sa séance d'évaluation.

Selon le ministre, l'évaluation a porté sur sept actions prioritaires inscrites dans le contrat d'objectifs 2025. La première action concerne le renforcement des capacités opérationnelles des forces de police et de gendarmerie. À ce niveau, le ministère a procédé, au cours de l'année 2025, à l'acquisition de moyens roulants ainsi que de moyens de protection au profit des deux forces, afin d'améliorer leur efficacité opérationnelle sur le terrain. La deuxième action portait sur l'intensification de la lutte contre le grand banditisme et la criminalité en général. D'après Mahamadou Sana, les efforts déployés ont permis de réduire le taux de criminalité et de grand banditisme. « Nous avons été aussi évalués sur l'intensification de la lutte contre le grand banditisme et la criminalité de façon générale. A ce niveau, nous avons pu faire fléchir le taux de criminalité de 0,62 %», a fait savoir le ministre. Plusieurs opérations ont été menées dans ce cadre, dont l'opération Wibga, visant à renforcer la présence sécuritaire et à neutraliser les réseaux criminels.

La troisième action était relative à la consolidation de l'accès aux documents d'identité. En 2025, le ministère indique avoir produit 1,5 million de cartes nationales d'identité burkinabè ainsi que plus de 90 000 passeports au profit des populations. Le ministre a également souligné l'opérationnalisation du passeport AES et, plus récemment en janvier 2026, celle de la Carte d'identité de l'AES (CIB AES).

La quatrième action concernait la définition et la mise à niveau des réformes en matière de bonne gouvernance. À ce niveau, Mahamadou Sana a rappelé la réduction drastique des postes de contrôle, une mesure visant à lutter efficacement contre la corruption. Des initiatives telles que la brigade mobile de sécurité d'intervention et le commissariat mobile ont également été mises en place. Par ailleurs, le dispositif sécuritaire a été renforcé dans les grands centres urbains à travers l'installation de postes d'observation et d'autres mécanismes de contrôle. La cinquième action portait sur les modalités de participation des populations à la sécurité. Le ministre a insisté sur l'importance de la mobilisation citoyenne, soulignant que la sécurité demeure une responsabilité partagée entre les forces de défense et de sécurité et les populations.

La sixième action porte sur l'amélioration de la sécurité routière. Face à un taux encore élevé de mortalité sur les routes, le ministère a mené de nombreuses actions de sensibilisation et de répression. Ces efforts ont permis, selon le ministre, d'enregistrer une réduction du taux de criminalité lié aux accidents de la route au Burkina Faso. La septième action concernait la mutualisation des systèmes d'information. À ce niveau, plusieurs plateformes ont été développées, notamment celles supportées par le système d'Identification, rapprochement et analyse de police (IRAPOL). Ces outils permettent d'anticiper les contrôles en identifiant les personnes ou objets recherchés.

Au terme de l'évaluation, le ministre Mahamadou Sana a indiqué que des instructions claires ont été données pour poursuivre et intensifier les réformes engagées dans le secteur de la sécurité. Il y a le renforcement de la lutte contre la criminalité et le grand banditisme et l'amélioration des résultats obtenus.

Il a également annoncé des orientations visant à renforcer la gestion des ressources fauniques, forestières et halieutiques. Le ministre a rappelé que le corps des Eaux et Forêts est désormais rattaché au ministère de la Sécurité, une réforme appelée à être capitalisée et consolidée.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Contrat d'objectifs 2025 : 121 000 actes d'Etat civil délivrés aux personnes déplacées internes

Mon, 02/02/2026 - 23:09

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé, ce lundi 02 février 2026, à l'évaluation du contrat d'objectifs 2025 du Ministre d'État, Ministre de l'Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, indique la direction de la communication de la Primature. Son taux de performance se situe à 80,43 %,

Parmi les acquis majeurs figurent les progrès réalisés dans le domaine de l'état civil. Selon le Ministre d'État, 30 communes du Burkina Faso disposent désormais de registres d'état civil entièrement numérisés. S'agissant de la délivrance d'actes d'état civil aux personnes déplacées internes, les résultats ont largement dépassé les prévisions initiales, avec plus de 121 000 actes délivrés, contre 65 000 initialement programmés. En matière de cohésion sociale, dix initiatives ont été mises en œuvre au profit des populations, contribuant au renforcement du vivre-ensemble. Par ailleurs, dans le cadre de la promotion des libertés religieuses, près de 1 250 personnes ont bénéficié d'actions de sensibilisation.


Le Ministre d'État a relevé certaines difficultés, notamment en ce qui concerne la modernisation des infrastructures aéroportuaires. À ce sujet, il a indiqué avoir reçu des orientations et des conseils du Premier ministre en vue de lever les contraintes identifiées. Assurant de sa détermination à améliorer les performances de son action, le Ministre d'État, Émile Zerbo, a précisé que les recommandations formulées serviront de base pour corriger les insuffisances et renforcer la mise en œuvre des actions au cours de l'année 2026.


www.lefaso.net
Source : DCRP/Primature

Categories: Afrique, European Union

Union nationale des dozos : Initiation, infiltrations et traditions au cœur des échanges avec la presse

Mon, 02/02/2026 - 23:03

Souvent entourée de mystères et parfois de préjugés, la confrérie des dozos continue de susciter interrogations et inquiétudes au sein de l'opinion publique au Burkina. À l'occasion d'un échange avec la presse, le vendredi 30 janvier 2026 à Bobo-Dioulasso, les responsables de l'Union nationale des dozos ont levé un coin du voile sur le fonctionnement interne de la confrérie, le rôle des femmes, le processus d'initiation, la question des infiltrations ainsi que l'engagement des dozos pour la protection de l'environnement.

D'emblée, les responsables rappellent que la confrérie dozo est une organisation traditionnelle à caractère initiatique. « La confrérie, c'est une secte. Ce qui peut être dit à la presse, c'est ce que nous sommes en train de dire », précise le « dozoba » Aly Konaté, soulignant que certaines réalités demeurent volontairement discrètes, conformément aux règles internes. À en croire Aly Konaté, contrairement à une idée répandue, les femmes ont bel et bien leur place au sein de la confrérie, répondant à une question des journalistes.

« Oui, il y a des femmes dans la confrérie. Il y a des femmes dans l'Union nationale des dozos », affirme Aly Konaté. Ces femmes, souvent qualifiées de « personnes de l'ombre », collaborent activement avec l'organisation, même si elles restent moins visibles que les hommes. Leur discrétion est présentée non pas comme une marginalisation, mais comme une spécificité liée à leur rôle et aux traditions de la confrérie.

Selon le « dozoba » Aly Konaté, les femmes ont bel et bien leur place au sein de la confrérie

L'initiation dozo : un processus encadré et progressif

Contrairement à certaines perceptions, devenir dozo ne relève ni d'une décision individuelle immédiate ni d'un simple désir. « Pour être « dozoba », il n'y a pas d'âge, mais il y a des conditions », explique-t-il. L'initiation repose avant tout sur la motivation, le courage et l'engagement du candidat, mais aussi sur un minimum de connaissances et d'étapes à franchir. Le futur initié est confié à un chef dozo, souvent différent de celui qui l'a initié, et doit progressivement acquérir des savoirs pratiques et spirituels.

« Avant qu'on te laisse seul aller en brousse, il faut que tu acquières certaines connaissances. Avant même de porter un fusil, il y a des étapes », précise Aly Konaté. Devenir chef dozo, capable à son tour d'initier des élèves, exige un niveau encore plus élevé de maîtrise et d'expérience.

L'un des points majeurs abordés concerne l'irréversibilité de l'initiation. « Une fois que tu es initié dozo, tu mourras dozo », a-t-il laissé entendre. C'est pourquoi l'approbation de la famille est obligatoire avant toute initiation. Si les parents sont en vie, leur consentement est exigé. À défaut, celui de l'épouse ou, dans certains cas, de l'enfant est requis. Cette exigence vise à éviter toute contestation ultérieure et à garantir que l'initié mesure pleinement la portée de son engagement. « Nous ne disons pas que nous faisons une enquête de moralité, mais l'initiation passe par plusieurs filtres », expliquent-ils.

« Une fois que tu es initié dozo, tu mourras dozo », lance le « dozoba » Aly Konaté

La question des infiltrations

Avec plus de 3 000 initiés annoncés cette année, la question des infiltrations préoccupe l'opinion. Les responsables reconnaissent que des cas ont existé par le passé. « Oui, nous avons eu des infiltrations, une soixantaine environ », admettent-ils. Toutefois, ils affirment que ces situations ont été traitées avec fermeté et assurent ne plus craindre aujourd'hui ce phénomène. À en croire le dozoba Aly Konaté, la confrérie se veut ouverte à toutes les religions et à toutes les éthiques, à condition que l'initiation respecte les règles établies et bénéficie de la bénédiction familiale.

À en croire le « dozoba » Aly Konaté, la confrérie se veut ouverte à toutes les religions et à toutes les éthiques

Souvent associés à la chasse, les dozos revendiquent également un rôle central dans la protection de l'environnement. Le choix de leurs tenues, à la couleur de l'herbe sèche, n'est pas anodin. « Nous chassons après l'hivernage, lorsque les animaux ont fini de mettre bas », explique-t-il. Selon lui, pendant la saison des pluies, un dozo ne chasse pas, afin de préserver la reproduction de la faune. Cette pratique, dit-il, responsable fait des dozos des protecteurs de la nature, conscients de l'équilibre écologique. « La protection commence par-là », conclut-il, rappelant que le « dozoya » s'inscrit avant tout dans une relation respectueuse entre l'homme, la nature et la tradition.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Évaluation des contrats d'objectifs : Le ministre de la Santé annonce l'ouverture de centres d'hémodialyse à Dori, Dédougou et Banfora, en 2026

Mon, 02/02/2026 - 22:55

Le ministère de la Santé a enregistré un taux d'exécution physique global de 84 % au titre de l'année 2025, à l'issue de l'évaluation des contrats d'objectifs des membres du Gouvernement conduite par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Ce résultat témoigne des progrès réalisés dans le renforcement du système sanitaire national sous la conduite du ministre Robert Lucien Jean-Claude Kargougou.

Le contrat d'objectifs 2025 du département de la Santé reposait sur trois objectifs stratégiques majeurs, déclinés en six actions prioritaires, couvrant notamment les infrastructures sanitaires, les ressources humaines et la prévention des maladies. « Les résultats obtenus traduisent des avancées notables, en particulier dans le domaine des infrastructures sanitaires, du développement des compétences et de la prévention », a indiqué le ministre à l'issue de la séance d'évaluation.

L'année 2025 a été marquée par la mise en service de plusieurs infrastructures hospitalières majeures. Il s'agit notamment du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala, du centre de radiothérapie de l'hôpital de Bobo-Dioulasso ainsi que du centre d'hémodialyse du Centre hospitalier régional (CHR) de Gaoua, contribuant à l'amélioration de l'offre de soins spécialisés.

Au niveau des soins de santé de base, 920 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ont été construits et rendus fonctionnels. Par ailleurs, 25 CSPS de chefs-lieux de communes ont été érigés en Centres médicaux communaux, rapprochant davantage les services de santé des populations.

Dans le cadre du renforcement du personnel médical, la mise en œuvre du plan 1000×5, en lien avec l'Initiative présidentielle pour la santé, a permis de lancer la spécialisation de près de 2 000 médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes, afin de combler progressivement le déficit en spécialistes.

Sur le volet prévention, plus de 15 millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d'action ont été distribuées à travers le pays. En outre, environ 4,5 millions d'enfants âgés de 3 à 59 mois ont bénéficié de la chimio-prophylaxie saisonnière du paludisme entre juin et octobre 2025.

En matière de vaccination, plus de 750 000 enfants de 0 à 11 mois ont été complètement vaccinés contre plusieurs maladies évitables, dont la diphtérie, la rougeole et l'hépatite B, contribuant ainsi à la réduction de la morbidité et de la mortalité infantiles. Malgré ces performances, le ministre de la Santé a reconnu que les besoins des populations demeurent importants. Le Premier ministre a, à cet effet, invité le département à intensifier les efforts afin d'améliorer l'accès équitable à des services de santé et de nutrition de qualité sur toute l'étendue du territoire.

Pour l'année 2026, le ministère de la Santé entend accélérer plusieurs projets d'envergure. Parmi les priorités figurent la pose de la première pierre du CHU de Fada, l'achèvement des travaux du CHU de Gaoua, exécutés à 78 % à fin 2025, ainsi que l'ouverture de centres d'hémodialyse à Dori, Dédougou et Banfora.

Une attention particulière sera accordée aux zones confrontées à des défis sécuritaires, afin d'y maintenir un paquet minimum de services de santé et de nutrition au profit des femmes et des enfants. « Notre ambition pour 2026 est de renforcer les grands hôpitaux, de rapprocher les soins spécialisés des populations et de garantir la continuité des services de santé dans les zones vulnérables », a conclu le ministre de la Santé.

Rama Diallo
Lefaso.net

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Archidiocèse de Ouagadougou : Le programme du jubilé des 125 ans d'évangélisation dévoilé

Mon, 02/02/2026 - 22:40

Le comité de pilotage de la commémoration du jubilé des 125 ans de l'évangélisation de l'archidiocèse de Ouagadougou était face à la presse pour dévoiler le programme des activités commémoratives ce lundi 2 février 2026 à Ouagadougou. Cette conférence de presse a été présidée par le vicaire général et président du comité de pilotage, l'abbé Jacques Sidibé, et son équipe, notamment la sœur responsable régionale des Sœurs de l'Immaculée Conception de Ouagadougou, la sœur Pascaline Kanna, et Jean-Baptiste Kadré, membre du comité de pilotage.

25 juin 1901- 25 juin 2026, cela fera 125 ans que les premiers missionnaires ont déposé leurs valises dans l'archidiocèse de Ouagadougou pour leur mission d'évangélisation. Ainsi, cette année 2026 marque la commémoration de ces 125 ans d'évangélisation dont l'ouverture aura lieu ce dimanche 8 février 2026 au sanctuaire marial de Yagma et se clôturera le 7 février 2027. C'est-à-dire une année de commémoration (8 février 2026 - 7 février 2027) qui sera marquée par des activités diverses. C'est l'annonce faite par le vicaire général et président du comité de pilotage de la commémoration des 125 ans d'évangélisation dans l'archidiocèse de Ouagadougou, au cours d'une conférence de presse qu'il a animée ce 2 février 2026 dans la capitale burkinabè. Cette commémoration a été placée sous le thème « 125 ans d'évangélisation à Ouagadougou : rendons grâce au Christ, fondement de notre foi et de l'espérance du monde ». Elle se traduira par une série d'activités qui guideront l'année jubilaire, selon les conférenciers.

Les journalistes écoutant les conférenciers parlant des activités commémoratives des 125 ans d'évangélisation de l'archidiocèse de Ouagadougou

Au nombre des activités prévues à cet effet, le vicaire général a cité, entre autres, les jubilés des agents pastoraux et du laïcat, les journées théologiques sur l'histoire, la vie et les défis de l'archidiocèse, celles de l'histoire et du patrimoine. Et la liste n'est pas exhaustive. À ces activités s'ajoutent les conférences sur l'histoire, la réalisation d'un film documentaire sur l'histoire du diocèse, l'élaboration d'une cartographie actualisée du diocèse, l'ouverture de trois nouvelles paroisses du jubilé, la relance du projet d'aménagement du site diocésain de Ouaga 2000, le lancement de la campagne pour la réfection de la cathédrale, ainsi que la mise en route du futur démembrement de l'archidiocèse.

Le vicaire général et président du comité de pilotage de la commémoration des 125 ans d'évangélisation de l'archidiocèse de Ouagadougou qui a présidé la conférence

Toutes ces activités, selon l'abbé Jacques Sidibé, visent un objectif général : le renouvellement de l'élan missionnaire pour célébrer la fidélité de Dieu et l'année de grâce. Il a expliqué qu'elles ont trois objectifs spécifiques : l'approfondissement de la foi, la redynamisation de l'engagement missionnaire et le lancement d'œuvres pastorales pérennes qui resteront des signes visibles de cette année jubilaire pour les générations futures.

Vue partielle des journalistes

Mais ce programme ne pourra prendre vie, selon lui, sans l'engagement de tous. C'est pourquoi il appelle à la mobilisation générale de toute la communauté pour marquer les 125 ans d'évangélisation de l'archidiocèse de Ouagadougou.

Yvette Zongo
Lefaso.net

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Évaluation des contrats d'objectifs : Désormais, les directeurs régionaux du ministère des Serviteurs du peuple sont compétents pour signer certains actes de gestion de carrière, selon Mathias Traoré

Mon, 02/02/2026 - 22:36

Le ministère des Serviteurs du peuple a enregistré une performance globale de 91,5 % dans l'exécution de ses contrats d'objectifs pour l'année 2025. C'est ce qui ressort de l'évaluation menée avec le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, à l'issue de laquelle le ministre Mathias Traoré s'est exprimé devant la presse.

Selon le ministre, 36 tâches avaient été programmées dans le cadre de ces contrats d'objectifs. Sur ce total, 29 produits ont été entièrement réalisés. Tandis que cinq ont connu un niveau d'exécution compris entre 60 % et 90 %. Une tâche a été exécutée à hauteur de 45 %, et une autre a été classée à un taux critique. Ce dernier concerne les prestations des services du Régime d'assurance maladie universelle (RAMU). Initialement prévues pour 2025, ces prestations n'avaient pas été lancées durant l'année. Toutefois, le ministre a précisé que le dispositif a été officiellement lancé récemment, portant désormais le taux de réalisation de cette activité à 100 %.

Sur le plan de l'organisation des concours, le ministère indique avoir organisé 174 concours professionnels et 256 concours directs. Les résultats ont été proclamés avant le 1er octobre 2025. Cette anticipation a permis aux écoles de formation professionnelle de l'État de dérouler leurs programmes dans les délais requis.

L'évaluation a également mis en lumière des avancées dans la régularisation de la dette sociale liée aux avancements de classe. À ce titre, plus de 35 000 fonctionnaires en activité ont vu leur situation administrative régularisée. Concernant les retraités, environ 2 700 personnes ont été prises en charge, avec 156 dossiers restants à traiter.

Par ailleurs, le ministère a engagé une déconcentration de certains actes de gestion de carrière. Désormais, les directeurs régionaux du ministère des Serviteurs du peuple sont compétents pour signer les arrêtés d'avancement, de titularisation ainsi que ceux relatifs aux bonifications d'échelon pour fait de décoration. « À partir de maintenant les directeurs régionaux du ministère des Serviteurs du peuple sont compétents pour signer les arrêtés d'avancement. Ils sont compétents pour signer également les arrêtés de titularisation. Ils sont compétents pour signer les arrêtés portant bonification d'échelon pour fait de décoration », a fait savoir le ministre Traoré.

Au plan normatif, le ministre a annoncé l'adoption en conseil des ministres du projet de code du travail, un texte présenté comme longtemps attendu. Le document a été transmis à l'Assemblée législative de transition pour examen et adoption. « Nous avons introduit en conseil des ministres qui a adopté le projet de code du travail. Un code qui est longuement attendu. Il est transmis à l'Assemblée législative de transition pour adoption. Dans les jours à venir nous serons à l'ALT pour cela », a indiqué le ministre des Serviteurs du peuple.

Enfin, des actions de déconcentration de la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires ont été menées, notamment à Kaya, Ziniaré et dans d'autres villes du pays.

Rama Diallo

Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

Évaluation des contrats d'objectifs : Plus de 94 tonnes d'or en 2025, soit un accroissement de plus de 30 tonnes comparativement à 2024, selon le ministre Yacouba Zabré Gouba

Mon, 02/02/2026 - 22:32

A l'issue de son évaluation du contrat d'objectifs au titre de l'année 2025, le ministre en charge de l'Énergie et des Mines, Yacouba Zabré Gouba, a présenté les principales actions réalisées dans son département ainsi que les perspectives pour l'année 2026. Au terme de l'évaluation, le ministre a déclaré avoir atteint un taux de réalisation de 89,66 % des objectifs qui lui étaient assignés pour l'année 2025.

Sur le plan global, le ministre a indiqué que l'année 2025 a été consacrée à l'opérationnalisation des différentes réformes engagées en particulier dans le secteur de l'énergie. Ces réformes, selon lui, avaient pour objectif central l'affirmation de la souveraineté énergétique et minière du Burkina Faso.

Concernant le secteur minier, le ministre a affirmé que les actions entreprises visaient à asseoir la souveraineté nationale sur les ressources naturelles. Cette orientation s'est traduite par l'opérationnalisation de la SOPAMIN et par l'exercice effectif des missions régaliennes de suivi et de contrôle des 15 mines actuellement en production.

Selon Yacouba Zabré Gouba, le secteur minier s'est globalement bien comporté en 2025, avec une augmentation d'environ 30 tonnes de la production par rapport à l'année 2024. En matière de lutte contre les circuits frauduleux, près de 10 kilogrammes d'or ont été collectés, tandis que le secteur de l'artisanat minier a contribué à hauteur d'environ 42 tonnes.

Le ministre a indiqué que cette dynamique renforcera la contribution du secteur minier au produit intérieur brut, avec des effets positifs attendus sur la valeur ajoutée et le taux de croissance économique du pays.

Dans le secteur de l'énergie, les actions du gouvernement se sont articulées autour de six axes majeurs, dont le premier concerne l'augmentation de la capacité de production. À ce titre, des projets structurants ont été engagés et devraient se concrétiser en 2026, avec une capacité additionnelle attendue de près de 200 mégawatts. Ce qui permettra de renforcer durablement les infrastructures nationales de production et à asseoir la souveraineté énergétique du pays.

En plus, d'importants efforts ont été consentis pour densifier les réseaux de transport et de distribution afin de rendre l'énergie produite accessible aux populations. En 2025, selon le ministre Gouba, environ 165 kilomètres de lignes de transport ont été construits, ainsi qu'environ 500 kilomètres de lignes basse tension. Ces réalisations ont permis de raccorder près de 170 000 nouveaux ménages.

Le ministre a également souligné les progrès réalisés en matière d'électrification rurale, avec le raccordement de 131 nouvelles localités. Des actions spécifiques ont par ailleurs été menées en faveur des personnes déplacées internes, notamment à travers la réhabilitation d'infrastructures endommagées, la distribution de 5 900 kits aux élèves déplacés internes et l'installation de 370 lampadaires dans leurs zones d'accueil.

Dans le cadre de l'accompagnement des forces de défense et de sécurité et de la lutte contre l'insécurité et le grand banditisme, plus de 25 000 luminaires ont été mis à disposition dans les centres urbains et périurbains. Le ministère a aussi poursuivi la digitalisation des procédures afin d'améliorer l'accès des usagers aux services publics.

Des perspectives axées sur la souveraineté en 2026

En ce qui concerne les perspectives pour 2026, et conformément aux orientations données par le Premier ministre, Yacouba Zabré Gouba a annoncé la poursuite des efforts en faveur de la souveraineté énergétique et minière. Cela passera par la continuation de la construction des infrastructures de production, ainsi que par le renforcement des réseaux de transport et de distribution.

Le gouvernement entend également accroître la maîtrise de l'État sur les ressources naturelles, améliorer la connaissance du sol et du sous-sol à travers une réforme majeure du BUMIGEB, et accompagner la réorganisation du sous-secteur de l'artisanat minier autour de coopératives, tout en soutenant des initiatives privées.

À cet effet, l'année 2026 devrait voir le développement d'au moins dix unités semi-mécanisées portées par des Burkinabè. Une initiative qui pourrait contribuer de manière substantielle à l'augmentation de la production nationale d'or.

Rama Diallo
Lefaso.net

Categories: Afrique, European Union

GLOBUS-RE recherche un actuaire senior pour occuper le poste de Chef Département Actuariel

Mon, 02/02/2026 - 22:00

La société de réassurance GLOBUS-RE porte à la connaissance du public que la date limite de dépôt des candidatures relative à l'avis de recrutement ci-après, est prorogée jusqu'au 13 février 2026.

Les autres conditions et dispositions contenues dans l'avis initial demeurent inchangées, sauf la limite d'âge qui a été précisée. Les candidats ayant déjà régulièrement soumis leurs dossiers ne sont pas tenus de les réintroduire.

AVIS DE RECRUTEMENT / RECRUITMENT ANNOUNCEMENT
La société de réassurance GLOBUS-RE recherche un actuaire senior pour occuper le poste de Chef Département Actuariel.

I. Description du poste/Job description

Le Chef du Département dirige, supervise et coordonne toutes les activités de son Département.
1.1. Intitulé du poste : Chef du Département Actuariel (CDA)
1.2. Rattachement hiérarchique : Directeur Général
1.3. Type de contrat : Contrat local à durée indéterminée.

II. Missions principales

Sous la supervision du Directeur Général, le Chef du Département Actuariel :

dirige, coordonne et supervise l'ensemble des activités actuarielles de la société afin de garantir la qualité des analyses de risques, la fiabilité des provisions techniques, l'optimisation des modèles de tarification, la contribution stratégique à la performance globale de l'entreprise ainsi que la participation à la création de nouveaux produits et de solutions innovantes.

contribue également à la conformité réglementaire en relation avec le Département Audit et Conformité.

III. Responsabilités principales

3.1. Leadership & Management

● Diriger et encadrer l'équipe actuarielle (actuaires, analystes, assistants) ;
● Développer les compétences de l'équipe via coaching, formations et évaluations de performance ;
● Instaurer des pratiques de travail rigoureuses, efficaces et conformes aux standards du métier.

3.2. Gouvernance Actuarielle

● Superviser les calculs de provisions techniques et donner un avis professionnel sur leur adéquation ;
● Assurer la conformité avec les normes internationales pertinentes (IFRS 17, Solvabilité, autres normes locales) ;
● Fournir des rapports clairs et structurés à la Direction Générale et aux Autorités de Contrôle.

3.3. Modélisation & Analyse

● Diriger le développement et l'évolution des modèles actuariels de tarification, de réserves et de capital ;
● Assurer la qualité, pertinence et robustesse des hypothèses et des données utilisées ;
● Réaliser ou superviser des analyses de scénarios, stress tests et études de sensibilité.

3.4. Conseil et Stratégie

● Conseiller la Direction sur les impacts actuariels des stratégies de réassurance, de tarification et d'expansion de produit ;
● Participer à l'élaboration et la mise à jour des politiques de gestion des risques et de réassurance ;
● Apporter un soutien actuariel aux autres départements (Finance, Technique, Risques, Data).

3.5. Communication

● Présenter des résultats complexes de manière accessible aux parties prenantes non-actuarielles ;
● Représenter l'entreprise auprès des auditeurs externes, consultants et experts si nécessaire.
Par ailleurs, le Chef du Département Actuariel est également amené à assumer l'exécution de toutes autres attributions jugées nécessaires et assignées par la hiérarchie.

IV. Profil recherché

4.1. Formation :
● Master en Sciences Actuarielles ;
● Titre d'Actuaire (Associé/Fellow) ou progression vers la qualification professionnelle reconnue (SOA, CAS, IFoA, etc.).

4.2. Expérience :

● Minimum 5 à 8 ans d'expérience dans l'actuariat, avec au moins 2 à 3 ans en management d'équipe actuarielle, en assurance et/ou réassurance ;
● Expérience solide en tarification, réserves techniques, provisionnement et modélisation.

4.3. Conditions d'âge :

Être âgé de 40 ans au plus.

4.4. Compétences techniques :

● Maîtrise des outils actuariels R, SAS ou Python ;
● Excellente maîtrise de Microsoft Excel (incluant VBA/automatisation) ;
● Bonne compréhension des normes locales CIMA et/ou IFRS 17 et des exigences de solvabilité.

4.5. Compétences comportementales

● Fort leadership et capacité à inspirer une équipe. ;
● Excellente capacité de communication orale et écrite ;
● Esprit analytique, rigueur, sens de l'organisation et prise de décision.

V. Indicateurs de performance clés (KPIs)

● Qualité et délai des rapports actuariels publiés ;
● Adéquation des provisions techniques validées ;
● Niveau de conformité avec les normes et bonnes pratiques ;
● Satisfaction des équipes internes et des auditeurs externes ;
● Progression des compétences de l'équipe.

VI – Lieu du poste :

Le poste est basé à Ouagadougou au Burkina Faso.

VII – Dossier de candidature

Le dossier comprend :
7.1- CV détaillé signé du candidat ;
7.2- lettre de motivation adressée au Directeur Général ;
7.3- copie légalisée du diplôme exigé ;
7.4 - Caiser judiciaire datant de moins de 3 mois ;
7.5- copies des attestations/certificats justifiant les expériences ;
7.6- photo du candidat ;
7.7- copie légalisée de la pièce d'identité ou du passeport.

Nota Bene :
Seuls les candidats dont les dossiers sont présélectionnés pourront être contactés.
Contact : Les dossiers complets de candidatures doivent nous parvenir à l'adresse e-mail suivante : recrutement.glr2026@gmail.com

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Décès de Denise OUEDRAOGO/BISSENGA : Remerciements

Mon, 02/02/2026 - 21:30

Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur ( 1 ère lettre de Saint Paul aux Thessaloniciens 4,13-14.17-18)

La grande famille OUEDRAOGO à Ouagadougou, Ziniaré et Allemagne
La grande famille BISSENGA et COMPAORE à Ouagadougou et Nahartenga
Les frères et sœurs,
Les familles alliées et amies,

Les enfants :
• BAMBA Césaire à Ouagadougou,
• OUEDRAOGO Saidou à Ouagadougou
• OUEDRAOGO Issouf en Allemagne,
• OUEDRAOGO Haoua et son époux SEBGO Moumouni à Ouagadougou
• OUEDRAOGO Iba Paul à Ouagadougou
Les petits enfants et arrières petits-enfants,
Les Cousins, cousines, les neveux et nièces,

adressent du fond du cœur, leurs sincères remerciements et leur profonde reconnaissance à toutes les personnes qui, de près ou de loin, leur ont témoigné leurs compassions, leurs conseils bienveillants ainsi que leurs soutiens multiformes à l'occasion :

du rappel à Dieu le 30 novembre 2025
de l'inhumation le 08 décembre 2025 de leur épouse, Fille, sœur, tante, mère, grande mère et arrière grande mère Denise OUEDRAOGO/BISSENGA, précédemment Fonctionnaire à la retraite et Présidente de la SCOOP ZEMS-TAABA à Ouagadougou.

Nous rendons grâce au tout puissant, et lui recommandons l'âme de la défunte.

Nous disons merci

A La Directrice générale des Editions Sidwaya et tout le personnel,
Au président de la Table filière Karité et toute sa délégation,
A la Direction de ABIS PHARMA et tout son personnel en ALLEMAGNE
A la direction de ISINOL en Chypre/GRECE et tout son personnel

A la communauté Burkinabé résidant en Allemagne ainsi que les amis de la famille
A la CCB saint Paul de Dapoya et son président
A la Chorale NABALM-NAAM de Dapoya
Au voisins, amis, collègues et connaissance
A la jeunesse de Dapoya,

Elles se réservent le droit de ne pas citer des noms de peur d'en oublier.
Que chacun trouve ici l'expression de leur profonde gratitude pour les marques d'affection, de solidarité et de réconfort reçues durant ces moments particulièrement éprouvants.
Puisse Dieu, le tout miséricordieux, rendre à chacun le centuple de ses bienfaits.
« Jésus miséricordieux, Marie Reine du ciel, soyez propice à Maman Dénise et qu'elle repose dans la paix du ciel »

UNION DE PRIERES

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Burkina : Le Président du Faso remet 2 000 motos à la Police nationale

Mon, 02/02/2026 - 15:15

Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré a remis ce lundi 2 février 2026, 2000 motos à la Police nationale, informe le service communication de la Présidence du Faso. Ces motos sont une commande spéciale d'engins à deux roues de marque « Yento » qui veut dire « Sécurité » en Gulmancema, au profit de la Police nationale. Cette dotation devrait contribuer à réduire le temps d'intervention et rendre plus accessibles les zones criminogènes aux forces de sécurité.

‎« Je vous remets officiellement les clés de ces motos pour la sécurité de nos citoyens. C'est une mission qui vous est confiée. Je pense que cela pourra apporter un plus dans votre maillage, un travail efficace que vous avez déjà commencé », a déclaré le Président du Faso en remettant les clés au Ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de Police Mahamadou Sana.

Le Ministre de la Sécurité a pris l'engagement, au nom des personnels de sécurité, d'en faire bon usage. Il a indiqué que cette dotation de motos viendra renforcer davantage la sécurité sur l'ensemble du territoire national. Les motos iront à la Police nationale et ce dans un déploiement très rapide pour donner davantage la quiétude aux populations. Ces motos vont également contribuer à consolider le concept ‘'S 24/7'' lancé en 2025.

Lefaso.net
Source :
Direction de la communication de la Présidence du Faso

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Burkina/Sport : Lazare Banssé retire sa plainte portée contre Kamou Malo et Kader Traoré

Mon, 02/02/2026 - 13:30

Dans un communiqué en date du 30 janvier 2026, l'association des journalistes sportifs porte à la connaissance du public, qu'elle a mené une médiation dans l'affaire qui oppose l'ancien Président de la Fédération burkinabé de football Lazare Banssé à Kader Traoré et Kamou Malo. Cette médiation initiée à la demande des deux derniers cités, avait pour objectif d'apaiser les tensions afin que Lazare Banssé retire sa plainte.

L'association des journalistes sportifs indique qu'au cours de leur démarche, les mis en cause Kader Traoré et Kamou Malo ont reconnu leur tord et ont présenté leurs excuses sincères à Lazare Banssé pour les propos tenus dans le cadre d'une émission diffusée sur les réseaux sociaux. Des propos qui selon le communiqué ont porté atteinte à son honneur, à sa réputation et à sa dignité, dans la mesure où Lazare Banssé n'a jamais prononcé à quiconque, les propos qui lui ont été attribués par les prévenus.

A la suite de ce mea culpa, Lazare Banssé a accepté les excuses à lui présentées par les prévenus et a décidé de retirer sa plainte dans un souci d'apaisement et de cohésion entre tous les acteurs du football. Par la même occasion, les mis en cause adressent également leurs excuses à l'ensemble des lecteurs, téléspectateurs, auditeurs ainsi qu'à la presse nationale et internationale, pour les désagréments, incompréhensions ou polémiques suscités par cette situation. Ils réaffirment leur attachement aux valeurs d'éthique, de responsabilité, de respect des personnes et des institutions, qui doivent guider toute prise de parole publique. Ils prennent l'engagement solennel de faire preuve, à l'avenir, de davantage de retenue et de responsabilité dans leurs expressions publiques, dans le souci constant de préserver la cohésion, la paix sociale et l'image du sport burkinabè.

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Ministère de l'économie et des finances : Un taux de recouvrement des recettes de plus de 100% enregistré en janvier 2026

Mon, 02/02/2026 - 12:03

Au cours de la traditionnelle montée des couleurs de ce jour 2 février 2026, le ministre de l'économie, Aboubakar Nacanabo a salué les résultats exceptionnels enregistrés au cours du mois de janvier, indique la direction de la communication du ministère. En effet, les indicateurs du mois de janvier affichent une satisfaction globale, avec un taux de recouvrement des recettes dépassant les 100 % pour chacune des régies.

Globalement, le département a réalisé un dépassement de plus de 30 milliards de FCFA pour les trois régies au titre du seul mois de janvier. Malgré ces efforts importants, le ministre Aboubakar Nacanabo a invité les équipes à ne pas relâcher la garde, et a appelé chacun à donner le meilleur de lui-même pour maintenir ce rythme de croissance.

Le mois de janvier a également été marqué par la tenue de la 2e édition du Prix de l'innovation, organisée le vendredi 30 janvier dernier. Cette cérémonie a mis en lumière l'esprit de créativité et l'intelligence collective au service du peuple. Le Premier Prix de l'Excellence a été décerné à la Direction Générale des Impôts (DGI) pour le logiciel Sic@d, un outil essentiel pour la délivrance des titres de parcelles. Tout en félicitant les lauréats, le ministre a insisté sur la responsabilité que confère une telle distinction.

Sur le front de la lutte contre la fraude, les efforts de la Direction Générale des Douanes (DGD) et de la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) ont été salués suite à des saisies importantes réalisées en janvier. Ces actions visent non seulement à mobiliser des recettes, mais surtout à assainir les marchés et à protéger les consommateurs.

Le personnel a été invité à s'armer de courage et de détermination pour transformer les ambitions en résultats concrets dans la discipline, l'éthique et la loyauté.

www.lefaso.net
Source : DCRP/MEF

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Campagne nationale de solidarité DEMÈ SIRA : Plus de 1,3 million de FCFA mobilisés dans la province du Nayala

Mon, 02/02/2026 - 11:00

La province du Nayala a apporté une contribution significative à la campagne nationale de solidarité DEMÈ SIRA, avec une mobilisation financière totale de 1 395 895 FCFA, récoltée au terme de la collecte menée du 15 au 30 janvier 2026. Cette initiative a été lancée au niveau provincial par le haut-commissaire du Nayala, Honoré Frédéric Paré, dans le cadre du renforcement de la solidarité nationale.

Afin de garantir une participation large et inclusive des populations, 21 urnes ont été installées dans les huit secteurs de la ville de Toma, ainsi que dans plusieurs services administratifs. Cette stratégie de proximité a permis de susciter un fort engouement des populations et des structures locales autour de l'élan de solidarité nationale.

Le dépouillement des urnes des secteurs de la ville de Toma a eu lieu dans la matinée du 30 janvier 2026, au domicile du chef de canton de Toma, Émile Paré, en présence d'un comité provincial de suivi et de collecte. D'autres contributions ont été reçues dans l'après-midi de la même journée.
Le comité était composé notamment du haut-commissaire de la province, du secrétaire général de la province, du directeur provincial en charge de la solidarité nationale, du directeur provincial de la police nationale, ainsi que d'un représentant de l'Agence d'information du Burkina (AIB).

Selon les résultats du dépouillement, les collectes effectuées au niveau des structures statiques ont permis de mobiliser plus de 350 000 FCFA, tandis que la mobilisation communautaire, avec l'implication active des autorités coutumières et des populations de Toma, a porté le montant global à 1 395 895 FCFA, en incluant les contributions enregistrées dans l'après-midi du 30 janvier.

Prenant la parole à l'issue du dépouillement, le haut-commissaire Honoré Frédéric Paré a rappelé que la campagne DEMÈ SIRA s'inscrit dans une dynamique nationale, marquée par une caravane symbolique ayant parcouru l'ensemble du Burkina Faso. Arrivé dans la région le 16 novembre 2025, le flambeau de la solidarité a ensuite été transmis à la région des Tannounya, avant le déploiement effectif de la campagne dans les régions des Bankuy et du Sourou, puis au niveau provincial.

Le haut-commissaire a exprimé, au nom du gouvernement, sa profonde reconnaissance aux populations du Nayala pour leur esprit d'entraide et de solidarité, saluant particulièrement l'engagement des responsables coutumiers, avec à leur tête le chef de canton de Toma. Il a souligné que la transparence a été au cœur du processus, avec un dépouillement effectué publiquement et l'ouverture d'un compte dédié au Trésor public du Nayala, les résultats devant être communiqués à la hiérarchie.

Au-delà des contributions financières, la campagne a également enregistré des dons en nature, comprenant notamment du savon, des moustiquaires, des vivres et des nattes, témoignant de la diversité et de la générosité des contributions.
De son côté, le chef de canton de Toma, Émile Paré, a adressé ses remerciements aux populations pour leurs efforts louables, estimant que cette mobilisation sera appréciée à sa juste valeur par les plus hautes autorités du pays.

Y. I K-Z
Lefaso.net

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