Sommes-nous proches d’une fin du conflit en Iran ? Après douze semaines de guerre au Moyen-Orient, marquées par un blocage du détroit d’Ormuz qui paralyse le commerce mondial, la crédibilité des États-Unis en ressort affaiblie. Donald Trump semble désormais privilégier des négociations plutôt qu’une escalade du conflit qui risquerait d’aggraver encore la position de Washington.
Pourtant, les conditions imposées par les États-Unis interrogent : le président exige dans les négociations la signature des accords d’Abraham par certains pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, ce qui mènerait à la reconnaissance de l’Etat d’Israël mais qui ne correspond aux positions de ce deux États concernant la situation au Proche-Orient. En outre, il semblerait qu’aucun des points ne concerne la question nucléaire, alors même que l’opération « Fureur épique » avait été justifiée par la menace posée par le programme nucléaire iranien.
Les termes d’un potentiel accord de paix soulèvent donc des questions sur la justification de cette guerre dont il était prévisible qu’elle ne se déroule pas aussi simplement que l’avait vendue Benyamin Netanyahou à Donald Trump.
Mon analyse dans cette vidéo.
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Il y a des lignes rouges en géopolitique. Des seuils qu’on ne franchit pas, surtout entre partenaires. Trump vient d’en pulvériser une avec une désinvolture qui laisse pantois : faire éclater le Canada de l’intérieur pour mettre la main sur ses ressources naturelles.
Le 19 octobre prochain, les Albertains voteront sur une question aussi simple qu’explosive : veulent-ils que leur province tienne un référendum sur l’indépendance ? Pas directement sur l’indépendance elle-même – non, trop brutal. D’abord un vote pour décider si l’on doit voter. La tactique du salami, version prairie canadienne.
Derrière cette mécanique référendaire se cache quelque chose de bien plus inquiétant : une opération de déstabilisation orchestrée depuis Washington. Depuis avril 2025, des officiels du Département d’État américain ont rencontré à trois reprises des dirigeants de l’Alberta Prosperity Project, un groupe séparatiste d’extrême droite très influent. Ces militants cherchent désormais une ligne de crédit de 500 milliards de dollars auprès du Trésor américain pour financer la transition vers l’indépendance.
Relisez bien cette phrase. Le Département d’État américain reçoit des séparatistes canadiens. Le Trésor américain envisage de leur prêter un demi-trillion de dollars. Nous ne sommes plus dans l’ingérence diplomatique classique. Nous sommes dans le démantèlement d’État sponsorisé.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré sur le podcast de Jack Posobiec : « L’Alberta est un partenaire naturel pour les États-Unis. Ils ont d’importantes ressources. Je pense que nous devrions les laisser se joindre aux États-Unis ». Pas « ils pourraient », pas « si jamais ». Non : « nous devrions ». Un membre du cabinet américain qui prône publiquement l’annexion d’une province d’un pays allié, membre du G7 et de l’OTAN.
Le cynisme absolu de l’affaire, c’est la rhétorique utilisée. Sur le podcast de Steve Bannon, l’analyste Brandon Weichert a même esquissé la feuille de route en se basant sur des « précédents historiques » : « Si l’Alberta vote pour l’indépendance, nous la reconnaîtrons et la mettrons sur la voie pour devenir le 51e État – exactement comme le Texas et la Californie qui se sont d’abord déclarés indépendants du Mexique avant de rejoindre l’Union ».
Comparez le Mexique du XIXe siècle au Canada du XXIe. Comparez une jeune république traversée par des crises politiques permanentes à une démocratie parlementaire prospère et stable depuis plus de 150 ans. Le parallèle est obscène. Mais il révèle la vision trumpienne du monde : tout territoire est à prendre si l’on a la force de le prendre.
Pourquoi l’Alberta ? Parce que cette province de 5 millions d’habitants représente 84 % de la production pétrolière canadienne. Parce qu’elle regorge de terres rares essentielles à la transition technologique. Parce qu’elle est conservatrice, individualiste, frustrée par Ottawa, et donc vulnérable au discours trumpiste du « nous sommes des gagnants ».
Le représentant républicain Andy Ogles l’a dit sans détour sur la BBC : « Je pense que les gens d’Alberta préféreraient ne pas faire partie du Canada et faire partie des États-Unis, parce que nous sommes des winners ». La rhétorique MAGA appliquée à la dissolution d’un pays.
Nous voilà arrivés à cette aberration géopolitique : le « grand frère américain », champion autoproclamé de la démocratie libérale, travaille activement à faire éclater de l’intérieur une démocratie parlementaire stable, membre de tous les clubs occidentaux qui comptent. Pour du pétrole et des terres rares.
Pour l’instant, les chiffres semblent rassurants pour Ottawa. Un sondage réalisé il y a quelques mois montre que 71 % des Albertains veulent rester au Canada, tandis que près d’un sur cinq soutient l’indépendance. Mais dans le référendum britannique de 2016, personne ne croyait au Brexit jusqu’à ce qu’il arrive.
Et Trump n’avait pas mis son appareil d’État au service des Brexiters. D’ailleurs, les dernières enquêtes d’opinion montrent une inflexion significative en faveur de l’indépendance.
Ce qui se joue en Alberta dépasse largement le Canada. C’est un test. Certes, le référendum du 19 octobre, organisé par la Première ministre de l’Alberta sous la pression croissante des indépendantistes, ne porterait dans un premier temps que sur la tenue d’un futur vote d’indépendance. Et même dans l’hypothèse où celui-ci l’emporterait un jour, Ottawa devrait encore accepter les conditions d’une éventuelle sécession. Mais chacun imagine déjà le bras de fer colossal que Washington engagerait alors contre le gouvernement canadien. Si Washington parvient à démembrer un allié du G7 sans conséquence majeure, qu’est-ce qui empêchera demain Trump de soutenir les séparatistes catalans, écossais ou bavarois ? Qu’est-ce qui garantit la stabilité de n’importe quelle démocratie occidentale face à un président américain prêt à tout pour mettre la main sur des ressources ?
Ces méthodes ne sont d’ailleurs pas sans rappeler celles utilisées par Vladimir Poutine dans plusieurs territoires séparatistes de l’ex-espace soviétique ou de l’est de l’Ukraine : instrumentaliser des frustrations locales, soutenir des mouvements sécessionnistes et transformer des référendums en outils de démembrement territorial.
Le 19 octobre, les Albertains ne voteront pas seulement sur la tenue ou non d’un futur référendum. Ils voteront sur une question bien plus large : est-ce qu’un État peut sponsoriser la désintégration d’un autre État ami pour s’emparer de ses richesses naturelles ?
Bienvenue dans le trumpisme géopolitique. Où les alliés deviennent des proies. Et où la stabilité des démocraties occidentales se négocie contre du pétrole de schiste.
Romuald Sciora, essayiste franco-américain, est directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Dernière publication : America 250, une histoire graphique des États-Unis, vol. 1, Né dans le sang (éditions Point Nemo).
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Chaque mardi, Je reçois un membre de l’équipe de recherche de l’IRIS pour décrypter un fait d’actualité internationale. Aujourd’hui, échange avec François Mabille, chercheur associé à l’IRIS et directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, autour de la diplomatie menée par le pape Léon XIV alors qu’il vient de publier sa première encyclique ce lundi 25 mai.
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A kétezres évek közepén, elsősorban a nemzeti légitársaságnál tapasztalt hangulat miatt már a fiatalabb, kisebb tapasztalattal rendelkező pilótageneráció is szétnézett a nagyvilágban, előrelépési lehetőség után kutatva. Hasonlóképpen gondolkodott Szentgyörgyi Dezső is, aki 2001 óta repült a Malév Boeing 737-es első tisztjeként. A lehetőségek között felbukkant a magyar pilóták által akkor már jól ismert Tajvan és a Boeing 747-es. Az ikonikus négyhajtóművesen repült magyarok sorát Szentgyörgyi Dezső történetével folytatom.
Az immár ötvenes évei elején járó, tapasztalt Airbus és Boeing pilótával 2022 tavaszán abból az alkalomból beszélgettem, hogy akkoriban csatlakozott a honvédség kecskeméti szállítórepülő századához, ahol A319-esen folytatta pályafutását. Akkor felidéztük a nemzeti légitársaságnál, két diszkont légitársaságnál, és egy közel-keleti cégnél eltöltött éveket illetve érintettük a Boeing 747-es első tisztként átélt élményeket is. Sorozatomba illesztve, most ez utóbbi időszakot tekintjük át részletesebben.